Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

littérature anglaise

  • Quand on n'arrive pas à lire ...on écoute des livres

    La traversée du désert question lecture n’a pas encore pris fin totalement même si je me suis remise un peu à lire. 

    J’ai écouté beaucoup de livres audio ces derniers mois je voulais vous faire part de mes acquisitions. 

    J’ai pioché un peu chez tous les éditeurs mais principalement chez Audiolib, Thélème, Sixtrid et audible même si chez eux l’impossibilité de faire circuler le livre est un inconvénient majeur 

    austen, giono, conroy, Mitchell

    Je précise que ce sont tous des livres que j’ai déjà lu papier et pour certains chroniqués sur ce blog. Parfois il s’agit de compléter un auteur déjà écouté précédemment comme Giono ou Austen.
    Deux romans sont encore « à écouter » mais j’aime faire durer le plaisir de l’attente.

    austen, giono, conroy, Mitchell

    austen, giono, conroy, Mitchell

     

    Pour Jane Austen j’ai poursuivi avec les éditions Thélème qui m’avaient donné satisfaction pour Persuasion et Orgueil et préjugés.

    J’ai poursuivi avec l’Abbaye de Northanger  celle où Catherine Morland est invitée et fait ses premiers pas dans la société et parodie de la littérature gothique en vogue à l’époque de Jane Austen.

    Enfin : Raison et sentiments et les tribulations de la famille Dashwood et la satire tellement réussie de cette société anglaise. 

    Les deux livres sont lus par Marie Stephane Cattaneo que j’ai écouté avec plaisir. Il reste encore Mansfield Park et Emma à venir chic chic 

     

    austen, giono, conroy, Mitchell

    austen, giono, conroy, Mitchell

    austen, giono, conroy, Mitchell

    J’ai déjà 2 livres audio de Jean Giono mais si vous me suivez vous savez que c’est un de mes auteurs favoris 

    J’avais écouté Un de Beaumugne et Colline.

     Grâce à Thélème je peux maintenant ajouter le magnifique Regain avec la mort et la résurrection d’Aubignane, la silhouette de Panturle et de la femme que lui a envoyé la Mamèche.

    Mais aussi Jean le Bleu et la jeunesse provençale de Giono, et enfin Que ma joie demeure avec cette nuit où  « les étoiles ont éclaté comme de l'herbe »
    Voilà déjà une jolie petite sélection.

     

    Qu’est-ce qui m’attend sur mon Ipod pour l’été à venir ? 

    austen,giono,conroy,mitchell

    Un petit voyage en Sicile, bon je sais le soleil va taper dur mais j’ai envie de retrouver le Prince de Salina, Tancrède et Angelica. Allez un petit tour chez le Guépard qu’en dites vous ?

    Si j’ajoute que c’est lu par Denis Podalydès je sais que j’emporte le morceau, c’est le lecteur parfait par excellence. 

    austen,giono,conroy,mitchell

    M’attend aussi Le Prince des marées, lu et relu depuis sa parution déjà ancienne, c’est un bonheur de le trouver en audio. J’ai hâte de retrouver Tom et Savannah Wingo et leur mère manipulatrice à souhait, leur père violent et la « plaine à marées » où ils vivent.

    Confession, émotion, rédemption sont au rendez-vous, vous allez adorer les personnages de Tom et de Susan Lowenstein, promis !! Vous avez devant vous 28 heures d’écoute, de quoi vous occuper à la plage ou à la montagne.
    Le livre est lu par Matthieu Farcy. 

    austen,giono,conroy,mitchell

    Je vais terminer non pas avec un livre déjà écouté ni même sur mes étagères, non c’est un livre audio à paraître mais celui là je l’attends fébrilement
    Si je vous dis que c’est un prix Pulitzer, que l’adaptation au cinéma est inoubliable, que c’est un best seller absolu même si il est aujourd’hui un peu montré du doigt ? 

    austen, giono, conroy, Mitchell

    C’est …Autant en emporte le vent, qui va sortir chez Sixtrid en deux tomes avec une nouvelle traduction et lu par Caroline Maillard.

    Quand ? Fin septembre 2020
    Patience patience.

    austen,giono,conroy,mitchell

    Les livres Audio

    L’Abbaye de Northanger - Jane Austen - Editions Thélème
    Raison et sentiments - Jane Austen - Editions Thélème
    Jean le bleu - Jean Giono - Editions Thélème
    Regain - Jean Giono - Editions Thélème
    Que ma joie demeure - Jean Giono - Editions Thélème
    Le Guépard - Tomaso di Lampedusa - Editions Audiolib
    Le Prince des marées - Pat Conroy - Editions Audiolib 

  • Où vont les vents sauvages - Nick Hunt

    « Le vent qui vient à travers la montagne m’a rendu fou ! » Victor Hugo 

    hunt

    C’est une belle invitation à l’aventure que ce livre. Quand Nick Hunt était très jeune le vent l'a presque emporté, il en a gardé le souvenir qui est sans doute à l’origine de cette quête derrière les vents d’Europe.

    hunt

    L’auteur est allé à la poursuite des vents la plupart du temps à pied. Armé d’un bagage léger, anémomètre et cartes météo il a suivi les couloirs des vents.

    hunt

    Sa chasse s’est exercée envers 4 vents

    Chez lui d’abord dans les Pennines «  zone de hautes terres la plus étendue d’Angleterre » 

    hunt

    Les Pennines 

    Nick Hunt poursuit l’Helm. Pour le rencontrer il faut parcourir le Cross Fell, c’est le sommet des Pennines. Rassurez vous si vous ne voyez pas où c’est, j’ai du faire une petite recherche pour m’y retrouver.

    hunt

    Cross Fell

    « L’Helm pouvait propulser quelqu’un en l’air, catapulter des moutons comme de simples morceaux de laine, renverser de lourdes charrettes et détruire des étables en pierre »

    L’Helm est le seul vent auquel on a donné un nom chez nos ennemis du Brexit.

    hunt

    La Bora 

    Sa quête va le mener ensuite vers la Bora, un vent amer, nerveux, sec et glacial qui souffle de Trieste à travers la Slovénie et le long de la côte croate. Le vent qui souffla pour Rilke, Svevo ou Joyce. 

    La Bora est un vent froid terrible qui comme tous les vents curieusement souffle toujours trois, six ou neuf jours !

    hunt

    Sens Croatie 2012

    En 2012 «  La température avait plongé à moins quatorze degrés et la Bora créé de fantastiques sculpture de glace dans le port de Senj » 

    Pour Nick Hunt c’est l’occasion de rencontrer Tomas un personnage un peu extraordinaire qui va le sortir d’un mauvais pas « quand je me suis perdu dans les montagnes de Croatie et que je risquais de faire face à une situation terrible, il m'a pratiquement sauvé. C'est une personne extraordinairement excentrique et généreuse »

    hunt

    «  Il peut être violent comme un ouragan, faire couler les navires, écraser les maisons, renverser des camions, bloquer des autoroutes, déraciner des arbres, projeter des poissons hors de l’eau »

    Fini le froid, voilà un vent chaud, peut être que comme moi, vous ignorez où souffle le foehn, si vous imaginez ça dans un désert vous êtes à côté de la plaque !! 

    Le foehn c’est le vent qui balaie la plus longue chaine de montagnes d’Europe, vallées alpines, vallées du Rhin, les Quatre cantons, le Tessin jusqu’au Valais. Surprenant non ?

    hunt

    Un vent chaud et sec souvent associé à la mauvaise santé, aux migraines, aux crises de folie. Vous savez ces récits qui commencent ainsi « le Foehn soufflait ce jour là » 
    Il souffle aussi chez les puissants et riches du Liechtenstein, mais aussi chez les humbles du pays de Heidisi vous avez un doute ressortez votre exemplaire du livre et vous pourrez vérifier.

    hunt

    le Pays d'Heidi pays du foehn

    « Elle restait immobile, à écouter la voix profonde et mystérieuse du vent, qui se manifestait à elle depuis les cimes des monts »

    Le Foehn porte des noms variés selon les circonstances et les lieux «  le plus vieil homme du Rhin » ou « Mangeur de neige » 

    hunt

    Je dois dire que c’est le vent qui a eu ma préférence peut être parce que j’ai pendant des années parcouru les vallées Suisses avec bonheur.

    hunt

    La Crau

    Enfin le dernier c’est le Mistral, avec Nick Hunt on le suit de Valence aux étendues de lavande et à la Crau.
    Le Mistral c’est « le vent de folie » qui a tourmenté Van Gogh. Le vent dont on dit que c’est celui des idiots.

    hunt

    Van Gogh Oliviers et Alpilles 

    « La cime des arbres tanguait, se débattait, bouillonnait, les branches supérieures hurlant tandis qu’elles écorchaient leurs écorces respectives. L’air était chaud chargé d’humidité, et il ne descendait pas du nord, mais d’au-dessus, de derrière, d’au-dessous, de toutes les directions en même temps »

     

    Mais qui sais que le Mistral joue un rôle important dans le séchage « de l'herbe ou dans l'élimination des microbes, ce qui signifie qu'aucun conservateur ou pesticide n'est requis »:
    Ce vent qui souffla à Orange pendant 16 jours consécutifs en 2004.Ce vent qui fait que l’on parle d’Avignon la venteuse.

    hunt

    Tempête Amélie

    Un bon récit de voyage, de ceux que j’aime car il m’a rendu presque visible ces vents que jamais personne ne voit, m’a fait croiser montagnards, bergers ou marins. Parcourir des paysages sauvages.

    Ce que j’ai aimé c’est que Nick Hunt nous parle bien entendu de ses randonnées derrière les éléments mais aussi de l’histoire des lieux : on croise Schiller, Rossini et Guillaume Tell mais aussi le sinistre Milošević

    J’ai aimé : passer de hauts plateaux à des villages inconnus, des petites villes pittoresques et pleines d’histoire, rencontrer les gens de ces contrées avec leurs légendes et leurs traditions. 

    J’ai aimé sa capacité à nous faire entendre et sentir le vent, ses coups, ses gémissements, ses cris parfois.

    J’ai aimé qu’il tienne mêlé la météorologie et la mythologie, l’auteur sait écouter les mythes et les légendes et passer de la superstition aux informations scientifiques, nous parler des cartes et des histoires, de poésie et de philosophie.

    Avec les changements climatiques les vents vont changer « puisque les températures déterminent ce qu'ils font et dans quelle direction ils soufflent. » Ne ratez pas ce témoignage. 

    hunt

    Le livre : Où vont les vents sauvages. Marcher à la rencontre des vents d’Europe, des Pennines jusqu’en Provence - Nick Hunt - Traduit par Alexandra Maillard - Editions Hoëbeke

  • Des femmes remarquables - Barbara Pym

    La vie d’une vieille fille des années 50.

    gym

    Mildred Lathbury, fille de pasteur, vit seule, travaille à mi-temps dans un centre d'aide aux femmes en difficultés, et oeuvre pour sa paroisse. Vous la voyez déjà vieille et aigrie ? Pas du tout elle n’a que trente an Mildred mais faute de mari c’est déjà aux yeux de tous une vieille fille. Elle visite les vieilles dames, elle s’occupe de fleurir l’église et organise thés et ventes de charité et s’intéresse de près au Révérend Julian Mallory.

    Ce qui va bousculer sa vie c’est l’arrivée de nouveaux voisins.
    Imaginez un peu, lui, Rockingham Napier est officier de marine et sa femme est une belle et élégante anthropologue, de quoi faire rêver Mildred. 

    A partir de là je dirais que tout dérape un peu, Mildred va être le témoin des joies et problèmes de la vie de couple. Or le quotidien des époux n’est pas vraiment réjouissant et fait douter Mildred, le célibat n’aurait-il pas du bon en fait ?

    gym

    L'auteur

    Comme toujours avec Barbara Pym, il y a dans ce roman à la fois un humour grinçant mais aussi beaucoup de tendresse pour les personnages et une belle dose de mélancolie.

    La lucidité l’emporte dans les portraits, la dérision et le burlesque ne sont jamais absents. Les analyses de situations sont sans concession et très méchamment ironiques.

    Un roman de Barbara Pym comme je les aime.

    L’avis de Keisha sur Lecture/Ecriture 

    gym

    Le livre : Des femmes remarquables - Barbara Pym - Traduit par Sabine Porte - Editions Belfond 

  • Silas Marner - George Eliot

    J’ai entamé ma lecture de George Eliot avec deux de ses plus grands romans : Middlemarch et Daniel Deronda. 

    Une auteure que j’ai beaucoup appréciée et j’ai donc continué mon parcours avec Silas Marner, un roman de moindre importance mais qui remporta un joli succès.

    Certes c’est un roman plein de bons sentiments mais je suis de l’avis de Dominique Fernandez :
    « La phrase de Gide sur les bons sentiments qui font de la mauvaise littérature est devenue un lieu commun si despotique, qu’on ose à peine saluer en George Eliot une splendide romancière à l’écriture riche et intelligente. »    

    george eliot

    Silas Marner est un tisserand habile mais qui ne fraye pas avec les gens du village, il suscite d’ailleurs beaucoup de méfiance parmi les villageois.

    S’ils savaient que Silas a autrefois vécu une histoire d’amour qui s’est fort mal terminée seraient-ils plus compréhensifs ? Si par exemple ils apprenaient que Silas a été contraint de fuir son village après avoir été accusé injustement par son meilleur ami qui en passant lui a soufflé sa fiancée ! 

    george eliot

    Depuis il s’est installé à Raveloe, il travail comme artisan mais n’a ni femme, ni enfant. Il est devenu avare et tel Harpagon, il compte et recompte son trésor amassé patiemment au fil des années. 
    Il connait bien les herbes et les simples grâce à sa mère et tente de masquer les crises d’épilepsie dont il est victime.

    Autrefois très croyant, la souffrance et l’injustice l’ont atteint «  La lumière de sa foi s’était éteinte complètement » 

    george eliot

    Un jour son magot lui est enlevé, c’est le second coup dur de la vie de Silas Marner mais la consolation va prendre les traits d’une enfant abandonnée, à la chevelure couleur or, une enfant qui va lui montrer le chemin de la résilience. Eppie va devenir le centre de sa vie.

    george eliot

    George Eliot parvient à faire un roman bien rythmé, d’un récit assez convenu elle fait une jolie parabole en donnant épaisseur et humanité à ses personnages.
    Elle nous dit qu’il ne faut pas baisser les bras, que la résilience est possible et que le bonheur peut finir par apparaitre.

    Vous voulez quelques avis autorisés ?

    « La beauté de ses premiers livres, Scènes de la vie du clergé, Adam Bède, le Moulin sur la Floss,  est immense.» a dit Virginia Woolf

    « Le texte que je tiens pour son chef-d’oeuvre »  dit Dominique Fernandez, même si j’ai un classement un peu différent des oeuvres de George Eliot, peu importe, ce roman est un excellent roman que j’ai pris un très grand plaisir à découvrir.

    Les Livres : 

    Silas Marner - George Eliot - Traduction Joseph Vilar - Editions Omnibus L’art de raconter - Dominique Fernandez - Editions Le Mercure de France

     

  • Tour d'horizon - Kathleen Jamie

    Depuis la lecture de ses premiers écrits j'ai mis une veille sur l’auteur et toc voilà un recueil de textes brefs dans la même veine que son premier livre.

    Kathleen Jamie nous entraine à sa suite d’île en île, dans des lieux où je n’avais même jamais rêvé d’aller mais j’ai suivi cette écossaise bon teint, cette poétesse des choses de la nature avec un grand plaisir.

    Jumelles en main Kathleen tient là son rôle d’observatrice : depuis les aurores boréales, les ruines de villages à l’abandon, d’éclipse de lune jusqu’à une colonie de Fous de Bassan.

    jamie

    « D’un vert lumineux de la couleur du plumage d’une sarcelle, l’aurore boréale scintille presque immédiatement au dessus de nos têtes. Elle se développe dans la nuit étoilée comme l’haleine projetée contre un miroir (…)D’abord c’est un voile émeraude puis cela prend la forme d’un cocktail à la menthe. »

    Elle sait regarder y compris ce qui ne devrait pas être dans le paysage, comme cet aileron qu’elle ne cherchait pas mais qui est bien là.
    Sa pensée vagabonde au gré de la lumière du jour, de l’infiniment petit à l’infiniment dangereux.

    jamie

    Cette  auteure est une éveilleuse qui sait nous faire admirer le monde dans toute sa diversité, ses mystères. Elle sait le faire avec légèreté, allègrement, sans fioritures aucunes.
    « Continuez à regarder, même quand il n’y a pas grand-chose à voir. Ainsi votre œil apprend ce qui est normal, et quand quelque chose d’anormal apparaîtra, votre œil le repérera. » 

    J’aime les îles et en particulier celles du nord de l’Europe, alors là c’est un festival  Saint Kilda, Rona, North Mains, je vous laisse chercher où tout ça prend forme au milieu des eaux agitées de l’Atlantique ou dans les eaux fraîche de l’Arctique

    jamie

    « Les falaises biscornues de Saint Kilda sont à nouveau apparues à l’horizon »

    J’ai aimé ces textes simples, dépouillés même et à hauteur de …femme. Elle ne se paie pas de mots mais elle parvient à faire vibrer ses textes.

    jamie


    « Il se dégage des montagnes, de la glace et du ciel, un silence minéral qui exerce une puissante pression sur nos corps. C’est un silence ­venu de très loin, effrayant, qui fait ressembler le bruit sous mon crâne au cri d’une oie criarde. J’aimerais réduire mon esprit au silence, mais je pense que cela prendrait des années »

    jamie

    Musée de Bergen

    Il y a un rien de magie dans ses écrits, elle est habitée par les légendes celtiques, alors suivez là faites vous ornithologue, ou archéologue et parcourez avec elle le Groenland, les Féroé, les Hébrides ou un musée un rien poussiéreux, tout est bon pour célébrer la terre, le « paysage de mer grise et de ciel blanc rincé de pluie et hanté d’oiseaux » ou bien les pluviers, les fulmars et autres oiseaux des mers. 

    jamie

    Le livre : Tour d’horizon - Kathleen Jamie - Traduit par Ghislain Bareau - Editions La Baconnière

     

  • Le Moulin sur la Floss - George Eliot

    Lorsqu’un auteur me plait je vais souvent au bout de ma lecture, parfois il me faut beaucoup de temps mais cahin-caha j’avance.

    Mon auteure actuelle est George Eliot, après l’essai de Mona Ozouf il est temps de revenir aux romans. 

    Impossible de commencer cette chronique sans répéter les mots de Proust
    « deux pages du « Moulin sur la Floss » me font pleurer. » 

    moulin de Parham John Constable.jpg

    Moulin de Parham - John Constable

    Faisons connaissance avec Maggie et Tom Tulliver, elle est vive, intrépide, enthousiaste, curieuse de tout, rêveuse et vite enfiévrée par les livres, Maggie voudrait tant étudier. Mais elle souffre d’un handicap certain : c’est une fille.

    Tom lui est le point de mire de la famille, il porte l’ambition du père, s’élever dans la société et pour cela faire des études ce qui exige des sacrifices et l’endettement pour M Tulliver propriétaire d’un moulin. 

    Tom aime beaucoup sa soeur mais ne peut pas s’empêcher de lui adresser piques et rebuffades, de l’humilier et de faire preuve de pas mal de mesquinerie, trouve normal de recevoir un souverain lorsque Maggie doit se contenter de shillings, en cela il ne fait que suivre l’avis d’une société qui maintien la femme en état de dépendance et de soumission.

    le moulin.png

    Lorsqu’après des déboires, dus à l’ entêtement du père, la famille  se retrouve démunie, ruinée, Tous les espoirs reposent sur Tom qui doit permettre aux Tulliver de retrouver leur place dans la société et ainsi venger l’honneur de son père. 

    Pour parvenir à ce résultat la famille va devoir consentir des sacrifices. Sacrifier son bien être et se séparer de ses possessions, je vous recommande une scène autour d’un problème de théière qui est un morceau d’anthologie, le tempérament sarcastique de George Eliot éclate dans ce genre de scène.

    théière.jpg

    Mais le sacrifice va aller bien au-delà pour Maggie. Elle a un tempérament ardent Elle va devoir sacrifier beaucoup, une amitié amoureuse avec Philipp Wakem le fils de l’ennemi juré des Tulliver, puis un amour éclos bien malgré elle pour Stephen le fiancé de sa cousine.

    The-Mill-on-the-Floss-BBC.jpg

    Je sais qu’il est habituel de parler de ce roman comme celui de l’amour entre un frère et une soeur  mais pour moi indéniablement c’est le roman de Maggie, c’est elle le centre du récit.

    Elle est une héroïne superbe, en soeur aimante alors que son frère est très souvent dur et injuste avec elle « Tu as toujours pris plaisir à me punir... tu as toujours été dur et cruel avec moi. » crie-t-elle dans un moment de révolte. 

    Jeune fille vite enflammée elle  a au fond d’elle la volonté farouche de ne nuire à personne et accepte pour cela de sacrifier ses propres désirs, ses propres passions. 

    paddington-mill-pond-abinger-hi_orig.jpg

    J’ai aimé les scènes bucoliques autour du moulin, la peinture très poétique d’une vie naturelle et simple. 
    La rivière est centrale dans le roman, voici ce que dit Mona Ozouf dans son essai sur George Eliot 
    « La Floss cependant est bien la personne centrale du récit. Séduisante, incertaine, ombrageuse, un brin sorcière, elle est la maîtresse du moulin qu’elle cerne, fait vivre menace »

    Si je n’ai pas comme Proust, pleuré à la lecture du Moulin sur la Floss, j’ai cependant été touchée par Maggie qui va rester pour moi, un de ces beaux personnages à l’égal de Jane Eyre, de Dorothea de Middlemarch ou d’Elizabeth Benett.

     

    9782070426270-475x500-1.jpg

    Le livre : Le Moulin sur la Floss - George Eliot - Gallimard Folio