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Lecture

  • La bibliothèque Universelle et Magie du livre - Hermann Hesse

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    Après ma lecture de l’Ornière j’ai eu envie de rouvrir les deux livres de Hermann Hesse qui m’accompagnent depuis bien des années maintenant. Lorsque j’ai allégé ma bibliothèque ils ont fait partie des livres mis immédiatement de côté comme indispensables et heureuse chose ces deux livres sont toujours disponibles chez l’éditeur.

     

    La Bibliothèque Universelle

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    Ce livre est un recueil de textes de longueur très variable, de quelques lignes à plusieurs pages. C’est un tour d’horizon des lectures d’Hermann Hesse et dieu sait que l’écrivain était un lecteur extrêmement éclectique.

    Il fut certainement parmi les premiers à s’intéresser aux littératures asiatiques et Confucius est en bonne place à côté de Bouddha mais aussi des textes sacrés ou de l’épopée de Gilgamesh.

    On découvre un auteur féru de contes et légendes mais bien sûr les pages les plus nombreuses sont pour la littérature allemandes et j’ai découvert là lors de ma première lecture bien des auteurs vers lesquels je suis revenue plus tard : Keller, Stifter, Schiller qu’à cette époque je ne connaissais que de nom. 

    Goethe trône en majesté au milieu de ce livre et de longues pages lui sont consacrées. 

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    Mais c’est toute l’Europe qu’Hermann Hesse fait défiler par ordre chronologique, de Plutarque à Gide en passant par Casanova, Voltaire ou Defoe.

    Bien sûr il a ses préférences et ses à priori mais j’aime qu’un auteur prenne parti, qu’il ose dire qu’une oeuvre révérée ne l’enchante pas du tout et au contraire que tel livre n’a pas la place qu’il mérite selon lui.

    C’est grâce à ce livre que j’ai lu Nathan le sage, Henri le vert de Gottfried Keller. Il se réjouit des traductions de Stendhal dont « une partie de l’oeuvre restera immortelle »  Il aime Dumas « quel plaisir de lire ce que raconte cet homme incroyable plein de santé, de joie de vivre et de confiance en soi (...) ce gaillard n’est pas seulement un tableur et un joyeux farceur, mais aussi un remarquable écrivain. »

    De Victor Hugo il retient l’Homme qui rit que je me propose de lire bientôt.

    De Balzac il dit que ce qu’il trouve remarquable c’est que « l’on peut le lire de plusieurs manières différentes. On peut en effet, ce qui est impossible chez la plupart des grands auteurs, le lire à chacun des stades de la vie, que l’on soit un jeune homme ou chargé d’années. »

    Je trouve magnifique qu’il se soit passionné pour la littérature jusqu’à la fin de sa vie et que sa Bibliothèque universelle se soit enrichie des écrivains qui n’avaient pas encore atteint la notoriété : Kafka dont il fut l'un des découvreurs, Gide, Wells, Proust ou Thomas Woolf ou JD Salinger.

    Bien entendu il consacre de longues pages à Dostoievski qu’il aimait énormément mais qui nous dit-il « garde toujours son halo de mystère lorsque nous l’abordons dans nos moments de désarroi ou de recueillement. »

    Un tour du monde littéraire que l’on a plaisir à entamer et à refaire au gré des saisons, des années, des envies.

     

     

    Magie du livre 

     

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    C’est à la fois le lecteur et l’écrivain qui prend la plume ici, quelques articles un peu convenus : discours, préface à une édition , mais surtout l’expression de la passion d’Hermann Hesse pour la poésie, la littérature et l’écriture bien sûr.

    Les différents articles sont tous intéressants, certains égratignent, d’autres expriment une certaine colère, la sincérité de l’auteur est toujours là jusque dans ses partis pris et ses exagérations.

    On a des études du style littéraire, sur l’art du récit, Hesse par en guerre contre les classifications «  A quoi me sert de savoir si un tel ou un tel est un symboliste, un naturaliste ? »

     

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    La place de la littérature et de la poésie allemandes est grande et beaucoup de noms inconnus apparaissent, certains sont oubliés mais d’autres à découvrir et c’est tout le sel de ces chapitres là.

     Ce qui ressort de façon absolue c’est l’exigence de qualité, à bas les lectures faiblardes et trop faciles, il est pour laisser tomber un texte qui ne se révèle pas de qualité ! pas de quartier à bas la qualité médiocre. 

    Pour lui lire c’est lire plusieurs fois « la lecture unique, obligatoire ou seulement curieuse, n’apporte jamais de véritable plaisir. » 

    l’auteur a eu une éducation très puritaine et très rigide et cela se sent dans ses jugements littéraires qui sont parfois un rien figés mais le plus souvent ses articles sont enthousiasmant, c’est un aristocrate de la lecture.

    Il investigue tout : la façon d’acheter, de classer, de conserver les livres, c’est un lecteur toujours à l’affut d’un trésor inconnu. Un article est consacrer aux traductions, aux lectures de vacances et à la lecture au lit.

    Le chapitre central c’est celui de sa bibliothèque idéale qui reprend ses livres favoris, c’est là que son éclectisme éclate vraiment, quel extraordinaire lecteur et quelle fraicheur dans les propos de ce vieux monsieur. Ses articles sont parfois un peu polémiques mais que serait la passion sans un peu de mauvaise foi. 

    Hermann Hesse romancier, critique et passeur, je vous propose dans un prochain billet de retrouver le promeneur.

     

    Les Livres

    La bibliothèque universelle - Hermann Hesse - Traduit par Jacques Duvernet - Editions José Corti 1995

    Magie du livre - Hermann Hesse - Traduit par François Mathieu et Britta Rupp - Editions José Corti 1994

     

  • Je relis, tu relis il relit

    J’allais répondre à vos commentaires quand tout à coup je me suis dit qu’il y avait mieux à faire. J’ai décidé d’aider Laure Murat dans son enquête et voilà le résultat.

    Vous verrez je mets souvent mon grain de sel mais bon c’est mon blog après tout !!!

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    A tout seigneur ....j’ai d’abord lorgné vers Keisha qui dit
    « j’ai toujours une relecture de proust en route, Montaigne devrait y passer, je veux lire Joyce 
    Je note que comme moi elle veut lire et non relire Joyce, ouf ça me rassure je ne suis pas la seule.

     

    mabibli.JPGAsphodèle croit comme moi aux livres indispensables  dans lesquels  
    « je replonge régulièrement sans me lasser. Parce que l'on sait avec ceux-là, qu'il y aura un second "éblouissement" peut-être même plus intense que le premier »
    nous avoue-t-elle vrai qui si parfois la déception est au bout de la relecture c’est loin d’être le cas le plus souvent.

    La Preuve Luocine qui dit avoir relu quatre ou cinq fois les Frères Karamazov ou Le Rouge et le noir, ah ah c’est aussi à mon programme mais je ne battrai pas son record.

    mabibli.JPGAifelle, elle, est lucide
    « Personne ne va se vanter de relire la série des Angélique »
    car vrai que la plupart du temps quand quelqu’un dit relire c’est une oeuvre importante, sérieuse, comme dirait Italo Calvino : un classique, sauf que j’ai l’impression que pour nous tous et toutes il y a des livres doudou, consolateurs, pansement, anti-douleur sans danger , voici ce que dit Rubigane
    « Relire pour moi est infiniment rassurant, comme un doudou, ou un fauteuil au coin du feu en hiver ; un retour au temps passé » Et je dénonce ici Athalie qui avoue « Et relire Angélique, ma foi, j'en rêve ... »

     

    Une question d’âge la relecture ? Aifelle dit
    « Il y a un certain nombre de livres que j'aimerais reprendre avec un âge nettement plus mûr »
    Je partage un peu cela car certaines de mes relectures sont le fait de mon âge, on n’a pas lu 4 fois la Recherche à 20 ans mais à 65 (inutile de le noter ça) là cela devient tout à fait possible.

    mabibli.JPGMiriam est pragmatique et nous dit que l’on peut
    « relire un livre dont on a oublié le titre, le reprendre en bibliothèque et se rendre compte qu'on l'a déjà lu! ou le lire à propos d'un Evénement, un voyage et le reprendre pour une autre occasion (même quand ce n'est pas du tout un chef d'oeuvre) »  
    J’approuve et à ce moment là je vais plutôt chercher en bibliothèque un peu comme un étudiant va se documenter.

    « C’est pour cela qu'on se constitue une bibliothèque, qu'on achète et qu'on garde des livres »
    Nous dit Tania, « c’est le premier critère retenu pour écarter un titre (celui-là, je ne le relirai pas). »
    Oui mille fois oui mais parfois on a l’âme un peu trop généreuse, j’ai élagué ma bibliothèque sur ce critère là. Il vient un temps où l’on a envie de s’alléger un rien et pas seulement faute de place mais plutôt pour faire place nette.

    mabibli.JPGAh j’ai trouvé une âme soeur (euh il n’y a pas qu’elle) en Pastelle 
    « Moi je relis des "pécadilles", quand ça ne va pas trop fort et que je veux être sûre de passer un bon moment qui m'évadera et/ou me fera sourire »
    On n’est pas tout à fait hors norme lorsque l’on aime relire un bon vieux Cronin ( si ça m’arrive une fois par an ) ou Les Quatre filles du bon docteur et même enchainer avec le DVD, attention hein le vrai celui avec E Taylor !! Faut pas plaisanter avec ces choses là.

    Je me sens en pays de connaissance chez Bonheur du jour qui trie en se demandant « les relirai-je ? Si oui, dans les cartons du déménagement. Si non, dans les cartons pour le vide-grenier, la médiathèque, Emmaüs,... Bon, il m'en reste pas mal... » Je confirme même après ça il en reste pas mal. 

    mabibli.JPGAprès il y a les extra-terrestres qui ne relisent pas ou presque pas, hé je suis certaine que ce sont des jeunesses !! 
    Sandrine qui dit
    « je ne relis pas ou très rarement. J'ai tellement envie de découvrir un nombre incalculable de livres que relire me prendrait trop de temps sur ces découvertes. »
    Elle est quand même prudente « peut-être plus tard... » quand je vous dis que c’est une jeunette...pour les vieux de la vieille le plus tard c’est maintenant hélas.

    Il y a les contemplatifs comme Kathel
    « dans ma bibliothèque j'aime à contempler ceux que je pourrai relire... un jour ! » les sélectifs comme Athalie qui relit Mauriac

    Laure Murat parle des relectures étudiantes, des relectures de travail, intéressantes mais obligées alors que
    « le bonheur de relire pour le plaisir » ça c’est le must nous dit Pascale

     

    mabibli.JPGQue relisez-vous ?  

    Proust pour Keisha, mais aussi Giono pour Pascale, Dostoïevski pour Luocine,  là je me sens en pays de connaissance mais on peut faire tout autre chose en matière de relecture, comme notre ami Christian qui dit
    « je rachète les vieilles BD de mon enfance, les Buck Danny, Gil Jourdan, et autres Lucky Luke. Pour le premier, je revois cinquante ans après des cases que je n'ai pas oubliées ! Des détails anecdotiques de l"histoire sont restés dans mon esprit. Une façon de replonger dans mes dix douze ans quand je relisais inlassablement les mêmes histoires en mangeant la crème glacée du jour à un franc. cinquante... »

    Il y a les torturés comme Plume d'anges qui relit plutôt les livres qui l’ont déçu « En revanche quand j'essaie de relire des ouvrages qui ne m'ont pas spécialement intéressée, je peux faire de merveilleuses découvertes... » là je trouve que c’est carrément du masochisme. Je ne suis pas aussi courageuse.

    mabibli.JPGNadejda range sa bibliothèque et pour elle c’est l’occasion de relire avec bonheur des livres un peu oubliés et qui remontent à la surface et finissent par occuper tout l’espace  
    « Ma dernière relecture est le beau livre de François Augiéras "Domme ou l'essai d'occupation". Je relis aussi souvent des livres de Sylvie Germain ou Christian Bobin et j'y découvre à chaque fois du nouveau, de même avec Tolstoï etc... »

     

    mabibli.JPGIl y a les drastiques comme Luocine qui s’est allégée au gré de ses déménagements
    «  Je prends le critère relecture pour garder un livre ma bibliothèque celle-ci fond à vue d’œil. Et j'en suis bien triste , car pour moi un livre n’existe que s'il est ancré dans ma mémoire et pas s'il est bien rangé sur ma bibliothèque. » 
    J’ai pour ma part déménagé environ une quinzaine de fois et j’ai cru chaque fois m’alléger en donnant des livres  mais ce n’est jamais suffisant pour endiguer les nouveaux venus. 

    mabibli.JPGJe sais qu’il y a des lecteurs qui n’ajoute un nouveau livre qu’à la condition d’en enlever un, encore un truc qui peut faire rester des nuits entières à se torturer.
    Il y a les accidentées de la relecture comme Athalie 
    « Exception pour Mauriac depuis quelque temps, et je me suis aperçue qu'en réalité, je ne l'avais jamais vraiment lu. Trop jeune pour le comprendre vraiment, je pense. Du coup, je me pris Thérèse en pleine tête ! »

     

    Mille excuses pour ceux et celles qui mettront des commentaires plus tard, je m’arrête là et je vais de ce pas créer une nouvelle catégorie à ce blog comme Keisha en a aussi l’intention : Relectures

     

  • Relire - Laure Murat

    Cela pourrait être le titre d’une série de billets sur ce blog car relire pour moi est totalement naturel et indispensable.

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    Relire est-ce faire une nouvelle lecture ou simplement répéter la lecture précédente s’interroge l’auteur.

    « j’ai décidé de relire la Recherche » (ça c’est Tania) ou encore « j’ai relu les Rougon-Macquart » (c’est moi) ou encore Claudialucia qui plonge dans Shakespeare

    Laure Murat note avec humour que l’on ne parle que de relecture de GRANDS livres et plus rarement de pécadilles (comme moi) 

    Son enquête, car enquête il y a porte donc sur la pratique de la relecture. Elle a adressé à 200 intellectuels français un questionnaire, elle a reçu 100 textes en réponse.

    J’aurai bien aimé être interviewé, pourquoi toujours les intellos célèbres ? et jamais nous pauvres lecteurs ? Car pour moi comme pour beaucoup des lecteurs interviewés relire est « une passion littéraire ».

    Pourquoi relire demande Laure Murat ? Les réponses vont de l’addiction pure et simple de celle qui relit chaque année les 8 volumes de la Petite maison dans la prairie, à ceux qui relisent pour des raisons professionnelles, ou pour répondre à la demande d’un professeur, c’est ce que martèle Laure Murat à ses étudiants « la relecture (d'un poème, d'un roman, d'un essai, d'une pièce) est essentielle pour se saisir soi-même du sens d'un texte. » 

    Mais viennent ceux et celles pour qui la relecture est un refuge ou une façon de lire une oeuvre commencée et jamais terminée.( pour moi c’est Ulysse de Joyce...)

     

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    Ces livres qui résistent  © SETHTHOMAS / ROOM RF

    Certains redoutent la relecture c’est J Echenoz qui dit qu’il veut « garder intact l'éblouissement de la première lecture.» 

    Un auteur domine les autres par le nombre de ses relecteurs. Vous ne serez pas étonnés car il était déjà celui qu’on emportait prioritairement sur une île déserte : Il s'agit de Marcel Proust

    J’ai été heureuse de constater que je n’étais pas la seule à aimer relire dans une édition particulière, j’ai beaucoup de mal à relire le Journal d’Anne Franck autrement que dans mon livre de poche portant le n°287 ou Vipère au poing n° 58 ou les Années d’illusion n° 198 ou enfin Le Grand Meaulnes n°1000. Ils sont plus qu’écornés car ils sont  passés de mains en mains et de mère en filles.

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    Dans les livres un peu anciens les plus relus par les lecteurs de Laure Murat sont Montaigne, à moi toute seule j’aurai fait pencher la balance, mais aussi Mme de Lafayette ou les Liaisons dangereuses. Virginia Woolf est en bonne position mais cité essentiellement par des femmes !

    « Je relis maintenant Don Quichotte [...]. J'en suis ébloui, j'en ai la maladie de l'Espagne. Quel livre! Quel livre! » c’est Flaubert qui le dit dans son journal, du coup le relecteur se sent en bonne compagnie.

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    Dieu que ces bandeaux sont agaçants

     

     On n'avait rien organisé avec Keisha et pourtant....

    Le livre : Relire. Enquête sur une passion littéraire - Laure Murat - Editions Flammarion

  • Bibliothèque idéale du naufragé

    Difficile de reprendre le cours d'un blog après des événements aussi terribles. Ayant participé samedi à un club de lecture j'ai ressenti que partager autour des livres a été salutaire pour tout le groupe alors je vous propose de continuer ici.

     

    Un grand classique « quels sont les trois livres que vous emporteriez sur une île déserte ? »

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    Voilà à force de pagayer avec Françoise Xenakis c’est le naufrage et vous voilà seul au monde. 
    Prévoyant vous avez emporté quelques provisions et je ne parle pas là de nourriture terrestre ! 
    Mais peut être n’avez-vous pas encore mis les pieds sur le bateau et le choix est alors grand : qu’allez-vous emporter ?

     

    François Armanet au fil des années a posé la question à 200 écrivains de tous horizons, il en profite évidement pour nous dresser une liste idéale ou presque.

    Certains choix sont parfaitement attendus, d’autres sont ....bizarres bizarres, et puis il y a l’inévitable Houellebecq qui se refuse à l’exercice sans doute trop simpliste pour ce grand penseur .......

    Vous allez croiser sur votre île des noms attendus « dans l’archipel des recommandations, les maîtres se font la courte échelle : de Shakespeare à Stendhal, de Cervantès à Flaubert, de stendhal à Nietzsche »

     

    Il y ceux qui m’ont donné des idées :  Ludmila Oulitskaïa emporte trois livres dans trois langues qu’elle ne connait pas, bien sûr elle ajoute les dicos ! Ce serait parfait pour moi qui rêve d’apprendre ...euh le russe, le latin, et l’hébreu

    Il y a ceux qui se focalisent sur un auteur : Henry James pour Colm Toibin, remarquez il sait de quoi il parle il a écrit une bio de James 

    Il y a ceux qui choisissent une langue : le chinois et hop emportent Zuang Zi , Lao Tseu et autres taoïstes

    Il y a ceux qui sont d’une belle fidélité : Robert Littell emporterait ...le livre de son fiston 

    Il y a ceux qui vont relire et ceux qui veulent en profiter pour découvrir

    Il y a les fous de pêche qui se tourne vers Moby Dick, les amoureux de Londres qui lorgnent vers Dickens.

    Il y a les malades de théâtre et du grand Will et les fous de religion qui emportent la Bible 

    J’ai un faible pour tous ceux qui ont ajouté de la poésie mais quel dilemme pour faire un choix, ou alors il faut que j’imprime mon anthologie personnelle qui est sur mon ordi : des pages et des pages.

     

    Bref un petit livre délicieux, amusant, inspirant. 

    Pour les très très curieux j’ai fait le classement des cinq livres les plus souvent cités mais je ne livre rien ici, non n’insistez pas même sous la torture je ne parlerai pas mais si vous m’envoyez un mail là je ferai un effort.

    Mais vous pouvez poser vos propositions ici, je les attends 

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    Le livre : Bibliothèque idéale du naufragé - François Armanet - Editions Flammarion

  • la bibliothèque des génies

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    J’ai enchainé deux livres sur un sujet similaire, mais deux livres traités tout à fait différemment. 

    L’un se lit aisément, l’autre demande un intérêt certain pour le sujet.

     

    Le sujet donc : la bibliothèque des génies, et pas n’importe quel génie ! non deux de mes écrivains d’élection : Proust et Montaigne

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    Montaigne et les Livres 

    Cette étude cherche à cerner la pratique de lecture de Montaigne. Ce grand lecteur lit moins pour s'instruire que pour exercer son jugement. Tout livre est pour lui un nouveau monde, qu'il parcourt en explorateur curieux, à la recherche de l'autre et de lui-même.

    Est-ce un livre facile à lire ? non

    Est-ce un livre qui exige un effort de lecture ? oui mille fois oui

    Un livre pour les passionnés de Montaigne qui ont toujours envie d’en savoir un peu plus, d’entrer un peu mieux dans cet univers si foisonnant où l’auteur peut dire  qu’il lit Plutarque, Virgile, Lucrèce avec passion, que les historiens sont « sa droite balle » et nous dire quelques pages et quelques essais plus tard que les livres sont tout à fait inutiles, qu’il ne sert de rien de vouloir se rendre plus savant ! 

     

     

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    Venons en à Proust et à sa bibliothèque.

    Là je ne peux que recommander ce livre à tous les amateurs de Proust, d’une belle simplicité d’écriture rendant la lecture très agréable ce livre est pourtant d’une grande richesse.

    On a disséqué tout Proust :  les personnages de ses romans, les lieux qui l’ont inspiré. Anka Muhlstein nous propose d’éclairer l’écrivain à travers ses lectures.

    Lectures d’enfant, François le Champi bien sûr, mais aussi et surtout lectures de l’homme qui fut un lecteur boulimique. 

     

    Dès l’enfance Marcel Proust lit lit lit, digne descendant d’une grand-mère férue de Madame de Sévigné et d’une mère qui a la passion des grands écrivains.

    Très vite il devient un lecteur non seulement assidu mais critique, critique au sens le plus noble, il n’y a qu’à lire ses célèbres pastiches pour se rendre compte à quel point il a incorporé la façon d’écrire d’un Balzac par exemple.

    Il fut un passionné de littérature anglaise et russe : Tolstoï, Dostoïevski ou George Eliot. Il sait reconnaitre ses dettes en mettant dans sa Recherche bien des clins d’oeil à ses lectures, Anka Muhlstein nous aide à les repérer car si il y en a d’évidents comme le cours de littérature qu’il assène à sa Prisonnière, d’autres sont bien cachées. Anka Muhlstein a fait le compte et une bonne soixantaine d’auteurs alimentent la Recherche et ses personnages.

     

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    © Irène et la littérature

     

    Amoureux fou de littérature Marcel Proust n’était en rien fétichiste quant aux livres eux-mêmes, son appartement était un gentil foutoir, il échangeait, prêtait, perdait ses livres et ...les rachetait.

     

    Un sincère merci à Armelle qui m’a orienté vers le livre d’Anka Muhlstein

     

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    Les Livres 

    La bibliothèque de Marcel Proust - Anka Muhlstein - Editions Odile Jacob

    Montaigne et les livres - Floyd Gray - Editions Classiques Garnier

  • Robert Lalonde : un compagnon en littérature

    « Là, je donne la parole à tous ces auteurs qui m'obsèdent depuis des années. Je fais ça quand j'en ai marre de la fiction. C'est une bouffée d'air »

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    Jolie façon de démarrer un billet non ?

    Parmi les livres que l’on lit, que l’on accumule, certains s’imposent par leurs qualités. N’y a t-il pas, parmi les écrivains que vous avez lu, des hommes ou des femmes dont vous voudriez être l’ami ? Robert Lalonde fait partie de ces gens là. 

    Je l’ai lu pour la première fois en 1997, j’avais par hasard trouvé son livre sur le stand du Québec au Salon du livre.

    Je n’ai eu que du bonheur à le lire et cela s’est répété trois fois. Alors je vous fait aujourd’hui un joli cadeau en vous livrant ses trois livres.

     

    Robert Lalonde est un grand lecteur, il livre dans ces trois livres ses amours pour des auteurs, pour la littérature mais pas seulement...

    Il est aussi un observateur assidu de son entourage, des paysages, des animaux, voici ce qu’il dit

     

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    « Voir, regarder, déceler est une obsession d'écriture, comme celle de faire des liens entre des choses qui ne se touchent pas.» 

     

    Liens, correspondances au sens où l’entend Baudelaire, dialogues avec ses écrivains préférés dont il nous livre des citations à profusion nous gratifiant de ses propres traductions.Une véritable orgie de citations.

     

    Ses livres sont des journaux de bord d’un écrivain sensible qui parfois se retire « en ermite » et qui se veut comme le dit Giono « un professeur d’espérance »

    Il aime méditer, observer, fidèle en ça à Flaubert qui disait « Pour qu’une chose soit intéressante il faut la regarder longtemps » 

    Il prend des chemins de traverse, il exerce son oeil, sa patience, sa

    modestie.

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    Ces trois livres se répondent, se complètent, on les déguste à petites lampées, on y revient année après année.

    C’est bon de se plonger dans cet hymne païen à la littérature, d’être un peu submergé par l’avalanche de citations qui sont là pour nous nourrir, pour nous éblouir. 

    Lui a fait de Proust, de Montaigne, d’Annie Dillard, de Jean Giono, de Rick Bass, d’Emily Dickinson, de Rimbaud, de Rousseau, de Schopenhauer, de Flannery O’Connor et de Gabrielle Roy, ses amis.

    Je vous propose de faire de Robert Lalonde votre ami en littérature.

     

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    Les livres de Robert Lalonde

    Le monde sur le flanc de la truite - Editions Boréal ou Editions de l’Olivier 

    Le vacarmeur - Editions Boréal 1999 et version numérique

    Le seul instant - Boréal 2011 et version numérique