
Une jolie histoire de transmission entre une petite-fille qui va peut-être perdre la vue et son grand-père passionné de peinture.
Pour qu’elle garde en tête les peintures qu’elle aura vu il va l’emmener partout.
Du Louvre à Orsay au Centre Pompidou.
A 10 ans, Mona n’a jamais couru les musées, il est temps de le faire pour engranger des souvenirs en attendant la nuit.
Son grand-père « Dadé » truande un peu, annonçant qu’il l’emmènera chez le psychologue pour l’aider à supporter l’épée de Damoclès au-dessus de sa tête
En fait pour qu’elle garde en tête les peintures qu’elle aura vu il va l’emmener partout.

52 semaine pour l’année, 52 chef-d ’œuvres à découvrir.
Un peu au hasard : Vermeer, Botticelli, Turner, Monet, Manet,Degas, Picasso

Comment éveiller la curiosité de Mona, quels mots employés ; comment la guider.
Un rien érudit le grand-père sait capter son attention.

Thomas Schlesser, historien de l’art écrit habituellement des essais pour les amateurs d’art de tout poil.
Barnes & Noble, lui a décerné son prix « Book of the year », , sorti outre-Atlantique le livre a figuré plusieurs mois au top 10 des ventes du New York Times.

Son livre à une forme très classique, si autrefois vous avez lu le Monde de Sophie, on est sur la même veine et la même forme. Un érudit ouvre les portes d’un monde à une novice.
La première visite se passe au Musée du Louvre, devant Vénus et les trois Grâces offrant des présents à une jeune fille de Botticelli. Jamais je ne suis allée au Louvre sans m’arrêter devant cette fresque qui chaque fois m’émeut.

Bienveillance, tendresse et érudition, aptitude à parler de peinture, voilà les secrets de ce duo.
Laissez-vous tenter et déambulez d’une salle à l’autre, d’un musée à un autre, d’une période à une autre.
Cicerone pédagogue le grand-père y met du sien, du coup cela est tout aussi accessible à Mona qu’aux lecteurs néophytes en matière d’art quitte parfois à agacer les gardiens.
C’est intéressant et réussi à une seule condition : répartir les visites sur un temps assez long pour ne pas être victime de ras le bol.
Ralentir quand il le faut, revenir en arrière, s’attarder si besoin.

J’aime la peinture et donc la plupart de ces œuvres m’étaient connues, mais en parler c’est une autre paire de manches.
Entre regarder même attentivement et décrire ce que l’on voit, exprimer son admiration, j’ai été sensible aux leçons d’observation données, pourquoi nous arrêtons nous devant ce tableau-là ? pourquoi un détail vous reste en mémoire indéfiniment ? pourquoi l’émotion se lève devant tel tableau ?
Thomas Schlesser a réussi son pari de passeur, il donne envie de se précipiter au musée.
Un livre qu’il faut mettre dans la bibliothèque de vos enfants et sans rien dire aller grapiller quand l’envie vous en prend.
Un petit podcast pour compléter la lecture