21.11.2009
L'étrange disparition d'Esme Lennox - Maggie O'Farrell
L’étrange disparition d’Esme Lennox - Maggie O’Farrell - Traduit de l’anglais par Michèle Valencia - Editions 10/18
La folie et l’enfermement arbitraire sont des thèmes durs mais très intéressants. La lecture de ce roman m’a rappeler un film de Ken Loach des années 70 : Family life mais aussi Magdalen sisters le film de Peter Mullan
Un très bref résumé : Iris jeune femme aux amours tortueuses apprend qu’elle a une grand-tante inconnue Esme Lennox, enfermée depuis soixante ans dans un hôpital psychiatrique, l’établissement ferme ses portes et cherche à recaser ses pensionnaires. Difficile pour elle d’interroger sa famille, sa grand-mère ne lui a jamais parlé de cette soeur et aujourd’hui c’est trop tard car elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer.
Tout l’art de Maggie O’Farrell est de nous distiller la vie des personnages par petites touches, comme on instille un poison car on ne peut plus lâcher le livre. La construction très réussit nous fait osciller entre la vie dans les Indes coloniales du début du siècle, l’enfance mouvementée d’Iris, l’horreur de l’enfermement, de la punition imméritée, juste parce qu’une femme refuse le chemin tracé.
Il est à remarquer que cette violence est toujours réservée aux femmes, il faut croire que les hommes eux ont de tout temps eu une santé mentale exemplaire !

Film Family life de Ken Loach
C’est un excellent roman, le suspens est maintenu jusqu’au bout, la construction nous perd parfois mais c’est volontaire et cela augmente la montée en tension du lecteur. J’ai aimé les personnages, l’histoire, bref j’ai passé un très bon moment
Tous les avis sont unanimement bons sur tous les blogs et c’est ce concert de louanges qui m’a donné envie, bien m’en a pris.
Cathulu keisha Aifelle ys le grenier à livres
10:54 Publié dans Littérature Anglaise (6) | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
14.11.2009
Au phare - Virginia Woolf
Au phare - Virginia Woolf - Traduit de l’Anglais par Anne Wicke - Editons Stock
Entre Virginia Woolf et moi c’est une longue histoire de passion, la lecture faite il y a bien des années de ses romans et d’extraits de son journal m’avait enchanté, les essais ont suivis au fur et à mesure de leurs parutions, je l’ai traqué à coup de biographies petites et grandes.
Alors me direz vous pourquoi un billet aujourd’hui ? Et bien parce que l’envie de faire partager ma passion est toujours forte (demandez à Cuné ce qu’elle pense de Dickens..et vous aurez une petite idée de la passion littéraire) et puis... et puis il y a les nouvelles traductions qui ouvrent la perspective d’une lecture différente de la précédente.
Après La Chambre de Jacob, voici Le Phare, c’est par ce roman que j’ai commencé la lecture de Virginia Woolf en 19.. et il reste mon préféré, V W le considérait comme son meilleur roman.
Une famille, presque une tribu, Mr et Mrs Ramsay, leur nombreuse progéniture, quelques invités poètes ou peintres, les vacances en Ecosse un peu avant la Première guerre mondiale dans une vieille maison avec jardin. Dans le lointain le phare objet des rêves et des désirs de la famille.
La promenade au phare espérée par Mrs Ramsay et son plus jeune fils n’aura lieu que des années plus tard, entre les deux : une guerre, des mariages, des disparus et le temps inexorable qui coupe le roman en deux.
Mrs Ramsay l’âme de la maison et de la famille est celle qui console et comprends, elle porte sur chacun son regard plein d’amour. Tous les personnages sont magnifiés par ce regard.
Son mari « fin comme la lame d’un couteau » un peu faible, très égocentrique, pourtant « il n’existait personne qu’elle révérât autant que lui » Elle l’excuse et le comprends tant son besoin est grand de maintenir la famille dans une douce harmonie, Carmichaël le poète oublié, Lily Briscoe vieille fille un peu délaissée qui « avec ses petits yeux chinois et son visage tout pincé, ne trouverait jamais à se marier » et qui ne parvient pas à mettre Mrs Ramsay sur sa toile.

Tout l’art de VW est de nous baigner dans les pensées et les émotions, les perceptions des personnages « emmêlées dans un filet aux mailles d’or »
Les événements du quotidien, parfois insignifiants, viennent interrompre le flot des pensées, chacun est seul au milieu des autres.
Les sensations, les choses emplissent les jours « on ressentait ainsi envers elles une tendresse irrationnelle » le couvert mis, la lumière de la lampe, un gant oublié et en même temps savoir « que la vie était difficile; les faits inaltérables ; et que le passage vers ce pays fabuleux où s’anéantissent nos plus grands espoirs, où nos frêles esquifs s’abîment dans les ténèbres »
Comme toujours avec Virginia Wolf le temps s’étire indéfiniment pour tout à coup se contracter jusqu’à la rupture. On passe du bonheur familial à une maison « abandonnée comme un coquillage sur une dune, qui va s’emplir de grains de sable sec maintenant que la vie l’avait quittée »
« Roman de la fragilité de la vie, de l’absurdité des destinées humaines » * des espoirs déçus, de la perte de l’innocence et des émotions de l’enfance. Un chef d’oeuvre à mettre sur les rayons de votre bibliothèque
* V.W de G Brisac et A Desarthe - Editions de l’Olivier
09:13 Publié dans Littérature Anglaise (6) | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
11.10.2009
Un arrangement tranquille - Benjamin Markovits
Un arrangement tranquille - Benjamin Markovits - Traduit de l’Anglais par Catherine Richard - Editions Christian Bourgois
Au mois de mai, je vous proposais de lire le premier tome d’une trilogie, Imposture, L’auteur nous contait l’aventure de John Polidori, médecin de Lord Byron, qui le suivi dans son voyage et son séjour en Suisse alors que Byron fuyait l’Angleterre atteint par le scandale de ses rapports trop tendres avec sa demi-soeur.
Benjamin Markovits est un fieffé malin, pas question pour lui de poursuivre la saga du héros de la poésie Européenne dans un ordre chronologique, ni de faire le portrait du poète, c’est de biais qu’il se propose de nous le dévoiler.
Avec Un arrangement tranquille nous remontons le temps, le temps où il fit sa cour à Annabella et obtint gain de cause.
Le roman commence comme un pièce de Marivaux mais se poursuit sur un mode nettement plus acide.

Lady Byron
Annabella la future Lady Byron a dix-neuf ans, il lui faudra trois ans pour faire tomber Byron dans ses filets, en tout cas c’est ce qu’elle imagine. Le mari dont elle rêve n’a pas les traits de Byron mais elle aspire à la célébrité et est suffisamment ambitieuse pour accepter de l’atteindre par procuration. C’est aussi une joueuse d’échec et elle va manipuler habilement ses pions.
Les rencontres avec Lord Byron se succèdent, enfin vient la première demande en mariage par l’entremise de Lady Melbourne, demande qui est repoussée " Je serais résolument indigne de l’estime de Lord Byron si je devais m’abstenir de dire la vérité sans ambiguïté. Croyant qu’il ne sera jamais l’objet de la profonde affection qui ferait mon bonheur dans la vie domestique... "
Qu’en terme délicat ces choses-là sont dites mais est-elle réellement amoureuse ? Pas vraiment nous laisse entendre l’auteur, il entre plus de calculs que de sentiments dans ce marivaudage.
Augusta Leigh sa rivale
C’est un trio qui se constitue, le mari, la femme et la soeur, un subtil jeu de pouvoir se développe entre eux et Annabella y prend sa part. C’est un combat qui va s’engager et le scandale est inévitable.
J’ai retrouvé avec un grand plaisir la plume de Benjamin Markovits, la construction est élégante et l’écriture raffinée, Le poète n’est pas épargné par Markovits qui fait un portrait sombre de cet homme en proie à des sentiments que la morale réprouve, manipulateur, sans scrupules, et d’une Annabella plus blessée dans sa vanité que dans son affection.
J’attends avec impatience le dernier volet de cette trilogie
07:08 Publié dans Littérature Anglaise (6) | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
13.09.2009
Le maire de Casterbridge - Thomas Hardy
Le Maire de Casterbridge - Thomas Hardy - Traduit de l’anglais par Philippe Neel - Editions Sillage
Le roman s’ouvre sur une scène ignoble, la vente d’un être humain, Michael Henchard imbibé de rhum vend aux enchères sa femme Susan et sa fille Elizabeth-Jane, les enchères sont emportées par un marin de passage.
Vingt ans plus tard nous retrouvons Michael Henchard, devenu un riche propriétaire, il vit à Casterbridge une bourgade du Wessex dont il est le maire et dont les administrés ignorent évidemment tout de son passé.
Susan est à la recherche de Henchard, Newson son mari a disparu en mer, découvrant la fulgurante élévation sociale de celui qui jadis l’a vendue, elle va tentée de se rapprocher de cet homme qui peut assurer une vie confortable à sa fille.
Henchard a cherché toutes ces années à retrouver femme et fille, le remords l’a hanté et il a fait serment de ne plus boire, ses recherches étaient restées vaines.
Dans le même temps un personnage fait son apparition : Donald Farfrae, régisseur de Henchard. L’intrigue se complique ensuite et je ne veux pas déflorer l’histoire en révélant trop de détails.
Ma lecture de Thomas Hardy remontait très loin dans le temps avec Jude l’obscur et je gardais le souvenir d’un roman noir et douloureux, j’ai retrouvé ici un peu les mêmes sensations.
Les personnages sont les jouets du destin, leurs faiblesses, leurs erreurs sont toujours portées dans la colonne débit mais hélas pour eux la colonne crédit reste desespèrement vide.
Les tentatives de réparer une faute, de changer de vie, sont vouées irrémédiablement à l’échec. Le ressentiment, la jalousie, la colère et l’égoïsme dominent le récit. Les rebondissements nous emportent inexorablement vers le drame.
Ce roman m’a donné envie de poursuivre la lecture de Thomas Hardy et je fais un clin d’oeil amical à Cécile qui a chroniqué ce livre et m’a donné envie de le lire.
L’auteur
Thomas Hardy est un poète et écrivain anglais, né le 2 juin 1840 à Higher Bockhampton, lieu-dit du village de Stinsford, voisin de Dorchester et mort le 11 janvier 1928 à Dorchester. Il a reçu l'ordre du Mérite.
Il appartient au courant naturaliste, bien que lui-même se considérait d'abord comme un poète, qui n'écrivait des romans que pour gagner sa vie. La majorité de son œuvre, qui se déroule essentiellement dans la région fictive du Wessex, dépeint des personnages en lutte contre leurs passions et les circonstances. Sa poésie, publiée après ses 50 ans, est jugée d'une qualité égale à ses romans,
(wikipédia)
07:13 Publié dans Littérature Anglaise (6) | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
16.06.2009
La chambre de Jacob - Virginia Woolf
La chambre de Jacob - Virginia Woolf - Traduit de l’anglais par Agnès Desarthe - Editions Stock
« Lire Virginia Woolf prend du temps. Son oeuvre est longue, variée, touffue, et sa manière d’écrire si peu conventionnelle que l’on doit faire attention, être vigilant, avancer à petits pas pour ne rien perdre et pour ne pas s’y perdre »
Voilà vous être prévenu, ce point du vue extrait de la biographie signée Agnès Desarthe et Geneviève Brisac, vous introduit dans l’univers littéraire de Virginia Woolf, je n’ai pas résisté à la curiosité quand est paru La chambre de Jacob dans une nouvelle traduction d’ Agnès Desarthe.
Un roman mosaïque sans intrigue dont le personnage principal, Jacob Flanders, apparaît dans une série de scènes retraçant sa vie de son enfance à sa disparition. Ces scènes sont brèves, et la personnalité de Jacob se dessine peu à peu à travers les récits, les observations ou les critiques de ses amis, les réactions des jeunes femmes qui l’aiment, les apparitions de sa mère.
Nous le suivons ainsi sur la plage de son enfance, au collège à Rugby, à Cambridge dans sa chambre d’étudiant, à la bibliothèque... Nous croisons les jeunes filles qu’il séduit, ses conquêtes inavouables, celles qui l’aiment ou qui le trompent.
Nous le suivons dans son grand tour de Paris à la Grèce en passant par l’Italie.

Au fil des pages des petits cailloux sont semés qui annoncent la mort et la guerre : cimetière, cloche funèbre, détonations qui évoquent le futur bruit du canon jusqu’au choix du nom de Flanders. Le temps est l’acteur principal du roman, l’on passe sans que rien ne soit précisé, de l’enfance à l’adolescence à la vie adulte
Les sentiments, les détails matériels de la vie de jacob ne sont jamais donnés, seules subsistent des images furtives et colorées
Le lecteur est toujours à l’extérieur, les choses sont effleurées, suggérées, Virginia Woolf tisse une toile aérienne et les motifs n’apparaissent que petit à petit, les images sont fugaces , la vie est passée aussitôt qu’esquissée
A travers ce roman on retrouve des thèmes chers à Virginia Woolf : le temps béni de l’enfance et des vacances à St Ives, le traitement inégal des filles à qui l’on interdit les études et l’université, « le chaos faussement ordonné de nos jours »
Virginia Woolf capte pour nous l’insaisissable, le temps qui passe furtivement, l’inconstance des sentiments.
Je laisse pour finir la parole aux deux biographes de Virginia Woolf
« La chambre de Jacob, récit autour de l’absent, à l’écriture presque dérangeante, marque une volonté de s’affranchir d’une tradition lénifiante, et une capacité hors du commun à traduire en mots les maux d’une époque. L’écrivain est comme traversée par son temps. »
Faites une place à ce livre dans votre bibliothèque
06:53 Publié dans Littérature Anglaise (6) | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
04.05.2009
Imposture - Benjamin Markovits
Imposture - Benjamin Markovits - Traduit de l'anglais par Catherine Richard - Editions Christian Bourgois
J’ai suivi par la pensée Byron dans un voyage pédestre en Suisse, ce roman me proposant de le retrouver, je n’ai pas résisté.
En prologue l’auteur raconte avoir reçu un manuscrit d’un de ses anciens collègues dont la personnalité l’a longtemps fasciné, cet enseignant spécialiste des romantiques anglais l’a fait son héritier. Le personnage était ambigu puisqu’il avait reconnu être l’auteur d’un faux. Que raconte ce manuscrit ?
En 1819 parait dans une revue un texte le vampire , l’éditeur laisse croire que ce texte anonyme est de Lord Byron. Succès garanti, le public se jette sur le texte qui sent le souffre, Lord Byron est en butte à l’opprobre publique en raison de son divorce houleux. Chacun sait que le parfum de scandale fait vendre...
L’auteur réel du "vampire" est John Polidori un jeune médecin sans patients, sa soeur Frances, dont il est amoureux, a épousé un monsieur Rossetti qui sera le père du poète et peintre Dante Gabriel Rossetti. Trois ans plus tôt il a accepté contre l’avis de son père, d’être le médecin et le compagnon de voyage de Byron.
Après la France et une randonnée dans les Alpes Suisses, Byron se fixe à Cologny au bord du Léman dans une magnifique villa qui restera célèbre : la villa Diodati. Là il retrouve le poète Shelley et son épouse Mary.

Le séjour a été un calvaire pour Polidori, il a des velléités d’écriture, il est copieusement moqué pour cela. Lord Byron en a fait son souffre-douleur et Shelley ne l’a pas épargné.
Lors d’une après-midi pluvieuse ils décident tous les quatre d’écrire chacun une nouvelle fantastique, la postérité retiendra celle de Mary Frankenstein et celle de Polidori Le vampire. Le séjour prend fin amèrement pour Polidori puisqu’il est remercié par Byron.
Lorsque Polidori voit son oeuvre publiée anonymement il est amer et se sent trompé et il développe une telle rancoeur que lorsque Eliza, jeune femme romantique et à l’imagination fertile, le prend pour Lord Byron, il ne la détrompe pas. L’imposture lui semble normale, n’a-il pas lui aussi du talent ? et puis Byron n’essaie-t-il pas de s’approprier « le vampire » ?
Tout est permis au romancier, y compris de détourné l’histoire à son profit, B Markovits ne s’en prive pas. L’intrigue est riche et somptueuse mais la construction est complexe, les retours en arrière sont nombreux et parfois Markovits s’amuse à nous perdre dans ses digressions.
Le thème de l’imposture se prête bien en effet aux ambiguïtés, au jeu de miroirs, la réalité est pliée à la convenance de l’auteur, vrai et faux s’entremêlent et la composition du récit est à facettes multiples. La lecture demande une attention soutenue, le plaisir est à la hauteur de l’effort.
Ceci est le premier tome d’une future trilogie sur Byron dont Benjamin Markovits est spécialiste, je serai au rendez-vous.
Pour prolonger votre lecture

La vie de Byron d’André Maurois - Grasset
Byron portrait d’un homme libre de Leslie Marchand - Autrement
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28.02.2009
La Reine des lectrices - Alan Bennett
La reine des lectrices - Alan Bennett - Traduit par Pierre Ménard - Editions Denoël
Un roman où il s’agit de la Reine avec un R majuscule, celle d’Angleterre, qui au grand dam de son entourage et de son premier ministre, se met à oublier les devoirs de sa charge au profit de quoi je vous le demande ? au profit des livres. Mais comment une telle chose a-t-elle pu arriver ?
Comme chaque semaine le bibliobus vient apporter la culture aux sujets et serviteurs de sa Majesté, pénétrant pour la première fois dans cette bibliothèque ambulante à la poursuite de ses chiens, la Reine se fait un devoir d’emprunter un livre (elle a décorer l’auteur alors..) puis de le rendre et ....d’en emprunter un second, cela doit vous rappeler quelque chose....de fil en aiguille et de livre en livre voilà sa Majesté complètement accro.
Elle qui n'a jamais lu que des discours et autres textes obligatoires est parfois en état de manque quand elle oublie son livre sur la banquette du carosse.......Sa vie est totalement bouleversée, elle découvre le bonheur de lire et regrette le temps perdu.
Elle dévore, prend des notes, et non contente de se faire plaisir, elle impose à son entourage des interrogatoires sur leurs lectures.
Le protocole est chamboulé, la Reine en oublie ses royales obligations, la monarchie est en danger...
Si vous voulez savoir comment la lecture change la vie de son Auguste Majesté et la nôtre pauvres lecteurs, si vous voulez vous interroger sur l’aspect subversif et libérateur de la lecture d’une façon légère et très « british » allez y lisez ce bouquin.
C'est drôle, enlevé, impertinent, léger, une petite gâterie à se faire avec une cup of tea of course .....Je n’ai pas boudé mon plaisir
La blogosphère littéraire partage cet avis : Cuné, Lou Book , les pros de la critique apprécient aussi
L'Auteur
Acteur, scénariste et réalisateur de télévision, Alan Bennett est né en 1934 au Royaume Uni
07:17 Publié dans Littérature Anglaise (6) | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
16.12.2008
Le miel d'Harar

Le miel d'Harar - Camilla Gibb - Editions Actes Sud
Dépaysement garanti aujourd’hui , un voyage de couleurs, d’odeurs et de saveurs dans un pays soumis aux tourments des révolutions, des guerres, des famines.
Le roman alterne entre deux époques et deux lieux : 1974 en Ethiopie dans les mois de chaos politique qui précèdent la chute d’Hailé Sélassié, et 1990 à Londres au sein de la communauté éthiopienne en exil.
L’héroïne se nomme Lilly , fille d’un père britannique et d’une mère irlandaise, parents excentriques et irresponsables qui disparaissant au Maroc la laisse à la garde d’un maître Soufi.
Le Grand Abdal, élève l’enfant et l’instruit dans le respect des textes et des lois de l’islam.
La vie de l’héroïne prend un nouveau tournant lorsqu'elle fait un pèlerinage à Harar, en Éthiopie, un des lieux saints du soufisme, quatrième ville de l’Islam.
Contrainte de rester à Harar, Lilly va devoir lutter pour trouver sa place dans une société qui la rejette parce qu’étrangère, parce que blanche et parce que femme. Elle mesure le gouffre existant entre un texte d’amour ce que le Coran a toujours été pour elle et la possible « fureur de l’islam ».
Les difficultés sont immenses, elle partage la pauvreté, et la misère des harari. Pour gagner sa vie elle enseigne le Coran aux enfants pauvres du quartier, cueille le khat, coud des coquillages sur des paniers, donne des leçons d’anglais.
Elle tente de s’intégrer à la vie de la communauté mais la situation politique du pays va l’obliger à s’enfuir à l’heure où le destin des éthiopiens bascule pour longtemps dans le sang et l’horreur.
Réfugiée en Angleterre auprès d’émigrés éthiopiens Lilly va tenter de reconstruire sa vie, de faire le deuil d’un pays et d’un amour.
Camilla Gibb qui a vécue en Ethiopie, campe une Lilly toute à la fois forte et fragile, sensible, et qui laisse voir une facette de l’Islam très différente des violences de l’intégrisme.
Le roman est peuplé de personnages hauts en couleurs, les odeurs et les couleurs de l’Ethiopie sont rendues avec bonheur; la communauté londonienne exilée est très heureusement peinte.
Roman de l’exil, de la tolérance mais aussi de la force de la vie spirituelle et de sa beauté, ce roman mérite une place dans votre bibliothèque
L’auteur :
Camilla Gibb est née en Angleterre et a grandi à Toronto. Elle a fait des études universitaires en anthropologie sociale, avec un intérêt particulier pour le Moyen- Orient. Ses deux romans précédents, Détails insignifiants d’une vie sans éclat (Plon, 2004) et La Bouche pleine de mots (10/18, 2004), ont été traduits en une douzaine de langues. Camilla Gibb est la vice-présidente du PEN-Club canadien, et a reçu de nombreux prix pour son oeuvre.
11:55 Publié dans Littérature Anglaise (6) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



















