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Art Peinture Musique

  • Les Peintres par le détail

    Il y a mille et une façons d’apprécier et d’observer un tableau 
    La vue large, la vue de proximité qui embrasse l’ensemble 
    Mais il y a celle que je préfère je crois : Par le détail

    C’est le nom d’une collection de livres de peinture que j’ai découverte grâce aux cadeaux que j’ai reçu ces derniers mois. 

    Chaque fois ce fut un bonheur et je vous livre un secret, même si ces livres ne sont pas au prix d’un poche, ils sont accessibles pour une fois pour le commun des mortels (39,95 €)

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    Mes trois livres n’ont peut être pas trait à vos peintres préférés mais ils me permettent de vous mettre en appétit, pour vous ou pour vos cadeaux, car croyez moi pour les amoureux de peinture c’est un cadeau magnifique.

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    Allez hop, sortez vos loupes et vos jumelles et en avant

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    Pour chaque livre l’éditeur s’est attaché à faire une belle introduction composée en général d’une biographie du peintre, d’une présentation de l’ensemble de son oeuvre.

    Ensuite et c’est là le principal, les livres sont divisés en thèmes, ces thèmes qui parcourent l’oeuvre du peintre, qui sont sa marque de fabrique.

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    Van Eyck 

     « la richesse des étoffes, des bijoux »  

    Par exemple pour mon dernier livre reçu Van Eyck par le détail, les thèmes sont sans surprise : le divin, l’humanité, la nature, la vie quotidienne . Mais plus surprenant : la tactilité.

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    Van Eyck les anges musiciens

    « De manières variables avec le temps, le détail est l'objet de culte, de savoir, de pouvoir »

    Ainsi on balaye une multitudes de détails qui échappent nécessairement à la vision dans un musée ou à celle du tableau dans son ensemble. Chaque vignette est assortie d’un commentaire explicatif.

    Aujourd’hui les éditeurs et libraires sont à la peine alors je vous propose d’anticiper sur vos achats de noël et cette collection pourrait être sur votre liste de cadeaux 

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    Vermeer

    « Pour instaurer le pathétique de l'image, on se met à cultiver le détail : plaies, larmes, marques physiques de souffrance qu'on vénère constituent les points d'appui de cette fonction émotive de l'image »

    Si vous voulez en savoir un peu plus je vous invite à lire Daniel Arasse et son livre sur le sujet d’où sont extraites les citations qui accompagnent les images de cet article.

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    Bruegel 

    « En scrutant la surface, on met ainsi à jour des sens cachés, on établit une relation inédite avec la toile, on restitue aussi la genèse intime de l'œuvre, fabriquée de très près, touche après touche. »

    Vous pouvez trouver : Léonard de Vinci mais aussi Bosch ou Raphaël et merci à l'éditeur s'il veut bien rééditer Le Caravage !

    Les livres : 

    Bruegel par le détail - Manfred Sellink - Editions Hazan
    Vermeer par le détail - Gary Schwartz - Editions Hazan 
    Van Eyck par le détail - Maximilliann Maartens - Editions Hazan
    Le Détail une histoire rapprochée de la peinture - Daniel Arasse - Editions Flammarion

  • Bribes de Florence

    Après Venise, une petite balade à Florence ?

     

    «  D’où vient donc Florence ? - De l’Arno »

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    « L’Arno prend sa source au mont Falterona. C’est un torrent. L’hiver il charrie des troncs d’arbre. Au printemps, des canoteurs. Après quelques mois de sécheresse, l’eau du fleuve pourrit. On la voit mousser sous les ponts, et, le dimanche, les pêcheurs sont néanmoins si serrés sur les berges qu’on dirai l’arrivée d’une course cycliste. »

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    Le Livre : Florentiana - Thierry Laget - Editions Gallimard L’un et l’autre

  • Le Pinceau de Boticelli

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    « Sur la toile intitulée La Naissance de Vénus peinte par Sandro Boticelli en 1485, on voit un couple vêtu de légers voiles et nanti d’ailes puissantes voler en direction de la déesse, tout juste surgie des flots. De la bouche de l’homme et de celle de la femme sort un souffle ténu suggérant la caresse d’une brise ou l’effleurement d’un zéphyr. »

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    « Nous sommes en présence de cet instant unique et à jamais précieux où l’Amour et la Beauté viennent d’apparaître sur la terre sous les traits d’une déesse nue au sourire sensuel. Et les premiers témoins je dirai même les premiers complices de ce moment de grâce, ce sont les Souffles, ce sont les Vents. »

     

    Le livre : Le Géographe des brindilles - Jacques Lacarrière - Editions Hozhoni

  • L'hiver au siècle d'or hollandais - Alexis Metzger

    L'hiver est là 

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    Jan Van Goyen paysage d'hiver avec patineurs

    Aimez-vous en peinture les paysages d’hiver ? Pour ma part je les adore, patineurs, chasseurs dans la neige, canaux gelés, nativité sous la neige.

    Mais l’apparition de ces peintures ne date guère que du XVI ème et XVII ème siècle, mis à part les oeuvres des fameux frères Limbourg et de leurs Riches heures du Duc de Berry.

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    Qu’est-ce qui a motivé les peintres et presque exclusivement les peintres flamands pour nous faire glisser sur les canaux gelés, nous faire braver les tempêtes de neige.? Pourquoi en Flandre et au Pays Bas et pourquoi à ce moment là ?

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    Lucas Van Valckenborch 

    Alexis Metzger s’interroge, ethnologue et géographe il tente de faire le lien entre la naissance de ces paysages d’hiver et le climat local de l’époque.

    La Flandre et les nouveaux Pays Bas sortent d’une période de guerre, ils s’écartent de l’influence espagnole.
    Les peintres vont se tourner vers des sujets quotidiens, locaux. C’est le moment de ce que l’on nomme « le petit âge glaciaire » particulièrement net l’hiver 1608.

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    Esaias Van de Velde Plaisirs de glace   Pinacothèque de Munich

    Tous les hivers n’ont pas été très froid mais les peintres ont continué à en faire le sujet de leurs tableaux. 
    L’hiver devient une composante des tableaux qui représentent surtout la campagne.

    Comment les hollandais s’adaptèrent-ils au froid ? Les tableaux montrent des vêtements à fourrure, des loisirs sur les lacs et canaux gelés.. 
    Une époque où les commerçants hollandais échangeaient avec la Russie et même les Mohicans !

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    Hendrick Avercamp,« le Rembrandt de la neige »

    On allume un bon feu, on transporte des fagots, on glisse sur les canaux gelés pour le travail ou pour le plaisir. 
    C’est plutôt joyeux mais en arrière fond il y a un peu de crainte du froid, les denrées se font rares on pêche par un trou dans la glace.
    On peut aussi se servir du froid pour empêcher les ennemis d’escalader une forteresse, un peu d’eau jetée et l’ennemi reste cloué au sol.

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    Adam Van Breen  Paysage d'hiver

    Alexis Metzger nous offre ce qui se fait de mieux en matière de paysage hivernal. J’ai ainsi découvert des peintres nettement plus discrets que Ruysdaël ou Avercamp. J’ai aimé les illustrations de très belle qualité.

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    Jacob Van Ruysdaël

    Un livre qui trouvera sa place chez le lecteur curieux, passionné de climat ou météophile pour reprendre l’expression de Martin de la Soudière, ou tout simplement comme moi curieux de l’art, amoureux de la peinture flamande..

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    Le Livre : L’hiver au siècle d’or hollandais - Alexis Metzger - Editions Sorbonne Université Presses

     

  • Le Pinceau de Rembrandt 2

    « Nos mains nous disent autant que nos visages, avec peut-être moins d’apprêt, plus de maladresse, plus aussi d’ostensible vérité »

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    La Fiancée juive - Rembrandt  Rijksmuseum Amsterdam,

    « Une main de femme et une main d’homme. La droite - à gauche sur la toile- est longue et fine : belle coulée de main, soeur jumelle de celle, instante et légère de la Fiancée juive. L’autre trapue, plus épaisse et plus rude, comme sont les mains d’homme »

    Le Livre : Rembrandt L’évangile intérieur - Paul Baudiquey- editions Mame

  • Un monde sans rivage - Hélène Gaudy

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    Svalbard plus connu sous le nom de Spitzberg

    Trois jeunes gens très très peu expérimentés décident d’atteindre le pôle nord en le survolant en Montgolfière, en 1897 !!

    Salomon August Andrée paré du titre d’aéronaute, l'ingénieur Knut Frænkel et le photographe Nils Strindberg, s’envolent de  l'archipel de Svalbard direction le Pôle.

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    La Montgolfière de l'expédition

    Ils ont fait des préparatifs qu’aujourd’hui on qualifierait de ridiculement insuffisants, ils ont une méconnaissance totale des risques. Hélène Gaudy dit que les trois hommes avaient un côté Pieds Nickelés. Cela me semble juste.

    L’envol  se fait par beau temps, et très vite c’est la catastrophe. Le 14 juillet 1897 les rêves de gloire sont brisés, place aux efforts de survie, aux doutes et à l’incertitude du devenir.

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    La chute du ballon

    Ils marcheront plusieurs mois sur la banquise dans un monde uniformément blanc, blanc comme un linceul « drap posé sur les yeux d’un mort »

    Trente ans plus tard, Sur l’île de Kvitøya, on va retrouver leurs restes mais surtout les photos prisent par Nils Strindberg; vestiges du destin de ces trois hommes.

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    Hélène Gaudy écrit le roman de cette expédition, les photos sont les souvenirs de l’expédition et sur elles Hélène Gaudy bâtit son récit ainsi que sur le journal tenu par le chef d'expédition. Journal souvent laconique, ils font des prélèvements inutiles mais aussi plein d'observations naturalistes pour faire un peu briller leurs noms et leur aventure, tout en  masquant la souffrance, la peur des ours, la marche, le froid, la solitude, les privations. 
    A la fois magnifique et dérisoire.

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    L'Odyssée de l'endurance

    Ce que j’ai beaucoup aimé c’est le mélange savamment orchestré entre le récit de l’expédition et les évocations autour de lui.
    Les lettres d’Anna Chartier la fiancée délaissée par Nils Strindberg, les découvreurs, les aventuriers, les poètes de la glace. 

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    L'expédition de Léonie d'aunes d'après le peintre François Biard

    Le Palais de glace de l’auteur norvégien Tarjei Vesaas, le récit de l’expédition d’Ernest Shackleton ou le voyage au Spitzberg de Léonie d’Aunet que vous connaissez peut être plus pour avoir été l'amour de Victor Hugo avant son exil.
    J’ai été sensible pour y être allée à l’évocation de Pyramiden la ville fantôme de Svalbard. 

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    L’auteure redonne vie aux héros de l’épopée, elle comble les blancs avec finesse et dextérité.
    Un récit très abouti, très visuel, tout en noir et blanc.
    Un beau roman sur le désert glacé du Grand Nord qui aujourd’hui tend à disparaitre. Ma bibliothèque nordique est déjà riche mais je vais y ajouter ce livre.

    Une rencontre était prévue avec Hélène Gaudy dans ma librairie ce mardi mais les intempéries et la mini tornade qui s'est abattue sur Lyon a dérangé tous les plans !! grrrrrr

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    Le livre : Un monde sans rivage - Hélène Gaudy - Editions Actes Sud