11.01.2012

La Cause des livres - Mona Ozouf

Dernière étape du parcours dans la lecture,


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j’ai voulu terminer par une femme que j’admire et dont j’aime les livres.

Mona Ozouf l’historienne, écrit depuis quarante ans sur les livres dans le Nouvel Observateur. 

Ses goûts la portent vers l’histoire bien entendu mais aussi les correspondances, les journaux. Ce recueil d’articles est intitulé « La cause des livres » car elle profite de ce recueil pour se détacher de l’urgence, de l’éphémère, de l’actualité et nous inviter à piocher dans son étal de « brocanteur » littéraire et passer de la cour de Marie Antoinette ou au salon de Voltaire.

Plutôt qu’un long plaidoyer c’est une récolte qui doit tout à la liberté que procure la lecture, c’est une alerte envers un monde qui accélère sa course vers l’inconstant, mais par dessus tout une reconnaissance envers les oeuvres et leurs auteurs.

 

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Le salon de Madame Geoffrin : un haut lieu littéraire


Les articles sont regroupés selon une thématique personnelle à Mona Ozouf qu’elle explique dans une belle préface

Dans la première partie elle a regroupé les grands noms, Mme de La Fayette et Balzac, Zola, Voltaire et aussi Saint-Simon ou Michelet sans oublier Chateaubriand. Ce sont des livres lus et relus qui appartiennent à sa « patrie littéraire » et qui s’ouvre sur Montaigne ce qui était fait pour me séduire.

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 " L'une de mes préférées est la correspondance de Flaubert et George Sand"

Mona Ozouf aime particulièrement les correspondances et sous le titre « une liasse de lettres » elle nous fait connaître les échanges épistolaires célèbres  « L'une de mes préférées est la correspondance de Flaubert et George Sand » dit-elle dans son interview à lExpress. Mais vous y rencontrerez aussi Virginia Woolf ou Tante Simone (nom affectueux que M Ozouf donne à Simone de Beauvoir)

Les « voix d’ailleurs » permettent de retrouver Nicolas Bouvier mais surtout Henry James qui se taille une belle place avec plusieurs articles qui donnent une envie forte de lire l’essai que Mona Ozouf lui a consacré.

Mona Ozouf est féministe, j’avais lu sur les conseils de Tania : Les mots des femmes, et j’ai retrouvé ici toute l’élégance de l’écriture, toute la passion qui l’ habite dans les « portraits de femmes » de Germaine de Staël ou Mme Du Deffand et de façon amusante des filles de Marx 


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La Révolution : un sujet toujours d'actualité

 

Les deux dernières parties sont celles qui m’ont le plus intéressé car beaucoup des titres me sont inconnus, le thème « tableau de la France » est aux antipodes des élucubrations récentes sur l’identité française, le voyage en France  est mis à l’honneur, le pays où l’on revient toujours dit Mona Ozouf, j’y ai croisé deux figures connues : Pierre-Jakez Helias et le « Toinou » d’Antoine Sylvestre.

Enfin dernier thème : Les lumières et la Révolution, occasion de saluer ses confrères : François Furet, Alain Corbin, Pierre Nora envers qui elle s’acquitte d’une « dette d’amitié »

 

J’ai de la peine à parler de « critiques » tant ces 120 articles sont élégants et rendent un  hommage à la lecture, une lecture attentionnée, intelligente, valeureuse. Tous les articles sont excellents que l’on ait lu ou non le livre, on peut en faire son miel.

La mode n’intéresse pas Mona Ozouf, seule le besoin d’ouverture, d’enrichissement, de confrontation, dicte ses lectures. Laissez vous prendre par la main, vous rouvrirez souvent ce volume si vous lui faites une place dans votre bibliothèque 


Un grand merci à ceux et celles qui m'ont donné les références des émissions dont Mona Ozouf était ou sera l'invitée 


Femme des lumières de France 5 la vidéo est disponible jusqu'au vendredi 13


Présence à la grande librairie en octobre 


 

Le livre : La cause des livres - Mona Ozouf - Editions Gallimard 2011

 


07.01.2012

Autobiogrphie d'un lecteur - Pierre Dumayet

Après les carnets de lectures et notes dans les marges voici le troisième épisode sur la lecture 

"Je n'avais pas compris que lire servait à apprendre. Je croyais que lire servait à lire exclusivement. Je crois n'avoir pas changé."

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C’était le temps de la Piste aux étoiles, des médicales d’Etienne Lalou et Igor Barrère, le temps de Cinq Colonnes à la une et de Lecture pour tous

Encore enfant je n’ai retenu que Roger Lanzac en Monsieur Loyal et c’est plus tard que je conversai avec Pierre Dumayet à travers toute une série d’émissions faisant la part belle aux livres et aux lecteurs.

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Jolie Brochette 

 

Plus riche et plus varié que de simples échanges autour des livres on trouve dans cette autobiographie : les débuts de la télévision avec ses grands noms : Pierre Lazareff, Pierre Desgraupes, la période noire où ils furent tous évincés après Mai 68 « Pour avoir joué avec le ballon, je fus puni : privé d'antenne pendant un an. Interdit d'antenne, plus exactement. » dont il garde malgré tout un bon souvenir. Mais la plus grande place est occupée par les livres et les émissions littéraires. 

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© AFP 1976

Lecteur compulsif, acharné il va se passionner pour les textes et les donner à lire à des personnes de toutes conditions, de toutes provenances, des lecteurs à qui l’on ne donne jamais la parole et qui ont pourtant tant de choses à dire. Pour lui il n’y a pas de bon lecteur, il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de lire, les oeuvres se suffisent à elles-mêmes.

Il se méfie des lectures un peu trop doctes, un peu trop savantes, il est plus proche des sauts et gambades de Montaigne que de l’érudition des universitaires. Le livre est pour tous, pour l’ouvrier qui lit Germinal, pour l’agricultrice qui se plonge dans Madame Bovary, pour les clients d’un troquet de Belleville qui vont lire ou se faire lire l’Assomoir

Il sait vous donner envie de relire, je vous défis d’ouvrir Dumayet et de ne pas aller retrouver Madame Bovary, je n’ai pas pu...Il a une façon bien à lui d’éclairer une oeuvre, il peut être sévère mais toujours il invite à découvrir les grandes figures littéraires et les grandes oeuvres : Flaubert toujours, Colette, Raymond Queneau, ou François Mauriac. qui appelait Dumayet «  le Diable »

Des émissions littéraires ?  Lire c’est vivre, Lire et écrire , cela aurait pu servir de titre à ce livre.

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Il s’interroge sans relâche : pourquoi Van Gogh lisait-il Tartarin de Tarascon, il vous invite chez Michaux mais également chez la Comtesse de Ségur, sans a priori, pour faire des comparaisons, pour décoder les secrets du style d’un auteur « la peau du texte ».

Ce goût et cet éclectisme vont nous valoir des grands moments de télévision, d’intelligence, de malice parfois. Il a même réussi à consacré une émission entière à une seule phrase du Talmud, je regrette de ne l’avoir jamais vu !!

C’est vivant, excitant, la mémoire joue à plein et il y a quelques passages très réjouissants comme celui où il explique ses démêlés avec Epicure, ou sa lecture des Trois Mousquetaires. Il a une conviction forte :

« Tous les textes peuvent se lire comme si nous étions leurs contemporains  » 

Grâce à ce livre j’ai ajouté à ma liste de lecture ou de relecture : Le Dernier des justes de Schwarz-Bart et les Récits hassidiques de Martin Buber de quoi entamer mon carnet de lectures 2012

Le livre : Autobiographie d’un lecteur - Pierre Dumayet - Editions Pauvert   

Les émissions Lectures pour tous et Relectures pour tous à retrouver sur le site de L'INA

04.01.2012

Ecrits dans les marges - Danielle Bassez

« De la pratique du gribouillage comme art gourmand de la lecture »

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Comment lisez-vous ? Est-ce que comme moi sur les livres qui vous appartiennent vous parsemez ici et là des notes, des ajouts, des renvois vers d’autres livres, le sens d'un mot inconnu, des points d’interrogation, parfois d’exclamation, parsemez vous comme moi les livres de petits feuillets en papier pelure ? 

Je ne peux pas m’en empêcher, je fais de petites marques avec toujours les mêmes crayons à papier, très fins, légers, que l’on gomme sans laisser de traces. Je note, relève des phrases et  j’aime relire ces petits mots des années plus tard et bien entendu parfois je ne comprends plus pourquoi j’ai relever une phrase, mais parfois cela ravive le bonheur de la première lecture.

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Annotations des Provinciales de B Pascal 

 

Quand j’ai lu la quatrième de couverture de ce petit livre j’ai su immédiatement qu'il était pour moi. 

L’auteur nous y parle de son père, lecteur passionné, attentif, assidu, lecteur admirable. 

Un homme discret « Vêtu de sa blouse de travail grise » d’employé des postes, un homme des choses simples « Un homme des taillis, qui furète, qui fouille »  et qui tout au long du temps lit, des formats réduits, des livres à glisser dans ses poches.

Il lit de tout et partout, Proust et les souvenirs d’un mineur, au dessus de son établi ou au grenier, « les mots lui ont donné faim »

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Annotations du Livre des Merveilles de Marco Polo par Christophie Colomb

Séville Bibliotheca Colombina

 

Il lit parsemant les livres « De minces papiers de soie, des bandes d’expédition de journaux, des fétus qu’il planque entre les pages ». Il lit « sans discrimination et sans préjugés »

Toutes les petites notes, les listes de mots, les signes cabalistiques, les dessins, révèlent l’ homme  « Il lit des livres denses imprimés sur papier bible, qui se défendent par toutes les ronces d’un vocabulaire hermétique et dans lesquels on pénètre avec difficulté »

Plus que lecteur, il prend la plume, à travers bribes et petits commentaires, il se dévoile : «  Il se confiait au papier, aux pages d’un livre ami, et pour se murmurer à lui-même cet émoi fugitif, coulait sa voix dans les mots d’un autre. »

 

C'est une émouvante découverte posthume pour sa fille dont elle jouit  avec amour et pudeur.
Un petit livre précieux, une leçon laissée par un lecteur rare et gourmand de lecture.

 

Le livre : Ecrits dans les marges - Danielle Bassez - Cheyne Editeur 

 

Bassez_Danielle.jpgL’auteur 

Née à Châteauroux en 1946. Elle a enseigné la philosophie à Grenoble. Elle a publié l’essentiel de son œuvre à Cheyne, soit sept titres à ce jour. Un roman paru chez Castells en 2007. Depuis 2006, elle partage son temps entre la Haute-Loire, l’Isère et la Grèce.

(source l’éditeur photo © Danielle Bassez )


 

02.01.2012

Une année de lecture

Une année de lecture 

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Enfant, j'espérais devenir un livre, quand je serais grand. Pas un écrivain, un livre : les hommes se font tuer comme des fourmis. Les écrivains aussi. Mais un livre, même si on le détruisait méthodiquement, il en subsisterait toujours quelque part un exemplaire qui ressusciterait sur une étagère, au fond d'un rayonnage dans quelque bibliothèque perdue, à Reykjavic, Valladolid ou Vancouver.

Devenir un livre est le voeux que je formule avec Amos Oz

Cette citation vous est offerte par JEA que vous pourrez retrouver en sa bibliothèque 

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Une année de lecture pendant laquelle vous pourrez fêter ces écrivains là en les lisant ou les relisant 

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27.12.2011

Carnets de lecture

Finir et commencer l'année sur le thème de la lecture 

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Vous gardez traces de vos lectures, vous pouvez retrouver un titre ou le nom d’un auteur, une citation, et tout simplement raviver vos souvenirs ? Original ce billet ? peut-être pas mais je suis d’une curiosité insatiable et j’aimerai savoir ............

 

Pour cela rien ne vaut le carnet de lecture comme le dit Pierre Dumayet 

« Raymond Queneau a tenu à jour son carnet de lectures pendant soixante ans. Chaque livre lu était mentionné dans un carnet d'écolier à sa date. Je regrette de ne pas avoir pris cette précaution que toute personne prudente devrait prendre."


Le premier carnet peut naître par hasard, on note un titre, une citation, parfois même ce carnet n’en est pas vraiment un. Il arrive que le premier se fasse à l’école avec une institutrice qui invite à parler des ses lectures.

Ceux qui ont des dons l’agrémentent de dessins, de collages qui donnent un air de fête 

 

Je ne suis pas capable de me rappeler mon premier carnet et il est hélas perdu depuis longtemps mais depuis quelques années je les conserve, je les range, je les bichonne.

 

Lectrice boulimique je fais aussi un carnet de livres à lire, mais celui là souffre beaucoup de passages répétés dans le sac à main, il est plein de petits  « Ok »  ou « non ! »  

Quand les titres sont prêts à changer de carnet et à passer du « à lire » à « livres lus » un grand coup de crayon indique que l’opération a réussie.

 

Je vous propose un petit tour d’horizon du carnet de lecture car il y en a vraiment de toutes sortes.

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Version sérieuse pour lectrice organisée 


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Carnet d'une lectrice appliquée


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 Le carnet d'une lectrice aguerrie


 

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Pour lecteur japonisant le carnet origami

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Pour un lecteur qui vote pour les verts 



Et voilà les miens 

Ils ont pris des allures différentes au gré de carnets acheté en voyage, un que j’aime particulièrement acheté sur le marché de Vérone.

Un très beau en cuir repoussé acheté dans les ruelles d’une toute petite ville d’Ombrie dont j’ai oublié le nom.

Un agenda avec les  photos de toute la famille détourné de sa destination première. 


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                                        Les carnets d'Ivre de livres 

 

Mon carnet 2012 m’attend, il témoigne d’un geste plein d’attention aussi vais-je le remplir uniquement de bons livres 


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Et vous à quoi ressemblent vos carnets de lectures ?