15.07.2010

Toute la poussière du chemin

toutelapoussiere.gifToute la poussière du chemin - Jaime Martin et Wander Antunes - Editions Dupuis
1929 dans le sud des Etats-Unis, la misère pousse sur les routes des familles entières. Un homme va croisé le chemin d’un jeune garçon. Sous un dehors bourru l’homme est immédiatement touché par le destin de cet enfant qui rêve de devenir marin et qui raconte à qui veux l’écouter les histoires d’un certain Jack London.

L’homme est ce qu’on appelle un hobo, un vagabond, un SDF, proie facile pour la police, il a tout perdu dans la tourmente économique : sa terre, sa femme...
Il travaille, il va d’un emploi saisonnier à un autre, toujours spolié, parfois frappé. La misère au quotidien. La mort rôde partout. La vie pour Tom est difficile mais ce n’est rien à côté de celle des noirs dans ces états du sud où la violence raciste est omniprésente et les lynchages jamis punis.

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Les Raisins de la colère inoubliable film sur cette période

Le héros de cette très belle BD reste fier et digne dans l’adversité, il refuse l’injustice et sait fait preuve de compassion.

Cette Amérique là est celle de Faulkner, de Steinbeck, celle des marathons de danse de la grande dépression.
J’ai apprécié le graphisme qui sert très bien la dureté du récit en livrant des visages marqués, où se lit la douleur.  Le scénario est simple mais fort dans sa simplicité.

J’ai lu il y a quelques mois Hard Times un livre passionnant sur cette période, écrit à partir de centaines de témoignages, cette BD est un très heureux complément à ce livre.

17.06.2010

Terre Neuvas - Christophe Chabouté

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terreneuvas.gifTerre Neuvas - Christophe Chabouté - Editions Vents d’Ouest
Le froid, les embruns, la tempête et le dur métier de marin c’est le monde que Christophe Chabouté explore dans « Terre neuvas »
Je l’ai lu juste après avoir quitté l’Islande et je ne me suis pas sentie dépaysée du tout.
Il faut monter jusqu’à Terre Neuve pour pêcher la morue, au début du siècle les marins s’embarquaient pour plusieurs mois.
Le froid, les tempêtes, des dangers permanents voilà ce qui leur était promis.

 

 

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Un équipage

Six mois durant pas de retour à terre possible, la chute par dessus bord dans une mer glacée, la jambe cassée, la main coupée par un filin, le scorbut, c’est tant pis. Il faut coûte que coûte faire bonne pêche, la survie de l’équipage en dépend.
Pas de morue, pas d’argent, quand la pêche est mauvaise les jalousies s’exacerbent et le jour où l’on retrouve le second poignardé l’atmosphère devient irrespirable.
La promiscuité, l’alcool qui fait oublier la dureté du travail, vont faire basculer les hommes dans la violence.
Les les dessins sombres de Chabouté rendent parfaitement l’atmosphère  inquiétante et trouble, atmosphère qui vous glace même confortablement installé dans votre fauteuil.
J’ai beaucoup aimé cette BD très réaliste et noire que m’avait recommandé Cathe qui dit « Chabouté réussit à crée un véritable thriller avec ce huis-clos angoissant »

05.04.2010

Nietzsche - Onfray - Le Roy

nietzschebd.gifNietzsche - Michel Onfray - Maximilien Leroy - Editions Le Lombard
Nietzsche était au programme de l’Université Populaire de Michel Onfray cet été, poursuivre la connaissance du philosophe à travers une BD pourquoi pas ? C' est un pari audacieux que celui de populariser la philosophie, la faire sortir dans la rue mais Michel Onfray n’est plus à une provocation près.
Maximilien Leroy jeune dessinateur (il est né en 1985) lui ayant envoyé quelques planches à partir d’un scénario écrit par Onfray et édité chez Galilée " L’innocence du devenir" ce fut le début de l’aventure.
Comme dans une bio classique on voit l’enfance et l’adolescence de Nietzsche, sa rencontre philosophique avec Schopenhauer, la rencontre avec Wagner qui se termine mal, son admiration pour Bizet, la célèbre scène avec Paul Rée et Lou Salomé qui joue du fouet. Les personnages qui vont jalonner sa vie sont très bien présentés, la soeur de Nietzsche qui falsifiera sa pensée et ses écrits au service du nazisme est bien portraiturée. Les paysages qui sont en arrière plan de la vie de ce marcheur permanent : Sils Maria et la fulgurance de l’éternel retour, l'Italie, sont fidèlement rendus jusqu'à l'effondrement final.
Le texte lui est fait à partir des écrits et de la correspondance de Nietzche, plusieurs planches sont vides de texte mais non de sens, elles expriment très bien la quête du philosophe et son extrême solitude et sa souffrance physique. Parfois un peu trop lente ou un peu trop didactique cette BD a le mérite de mettre un peu de la pensée du philosophe à la portée de tous.

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Collaboration qui fonctionne bien je trouve, le dessin de Le Roy se marie à merveille avec le personnage. Sur son blog Maximilien Le Roy dit  "J'ai pris beaucoup de plaisir à cohabiter durant des mois avec ce voyageur solitaire, enflammé misanthrope, surhumain hypocondriaque, apatride et teuton."
J’avais pris un intérêt certain à la BD tiré de « La Recherche » de Proust, je  trouve ici le pari plutôt réussit, ce diable de Michel Onfray ne s’ attirera sûrement pas que des éloges mais ça il est habitué.


Retrouvez d’autres planches sur le blog du dessinateur