07.11.2009
L'Ile de Sakhaline - Anton Tchekhov
L’Ile de Sakhaline - Anton Tchekhov - Traduction du russe par Lily Denis - Editions Gallimard Folio
Dans un précédent billet nous avons suivi le voyage de Tchekhov vers Sakhaline et les lettres qu’il a adressé à sa famille et à ses amis.
En se rendant à Sakhaline Tchekhov voulait, nous dit Roger Grenier dans la préface, "payer sa dette à la médecine"
De son séjour il tirera un livre qu’il écrira avec difficulté et qui sera édité pour la première fois en 1895, il écrit alors " Je suis heureux que dans ma garde-robe littéraire se trouve une rude blouse de forçat "

Sakhaline
Contre toute attente alors qu’il n’a aucun document d’introduction ou autorisation, Tchekhov réussi à se faire admettre par le gouverneur le Général Korff, celui-ci l’autorise à circuler librement et à interroger qui bon lui semble sauf les détenus politiques.
Tchekhov va user et même abuser de cette autorisation, il rédige un questionnaire et en trois mois ce n’est pas moins de 10.000 fiches qu’il va renseigner, véritable recensement de la population de Sakhaline, il entre dans tous les villages, toutes les prisons, les maisons de fer.
Il note tout ce qu’il voit, tout ce qu’on lui dit " Je vais seul d’isba en isba ; parfois un forçat m’accompagne, parfois aussi un garde-chiourme armé d’un révolver me suit comme mon ombre "
L’île est divisée en territoires et secteurs, les hommes qui séjournent ici appartiennent à des catégories distinctes, mais tous sont reclus à vie sur cette île, même leur peine purgée les condamnés ne retrouveront pas leur ville ou village d’origine.
Tout un personnel administratif vit sur l’île, le gouverneur nommé par le Tsar, un médecin, des commis aux écritures car il faut bien faire des rapports pour le pouvoir central, des artisans : boulanger, menuiser, cuisinier, mais aussi tout le corps de surveillants et autres gardes-chiourmes.
Les condamnés qui sont ici ont fait le même voyage que Tchekhov, fers aux pieds, la Sibérie est une longue route vers le bagne, la route de Vladimirka " Nous les avons fait marcher dans le froid avec des fers aux pieds durant des dizaines de milliers de verstes "
Son ami Isaac Levitan a peint un tableau pour illustrer la douleur de cette route connue de tous les russes.

Isaac Ilitch Lévitan La route de Vladimirka Moscou, Galerie Trétiakov.
Dans les villages travaillent des prisonniers mais aussi des paysans dit libres qui sont en fait des colons contraints de rester sur l’île, leur travail leur permet tout juste de survivre : l’abattage de bois, travail très dangereux, l’agriculture sur une terre peu fertile au climat peu favorable, le travail de la mine le plus dur et le plus dangereux.
Les mineurs descendent dans la mine par une galerie très longue, ici pas d’ascenseur, l’homme tire un traîneau déjà lourd à vide ; quand il remonte la pente il le fait à quatre pattes tirant son traîneau chargé et les 300 mètres de galerie deviennent un parcours inhumain, le mineur le refait 13 fois par jour !
Les femmes qui ont suivi leur mari, celles condamnées et libérées, n’ont souvent d’autre choix pour survivre que de se livrer à la prostitution, seule façon de nourrir leurs enfants car ceux-ci sont nombreux à Sakhaline malgré une mortalité infantile importante. Tchekhov y voit une consolation pour ces hommes et femmes mais les enfants, hélas, aggravent les conditions de vie, plus de bouches à nourrir alors que les possibilités de travail et de ressources sont extrêmement limitées.
La nourriture est simple, voire frustre, la viande ne fait que très rarement partie des menus, quelques années avant la visite de Tchekhov le scorbut a dévasté la population carcérale.
Ses observations sur l’état de santé de cette population font mention de la tuberculose bien évidemment, de diphtérie, de la variole, et du typhus dont la mortalité est énorme, enfin bien sûr en raison de la prostitution la syphilis fait des ravages.
Les conditions de détentions sont inhumaines, barbares, le mot justice n’a plus aucun sens en ces lieux.
Les punitions et sanctions sont fréquentes et appliquées sans discernement avec parfois beaucoup de cruauté et de sadisme.
Les verges et le fouet sont courants, les sentences prononcées le sont selon les « droits » de celui qui sanctionne, le Gouverneur à « droit » à faire appliquer 100 coups de fouet, le surveillant lui n’a « droit qu’à 50 coups ....
A sa demande Tchekhov assiste à une punition " J’ai vu applique la peine du fouet, ce qui m’a fait rêver pendant trois ou quatre nuits du bourreau et de l’atroce chevalet "
Les récidivistes, ceux qui ont tenté de s’évader sont enfermés dans la maisons de fer : enchaînés des pieds et des mains à une brouette suffisamment lourde pour empêcher les mouvements et suffisamment petite pour être la nuit glissée sous la paillasse. Un modèle de torture ! Les mouvements sont de trop faible amplitude et la dégénérescence musculaire est définitive, ainsi la punition se poursuit bien après sa fin officielle.
La répression féroce et l’absence d’espoir de quitter l’île poussent les hommes à tenter de s’évader et malgré le peu de réussite et les coups de fouet qui suivront, les tentatives sont nombreuses.
Il faut laisser la parole à Tchekhov " Sakhaline est le lieu des souffrances les plus insupportables que puisse endurer un homme, aussi bien libre que condamné, nous avons laissé croupir dans des prisons des millions d'hommes, et cela pour rien, de manière irraisonnée, barbare "
A son retour Tchekhov fait envoyer des milliers de livres à Sakhaline, ce voyage et ce séjour l’ont marqué " Je ne saurais dire si ce voyage m’a aguerri ou s’il m’a rendu fou. Du diable si je le sais " Ce livre-enquête s’apparente au reportage d’Albert Londres sur le bagne de Cayenne, deux hommes qui ont par leurs écrits rendue vaine la question de l’implication de l’intellectuel dans la vie politique.
Je laisse à Tchekhov les derniers mots, Sakhaline "Tout autour la mer, au milieu l'enfer." et je vous propose d'ajouter ce livre à votre bibliothèque
07:00 Publié dans Histoire (9), Littérature Russe (7) | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
08.10.2009
Reines et favorites - Benedetta Craveri
Reines et favorites - Benedetta Craveri - Traduit de l’italien par Eliane Deschamps-Pria - Editions Gallimard Folio
Un peu d’histoire cela vous tente ? Pietro Citati nous a offert de magnifiques portraits de femmes écrivains, Benedetta Craveri, elle, nous propose des portraits de reines et de favorites, celles qui parfois ont fait l’histoire.
Une galerie de portraits, elles sont toutes là ( ou presque ) des reines de mauvaise réputation, des reines qui ne régneront jamais dans le coeur du roi, des reines sacrifiées et d’autres qui exerceront le pouvoir.
Portraits des favorites qui rêvent d’une couronne et parfois l’obtiendront, qui devront affronter le mari « royalement cocufié » qui se verront renvoyées sans autre forme de procès, qui cacheront leurs enfants et parfois y perdrons la tête au sens propre du terme !
Je vous fais une petite liste mais vous les connaissez toutes : Anne d’Autriche, la Montespan et la Pompadour, Marie et Catherine de Médicis, Louise de La Vallière, Mme de Maintenon, sans oublier la Reine Margot et bien sûr Marie Antoinette.
Pas facile pour ces femmes d’être mère, amante, de remplir leur devoir en donnant un héritier à la couronne, de mettre au monde des enfants bâtards, de vivre dans l’ombre d’une favorite ou chassée par la Reine à la première occasion.
L’histoire est parfois sévère avec certaines, la Saint Barthélémy, l’affaire des poisons, les guerres avec l’Espagne, les reproches pleuvent mais comment ne pas être touché par celles qui perdent leurs enfants, sont humiliées publiquement, qui finissent au couvent ou sous la guillotine
Mme Du Barry Mme de Montespan Mme de Pompadour
j’avais beaucoup aimé le livre de Benedetta Craveri Madame du Deffand et son monde celui-ci n’a pas la même envergure mais j’ai eu du plaisir à remonter le fil du temps et à suivre les parcours de ces femmes prises dans le carcan de la raison d’ Etat et toujours maintenues dans une position inférieure. Sans doute ma fibre féministe qui parle !
L’auteur

Benedetta Craveri est professeur d’université en Italie, spécialiste de la civilisation française du XVIIè et XVIIIè siècles.
Elle a publié Madame du Deffand et son monde en 1986, livre pour lequel elle a reçu de nombreux prix.
07:00 Publié dans Histoire (9) | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
16.09.2009
Terres de promesse - Joseph Pearce
Terres de promesse - Joseph Pearce - Traduit du néerlandais par Guy Rooryck - Editions Actes Sud
L'élimination des juifs d'Europe reste l’événement le plus important et le plus tragique du XX ème siècle.
Alors que la communauté juive influençait la vie sociale, économique et culturelle de l’Europe et tout particulièrement de l’Europe centrale, leur disparition, outre qu’elle a appauvri à jamais la vie des idées, la vie scientifique, a provoquée une nouvelle diaspora qui pèse encore aujourd’hui sur les survivants et leurs familles.
Jusqu’à quatorze ans Joseph Pearce ignora que son père Vernon Pearce, s’appelait en réalité Werner Peritz, était juif allemand et né à Breslau (l’actuelle Worclaw).
Son père mis à l’abri en Angleterre par sa famille en 1938, comme beaucoup d’autres enfants, avait pris la nationalité anglaise, il avait épousé une jeune femme d’origine Flamande et s’était convertit au catholicisme.
Joseph Pearce devenu journaliste va un jour partir à la recherche de sa famille dispersée.
Ses grand-parents, oncles, tantes, cousins vivent ou ont vécu aux quatre coins du monde, sa quête va le mener de Bolivie en Israël, d’Australie en Angleterre et enfin aux Etats-Unis. Sa grand-mère paternelle Else Durra s’est suicidé en 1951 et Joseph Pearce veut comprendre pourquoi.
Il se rend avec son père en Pologne, Worclaw étant l’ancienne ville allemande de Breslau d’où est originaire pratiquement toute sa famille. Breslau qui abritait une communauté juive importante avant guerre, où les familles Peritz et Durra se sentaient parfaitement assimilées, Félix Peritz le grand-père s’était vu décoré de la Croix de guerre, les juifs allemands ne connaissaient pas les pogroms que subissaient juifs polonais ou russes.

Breslau en 1929
La promulgation des lois anti-juives, la Nuit de Cristal en 1938 pendant laquelle les nazis ont détruit livres, magasins et synagogues, ont provoqué l’éclatement forcé, le déracinement et l’éparpillement d’une partie de la famille pour se soustraire à la barbarie nazie. D’autres n’ont pu quitter l’Allemagne.
Il rencontre un à un ses oncles, ses cousins qui peu à peu éclairent l’histoire de la famille entière. Les témoignages des survivants ou descendants, les lettres échangées dont il prend connaissance, les photos retrouvées chez chacun, sont autant d’éclairages poignants qui permettent de comprendre la profonde culpabilité des survivants, la douleur des exilés, et font de ce document un livre universel.

Yad VaShem Holocaust Museum: Hall of Names, Photo by David Shankbone ©
Publié une première fois en 1989 ce livre vient d’être réédité et va trouver place dans ma bibliothèque à côté des Emigrants de W G Sebald et des Disparus de D Mendelsohn
L’auteur
Né aux environs de Bruxelles en 1951, Joseph Pearce est critique littéraire et chroniqueur pour les deux grands quotidiens flamands De Morgen et De Standaard. Il est l’auteur de plusieurs romans dont Graines de pavot (Actes Sud, 2007)
11:33 Publié dans Biographies (12), Histoire (9) | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
04.09.2009
Pyramiden portrait d'une utopie abandonnée - Kjartan Fløgstad
Pyramiden Portrait d’une utopie abandonnée - Kjartan Fløgstad - Traduit du néo-norvégien par Céline Roman-Monier - Editions Actes Sud
En 2000 j’ai fait une croisière non vers le soleil mais vers le nord, au-delà du cercle polaire, au Spitzberg mais dont le nom correct et norvégien est Svalbard. On embarque à Bergen et on remonte jusqu’à Ny-Ålesund la ville la plus au nord du monde qui se trouve à 800 petits kilomètres du Pôle Nord.
Croisière où les gants et les parkas sont nécessaires en plein mois d’août, où les descentes à terre se font encadrées par des gardes armés en cas de rencontre avec un ours polaire et où vous pouvez apercevoir des morses sur la banquise.
Une des escales m’avait impressionné à l’époque puisqu’elle avait lieu dans une ville russe abandonnée : Pyramiden, enclave Russe en Norvège, ancienne ville minière où la vie semblait s’être arrêtée et dégageait un sentiment d’abandon et de solitude presque effrayant.
La lecture du livre de Kjartan Fløgstad était une façon de repartir en voyage au Svalbard et de comprendre mieux le destin de cette ville achetée par les russes au début du XXe siècle , peuplée par des hommes souvent originaires d’Ukraine, mineurs volontaires venus exploiter des mines de charbon au bout du monde.
Fløgstad s’interroge sur le destin de cette ville qui a suivi celui du régime soviétique, projet russe ambitieux " Pyramiden est l'Utopie, poussée à l'extrême, dans l'extrême Nord, vidée de son contenu, figée dans le temps, par le froid arctique, par les conjectures économiques, par la guerre froide, par le capitalisme triomphant."
En 1990 Pyramiden avait encore 2500 habitants et faisait la fierté du régime soviétique, en 1998 la ville se vide, les bâtiments sont abandonnés, les mines fermées et Pyramiden passe de ville minière à ville fantôme.

Kjartan Fløgstad nous fait faire la visite (photos à l’appui) et insiste sur la qualité des bâtiments et des installations, ce qu’il en reste aujourd’hui, le gymnase déserté, la bibliothèque, qui contenait plusieurs milliers de volumes, vidée et dévastée.
Je garde pour ma part un souvenir très précis de la sensation d’irréalité sur la place de la ville où sont encore érigés les symboles du communisme "Partout à l’intérieur, Pyramiden à l’air d’avoir été frappée par une catastrophe naturelle, ou une catastrophe culturelle"
Pour l’auteur le destin de cette ville miniature repose sur la mine, et plusieurs chapitres passionnants sont consacrés à la symbolique qui s’y rattache, avec des incursions dans d’autres villes minières en Bolivie, en Pologne ou en Chine.
L’auteur étend son analyse au folklore, à la littérature "minière" de Zola à Orwell, et bien sûr Jules Verne et son "voyage au centre de la terre" Moins littéraire et plus noir, Fløgstad fait référence aux écrits de Kapuscinski sur Vorkouta dont le bassin de houille le plus riche du monde, fut l’un des camps le plus dur du Goulag.
Sa réflexion épouse aussi le champs du social et du politique et il tente de comprendre comment est morte cette société créée de toutes pièces, qui vivait sous la menace permanente des accidents, il s’interroge sur la valeur du travail dont le mineur est le représentant quasi héroïque. Aujourd’hui se pose la question du devenir de cette cité fantôme, mais personne n’a l’air très pressé de trouver une réponse pas plus les Russes que la Norvège.
C’est un voyage curieux et personnel que fait faire l'auteur de ce livre, de nombreuses photographies l’illustrent, elles sont de Marc de Gouvenain qui a accompagné l’auteur lors d’un voyage à Pyramiden.
L’auteur
Né en 1944 à Sauda dans le Sud de la Norvège,puis suit des études de linguistique à l’Université de Bergen. C’est là que survient l’appel du réel, il abandonne ses études et s’engage comme ouvrier d’usine puis marin sur un cargo norvégien grâce auquel il part en voyage. Il devient le traducteur, vers le Norvégien de grands noms de la littérature Sud-Américaine au premier rang desquels Pablo Neruda et Julio Cortazar. En 2008, il a reçu le Brageprisen d’honneur pour l’ensemble de son œuvre.
08:09 Publié dans Histoire (9), Récits de voyage (7) | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
01.07.2009
Instants de guerre - Laurie Lee
Instants de guerre (1937 - 1938) - Laurie Lee - Traduit par Laurent Langlade - Editions Phébus Libretto
Ce livre est le dernier d’une trilogie qui commence avec « Rosie ou le goût du cidre » des souvenirs d’enfance, se poursuit sur les routes d’Espagne « Un beau matin d’été » et se termine avec ces souvenirs de la guerre d’Espagne d’un jeune anglais de vingt ans.
Laurie Lee « gribouilleur de poésie », c’est lui qui le dit, reprend en 1937 la route de l’Espagne, la guerre civile tonne et le jeune anglais idéaliste veux payer une dette contractée sur les chemins ibériques quand jeune et sans le sou, il trouva toujours le vivre, le couvert et la chaleur humaine auprès des habitants.
C’est en « décembre 1937, que je traversai les Pyrénées, depuis la France : deux jours à pied, à affronter les tempêtes de neige. Je ne sais pourquoi je choisis le mois dd décembre ; ce n’est qu’une des nombreuses absurdité que je commis à l’époque. »
Là il faut placer le petit couplet admiratif : quel courage que ce garçon qui vient se battre aux côtés des républicains !
Seulement voilà, les républicains en question ne l’entendent pas de cette oreille et un anglais qui voyage avec un violon, instrument qui l'avait accompagné sur les routes, en plein mois de décembre, cela sent l’espion à plein nez.« Les miliciens nous escortèrent jusqu’à la place, devant la mairie délabrée, où pendait le drapeau républicain. J’allais enfin recevoir un accueil convenable pensai-je.(..) on vous a amené l’espion dirent les frères en me poussant en avant »
Par chance il n’est pas immédiatement exécuté mais est sous haute surveillance, durant tout son séjour en Espagne la suspicion ne cessera jamais.
On le fait rejoindre un groupe des Brigades Internationales, écossais, polonais, hollandais, toute l’Europe est là. Sans armes, sans munitions, mangeant au gré des trouvailles et bizarrement sans combattre mais invités à entendre le discours du chef du parti communiste britannique « Nous avions aussi chaque jour une faim de loup, aiguisée par le froid de l’hiver et l’oisiveté » « dans l’oisiveté froide de nos vies, tous accroupis dans nos ponchos, occuper à nettoyer sans fin nos fusils, nous songions aux cent mille hommes qui livraient bataille dans ces montagnes en nous interrogeant sur la véritable utilité de notre camp d’entrainement »
Laurie Lee va suivre les troupes républicaines au gré des combats, Albacete où il occupera à nouveau une cellule de condamné à mort, Tarazona, Madrid où on l’envoie pour participer à des émissions de radio à destination des USA, il y vivra ses premiers bombardements par l’aviation franquiste « le sentiment de vivre une expérience irréelle disparut quand débuta le bombardement.On perçut d’abord un grondement métallique lointain, affûté par l’atmosphère glaciale, un silence, comme un souffle retenu, puis un gémissement qui grandit soudain et le rugissement bref d’un bâtiment qui explose »
Sa guerre d’Espagne va se terminer à Teruel, la ville prise par les républicains, est bombardée sans merci par les franquistes « je ne sus que plus tard que cette accélération impressionnante du bombardement marquait la fin de la bataille de Teruel. Renforcés par les blindés et les avions italiens, les troupes de Franco lançaient une contre-attaque sur la cité forteresse. »
C’est l’heure de la retraite, les républicains avaient espérés que la prise de Teruel serait décisive pour l’issue de la guerre civile « elle y apposa, au contraire, le sceau de la défaite »

Laurie Lee dans une confrontation violente et un corps à corps, se défend « chacun pour soi, à bout de souffle(...) j’avais tué un homme et ne pouvais pas oublier son regard attéré, débordant de colère »
C’est la fin, les Brigades Internationales dissoutes, Laurie Lee est renvoyé à Londres « Vous nous seriez plus utile là-bas. Après tout, vous ne servez pas à grand-chose ici. Vous pourriez écrire sur nous, composer des discours, peindre des affiches ou des choses comme ça... »
Tout au long du récit Laurie Lee a une parole libre, sa plume est sensible et parfois déchirante, il rend très fort la sensation de chaos, de folie, et dénonce les horreurs, les désolations et les absurdités de la guerre.
Vous pouvez le retrouver sur les chemins d'Espagne chez D'un livre l'autre
Les livres de Laurie Lee sont tous chez Phébus
16:10 Publié dans Histoire (9) | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
26.05.2009
Les eaux glacées du Belomorkanal - Anne Brunswic
Les eaux glacées du Belomorkanal - Anne Brunswic - Actes Sud
Enquête historique et récit de voyage, ce livre écrit par une journaliste, qui fut communiste dans ses jeunes années, nous invite à travers documents et témoignages, à découvrir l’histoire du Belomorkanal.
Quelques indices ont été le point de départ de sa recherche. Le premier est le paquet de cigarettes qui portent le nom de Belomorkanal qui « est aux russes ce qu’est la Gauloise aux français. »
Son deuxième indice sera un livre que lui montre une amie russe, livre de propagande préfacé par Maxime Gorki qui « sans en avoir le titre, tient le rôle de Ministre de la Culture » et qui chante les louanges d’une réalisation soviétique le Belomorkanal, véritable chef-d’oeuvre initié par Staline. Ironie de l’histoire, une partie des auteurs de ce livre seront eux mêmes victimes des purges staliniennes quelques années plus tard.
Inauguré en 1933, ce canal qui comporte 19 écluses répondait à des besoins stratégiques et militaires, il relie le lac Onega à la mer Blanche et permet à la navigation d’éviter le contournement de la Scandinavie.

Maxime Gorki croyait, ou faisait semblant de croire, à la rééducation nécessaire des prisonniers, la rédemption par le travail. Cet avis est partagé par Louis Aragon qui « applaudit sans réserve la science prodigieuse de la rééducation de l’homme »
La réalité sera très noire, ce canal déjà rêvé par Pierre le Grand, a été réalisé en 18 mois, ce sont 150.000 prisonniers qui vont travailler sur ce chantier pharaonique.
La création du chantier se confond avec l’organisation du Goulag, le nombre de prisonniers variera en fonction des besoins le NKVD n’hésitant pas à arrêter des personnes sans motif aucun, mais possédant les compétences techniques nécessaires : menuisier, électricien. Le Goulag devient « le premier entrepreneur du pays ».

Les prisonniers koulaks ou prisonniers politiques vont mourir d’accidents, de famine, d’épuisement, de froid. Au moins 20.000 d’entre eux trouveront la mort sur Belomorkanal en particulier au début des travaux où rien n’était prêt pour les accueillir et à la fin où le travail s’accélérait pour tenir les délais imposés par Staline «Cet été là, des cadavres remontaient à la surface, ceux des cimetières engloutis sous les lacs du barrage, ceux qu’on avait pas eu le temps d’enterrer pendant le chantier. »
Anne Brunswic a sillonné la Carélie durant l’hiver 2007 car dit-elle dans une interview « pour comprendre la vérité de la Russie il faut la visiter l’hiver, la civilisation russe s’est construite pour résister à l’hiver ».
Carélie en hiver
Ce qui rend son livre passionnant c’est qu’au delà de son enquête sur le canal, elle a choisi de séjourner chez l’habitant, elle a sillonné les villages qui bordent le canal, elle a recueilli un grand nombre de témoignages sur la période du chantier mais aussi sur les années terribles de 1937/1938.
Ce sont souvent des femmes, bibliothécaires, médecins, institutrices, qui témoignent de l’histoire de cette région pendant la guerre, sous le stalinisme, mais aussi aujourd’hui. De nombreuses familles ont eu un membre déporté, fusillé, ou tout simplement disparu.
Elle rend hommage à deux hommes Yvan Tchoukhine et Youri Dimitriev créateurs de l’association Mémorial en Carélie, Tchoukhine auteur d’un « j’accuse » mettant ouvertement en cause Staline, car aucunes considérations ne « peuvent justifier le principe du travail forcé, qui contredit radicalement les idéaux socialistes » affirme t-il dans son brûlot et le même Tchoukhine exigeant que « l’affaire soit portée devant le tribunal de l’histoire ». Cet appel lancé dans les années 90 est resté lettre morte et aujourd’hui Dimitriev poursuit seul un travail d’investigation sur les charniers de Carélie sans recevoir aucune aide.
J’ai aimé le mélange entre histoire avec un grand H et témoignages individuels que propose Anne Brunswic. Quelques pages de photos du chantier du canal terminent le livre.
On peut retrouver les photos du chantier et des prisonniers, les affiches de propagande sur le site de l’auteur
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29.03.2009
La librairie des écrivains - Mikhaïl Ossorguine
Gardiens des livres - Mikhaïl Ossorguine - Traduit par Sophie Benech - Editions Interférences
Parfois quelques minutes volées au temps vous rendent très heureux.
Lors de la journée passée au salon du livre, en fin d’après midi quand tout le monde se presse pour faire des photos, pour apercevoir tel auteur à succès, j’ai flâné chez les petits éditeurs, ceux où il n’y a pas foule, pas de grand nom qui dédicace.
Attirée par les couvertures magnifiques des éditions Interférences, j’ai feuilleté et emporté 3 petits livres, celui-ci est le premier lu et je souhaite vous faire partager mon plaisir et mon émotion.
Tout d’abord il ne s’agit pas d’un livre à la mode, ni de ces livres distribués largement à tous les chroniqueurs de blogs et de Navarre pour qu’ils en fassent un compte rendu dithyrambique...non c’est un petit volume datant de 1994, qui dit en quelques pages comment dans la tourmente de la révolution russe, quelques écrivains ont tenu ouverte une librairie, se sont organiser pour venir en aide à des écrivains démunis, ont permis à des propriétaires de bibliothèques de vendre leurs livres et ainsi d’échapper pour un temps à la famine.
Mickaïl Ossorguine raconte comment un petit groupe va faire vivre cette « Librairie des écrivains »

Il le raconte avec une simplicité pudique, à ceux qui s’étonneraient de la tolérance des autorités, Ossorguine répond « pourquoi nous tolérait-on ? Sans doute parce qu’au début, nous étions passés inaperçus, ensuite, on ne comprit pas très bien quelle sorte d’institution nous étions, ou peut-être estima-t-on malséant de s’en prendre à des écrivains travaillant sur les bases d’une coopérative sans employer de salariés. Une fois que la librairie eut acquis sa popularité, on la toléra par inertie, tout simplement. »
L’inflation les obligeait à changer le prix de livre chaque jour aussi l’inscrivaient-ils au crayon et convertissaient-ils les prix devenus fous en denrée alimentaire, le livre valait une livre de farine, un litre d’huile.
L’argent étant uniquement consacré à acheter des livres, l’aménagement de la librairie recourait au système D.
« Un menuisier fabriqua d’après nos plans des bibliothèques pour lesquelles nous extorquâmes des planches à une coopérative. Sur les rayonnages s’alignèrent des livres transportés à dos d’homme, certains venant de maisons d’édition survivant encore, d’autres de chez nous – de nos réserves, dont nous étions contraints de nous séparer – d’autres enfin de chez des amis. En guise de caisse, une boîte en carton, en guise de vitrine, une planche inclinée devant une fenêtre qui se couvrait de givre le soir et se réchauffait vaguement au matin. »
Mais qu’on ne s’y trompe pas c’était une vraie librairie : « Les classiques, russes et étrangers, occupaient à eux seuls une pièce entière. »
Ossorguine agrémente son histoire d’anecdotes parfois cocasses ou émouvantes et dresse en annexe la liste des livres publiés par la libraire en effet lorsque papier et la possibilité d’imprimer ont disparus, les écrivains vont vendre leurs livres sous forme de manuscrits, formidables défis et volonté hors du commun.
vous trouverez en fin de volume des reproductions d’illustrations et des fac-similés en particulier des poèmes de Marina Tsvétaïeva ainsi publiés.
Faites une place à ce livre, hommage magnifique aux écrivains, aux libraires et à tous les amoureux des livres, de la poésie et de la littérature.
Une pièce de théâtre à vue le jour inspirée par le livre
20:00 Publié dans Histoire (9), Littérature Russe (7) | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
26.03.2009
186 marches vers les nuages - Joseph Bialot
186 marches vers les nuages - Joseph Bialot - Editions Métailié
Berlin 1945, la ville est dévastée, les alliés se sont partagés la capitale du Reich, les ruines fument encore et la chasse au nazis est ouverte. Chacun tente de survivre.
Bert Waldeck lui n’est pas le berlinois type, il a passé depuis 1934 plus d’années dans les geôles et les camps de concentration que n’importe qui. Il était juste un flic qui pensait appliquer la loi, mais « loi » est un mot qui n’était pas dans le vocabulaire nazi.
Il accepte à la demande des américains de rechercher Hans Steiner, un copain d’école à lui mais aussi son tortionnaire. Rapidement il a des doutes sur les intentions des américains, Hans Steiner est un nazi soit mais ce n’est pas Himmler, alors pourquoi le rechercher avec autant de zèle ?
En déportation il a développé un sixième sens et là il se sent utilisé, piégé et ça ne lui plaît pas, alors il va faire sa propre enquête qui va lui faire toucher du doigt que les intérêts des puissances alliées ne sont pas toujours compatibles avec la simple justice.
Ce roman vaut plus pour l’atmosphère, l’écriture sobre et la sensibilité que pour l’intrigue elle-même.
Les souvenirs de Bert Waldeck sont poignants, Joseph Bialot est venu à l’écriture sur le tard, et dans ce roman il utilise avec beaucoup de talent et d’humanité sa propre expérience de déporté. Il permet de ne pas oublier que dans les camps les plus anciens déportés étaient parfois des allemands.
Les avis également très positifs de nos deux compères des noirs lectures : Yann et Jean Marc
Outre les polars qu'il écrit, il a relaté dans « C’est en hiver que les jours rallongent » son expérience concentrationnaire.
Il sera présent au festival « Quai du polar » à Lyon du 27 au 29 mars.
Devoir de mémoire
Il y a quelques années j’ai visité (je n’aime pas ce mot ici mais je n’en trouve pas d’autre) Mathausen. C'était en août, j'étais en bonne santé, personne ne me menaçait, personne ne me frappait, il faisait très chaud, j’ai descendu et remonté ces 186 marches de la carrière de granite, c'est un souvenir fort.
Il y a eu des morts dans cet escalier, il y en a eu beaucoup et encore davantage, des suites de l'avoir trop monté, du dernier effort qu'il leur a fallu faire après une journée de bagne et qui a fait que le lendemain ils n'ont pas pu repartir, ils n'ont pas pu continuer. De ceux-là, aucun témoin ne peut vous dire le nombre, mais ce dont nous pouvons vous assurer, ce que je peux vous dire, c'est que sur chaque marche, je dis bien chaque marche de cet escalier, il est tombé du sang... Jean Lafitte (interné à Mathausen)
07:13 Publié dans Histoire (9), Policiers (19) | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
30.11.2008
Ambroise Paré la main savante

Ambroise Paré la main savante - Jean Michel Delacomptée - Gallimard
Il est le chirurgien des rois et des gueux , on dit de lui qu’il est le père de la chirurgie, un homme de science comme il y en peu, un homme de la Renaissance tout de bonté et de compassion, tout de courage et de labeur.
Au milieu des carnages, des batailles et des épidémies il panse, ampute, cautérise, quand le service du roi le lui permet il écrit des traités et des opuscules avec le souci constant de mettre à disposition d'autres médecins ses connaissances.
Le portrait tracé par JM Delacomptée est passionnant de bout en bout, quelle époque ! et quel homme !
J'ai dévoré ce petit livre et puis M Delacomptée est passé maître en mini biographies
Sans restriction "ajoutez ce livre à votre bibliothèque"
Critique :
Le monde des livres 2007 E Kechichian
Parfois, on veut s'avancer dans la vie d'un autre davantage que dans sa propre vie. Et il n'est pas impossible de découvrir là, chez cet autre, mort il y a peut-être des siècles, embaumé dans sa réputation et sa postérité, quelque chose qui nous regarde, nous éveille, contribue à notre progrès. Avec cet Ambroise Paré, Jean-Michel Delacomptée publie son cinquième livre dans l'heureuse collection "L'un et l'autre", dirigée par J.-B. Pontalis. Ce n'est ni un hasard ni un record, mais un signe. Si le geste du biographe n'est pas toujours littéraire, on peut dire qu'ici il l'est, en plénitude...
Jean-Michel Delacomptée raconte magnifiquement la vie et l'oeuvre d'Ambroise Paré : les batailles, les sièges, les guerres de religion, les peurs et les croyances, les épidémies, la vie infiniment précaire des rois (il en servit quatre) et des soldats, des généraux et des enfants (les siens qui meurent les uns après les autres)... Il raconte aussi cette manière nouvelle d'observer, de déduire, de soigner les plaies inédites causées par les modernes "bâtons à feu"...
Le biographe ne romance ni ne fabule. En revanche, il se rapproche, s'émerveille de la lucide compassion du vieux médecin. D'ailleurs, Ambroise Paré, dit-il, "trouvait plus noble de bien vivre que de simplement vivre".
littéraires
Autre critique
Extrait :
« C'était tout cela, Ambroise Paré, la main qui tranche et la main qui panse. La main qui soustrait et la main qui ajoute. La main qui fabrique, la main qui écrit. La main du vif-argent, de la ligature, de l'huile, et celle de l'encre dispensée par la plume.
L'intelligence, la bonté tout entières dans la main.»
Le personnage
Ambroise Paré
L’auteur
Ecrivain et essayiste, Jean-Michel Delacomptée a enseigné à l'université de Bordeaux. Il est maître de conférences en littérature française classique à l'université Paris 8.

Les autres livres de Michel Delacomptée
Madame la cour la mort autour d’Henriette d’Angleterre
Le roi miniature Un essai sur François II, le temps de la
Princesse de Clèves
Et qu’un seul soit l’ami Très beau texte sur l’amitié entre Montaige et La Boétie
13:28 Publié dans Biographies (12), Histoire (9) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.11.2008
Léonard et Machiavel
Léonard et Machiavel - Patrick Boucheron - Editions Verdier
L’un Léonard...de Vinci bien sûr mais vous aviez deviné, l’autre Machiavel celui qui a permis de créer un nouveau mot dans notre petit Larousse.
Nous voilà transporté à la Renaissance, époque de foisonnement intellectuel et artistique mais aussi de danger, de sang et de poisons.
Un constat : pendant environ 15 ans Machiavel et Léonard de Vinci se sont côtoyés, rencontrés, ont été liés aux mêmes personnes, aux mêmes protecteurs ont travaillé sur les mêmes projets et ...rien pas d’écrits, aucun documents, rien de rien.
Machiavel secrétaire de chancellerie, un peu ambassadeur un peu espion, occupe une fonction risquée à l’époque où les princes se succèdent le plus souvent dans le sang et la fureur.
Léonard, lui a déjà 50 ans , il peint, dessine depuis plus de 30 ans , il a depuis toujours une passion pour les techniques les phénomènes naturels et l'eau en particulier, sans doute l’esprit le plus curieux de son temps.
Patrick Boucheron est persuadé que les deux hommes se sont rencontrés mais voilà... nulles traces de ces rencontres.
Plus agaçant encore : ils ont travaillé sur le projet fou du détournement du cours de l’Arno, pas un noble projet humaniste pour protéger les paysans des inondations, non un projet guerrier pour détruire Pise l’éternelle rivale de Florence.
D’autres rencontres ont eu lieu lorsque Léonard de Vinci reçoit en commande la réalisation d’une fresque pour la salle du Palazzo Vecchio à Florence, la fresque de la bataille d’Anghiari ne sera jamais terminée par Léonard et le destin va séparé les deux hommes.
Ces deux figures de la Renaissance rapprochées par la soumission obligatoire aux condottieri de l’époque, il fallait bien vivre ! Ces deux hommes ont dialogué, conversé, peut être échangé des lettres mais il n'en reste rien, ni dans les fameux carnets de Léonard, ni dans la correspondance de Machiavel.
Très contrariant pour un historien de n’avoir aucun écrit à se mettre sous la dent, plus que contrariant, carrément frustrant, alors me direz-vous , il invente ? il fait dans le romanesque ...et bien pas du tout, il digresse, tourne autour de son sujet, « il interroge le silence » dit-il lui même et tout cela pour notre plus grand plaisir.
Ni traité de peinture ni traité politique, ni biographie, ni fiction, ce texte à la fois érudit sans être pédant, limpide mais exigeant se lit avec délices.
Une critique parue dans Télérama parle d’une singularité exceptionnelle et d’une ambition littéraire indiscutable, le compliment est mérité.
Un article du blog de Pierre Assouline sur ce livre.
Extrait
« Léonard et Machiavel n'étaient pas de ces éclaireurs à l'avant-garde, mais au coeur de la bataille, dans la mêlée confuse, où rien ne se discerne nettement sinon la vérité du combat. Ils n'ont pas fait leur temps ; parce qu'ils furent si intensément du leur, ils sont toujours du nôtre. Il y eut entre eux un temps commun, qui les fit contemporains ».
Pour poursuivre la lecture
Une petite bibliographie
les carnets de léonard de Vinci tome 1 et le tome 2
Léonard de vinci par Daniel Arasse
Léonard de Vinci une biographie chez actes sud
10:03 Publié dans Art (7), Biographies (12), Histoire (9) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






















