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Bribes et brindilles

  • Bribes de poèmes

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    Chaucer 

    Il passa au-dessus des clochers, traversa des rivières, des jardins maraîchers, les cuisines d’autrui sur plus de 7000 miles pour chasser la pluie hors ses yeux 

     

    Jean Jacques Rousseau

    Je suis tombé aujourd’hui en marchant   je me parlais à moi-même   une chose que j’ai dite a brisé l’air  et à continuée à la briser    en morceaux de plus en plus petits 

     

    Dickens 

    Il voyait la marche dans le noir  ambiant par les rues mal éclairées   presque incandescent au coin de l’oeil  l’espace de la nuit  s’affine avec le temps  un quartier de nuit disait Dickens est gris anthracite et drapé 

     

    George Sand

    L’insecte comme perle, l’insecte comme carillon, l’insecte comme améthyste plaqué de mica 
    Voilà ce que c’est que de se promener avec entomologiste. Un vol de criquets.

     

    Robert Walser

    Pour Walser se promener commençait d’habitude par mettre un chapeau.
    Pour Walser se promener c’était déplier un oiseau origami comme une porte déplie le monde.

     

    A propos du livre 
    Ce qui réunit ces auteurs et poètes c’est avant toute chose la philosophie intime qui les occupe, l’état d’esprit qui anime chacun et qui lie étroitement les deux activités : marche et écriture. Écrire et marcher. Marcher et écrire.   

    Angèle Paoli  dans la revue de Poésie critique de mai 2022 

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    Le livre : Poèmes à pied Cole Swensen Traduit par Maïtreyi et Nicolas Pesquès  Editions José Corti

  • Bribes de mésanges

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    « Une année un couple de mésanges avait fait son nid dans une grosse amphore en terre sur la terrasse, tout près de la porte d’entrée.
    Le père et la mère à tour de rôle, se perchaient sur le mur, une chenille verte en moustache au bord du bec. »

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    « Les parents se relayaient sans interruption, se donnant le mot pour aller quérir cette provende de chenilles vertes apparement inépuisable. »

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    « Un jour sans crier gare, les mésangeaux se sont envolés, l’un après l’autre. Le chat en goba deux, coup sur coup, comme au tir au pigeon, sûr de son bon droit, avant que je réagisse et l’intercepte. »

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    « Les années suivantes l’amphore resta vide »

    Le livre : Carnets d’un jardin - Anne-Marie Koenig - Editions Grasset

  • Bribes de l'art d'écrire

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    En somme la lecture, je l’ai toujours associée à l’écriture. La pratique de la lecture m’est toujours apparue comme un accompagnement indispensable de l’écriture. C’est parce que j’ai commencé à écrire que je me suis mis à lire. 

    C’est parce que j’ai compris très vite  ( et qu’on me l’a dit et répété à juste titre ) que pour écrire il fallait avoir lu, que j’ai commencé à lire.

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    D’ailleurs toutes les premières grandes lectures fondatrices de ma vie - Kafka, Beckett, Proust - je ne les ai pas faite dans l’adolescence, je les ai faites alors que j’écrivais déjà.

    J’ai toujours lu avec une perspective d’écrivain.

    Il est bien sûr très rare qu’on ouvre un dictionnaire et qu’on se mette à le lire, pages après pages, dans la continuité. Non on ne lit pas le dictionnaire, on le feuillette, on le parcourt, on le fatigue, selon la très jolie expression de Borgès.

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    Une chose me frappe, mais ce n’est peut être qu’une illusion d’optique, c’est qu’il y a plus de mots dans l’oeuvre de Proust que dans tous les dictionnaires du monde.

     

    Le livre : C’est vous l’écrivain - Jean-Philippe Toussaint - Editions Le Robert 

     

  • Bribes de peinture et d'amitié

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    « Ami lecteur, voilà pourquoi l’audace m’est venue de te soumettre quelques aspects de Claude Monet. L’artiste a vécu un moment supérieur de l’art, et, par là même, de la vie. Il ne manquera pas de bons juges pour le dire. Mais c’est l’être humain que je cherche au-delà de l’artiste, l’homme qui, livré tout entier à ses impulsions les plus hautes, a osé regarder en face les problèmes de l’univers » 

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    « Je prends le ciel à témoin qu’un tel accomplissement n’est pas de l’ordinaire. D’où l’idée m’est venue d’ajouter quelques touches au portrait de Monet par lui-même, pour caractériser autant que possible la grande figure d’un homme qui fait honneur à son temps, à son pays, à sa planète. »

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    Monet et Clémenceaux

    « Un jour, je disais à Monet : « C’est humiliant pour moi. Nous ne voyons pas du tout les choses de la même façon.(…) Avec vous, c’est une autre affaire. L’acier de votre rayon visuel brise l’écorce des apparences, et vous pénétrez la substance profonde pour la décomposer en des véhicules de lumières que vous recomposez du pinceau, afin de rétablir subtilement, au plus près de sa vigueur »

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    « Ce qui caractérise Monet, c’est qu’après avoir créé sa manière, il l’a développée, d’un progrès continu, jusqu’au prodige des Nymphéas, c’est-à-dire au-delà même de ce que meules, peupliers, cathédrales, Tamise, permettaient de prévoir. »

    Le livre - Claude Monet - Georges Clémenceau - Editions Parkstone International

  • Bribes de bois et de cabanes

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    « La nuit dernière, j’ai dormi dans la cabane après être allé nager, dans la soirée, dans l’eau des fossés où les herbes commencent à pousser. Sous la lune presque pleine, la lumière restait si vive qu’on ne pouvait décemment pas parler d’obscurité. À quatre heures moins dix, j’ai été tiré de mon sommeil par une fauvette à tête noire qui sautillait sur le toit. Juste après, elle a lancé le plus somptueux gazouillis dont on puisse rêver, avant d’être rejointe bientôt dans le clair-obscur par d’autres oiseaux. »

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    Fauvette à tête noire 

    « J’ai aussi un wagon de chemin de fer, que j’ai fait transporter dans l’un de mes champs, il y a de cela des années. Y dormir ou y travailler, c’est comme partir en voyage. Un frêne qui pousse juste derrière caresse le toit de ses branches, et joue des airs syncopés sur le tuyau de cheminée quand souffle le vent. » 

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    « Le perce-neige, l’anémone des bois, la primevère, la digitale et l’ail des ours ont tous ce pouvoir d’imprégner les sous-bois d’une teinte par la seule force du nombre. Cependant, la fleur de la jacinthe sauvage a une beauté préraphaélite particulière, elle qui pend la tête en bas en donnant à la tige la forme d’une houlette de berger. »

    Le livre : Wildwood  A travers les forets du monde  -  Roger Deakin -  Traduit par Frédéric le Berre  -  Editions Hoëbeke 

  • bribes de bienveillance pour la terre

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    Le Passage de Beder une ile à marée haute 

    " J’écoute le clapotement de la mer et le cri d’une corneille de rivage dans les cèdres qui commencent tout juste à bruire sous le souffle de l’après-midi. Les voix de ma fille et de mon fils me parviennent de loin, le grincement d’une rame, les à-coups d’un bateau – toute la douce musique d’une île à marée haute ou à marée basse. Quelle est la place des êtres humains dans l’harmonie du tout, et qu’est-ce que cela nous dit sur la façon dont nous devrions agir dans le monde ?"

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    " La brume s’était levée et je découvris que j’étais entourée de minuscules îles, avec sur chacune d’elles un arbre seulement. Leurs rivages étaient recouverts d’algues marines, jaunes sous le soleil soudain, et toutes avaient, après un monticule de roches grises et nues, un unique sapin-ciguë ployant sous les touffes de mousse et de lichen déchiqueté. Les îles flottaient sur leurs propres reflets – ils n’étaient pas parfaits, mais découpés en lignes horizontales, et se déplaçant très légèrement. Je lançai une corde par-dessus une branche et m’amarrai – je ne voulais pas dériver trop loin –, et les reflets devinrent alors des taches de couleur qui dansaient."

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    "Admettons que vous êtes d’accord. Admettons que vous reconnaissez que les humains ont une obligation de bienveillance envers la terre. Qu’est-ce que cela signifie exactement, ici et maintenant ? Qu’allez-vous faire ? Ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas facile à savoir. Vous ne pouvez pas partir du principe que vous savez quoi faire. Tout change autour de vous, et vous n’y pouvez rien, mais ce que vous faites est souvent ce qu’il ne faut pas faire. Et ce que vous faites dans un endroit précis a des répercussions inattendues à une centaine de kilomètres de là, ou en aura dans une centaine d’années."

     

    Le Livre : Sur quoi repose le monde  Kathleen Dean Moore – Editions Gallmeister