08.02.2012
La tristesse du Samouraï - Víctor del Árbol
Nord et Sud
Après le froid du Danemark cap au sud direction l'Espagne

Si vous pensez que ce roman se passe au Japon, oubliez tout de suite !
Nous sommes à Barcelone en Mai 1981, la tentative de coup d’état contre la démocratie date de quelques mois.

Antonio Tejero le 23 février 1981
à la tribune du parlement espagnol © AFP
Une femme, qui sait que sa mort est proche, livre les détails de sa vie. C’est une brillante avocate qui a envoyé sous les verrous un inspecteur jugé coupable d'une grosse bavure policière. Ce qu’elle ignorait alors c’est que quelqu’un tirait des ficelles dans l’ombre et que, comme une marionnette, elle avait fait ce qu’on attendait d’elle et comme Pandore elle avait lâché la folie et le vice dans les rues.
Pour comprendre comment tout cela a commencé il faut faire un saut dans le temps et l’espace.
Mérida en Estrémadure 1941
Une ville qui bruit encore de la lutte entre républicains et phalangistes. Une femme attend sur un quai de gare, elle est belle, elle est la femme d’un dignitaire franquiste et donc du côté des vainqueurs. Un enfant l’accompagne, c’est son fils, le plus jeune, car l’aîné elle l’a tout bonnement abandonné.
Isabel, c’est son nom, n’atteindra jamais sa destination, l’enfant sera confié à son père, son père qui le hait. Un instituteur de village s'est épris de cette femme qu’il n’aurait jamais du regarder , tel le « ver de terre amoureux d’une étoile » et ce pêché il va le payer au prix fort.
Entre ces deux dates l’auteur nous plonge dans la période sombre de l’Espagne, la terrible guerre civile, le franquisme, les débuts de la démocratie à deux doigts d’être confisquée.
Quarante années pendant lesquelles d’aucuns ont laissé libre cours à l’ambition, à la haine, d’autres ont paufiné leur vengeance, certains enfin sont assaillis par la culpabilité.
Vous allez écouter la voix de María qui va revenir sur ces temps où les assassinats sont la façon simple d’éliminer un gêneur, où la torture se pratique en toute impunité.
De quel côté se situent les descendants, les héritiers ? y a t-il un rachat possible ?
Tombes des soldats de la Division Azul
Ce livre est un polar oui mais il est beaucoup plus : une histoire rouge sang où victimes et bourreaux se croisent, se reconnaissent.
Pour filer la métaphore japonaise je dirais que l’intrigue se déplie comme les origami, chaque pliure dévoile un peu de l’intrigue, les liens entres les personnes apparaissent.
Ce qui est certain c’est que, composé comme une tragédie antique, ce livre est fait pour être dévorer, des geôles franquistes à la Division Azul, des amours impossibles à la vengeance inéluctable, on est totalement pris par le récit. Une vraie réussite
Le livre : La Tristesse du Samouraï - Víctor del Árbol - Traduit de l’espagnol par Claude Bleton - Editions Actes Sud
L’auteur : Victor del Árbol est né à Barcelone en 1968. Après avoir étudié l'Histoire, il travaille dans les services de police de la communauté autonome de Catalogne. Il est l'auteur de deux romans (source l’éditeur)
08:49 Publié dans Histoire, Littérature Espagnole, Policiers | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note
11.01.2012
La Cause des livres - Mona Ozouf
Dernière étape du parcours dans la lecture,
j’ai voulu terminer par une femme que j’admire et dont j’aime les livres.
Mona Ozouf l’historienne, écrit depuis quarante ans sur les livres dans le Nouvel Observateur.
Ses goûts la portent vers l’histoire bien entendu mais aussi les correspondances, les journaux. Ce recueil d’articles est intitulé « La cause des livres » car elle profite de ce recueil pour se détacher de l’urgence, de l’éphémère, de l’actualité et nous inviter à piocher dans son étal de « brocanteur » littéraire et passer de la cour de Marie Antoinette ou au salon de Voltaire.
Plutôt qu’un long plaidoyer c’est une récolte qui doit tout à la liberté que procure la lecture, c’est une alerte envers un monde qui accélère sa course vers l’inconstant, mais par dessus tout une reconnaissance envers les oeuvres et leurs auteurs.

Le salon de Madame Geoffrin : un haut lieu littéraire
Les articles sont regroupés selon une thématique personnelle à Mona Ozouf qu’elle explique dans une belle préface
Dans la première partie elle a regroupé les grands noms, Mme de La Fayette et Balzac, Zola, Voltaire et aussi Saint-Simon ou Michelet sans oublier Chateaubriand. Ce sont des livres lus et relus qui appartiennent à sa « patrie littéraire » et qui s’ouvre sur Montaigne ce qui était fait pour me séduire.
" L'une de mes préférées est la correspondance de Flaubert et George Sand"
Mona Ozouf aime particulièrement les correspondances et sous le titre « une liasse de lettres » elle nous fait connaître les échanges épistolaires célèbres « L'une de mes préférées est la correspondance de Flaubert et George Sand » dit-elle dans son interview à l’Express. Mais vous y rencontrerez aussi Virginia Woolf ou Tante Simone (nom affectueux que M Ozouf donne à Simone de Beauvoir)
Les « voix d’ailleurs » permettent de retrouver Nicolas Bouvier mais surtout Henry James qui se taille une belle place avec plusieurs articles qui donnent une envie forte de lire l’essai que Mona Ozouf lui a consacré.
Mona Ozouf est féministe, j’avais lu sur les conseils de Tania : Les mots des femmes, et j’ai retrouvé ici toute l’élégance de l’écriture, toute la passion qui l’ habite dans les « portraits de femmes » de Germaine de Staël ou Mme Du Deffand et de façon amusante des filles de Marx

La Révolution : un sujet toujours d'actualité
Les deux dernières parties sont celles qui m’ont le plus intéressé car beaucoup des titres me sont inconnus, le thème « tableau de la France » est aux antipodes des élucubrations récentes sur l’identité française, le voyage en France est mis à l’honneur, le pays où l’on revient toujours dit Mona Ozouf, j’y ai croisé deux figures connues : Pierre-Jakez Helias et le « Toinou » d’Antoine Sylvestre.
Enfin dernier thème : Les lumières et la Révolution, occasion de saluer ses confrères : François Furet, Alain Corbin, Pierre Nora envers qui elle s’acquitte d’une « dette d’amitié »
J’ai de la peine à parler de « critiques » tant ces 120 articles sont élégants et rendent un hommage à la lecture, une lecture attentionnée, intelligente, valeureuse. Tous les articles sont excellents que l’on ait lu ou non le livre, on peut en faire son miel.
La mode n’intéresse pas Mona Ozouf, seule le besoin d’ouverture, d’enrichissement, de confrontation, dicte ses lectures. Laissez vous prendre par la main, vous rouvrirez souvent ce volume si vous lui faites une place dans votre bibliothèque
Un grand merci à ceux et celles qui m'ont donné les références des émissions dont Mona Ozouf était ou sera l'invitée
Femme des lumières de France 5 la vidéo est disponible jusqu'au vendredi 13
Présence à la grande librairie en octobre
Le livre : La cause des livres - Mona Ozouf - Editions Gallimard 2011
05:02 Publié dans Histoire, Lecture, Littérature Française | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note
18.12.2011
Vies de Job - Pierre Assouline
Parcours dans le monde de la Bible deuxième étape

Job et sa femme- Georges de La Tour
Tout le monde connait Pierre Assouline, son blog, ses critiques, ses livres. Je ne suis pas une inconditionnelle, si j’aime ses biographies je n’apprécie pas vraiment ses romans, venant de terminer le livre de Meir Shalev j’ai enchainé avec Vies de Job c’est tout le plaisir des ricochets dans les lectures.
En choisissant la forme du roman Pierre Assouline s’offre la liberté totale, il ne fait ici ni oeuvre d’historien, ni de philosophe, mais oeuvre d’homme pour qui Job aujourd’hui est une figure obsédante et universelle. Partons sur les traces de Job, un peu partout dans le monde, dans la littérature, la peinture ou le théâtre.
Job par Gerard Seghers
" Ce livre que l'on garde autant qu'il nous garde, les juifs l'ont judaïsé, les chrétiens l'ont christianisé, les musulmans l'ont islamisé, les poètes l'ont poétisé."
Parlons d’abord du livre de Job lui-même, vous le trouverez dans toutes les bonnes Bibles, un livre assez court et qui hante énormément de lecteurs, croyants ou non : Julien Green le portait en permanence sur lui dans un petit exemplaire relié nous dit Pierre Assouline.
Job c’est l’homme dépossédé de tout : ses enfants, son troupeau et tous ses biens. Il est atteint dans sa chair même et se retrouve seul sur un tas de cendres. Il survit, il résiste et cherche à comprendre.
C’est un juste souffrant, "il est droit de coeur, intègre craignant-Dieu " et pourtant il se débat dans la nuit et la solitude, il ne comprend pas où est sa faute, il exige des explications !
Cette histoire, cette parabole qui hante l’auteur va entraîner celui-ci à la recherche de Job, pour s’en approcher au plus près car Pierre Assouline a la conviction que cet homme qui n’a jamais existé, cet homme est toujours vivant parce que son influence est toujours présente et qu’aujourd’hui encore il aide les gens à survivre.
Une version fleurant bon le Québec
La recherche est celle d’un journaliste, une véritable enquête qui le conduit auprès des exégètes, des chercheurs, des théologiens, chrétiens ou juifs. Il va comparer des textes, comparer les traductions et tirer patiemment le fil de ce livre qui est sans doute antérieur à la Bible car on en trouve trace dans des textes mésopotamiens et même indiens.
Il va faire un séjour dans un monastère, fouiller la bibliothèque de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem et interroger les érudits qui « lisent la Torah mieux que bien des juifs »
Son enquête autour de ce « un craignant-Dieu » le porte vers la philosophie et par exemple le thème de la souffrance développé par Marcel Conche dans Orientation philosophique. Mais il va aussi inviter à une promenade littéraire parmi ceux que le livre de Job a inspiré ou questionné : Kafka, Camus, Unamuno...
Roman ou bien sûr car Assouline s’accorde une grande liberté de cheminement qui laisse parfois la place à un livre très personnel qui le dévoile avec pudeur et émotion
« La mort de mon frère m’a éloigné de Dieu, celle de mon père m’en a rapproché »
Le témoignage de sa présence auprès de François Nourissier dans les dernières semaines de sa vie ou de ses échanges avec Carlos Fuentes qui a vu mourir ses deux enfants ou cette cette confidence qu'il livre : pendant un an et trois fois par jour Pierre Assouline a récité le kadish pour son père disparu.

Job sur le fumier - Jean Fouquet
" On y trouve toutes les qualités du style ancien, la concision, la tendance à l'énigme, un tour énergique et comme frappé au marteau" Ernest Renan cité par Pierre Assouline
C’est ce mélange qui m’a rendu ce livre très proche, je l’ai trouvé grave et intense, les digressions aidant à ne pas s’appesantir. Job fait déormais partie de la " famille de papier " de l'auteur et de la mienne.
C’est un livre auquel je reviendrai moi l’incroyante absolue, parce que c’est un livre qui touche tous les hommes bien au-delà de leurs croyances ou de leur appartenance à une religion.
Le livre : Vies de Job - Pierre Assouline - Editions Gallimard
05:00 Publié dans Biographies, Histoire, Littérature Française, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note
15.12.2011
Ma Bible est une autre Bible - Meir Shalev
Noël se confond aujourd'hui avec un commerce de la fête aussi pour changer un peu je vous invite à un petit parcours dans le monde de la Bible en 2 étapes voilà la première

Je vous propose de faire un détour du côté de la Bible, il est logique que ce soit un juif qui s’y colle, mais un juif agnostique ce qui promet irrévérence et humour.
Meir Shalev est allé puisé dans les livres des Rois, la Genèse ou les Psaumes pour nous livrer ses commentaires à partir d’une quinzaine de récits bibliques, certains très connus d’autres pour lesquels vous êtes obligés d’aller tourner les pages d’une Bible pour lire l’épisode en son entier parce que votre mémoire vous joue des détours ou que vous ne l’avez jamais lu.
Meir Shalev ne prétend pas avoir la bonne explication, pas de bonne parole pour lui, simplement il s’interroge sur le mélange de politique et de croyance dans les temps bibliques. Chaque personnage de la Bible est passé dans sa moulinette et il en ressort que l’homme au fil des siècles n’a qu’assez peu varié, certes les modes de vie ne sont plus les mêmes mais les moteurs sont inchangés : envie, jalousie, violence, goût du pouvoir, mensonges ....On ne se sent pas en pays étranger.
Je vous livre deux ou trois exemples pour vous appâter un peu plus :
David, oui celui de Goliath, Shalev le présente ainsi « un chef de bande charismatique » contraint d’agir pour nourrir ses hommes « David découvrit les avantages du racket ». Voilà le ton est donné.

Le roi David par Le Guerchin
Malicieusement il présente les affres qui ont du être celles de Jacob qui dit-il le rendent jaloux « Non pas pour les nombreux moutons qu’il possédait ni pour avoir été le père des douze tribus, mais à cause de son premier rendez-vous avec Rachel, sa bien-aimée, devant le puits, dans le pays d’orient »

La rencontre de Jacob et Rachel Giordano Luca 1634 -1705
Sur un sujet plus épineux, Meir Shalev présente l’achat de la terre d’Israël par Abraham, un lopin de rien du tout qui devient la Grotte des Patriaches haut lieu biblique, cet achat est-il un investissement rentable ou un permis de confiscation ? Une évaluation aujourd’hui de cette grotte « en tant que bien occupé, une simple cave avec des locataires protégés, sans ascenseur et inconstructible, entourée de voisins arabes et de religieux, la grotte ne vaudrait guère plus de cent mille dollars » ce qui représente malgré tout par rapport à son prix d’achat une inflation d’un % et demi par an !
Bien d’autres héros sont présents : La reine de Saba, Samuel en campagne électorale, Hanna la femme stérile qui enfanta 7 fois....
C’est gentiment moqueur, parfois décapant, mais jamais irrespectueux. Les réflexions engendrées sont très contemporaines et nous interrogent aujourd’hui par delà les siècles.
Si comme moi vous n’êtes pas un lecteur assidu de la Bible vous allez vous y plonger avec délices et si vous êtes déjà un lecteur attentif des textes sacrés je gage que vous découvrirez des côtés surprenants. Un de mes récits préférés c’est celui de Job mais ça ce sera pour mon prochain billet.
Le Livre : Ma Bible est une autre Bible - Meir Shalev - Traduit de l’hébreu par Katherine Werchowski - Editions des 2 Terres ou Folio
La Bible utilisée : Edition Librairie Colbo
L’auteur
est un journaliste et écrivain israélien, né en 1948 dans le village de Nahalal en Galilée . Il a publié des romans, des essais et des livres pour enfants, dont certains sont traduits en français. Il contribue régulièrement aux journaux de son pays . Il habite Jérusalem. (Wikipédia)
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04.12.2011
le Rêve du Celte - Mario Vargas Llosa
Au coeur de l'Afrique : du roman au réquisitoire
Episode 2 Le réquisitoire

Mon intérêt pour Roger Casement remonte à bien des années, au détour d’une émission de radio j’ai entendu parler de cet homme, de sa lutte au Congo contre les abus de la colonisation mais je n’avais jamais rien lu à son propos.
A la parution du roman biographique de Mario Vargas Llosa c’était pour moi une évidence et un désir fort de lire ce livre, de retrouver la personne de Roger Casement et son destin tout à fait extraordinaire.
Cette biographie romancée commence dans les geôles anglaises à l’heure ou Roger Casement attend son recours en grâce après une condamnation à mort pour trahison.
Enfant de Dublin, il est marqué par la religion et l’aventure, protestant par l’éducation mais catholique par sa mère, il écoute avec passion les récits de son père qui a passé plusieurs années à combattre en Inde et en Afghanistan.
Il rêve enfant « l’Afrique, un continent dont la seule mention emplissait sa tête de forêts, de fauves, d’aventures et d’hommes intrépides ». Ses héros sont Stanley et Livingstone.
A vingt ans il s’embarque avec un âme de croisé, il va participer « à l’émancipation des africains et en finir avec leur retard, leurs maladies et leur ignorance » et quand il est retenu pour participer à une expédition au Congo avec Henry Morton Stanley, il touche au paradis...Il est aisé de comprendre pourquoi il deviendra ami avec Joseph Conrad.
Une sanction : la main coupée
Très vite il a des doutes sur la colonisation, il a du mal a accepter ce qu’il voit, le mépris, les droits bafoués, son héros est un coquin dénué de scrupules, on pille, on fusille, chicotte (fouet en peau d’hippopotame) dans une main l’évangile dans l’autre !
Les africains esclaves construisent des routes pour acheminer la sève d’hévéa, l’or noir. La situation va s’aggraver quand le roi Léopold II devient « propriétaire » du Congo et construit une fortune colossale en pillant le pays et décimant la population.

l'esclavage
Le chemin est long entre le jeune idéaliste de 20 ans et le Consul de sa majesté envoyé au Congo en 1903 pour faire un rapport qui portera son nom. Le gouvernement britannique s’inquiète des dénonciations faites par des associations, des missions, des églises quant aux conditions d’extraction du caoutchouc. C’est en homme intègre et déchiré qui va établir son rapport, il note tout, interroge tout le monde, promet protection aux africains qui acceptent de témoigner. Le constat est effrayant « Des bourgs décimés, des chefs de tribu décapités, leurs femmes et leurs enfants fusillés. » Les raids sur les villages pour trouver de la main d’oeuvre, les corps mutilés par la chicotte, les mains coupées, les viols.
Son rapport au Foreign Office eu un retentissement important « La presse, les églises, les secteurs les plus avancés de la société anglaise » sont horrifiés par les révélations du rapport et le roi Léopold sera contraint de « faire don » du Congo à son pays.
les indiens du Putumayo
C’est son intransigeance, son intégrité qui vont le mener sur un deuxième terrain d’observation au chez les indiens du Putumayo, cet épisode est nettement moins connu que son action en Afrique, là les intérêts et la responsabilité de la Grande-Bretagne sont patents, la Peruvian Amazon Company appartient à un Péruvien mais elle est côtée à la Bourse de Londres et de nombreux hommes d’affaire britanniques y ont des intérêts. Cruauté,exactions, esclavage des indiens, le tableau est identique, l’Amazonie présente un tableau similaire et Roger Casement parfois au péril de sa vie, va accomplir ici aussi son devoir : dénoncer et combattre cette barbarie au service des intérêts financiers de son pays.
Comment un homme de cette envergure, reconnu, admiré, devenu Sir Casement, peut finir dans une prison anglaise ? Je vous laisse découvrir la dernière partie de la vie de Roger Casement, son combat pour une Irlande libre qui va le porter vers des solutions extrêmes. Va être portée à la connaissance du public son penchant pour les jeunes garçons et livrer ainsi à l’opprobre et à l’oubli ce défenseur des droits de l’homme.
C’est un livre magnifique que je vous invite à ajouter à votre bibliothèque, le style ample de Mario Vargas Llosa est à la hauteur du personnage. Le talent de conteur sert magnifiquement le combat de Roger Casement sans cacher ses faiblesses. La construction est certes classique mais le style est flamboyant, l’Afrique et l’Amazonie sont restituées de très belle façon grâce au souffle romanesque de Vargas Llosa.
Le livre : Le Rêve du Celte - Mario Vargas Llosa - traduit de l'espagnol par Albert Bensoussan et Anne- Marie Casès. Editions Gallimard.
05:14 Publié dans Biographies, Histoire, Littérature Sud Américaine | Lien permanent | Commentaires (56) | Envoyer cette note
21.10.2011
Alexandre Soljenitsyne Le courage d'écrire
L’ âme Russe - Episode 2 Dans les pas d'un géant
« A tous ceux à qui la vie a manqué pour raconter cette histoire »

J’ai eu envie d’intituler ce billet dans les pas d’un géant car « Des millions de lecteurs ont eu leur vie accompagnée par Alexandre Soljenitsyne »
Une exposition et un livre consacré au géant de la littérature russe, de la littérature du Goulag. Pour une fois l’expo n’est pas parisienne mais Genevoise, Lyon Genève 1H30 de route qui hésiterais ?
Septembre est magnifique et ce fut un plaisir de découvrir la Fondation Bodmer dominant le lac Léman.
La Fondation Bodmer Cologny
La Suisse qui accueillit Soljenitsyne en 1974 chassé d’URSS.
Je dois dire que j’avais une petite appréhension car une expo de peintures c’est une évidence, une expo autour d’un écrivain je craignais un peu la sécheresse ou la mise en valeur d’objets sans intérêt et peut-être l’ennui.
Combien de fois lisant Chalamov et ses Récits de la Kolyma j’ai eu l’envie de rencontrer l’homme, de l’entendre parler de son expérience, ici grâce à la qualité de l’exposition on entend Soljenitsyne.
C’est une exposition tout à fait impressionnante et fascinante consacré à un monument de la littérature du XX ème siècle et sans doute à son plus grand écrivain.
J’ai eu l’envie d’en garder la trace, le souvenir à travers le livre édité à cette occasion.
Quand je publierai ce billet l’expo sera fermée mais vous pourrez vous tourner vers le livre qui est lui-même un événement.
Le titre du livre d’abord Le courage d’écrire et le préambule écrit par C Méla directeur de la fondation qui dit dans la préface
« Soljenitsyne a mené une lutte clandestine, puis ouverte, au nom de la vérité, pour révéler au monde une entreprise de servitude sans précédent » justifiant ainsi immédiatement le titre
Le livre/catalogue est réalisé par Georges Nivat que tout lecteur amateur de littérature Russe connaît. Il est professeur honoraire à l'université de Genève et commissaire de l’exposition, ses liens personnels et amicaux avec Soljenitsyne ont permis la réalisation et la réussite de l’ensemble.
J’ai été fasciné dans l’exposition par les textes inconnu, les articles de journaux, les objets, les lettres, les manuscrits dont certains étaient parmi les fameux samizdat imprimés ou copiés clandestinement. J’ai ressenti de la ferveur, de l’admiration et de la stupéfaction devant l’ampleur du travail d’un homme, travail réalisé sous le joug permanent de la peur. On retrouve tout cela dans le livre.

Le Zek matricule CHth-854
Le livre permet cette découverte avec les fac-similés des feuillets, 466 feuillets autographes de l’Archipel du Goulag dont le manuscrit est resté enfoui en Estonie Le livre qui est venu réveiller la conscience de l’occident sur la réalité du Goulag.
Tout est magnifique et émouvant dans ce livre, les photos de Soljenitsyne portant sa veste de Zek , les bouts de crayons qui ont tracé les mots de son oeuvre, des objets personnels issus de sa maison de Troïtse-Lykovo. Les souvenirs des années de labeur, des années d’exil à Cavendish et du temps du retour.

Ce livre qui raconte une destinée d’écrivain est magnifique, j’ai découvert la gestation de la Roue rouge qui se se veut la généalogie de la révolution russe, son explication, ses noeuds (une oeuvre qui me reste à lire).
Les efforts de l’écrivain pour maintenir en détention sa mémoire intacte sont particulièrement impressionnants. Les pages de Georges Nivat, pour éclairer chaque période, sont riches, les extraits nombreux et les photos toutes choisies avec soin.
1998 le temps du retour Photo : Grigory Dukor/ Reuters
J’ai croisé avec bonheur dans ce livre/catalogue : Nikita Struve l’éditeur de l’Archipel du Goulag, Claude Durand son agent littéraire pour le monde entier ; Bernard Pivot qui a donné à la France entière l’envie de lire Soljenitsyne et dont les entretiens sont aujourd’hui disponibles en DVD, les photos de Soljenitsyne instituteur ou recevant son Prix Nobel.

Bernard Pivot reçoit Alexandre Soljénitsyne à Apostrophes
le 11 avril 1975.
Ce livre est un cadeau, cadeau pour nous lecteur, cadeau à faire. Lisez le, offrez le et faites lui une place dans votre bibliothèque.
Le livre : Alexandre Soljenitsyne Le courage d’écrire - Sous la direction de Georges Nivat - Editions des Syrtes
04:48 Publié dans Beaux Livres, Histoire, Littérature Russe | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
13.10.2011
En la forêt de longue attente - Hella Haasse
En remontant les siècles : an 1394...

Après un concile vengeur, une reine au pied trop grand, voici le prince poète.
Comme pour la troisième fois je vous embarque dans un roman historique il est juste que je vous donne un coup de pouce. Je vais jouer le Petit Mourre
La méchante Isabeau de Bavière qui livre la France aux anglais, les Armagnacs et les Bourguigons, Azincourt et Henry V et bien entendu la Pucelle d’Orléans...Vous y êtes ? mais si ...cent ans...la fameuse guerre ....Ah je vois votre oeil s’éclairer, suivez moi.

Isabeau entrant dans Paris par Jean Fouquet
1394 le XV ème siècle va s’ouvrir. c’est la date de naissance de Charles d’Orléans prince des poètes et roi de la mélancolie. Vous me direz que vient-il faire ici ? Et bien sa vie est totalement liée à cette fameuse guerre de cent ans.
Par son père d’abord Louis d’Orléans, poète lui même, grand séducteur devant l’éternel et soucieux du bon état du royaume de France qui est hélas aux mains de son frère Charles VI atteint de démence, c’est de fait sa femme qui gouverne la fameuse Isabeau dont Louis fera sa maîtresse pour le bien du royaume bien entendu.
Vous l’avez compris ce n’est pas l’enfance de tout le monde. Heureusement pour Charles d’Orléans sa mère Valentine Visconti, l’aime et le soutient, avec elle il explore le monde de la musique, des livres et des poètes.
Cette mère toute d’amour est pourtant accusée de vouloir la mort du roi et est donc renvoyée sur ses terres loin de la cour. Lorsqu’elle meurt Charles a douze ans et le voilà propulsé à la tête de la famille d’Orléans.
Il partage ses jeux avec son demi frère Dunois, un rien bâtard mais promis à un bel avenir comme compagnon d’armes de Jeanne d’Arc !
On lui trouve une épouse, elle a déjà un long parcours puisque mariée au roi d’Angleterre, Isabelle est aujourd’hui une toute jeune veuve et mourra très jeune en donnant à Charles une fille.
Une époque difficile toute de combats perdus, de serments non tenus, de traîtrise. Les temps où la noblesse française ne luttait pas pour le bien du royaume mais pour augmenter ses possessions, enrichir ses domaines !
Que peut faire dans ce milieu un jeune homme épris de poésie, de douceur et de calme ? Qui rêve de troubadours et de trouvères et qui doit prendre les armes contre son gré ?
Il erre dans cette « Forêt de longue attente » qu’en son temps son père déjà avait arpentée. Un lieu imaginaire qui le tient à l’abri de la violence, des guerres civiles et de la mort.
Mais l’histoire le rattrape et lors de la bataille d’Azincourt il est fait prisonnier. Prisonnier il le restera 25 ans ! otage attendant le paiement d’un rançon que personne n’est pressé de payer.

Henry V à Azincourt (Lawrence Olivier)
Pendant toutes ces années la poésie sera sa fidèle compagne. « En regardant vers le pays de France » une poésie qui porte le souvenir de ce prince jusqu’à aujourd’hui, une oeuvre véritable née dans les geôles anglaises.
La tour de Londres - British Muséum
Si vous voulez cheminer aux côtés de ce prince poète suivez Hella Haasse, elle restitue à merveille la dureté de l’époque. Elle retrace avec un talent fou la vie de ce prince né à Amboise et mort à Blois qui dut se dépouiller de tous ses biens pour retrouver la liberté.
Qui fut toujours du côté des plus humbles, qui croisa François Villon et ses « frères humains » et qui arpente encore cette forêt de longue attente.
Un grand roman historique, magnifiquement écrit et traduit, un roman riche et ample qui prendra place dans votre bibliothèque.
L'avis de ClaudiaLucia et son billet où vous trouverez une galerie de portraits
Le livre : En la forêt de longue attente - Hella S. Haasse - Traduit du néerlandais par Anne Marie de Both -Diez - Editions du Seuil 1991 ou Points Seuil
Les poèmes de Charles d’Orléans Gallimard Poésie
Quelques poèmes de Charles d’Orléans
En la forêt de Longue Attente
Chevauchant par divers sentiers
M'en vais, cette année présente,
Au voyage de Desiriers.
Devant sont allés mes fourriers
Pour appareiller mon logis
En la cité de Destinée ;
Et pour mon coeur et moi ont pris
L'hôtellerie de Pensée.

Les très riches heures du Duc de Berry
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.
Il n'y a bête ni oiseau,
Qu'en son jargon ne chante ou crie:
"Le temps a laissé son manteau!"
De vent, de froidure et de pluie
Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie,
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie,
Chacun s'habille de nouveau
Le temps a laissé son manteau.
05:00 Publié dans Biographies, Histoire, Littérature Néerlandaise et Flammande | Lien permanent | Commentaires (42) | Envoyer cette note
09.10.2011
Berthe au grand pied - Martina Kempff
En remontant les siècles : an 741

Bertrade ou Berthe de Laon dite Berthe au Grand Pied
Le jardin du Luxembourg - Paris - France
Amateurs de romans historiques vous avez tapé à la bonne porte!
Avant l’an mil les rois occupaient les chroniques qui se transmettaient de bouche à oreille, viols, mariages, adultères étaient (déjà) très à la mode.
Saviez vous que la mère du grand Charlemagne eut une jeunesse quelque peu aventureuse. Mais au fait la mère de Charlemagne vous la remettez ? Berthe ! Berthe au grand pied.
D’ailleurs ce n’est pas vraiment son nom, si on veut être exact c’est de Bertrade de Laon qu’il va s’agir ici.
En plein VIII ème siècle, au temps des maires du palais, des luttes fratricides pour le pouvoir.
Sa voie est toute tracée, elle doit épouser Pépin le Bref, les unions de l’époque avaient peu avoir avec les sentiments mais tout à voir avec le tracé des frontières, l’accroissement des domaines, le maintien ou la naissance des dynasties.
C’est à ce moment qu’intervient Martina Kempff.
Bertrade à qui l’on a promis qu’elle serait un jour « épouse et mère de rois » est pour le moment victime d’un complot ourdi par Liutberga sa sœur de lait. Evincée, contrainte de prendre la fuite, Bertrade trouve refuge auprès de Bertrade l’Ancienne son aïeule. Elle vit à ses côtés à l’abbaye de Prüm.
Abbaye de Prüm dans le Palatinat allemand
Le roman nous raconte sa survie auprès des plus humbles où elle va apprendre l'art de guérisseuse, son parcours de l’abbaye au lit de Pépin le Bref, sa conquête du pouvoir. Son ambition est non seulement de reconquérir sa place mais de faire couronner Pépin roi des Francs. Elle a appris auprès de son aïeule à diriger une abbaye, elle va mettre son savoir au service de la couronne.
Sacre de Pépin le Bref par le pape Etienne III à Saint Denis, François DUBOIS
Musée National du château et des Trianons de Versailles.
L’époque est rude, trahisons, batailles, meurtres, luttes fratricides, négociations diplomatique, la dynastie carolingienne est en train de naître, l’Empire d’occident prend forme.
Un roman très réussi qui allie la savoir faire de conteuse de Martina Kempff et la réalité historique dont l’auteur remplit les blancs avec une grande habileté.
Bertrade apparaît comme une femme avide de pouvoir et pleine d’amour pour ses enfants, sachant faire preuve de diplomatie, de ruse et douée d’une vitalité extraordinaire. Discutant d’égal à égal avec les rois ou les papes, participant aux tractations politiques de l’époque.
Quel portrait attachant et flamboyant de cette femme qui fut sans doute une grande reine.

Martina Kempff tient le pari d’allier histoire et roman de la plus belle façon qui soit; elle a publié plusieurs autres romans historiques, j’espère que les éditions Actes Sud nous donnerons les traductions.

Le Livre : Berthe au grand pied - Martina Kempff - Traduit de l'allemand par Claude-Cyrille Laurent - Editions Actes Sud
L’auteur : Martina Kempff, journaliste allemande, a publié son premier roman historique en 1988. Depuis elle a publié de nombreux romans historiques dont des policiers.
05:00 Publié dans Biographies, Histoire, Littérature Allemande | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note
05.10.2011
Le Concile des maudits - Peter Tremayne
En remontant les siècles an 670, an 741, an 1394...............
Dans la série des bons polars historiques cela vaut la peine de faire connaissance avec soeur Fidelma et frère Eadulf.
Un couple marié au temps où l’Eglise n’avait pas encore imposé le célibat ! Ces deux là s’aiment, sont complices, et appliquent la loi de l’égalité des sexes, avouez qu’ils ont tout pour être sympathiques !
Un polar qui se situe avant que le Vatican soit le Vatican , à l’époque où les différentes Eglises tentaient de garder une indépendance vis à vis de Rome.
En 670 un concile se prépare à Autun, tous les chefs des Eglises européennes et particulièrement les représentants des Eglises Celtiques (déjà l’Europe) doivent se réunir et débattre de grands problèmes théologiques.
Nos deux héros sont invités en Bourgogne comme conseillers juridiques.
Les chefs des délégations n’en sont pas moins des hommes aussi la première journée est-elle marquée par des conflits, jeux d’influence, inimitié, deux représentants en viennent aux mains. Sacrés moines !
Le lendemain c’est un meurtre qui est commis, doublé de la disparition curieuse d’une femme de la congrégation.
Soeur Fidelma a déjà joué le rôle d’enquêtrice auprès d’un évêque présent à Autun, aussi le couple se voit-il confier la mission de trouver le meurtrier. Pour se faire on leur attribue un statut particulier car dans ce monastère hommes et femmes sont séparés selon les nouvelles règles imposées par Rome.

Quand l'Eglise se rassemble
L’intrigue va de rebondissement en rebondissement, disparitions mystérieuses, poison, portes déroblées, souterrains, tout y est pour rester accrocher à la robe de bure de Fidelma qui est pleine d’audace et sait faire entendre sa voix dans un monde d’hommes.
Le récit est fidèle à une certaine réalité historique et vous découvrirez comment le célibat des religieux devint à la mode.
Je n’avais jamais lu Peter Tremayne et je me suis bien amusée.
Tout savoir sur Fidelma (site en VO)
Le livre : Le concile des maudits - Peter Tremayne - Traduit par Hélène Prouteau - Editions 10 /18
04:00 Publié dans Histoire, Policiers | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note
08.09.2011
Lettres perdues de Madame de Sévigné
Le Grand Siècle Volume 3

Dans les épisodes 1 et 2 nous avons vu apparaitre la figure de Fouquet mais un peu en retrait. Il est temps d’en faire le héros principal.
Laissons Sylvie Dervin jouer les Dumas et inventer des amours passionnées entre Nicolas Fouquet et une jeune fille dont il tombe amoureux à la première rencontre.
Une rencontre de hasard, un mariage impossible et en route pour un bon roman.
Replaçons un peu le décor, Fouquet n’est pas encore ministre tout juste Président du Parlement de Metz et son absence de noblesse lui interdit de prétendre à la main de l’héritière d’un des plus grands noms de France.
La famille de la belle est inquiète « un petit écureuil qui veut grimper ne serait pas un parti convenable » elle précipite un mariage satisfaisant pour le rang de la demoiselle et Marie de Rabutin-Chantal se marie « voilà la chose est faite, je suis marquise depuis hier ».
La jeune Marie est devenue Marquise de Sévigné.
Le château où Marie rêve de Fouquet : Les Rochers
Pendant des années elle va tenir un journal intime et au gré des rencontres au bal, au théâtre, dans les couloirs du Palais Royal, elle rêve de Fouquet et voilà ce qui devait arriver arriva : son amoureux transi devient son amant.
Vous ne trouverez pas curieux je pense que leurs relations soient surtout épistolaires
Il fallait bien que Marie se fasse la main.
L’idylle perdure quand Nicolas Fouquet devient un des grands du royaume. Même la Fronde ne les sépare pas.
Mais l’heure du roi a sonné et Fouquet est arrêté
« Marie, je suis perdu, on vient de m’arrêter et il faut désormais que tu n’aies rien de commun avec moi, si jamais tu n’avais pas brûlé toutes mes lettres, fais le ! »
Et voilà comment une partie des lettres de Madame de Sévigné sont parties en fumée ...........avouez que c'est rageant quand même !

Fouquet est arrêté par ...d'Artagnan
Fouquet va terminer ses jours à Pignerol. Elle restera fidèle jusqu’au bout en silence
« Me taire, dissimuler. On voudrait, lorsqu’on aime, pouvoir le dire et le redire, trouver mille détours de langage pour revenir à son cher tourment. »
Elle tentera comme son ami Jean de La Fontaine de sauver Fouquet : en vain.
Vous devinez que Marie a déjà la plume facile, que l’histoire est belle et tragique.
Sylvie Dervin s'amuse avec beaucoup de réussite à imiter le style du 18ème, elle le fait avec beaucoup d'esprit pour notre plus grand plaisir.
Un livre qui me fut offert par un ami qui me voulait du bien.
Le livre : Les amants de la nuit - Sylvie dervin - Editions Plon ou Pocket
A chercher chez les bouquinistes
05:05 Publié dans Correspondance, Histoire, Littérature Française | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note








































































































































































































































































