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Littérature américaine

  • Washington Square - Henry James

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    Tous les bienfaits de la relecture sont concentrés dans ce moment si excitant que celui où l’on rouvre un livre déjà deux fois lu en gardant la même impatience que la première fois.

    J’ai lu Washington Square une première fois à froid si je puis dire, je ne connaissais pas Henry James du tout et ce fut une découverte époustouflante, tant de finesse et de noirceur rassemblées ! 

    Puis une de mes filles l'a lu et là c’est tout le charme des échanges, le partage d’un plaisir.

    Et pour cette relecture j’ai vraiment pris mon temps, je me suis délectée, avançant en terrain connu et pourtant redécouvrant encore des passages oubliés.

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    Le New York d'Henry James

     

    L’histoire ? Au départ c’est une anecdote racontée à James par une actrice à propos de son frère, James transforme l’anecdote en un roman situé au XIXe siècle à New-York.

    Catherine Sloper a été élevé par son père praticien très respecté par la bonne société, elle a perdu sa mère très jeune, une mère adulée par le Dr Sloper. C’est Lavinia Penniman, sa tante, qui a assuré la présence féminine indispensable. 

    Autant sa mère était belle et avait non seulement « dix mille dollars de revenus » mais surtout « les yeux les plus charmants de l'île de Manhattan. », autant Catherine est terne, soumise, timide, pour tout dire banale. Lorsqu’elle rencontre Morris Townsend les antennes du père se mettent à vibrer et malgré les encouragements de Mrs Penniman et l’immédiate passion de Catherine pour ce beau jeune homme, Sloper n’est pas prêt à faire confiance à cet intrus et à le laisser disposer de la fortune de sa fille.

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    New York par William James Glackens

    Une histoire mille fois lue et mille fois racontée du séducteur intéressé mais l’art d’Henry James transforme cette banale histoire, chez James rien n’est jamais acquis, ni la naïveté d’une héroïne, ni la noirceur d’un prétendant, ni la sévérité d’un père. 

    Tout est en demi-teinte laissant toujours le lecteur un rien frustré. Catherine est naïve certes mais aussi résolue voire têtue, Townsend est intéressé certes mais il a des élans sincères, Mrs Penniman est plus bête que méchante et ne comprend pas qu’elle va être la cause d’un malheur.

    Les personnages se revèlent  chacun à leur façon incapables d’aimer et vont s’en trouver profondément affectés.

     

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    l'adaptation superbe avec Montgomery Clift et Olivia de Haviland 

     

    On retrouve ici la même dérision que chez Edith Wharton, le même cynisme vis à vis de cette société rompue à l’hypocrisie et critiquant sévèrement tout comportement qui sort un peu du moule.

    Le roman ne présente aucun suspense, ce qui fait sa force c’est la somptueuse analyse des sentiments, l’observation aigre-douce de cette société, l’ironie qui n’est jamais loin.

     

    Je me suis régalée mais Cléanthe aussi

     

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    Le livre : Washington Square dans Portrait de femme et autres récits - Henry James - Traduit par - Editions Gallimard Pléiade

     

  • Une Odyssée Un père, un fils, une épopée - Daniel Mendelsohn

    J'ai commencé l'été avec Homère et je le termine avec lui.
    Les lectures sont parfois faites de coïncidences, de croisements, de rebondissements.

     

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    Après avoir écouté tout l'été les chroniques de Sylvain Tesson j'avais ressorti l'Odyssée dans la traduction de Philippe Jacottet, celle que je préfère et de loin. Du coup je n'ai eu qu'un petit geste à faire pour la rouvrir lorsque j'ai entamé le dernier livre de Daniel Mendelsohn

     

    homère

    C'est toujours un peu inquiétant d'ouvrir le livre d'un auteur dont on a admiré, lu et relu l'opus précédent. Lorsqu'on a été emporté par un récit, que l'on a parlé du livre autour de soi pour le faire lire. 

    Et si ce titre qui vient de paraitre était une déception ?  Il vous faut quelques pages, mais quelques pages seulement pour savoir que non, vous ne serez pas déçu. Non le livre va tout naturellement trouver sa place dans votre bibliothèque, le plus difficile sera de décider où le glisser, comment le classer ……

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    Vous avez pu lire dans mon billet précédent les premières lignes de ce livre, c'est un petit clin d'oeil à la littérature grecque, ce type d'introduction porte le nom de proème nous apprend Daniel Mendelsohn, en quelques lignes l'auteur nous place au coeur du récit.

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    L'histoire du voyage d'Ulysse et de son retour vers Ithaque, l'histoire de Jay Mendelsohn âgé de 81 ans, qui a été ingénieur en aéronautique et  enseignant en informatique et qui va comme tous les étudiants du séminaire mené par son fils, s'immerger dans l'oeuvre du barde mythique.

    Quand je dis "comme tous les étudiants", ce n'est pas tout à fait vrai car malgré la promesse faite à son fils de rester silencieux, Jay Mendelsohn va mettre son grain de sel dans l'affaire.

    Surtout parce qu'il n'aime pas Ulysse, il lui dénie l'appellation de héros. Jay Mendelsohn est un adversaire résolu du mensonge ce qui le rend hostile à Ulysse le menteur divin.

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    Ses positions trouveront parfois un appui auprès des étudiants, parfois seront en opposition frontale à celles de son fils au point de perturber quelque peu les cours.

    Les étudiants s'amusent mais aussi profitent des échanges et les interruptions du vieil homme finissent par faire naitre discussion et réflexion.

    La lecture du poème homérique devient très concrète, plus riche, l'interprétation du fils est remise en cause, discutée à travers des souvenirs partagés entre le père et le fils.

    Après le séminaire, père et fils vont s'embarquer pour une croisière en Méditérrannée pendant dix jours sur les traces d'Ulysse. Il y a des scènes étonnantes et jubilatoires pendant cette croisière qui va mettre au jour des liens entre père et fils, l'occasion pour l'un et l'autre d'exprimer amour, exaspération, surprise ou colère.

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    Daniel Mendelsohn est un professeur compétent, sérieux mais pour notre plus grand plaisir il joue avec sa spécialité, avec la langue grecque.

    Mimétisme est un mot grec, normal alors que la composition du livre soit l'occasion pour Mendelsohn de s'amuser à suivre les "circonvolutions dans le temps et dans l'espace " comme dans la littérature grecque. Parce qu'il s'amuse avec le lecteur, imbriquant pour notre plus grand plaisir, analyse littéraire, aperçu de ce qu'est un séminaire, et l'histoire familiale, l'histoire de ce père si proche et si lointain. Créant chez le lecteur cette sensation de circularité.

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    Pénélope par Bernard Buffet

    Le mélange entre analyse de l'oeuvre et souvenirs familiaux est parfaitement réussi, le tissage est serré, des thèmes comme celui du lit nuptial qu'Ulysse a construit, qui lui permettra de se faire reconnaitre de Pénélope, trouve un bel écho avec ce lit construit des mains de Jay et sur lequel il va encore coucher lors de sa venue chez son fils à l'occasion du séminaire.
    Un lien indéfectible entre père et fils comme il est lien dans l'épopée entre Ulysse et Pénélope.

     

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    Ulysse et les prétendants

    Il y a beaucoup d'émotion dans ce livre, quelques mois après le séminaire Jay Mendelsohn a fait une chute qui a entrainera son décès. 

    Ce livre est comme le Kaddish que le fils prononcerait sur la dépouille de son père, le séminaire et la croisière furent l'occasion de faire la paix. 

    Une Odyssée est un livre où l'on apprend beaucoup sur Homère et son oeuvre mais plus encore sur les liens qui unissent parents et enfants.

    On retrouve dans ce livre toute la tendresse dont est capable Mendelsohn, l'érudition qui est la sienne qu'il cache parfaitement bien pour ne pas gêner le lecteur. 

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    Les Mendelsohn Père et fils

    Ce récit très personnel est totalement intemporel et peut parler à tous. 

    Un livre à offrir à vos parents ou à vos enfants comme le trait d'union d'une génération à l'autre.

     

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    Le Livre : Une Odyssée, un père, un fils, une épopée - Daniel Mendelsohn - Traduit par Clotilde Meyer et Isabelle Taudière - Editions Flammarion

     

  • Underground Railroad - Colson Whitehead

    Sur le sujet de l'esclavage j'ai déjà lu de bons livres, Toni Morrison, Alice Walker et la couleur pourpre, et plus récemment le thème apparait en filigrane dans le roman de Tracy Chevalier La dernière fugitive.
    Mais le sujet ne s'épuise pas et j'ai choisi le roman de Colson Whitehead parmi tous les titres de cette rentrée.

     

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    Nous sommes en Géorgie avant la guerre de Sécession. Sur la plantation des frères Randall les esclaves sont particulièrement maltraités. Cora a 16 ans, sa mère Mabel l'a abandonné en s'enfuyant et n'a jamais été reprise, le propriétaire déverse sa haine sur cette fille qui symbolise son échec.

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    Plantation en Caroline du Sud ©ivredelivres

    Cora ne vit pas, elle survit, elle est dure et déterminée. Lorsque Caesar, un jeune esclave qui sait lire, lui propose de s'enfuir avec lui, elle hésite mais deux événements vont la faire basculer. 

    Il y a urgence " Il voulait partir le plus tôt possible. La nuit prochaine. Ils devraient se contenter d’une lune déclinante. Les agents du chemin de fer clandestin les attendaient." Ils entreprennent une véritable odyssée vers le nord, vers la liberté.

    C'est un chemin semé d'embûches, il faut échapper à Ridgeway le chasseur de primes qui fait de la capture de Cora une affaire personnelle, il n’avait pas réussi à mettre la main sur Mabel, il compte bien se venger sur la fille. 
    Ils vont rencontrer un premier homme qui va les aider et plonger pour la première fois vers l'inconnu :

    " Cora et Caesar remarquèrent les rails. Deux rails d’acier qui parcouraient le tunnel à perte de vue, rivés à la terre par des traverses de bois. Les rails filaient vers le sud et vers le nord, présumaient-ils : ils surgissaient d’une source inconcevable et coulaient vers un terminus miraculeux. "

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    Caroline du Sud en 1862 © Alamy Stock Photo

    Ce périple c'est celui suivi par les noirs en fuite, aidé par un réseau constitué d'abolitionnistes souvent portés par leurs convictions religieuses (Méthodistes et Quakers ) une route vers la liberté au delà de la ligne Mason-Dixon qui séparait la Pensylvannie du Maryland.

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    L'Underground Railroad fut très actif dans les années 1850/1860 malgré les chasseurs de primes, les dénonciations. Toute aide était assimilée à un délit et entrainait la pendaison. Les milices semaient la terreur, pouvaient tuer en toute impunité. 

    D'état en état les horreurs prenaient des visages différents. 

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    Maison d'esclaves sur une plantation

    La Géorgie et ses inhumaines plantations,

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    la Caroline du sud et son apparente bienveillance qui a mis sur pied " un des projets scientifiques les plus audacieux de l’Histoire."  qui s'apparente à l'eugénisme.

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    " En Caroline du Nord, la race Noire n'existait pas, sinon au bout d'une corde." 
    Le Tennessee dévasté par les incendies et la fièvre jaune, et l'Indiana qui ne fait que perpétuer le rêve de liberté. 

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    L'esclave vue par Holywood

     

    Toujours un peu risqué de traité un sujet comme celui du racisme et de l'esclavage sur le mode romanesque. 
    La réussite est là, la très belle métaphore de ce réseau souterrain donne une dimension supplémentaire au roman.

    C'est un récit empli d'amertume à l'écriture forte, parfois brutale. Les premières plages du roman sont insoutenables mais reflètent bien la situation à laquelle étaient acculés ces hommes et ces femmes.

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    12 years slave : plus près de la réalité 

    La maitrise du récit est totale jusque dans ses inventions magnifiques. Les personnages ne sont pas manichéens, les noirs ne sont pas forcément très sympathiques et les blancs ne sont pas tous des tortionnaires, mais l'être humain en général ne sort pas grandi du récit malgré les quelques figures d'hommes et de femmes que l'on pourrait qualifier de Justes. 

    On sort de cette lecture ébranlé et admiratif et l'on comprend que le livre ait été couronné à la fois du Pulitzer et du National Book Award. 

    Un vrai et grand moment de littérature  

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    Les marais qui empêchaient les évasions © ivredelivres

     

    Une petite aparté : J'ai eu la chance de passer une journée sur une ancienne plantation en Caroline du Sud, bien sûr que sont gommés les souvenirs les plus forts et les plus choquants, pourtant il reste qu'à parcourir les lieux on imagine avec effroi et compassion ce que devait être la vie des esclaves, le climat extrêmement difficile à supporter avec des étés chauds et humides, une végétation et une faune immédiatement dangereuse qui devait freiner toute velléité de fuite et ça sans même évoquer les mauvais traitements, les maladies, la peur ……

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    Le livre : Underground Railroad - Colson Whitehead - Traduit par Serge Chauvin - Editions Albin Michel

  • Souvenirs d'enfance et de jeunesse - John Muir

    Un colosse américain

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    C’est le père des parcs nationaux, un trail mythique porte son nom mais il y a aussi la Muir Pass, le Lake Muir, le Mount Muir. Il fut l’ami des grands et commença sa vie en Ecosse en 1838 dans une famille très religieuse, pauvre oh combien dans laquelle le travail était élevé au rang de vertu. 

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    Gamin déluré mais très respectueux d’un père très dur qui « avait la propension bien écossaise à transformer tout devoir en corvée »

    Vers 7 ou 8 ans il commence vraiment des études et là aussi l’effort à fournir est rude

    « pour tout ce qui n’atteignait pas la perfection, le martinet fut illico mis à contribution. Nous devions absorber trois leçons de latin par jour, trois de français et autant en anglais »

    Mais avec un père comme le sien, il n’était pas quitte pour autant 

    « mon père de son côté me faisait apprendre un si grand nombre de versets de la Bible qu’à l’âge de onze ans je savais par coeur les trois-quart de l’Ancien Testament et la totalité du Nouveau - par coeur et au prix de combien de meurtrissures ! Je pouvais réciter le Nouveau Testament du début de Matthieu à la fin de l’Apocalypse sans m’arrêter »

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    La pauvreté pousse les Muir à émigrer au Wisconsin, comme tous les migrants de l’époque ils traversent l’océan sur un rafiot puis le pays en chariot avec leurs bagages pour finir par construire en une journée une cabane où se mettre à l’abri.

     

    C’est pour John Muir la découverte de la nature 

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    « Comment dire le bonheur parfait où nous mit ce brusque plongeon dans l’état sauvage - ce baptême à même le coeur chaud de la Nature ? La Nature qui nous pénétrait, qui nous inculquait par la séduction ses prodigieux enseignements, tellement différents des mornes cendres de la grammaire dont on nous imprégnait à force de raclées depuis si longtemps. »

    Les pages qui suivent l’arrivée au Wisconsin sont magnifiques, il faut bien de l’astuce et du courage à John Muir pour profiter de cette nature tant le travail est dur, quotidien, harassant jusqu’à l’épuisement. 

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    Muir et ses inventions 

    Quand il veut mettre à profit son esprit ingénieux et ses capacités intellectuelles immenses il prend sur son temps de sommeil, levé à 1 heure du matin, il réfléchit, lit, créé des machines parfois utiles et d’autres farfelues mais son esprit n’est jamais en repos. 

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    Ce sont ces inventions qui lui permettront un jour de sortir de vie rude de la terre et d’entreprendre enfin des études universitaires, de côtoyer les grands de la planète et de laisser sa trace dans l'histoire des USA

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    Muir le premier écologiste avec le Président Roosvelt 

    Ce livre est une façon très attachante d’entrer dans l’oeuvre de John Muir, ses souvenirs sont pleins de l’émerveillement qu’il a à jamais éprouvé devant le spectacle de la nature. Voir comment un petit gars écossais a pu devenir un des plus grands naturaliste américain est un spectacle qui fait chaud au coeur. 

    Je connais une autre adepte 

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    Le livre : Souvenirs d’enfance et de jeunesse - John Muir - Traduit par André Fayot - Editions José Corti

  • Un coin isolé et sauvage

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    « Nous allions tous vers la réserve naturelle nationale Charles M. Russell. Cet endroit, ainsi que les terres qui s’étendent au nord jusqu’à la Milk River, tient une place particulière dans mon cœur. C’est un coin isolé et sauvage, typique des plaines d’Amérique du Nord, mais serti de montagnes dans toutes les directions. Ces contrées abondent de vie animale et les gens du cru semblent manifester plus de respect et d’attachement à leurs terres que les habitants des autres régions. Le climat froid s’installe plus tôt qu’ailleurs. En septembre, le gibier d’eau se masse sur les étangs, les passereaux se rassemblent par milliers dans les ravines boisées, et les faucons et les buses fondent depuis les versants des montagnes avoisinantes pour s’en nourrir. Aux côtés des oiseaux migrateurs évoluent les espèces endémiques : le tétras des armoises, le tétras à queue fine, la pie et la perdrix. Les journées sont chaudes et ventées, les nuits peuvent être parfois givrées, les cerisiers de Virginie se colorent d’un rouge sang. »

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    Le livre : Rites d’automne - Dan O’Brien - Editions Albin Michel

  • Les Dépouilles de Poynton - Henry James

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                       « une merveille du style Jacobite de la première époque »

    Poynton est une magnifique propriété du sud de l’Angleterre. A la mort du propriétaire tout va passer dans les mains de son fils Owen Gereth, et quand je dis tout c’est vraiment tout : la maison, le domaine, les meubles et toutes les oeuvres d’art qu’Adela Gereth et son époux, amateurs de beauté, avaient patiemment amassés.

    La laideur, les niaiseries esthétiques sont pour Mrs Gereth « une secrète souffrance » aussi lorsqu’Owen s’éprend et se fiance à Mona Brigstock qui n’a aucun goût pour les belles choses et qui offre « le hideux spectacle d’une pimbêche disgracieuse et mal habillée » , Mrs Gereth sait qu’il va lui falloir agir avec célérité et détermination.

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    Poynton  " l'histoire d'une vie"

    Owen Gereth n’a jamais aimé Poynton aussi faut-il une stratégie à Mrs Gereth et cette stratégie s’apelle Fleda Vetch, une jeune personne élégante mais pauvre, intelligente et sensible à l’art et qui va servir d’intermédiaire entre les différents protagonistes, l’essentiel étant pour Mrs Gereth que jamais oh grand jamais ! Mona ne puisse devenir la propriétaire des merveilles de Poynton quitte à ce que son fils s’unisse à quelqu’un sans le sou.

    Henry James est habile et se joue de son lecteur, nous sommes immédiatement ralliés à sa cause alors que nous n’avons jamais le plaisir de visiter vraiment Poynton. Tout est dans l' art du sous-entendu, du dit à demi.

    Fleda et Mrs Gereth s’installent dans une maison charmante mais à mille lieux de l’héritage convoité. Et le temps et les manipulations de Mrs Gereth font leur chemin, Owen finit par être troublé par Fleda mais il n’est pas si facile de défier et duper Mona Brigstock.

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    Tout le talent d' Henry James est là. Ce n’est pas une de ses oeuvres majeures mais quel plaisir de suivre les manipulations des uns, les réticences des autres, les fourberies et les scrupules, les promesses faites et non tenues, les vainqueurs et les vaincus. C’est tortueux à souhait, on éprouve de la sympathie pour Fleda, de l’agacement devant la bêtise d’Owen. 

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    Le livre : Les dépouilles de Poynton - Henry James - Traduit par Simone David - Editions Calmann-Levy ou Editions Sillage