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Bribes et brindilles

  • Bribes d'Aubrac

    « L’Aubrac est ce miroir qui nous renvoie l’image d’une ancienne, d’une vraie humanité, que nous avons perdu de vue. »

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    Rieutort d'Aubrac

    « Car on ne conquiert pas l’Aubrac, on se rend à lui. Comme une évidence. Une claire évidence. Quand, de son ciel, la lumière coule de source, elle est plus que jamais l’eau nécessaire qui lave notre regard, l’expurge de tous ces faux-semblants, ses trompe-l’oeil mirobolants, tout le clinquant de pacotille d’une société aveuglée par ses mirages mêmes. »

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    « On pourrait dire que l’Aubrac est né de la lumière. D’un désir de lumière. Partout elle le baigne l’enveloppe et le lave. »

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    © Arnaud Millot

    Le livre : Désir d’Aubrac - Patrick Mialon - Editions Le Temps qu’il fait

  • Bribes d'automne

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    Début octobre, les feuilles des marronniers envahissent les trottoirs et au réveil, quand j’ouvre mes volets, les petits matins sentent la mousse et le brouillard. C’est le temps des premières flambées et des dernières confitures, gelées de pomme et de coing couleur de cuivre qu’on aligne avec soins dans l’ombre des placards.

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    Calendrier des récoltes : en Bourgogne on ne va plus aux jonquilles ni aux mûres mais aux cornouilles et aux cèpes, dont le fumet boisé se combine à celui des pommes sures pour composer la senteur de l’automne.

     

    Le livre : Sagesse de l’herbe - Anne Le Maître - Editions Transboréal 

  • Bribes de Mandelstam

         D’après Pétrarque   Valle che de'lamenti miei se'piena...

     

    Rivière qui grossis de mes larmes amères,

    les oiselets des bois pourraient le narrer

    et les bêtes sensibles et les poissons muets

    que l'une et l'autre rive de verdure enserrent ;

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    La rivière de Pétrarque

    Val encore murmurant de mille serments brûlants

    et lacis de sentiers émaillés d'herbes folles,

    blocs d'un amour fort, durcis avant le temps,

    fissures de la terre sur les pentes escarpées,

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    Rivière russe - Tableau d'Ivan Konevskoï

    ainsi sans remuer branle l'inébranlable

    et je branle de même... tel au cœur du granit

    sourd le chagrin, sur fond de joies anciennes

     

    où je cherche les traces du beau et de l'honneur

    évanouies, comme le faucon après la mue

    abandonne sa dépouille sur la terre nue.

     

    Le livre : Nouveaux Poèmes - Ossip Mandelstam - Traduit par Christiane Pighetti - Editions Allia

     

  • Bribes de Rilke

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    Que ce soit le chant d’une lampe ou bien la voix de la tempête, que ce soit le souffle du soir ou le gémissement de la mer, qui t’environne – toujours veille derrière toi une ample mélodie, tissée de mille voix, dans laquelle ton solo n’a sa place que de temps à autre.
    Savoir à quel moment c’est à toi d’attaquer, voilà le secret de ta solitude.

     

    Le livre : Notes sur la mélodie des choses - Rainer Maria Rilke - Traduit par Bernard Pautra - Editions Allia

  • Bribes d'un marcheur

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    Père et fille

    « Le véritable marcheur aime la marche parce que, loin de distraire son esprit, elle est propice au cours régulier et abondant de la méditation sereine et à moitié consciente »

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    L'odenwald

    « Le jour où j’ai été pleinement initié aux mystères est marqué d’une pierre blanche. Ce fut quand j’ai mis un havresac sur le dos et que je suis parti de Heidelberg pour traverser l’Odenwald à pied. »

     

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    « Je quittai Chamonix tôt dans la matinée du 6 août 1873. Le soleil se levait sur une de ces aubes fraîches, pleines de rosée, de celles que l’on ignore partout, sauf dans les montagnes, où l’air vivifiant semble pénétrer tous les pores de la peau. »

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    Le Farouche Cervin

    « Un long nuage délicat, qui flottait dans l’air juste sous le soleil, se revêtit graduellement des couleurs du prisme. Autour de l’horizon sans bornes courut une légère bande de brouillard, qui n’était  malheureusement pas assez épaisse pour donner aux teintes cette profondeur qui fait parfois l’inexprimable splendeur d’un coucher de soleil alpin. »

     

    Le livre : Eloge de la marche - Leslie Stephen - Traduit par Thierry Gillyboeuf - Editions Rivages poche

  • Le pinceau de Boticelli et les vers de Verlaine

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    Vénus, debout sur le plus beau des coquillages
    Aborde nue, au moins sauvage des rivages,
    Ne cachant de son corps avec ses longs cheveux
    Que juste ce qu’il faut pour qu’y dardent nos vœux
    Une nymphe, éployant un clair manteau, s’empresse
    A vêtir en impératrice la déesse ;
    Et deux vents accourus, beaux éphèbes ailés,
    Des cuisses et des bras l’un à l’autre mêlés,
    De qui l’un est Zéphire et dont l’autre est Borée,
    Soufflent l'amour divin et la haine sacrée
    Le visage est suavement indifférent
    Comme attendant le culte à venir que lui rend
    Toute herbe et toute chair depuis cette naissance,
    Et se pare d’une inquiétante innocence.

     


    Le livre : Epigrammes - Paul Verlaine