30.11.2011
Au coeur des ténèbres - Joseph Conrad - Audio livre Thélème
Au coeur de l'Afrique : du roman au réquisitoire
Episode 1 le roman

Je suppose que la majorité d’entre vous à vu le film Apocalypse Now, un film dérangeant et fort de Coppola, je me souviens de ma première vision de ce film au cinéma lors de sa sortie, j’ai eu l’impression de sortir de la salle victime d’un KO.
Au coeur des ténèbres est l'origine de ce film, le roman de Joseph Conrad qui s’est servi là de son expérience personnelle mais bien entendu passée au filtre du romancier.
Photograph: Paul A Souders/Corbis
Marlow raconte à des compagnons de bord sa découverte de l’Afrique alors que jeune officier britannique de la marine marchande il remontait le fleuve Congo et s'enfonçait dans la jungle à la recherche Kurtz un homme dont on sait peu de chose mais dont on a plus de nouvelles. Que lui est-il arrivé ? L’expédition dirigée par Marlow va tenter de le découvrir.
Ce qui devrait être un récit d’aventures se transforme au fil de la remontée du fleuve en un récit oppressant qui mène droit en enfer.
Marlow va être mis face aux instincts les plus sauvages de l’homme, la brutalité totale.
il va être fasciné par Kurtz personnage qui allie en lui toutes les facettes du bien et du mal.
Marlow derrière lequel se cache Joseph Conrad, ne regarde pas d’égal à égal l’indigène victime des blancs, il n’a pas totalement franchit le pas. Même sa condamnation de Kurtz est mêlée d’admiration. Pourtant on perçoit la réflexion sur les dérives de la colonisation acceptées par certains pour « apporter la civilisation » et qui se soldent par la violence, le mépris, la spoliation, l’esclavage et la folie.

A la fois récit autobiographique, critique de la colonisation et roman réaliste, j’ai eu un grand plaisir à « écouter » ce texte.
La lecture de Denis Lavant accentue encore l’évocation de cette jungle inquiétante, envoûtante, mystérieuse. « Débarquer dans un marécage, marcher à travers bois, se sentir encerclé par cette sauvagerie, cette absolue sauvagerie »
Le livre audio : Au coeur des ténèbres - Joseph Conrad - Lu par Denis Lavant - Editions Thélème
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02.10.2011
Cent poèmes - Thomas Hardy
Cent poèmes Thomas Hardy épisode 4
Tout le monde connaît l’écrivain mais beaucoup moins le poète, faute de traduction disponible sans doute.
La parution de cette anthologie bilingue datant de 2008 est venue à point.
Les deux traducteurs sont enseignants en Suisse et c’est un éditeur Suisse qui permet cette parution.
Dans l’introduction les traducteurs font la longue liste des admirateurs du poète : Virginia Woolf, D.H. Lawrence, W.H. Auden, Ted Hughes, Philip Larkin, Seamus Heaney, certains d’entre eux le considère comme un modèle.
Le poète plein d’empathie pour les expériences humaines, se fait chantre universel de l’homme, de ses rêves, des sa sensibilité.
On retrouve dans les poèmes des thèmes abordés dans les romans : généalogie, mémoire, tourment de l’homme révolté, et tout l’amour de Thomas Hardy pour les landes et les forêts, les animaux "Les plus humbles créatures de Dieu! Eux connaissent des secrets de la Terre que moi, je ne connais pas"
Ils sont nombreux chez Thomas Hardy " Un faucheux, un papillon de nuit et un scarabée" ce sont des invités permanents " Mes hôtes barbouillent la ligne que je viens d’écrire"
Thomas Hardy et sa seconde femme Florence
Des poèmes hommages : à son éditeur Leslie Stephen (père de Virginia Woolf) , à « La poussière de l’alouette que Shelley entendit » poème hommage à Gibbon dont il admire l’oeuvre.
Poèmes influencés par les poètes antiques, Ovide, Horace...

La Voie Romaine s’avance droite et nue,
A travers la lande. Et des hommes pensifs
Opposent son Aujourd’hui à son Jadis
Sa femme Emma est à la source de plusieurs écrits celle qui « Ouvrit pour moi la route du Romanesque » et très souvent le thème de la maison où vivre :

Je veux bâtir un manoir sans tarder.
Et l’orner de deux tourterelles,
Et d’un large escalier à pilastres,
Et d’un puits frais pour de l’eau cristalline;
Oui je vais bâtir un manoir sans tarder,
Planter des rosiers qui nourrirons l’amour,
Et des pommiers et des poiriers.
Les poèmes sont classés par thèmes : jeunesse, guerre, la mort, la méditation ....
L’anthologie est enrichie de repères biographiques et d’un cahier de photographies des lieux habités par Thomas Hardy et pour les amateurs le livre est accompagné d’un CD proposant une sélection de poèmes bilingues.
Le livre : Cent poèmes - Thomas Hardy - Choisis et traduits par Eric Christen et Françoise Baud - Editions de L’Aire
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29.09.2011
Loin de la foule déchainée - Thomas Hardy
Autour d'un auteur Thomas Hardy Episode 4

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26.09.2011
Le Maire de Casterbridge - Thomas Hardy
Autour de Thomas Hardy - Episode 3

Le roman s’ouvre sur une scène ignoble, la vente d’un être humain, Michael Henchard imbibé de rhum vend aux enchères sa femme Susan et sa fille Elizabeth-Jane, les enchères sont emportées par un marin de passage.
Vingt ans plus tard nous retrouvons Michael Henchard, devenu un riche propriétaire, il vit à Casterbridge une bourgade du Wessex dont il est le maire et dont les administrés ignorent évidemment tout de son passé.
Susan est à la recherche de Henchard, Newson son mari a disparu en mer, découvrant la fulgurante élévation sociale de celui qui jadis l’a vendue, elle va tentée de se rapprocher de cet homme qui peut assurer une vie confortable à sa fille.

Le film hélas unisquement en anglais
Henchard a cherché toutes ces années à retrouver femme et fille, le remords l’a hanté et il a fait serment de ne plus boire, ses recherches étaient restées vaines.
Dans le même temps un personnage fait son apparition : Donald Farfrae, régisseur de Henchard. L’intrigue se complique ensuite et je ne veux pas déflorer l’histoire en révélant trop de détails.

La campagne anglaise chère à Thomas Hardy
Mes lectures de jeunesse de Thomas Hardy m'avaient laissé un souvenir de romans noirs et douloureux, j’ai retrouvé ici un peu les mêmes sensations.
Les personnages sont les jouets du destin, leurs faiblesses, leurs erreurs sont toujours portées dans la colonne débit mais hélas pour eux la colonne crédit reste desespèrement vide.
Les tentatives de réparer une faute, de changer de vie, sont vouées irrémédiablement à l’échec. Le ressentiment, la jalousie, la colère et l’égoïsme dominent le récit.
Les rebondissements nous emportent inexorablement vers le drame.
Le livre : Le Maire de Casterbridge - Thomas Hardy - Traduit de l’anglais par Philippe Neel Editions Sillage
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23.09.2011
Les Forestiers - Thomas Hardy
Forêts et landes d'Angleterre Thomas Hardy épisode 2

Pendant longtemps Thomas Hardy pour moi c’était Tess d’Uberville et Jude l’obscur, les rééditions de son oeuvre offrent l’occasion d’élargir la lecture.
Encore et toujours Hardy nous emporte au plus près de la nature, ici dans le village de Little Hintock dans une région de forêts et de landes.
Grace Melbury vient de finir son éducation et revient au village, son père, un simple marchand de bois s’est enrichi et a voulu le meilleur pour elle, il souhaite lui voir épouser Giles Winterbone forestier comme lui et envers qui il se sent redevable. Mais la rencontre des deux jeunes gens ne se passe pas comme prévu
« Comme elle lui souhaitait le bonjour, Grace eut des paroles et des regards un peu contraints, et cela s’expliquait sans doute. Car Giles Winterborne, tout soigné et distingué qu’il était pour un villageois, ne laissait pas de paraître un peu paysan à côté d’elle. »
Ce pourrait être une maison de Little Hintock
Cottage de Thomas Hardy
Malgré les engagements pris, M Melbury doit se rendre à l’évidence, il ne peut que constater la métamorphose de sa fille, elle mérite mieux qu’un bûcheron. Giles Winterbone est de plus accablé par le sort car il perd sa ferme et se retrouve donc sans toit. Il ne voit pas proche de lui Marty Stout jeune ouvrière qui « ne pouvait prétendre à la beauté, sauf toutefois par ses cheveux » amoureuse de lui en silence.
Grace aspire à une autre vie, une vie qui ressemble à celle de Mme Charmond la châtelaine du pays, celle-ci est frivole, honteusement coquette mais Grace est séduite.
C’est l’arrivée dans le village d’un nouveau médecin qui va précipiter les événement. Le Dr Edred Fitzpiers a tout pour séduire les jeunes filles, il est beau, galant, ambitieux, il a le profil du séducteur sans scrupules, du coureur de jupons, mais M Melbury flatté qu’un médecin entre dans sa famille, Grace éblouie par un avenir forcément radieux, voient en lui le gendre et le mari idéal.
New Forest (England)
Non vous n’êtes pas dans la collection Harlequin, car ce thème mille fois rebattu, presque mièvre, Thomas Hardy en fait un roman magnifique, déchirant, dont le romantisme apparent est vite balayé par un réalisme noir.
La volonté d’élévation sociale, les conventions qui enferment les individus dans des mariages ratés, le mépris attaché à l’origine sociale de l’individu, la fatalité qui s’acharne sur les plus humbles, là est le coeur du roman.
L’analyse psychologique est fine, nuancée et sombre. Il y a dans le roman des moments tout à fait poignants, le sacrifice de sa chevelure par Marty Stout, les regrets ressentis par Grace pour son aveuglement, les efforts désespérés de Giles pour préserver Grace du déshonneur.
Ce qui rend le livre très attachant c’est aussi la vision de la nature de Thomas Hardy il sait l’accorder à la tonalité du récit :
« Les hiboux avaient attrapé des souris dans les granges, les lapins qui avaient rongé les choux du jardin, les belettes qui avaient sucé le sang des lapins, découvrant que leurs voisins les hommes commençaient à s’agiter, se retirèrent discrètement de la scène, invisibles et cois en attendant la nuit. »
La nature est métaphore du destin des hommes:
« Sur des arbres plus vieux encore poussaient des champignons comme d’énorme verrues. Ici, comme partout ailleurs, s’avérait d’une façon aussi évidente que dans les taudis populeux de nos villes cette impuissance universelle qui caractérise le monde : les feuilles étaient déformées, les courbles malvenues, le galbe imparfait : le lichen rongeait la vigueur de la branche, le lierre étranglais lentement le jeune arbre plein de sève. »
Laissez vous séduire par Thomas Hardy et ne vous contentez pas de mon avis, voilà ce qu’en dit André Gide :
« Hardy n’a rien écrit de plus intelligent, de plus ému, de plus parfait. C’est une perle sans défaut, d’un orient incomparable. »
Le livre - Les Forestiers - Thomas Hardy - Traduit de l’anglais par Antoinette Six - Editions Phébus Libretto
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20.09.2011
Thomas Hardy
Autour d’un écrivain :
Thomas Hardy épisode 1
Tess d'Uberville : l'héroïne la plus connue de Thomas Hardy
Thomas Hardy est un auteur découvert au temps de ma jeunesse (eh oui )
En français aucune biographie de l'auteur ! Alors messieurs les éditeurs à quoi pensez vous ?
Quelques mots donc pour cet auteur qui tout en atteignant son but, il devint célèbre et ses livres se vendirent bien, se sentait incompris, incompris du pubic, de ses pairs, de son épouse.
Une enfance pauvre et campagnarde qui le marqua durablement puisque dans ces romans la pauvreté, la misère, sont des thèmes permanents. La dureté de la vie rurale, les travaux de la terre sont omniprésents mais la forêt, les bêtes, sont aussi décrites avec amour et poésie. Sa région natale le Dorset revient dans beaucoup de ses romans même s’il en change le nom.
La vie rurale thème majeur de Thomas Hardy
John Constable Flatford Mill
Thomas Hardy a curieusement exercé la profession d’architecte mais fut contraint de retourné dans son Dorset natal pour des raisons de santé. Il a écrit de la poésie tout au long de sa vie, à ses débuts mais les éditeurs refusent ses poèmes, à la fin de sa vie, lorsque son dernier roman Jude l’obscur fit scandale, il retourna définitivement à la poésie.
Entre ses débuts en écriture en 1847 et sa mort en 1928 il publia 14 romans. Romans populaires tous centrés sur la vie rurale, romans noirs pour la plupart, le sort s’acharne sur ses héros, ils courent après le bonheur mais ne l’atteignent que très rarement. Romans sombres et pessimistes qui reflètent le caractère de Hardy.
Sur la vie, le mariage, la société prennent des couleurs sombres. Grand lecteur Thomas Hardy fut influencé par Schopenhauer et sa lecture de Darwin le détourna sans doute de l’église.
La plupart des romans de T Hardy ont fait l'objet d'une adpatation au cinéma

Loin de la foule déchainée avec Julie Christie et Terence Stamp
Reconnu par ses pairs il entretint des relations avec les poètes de son temps : Tennyson, Browning et avec Robert L Stevenson.
Ses cendres reposent dans le coin des poète à Westminster.
Trois promenades à venir avec Thomas Hardy dans la campagne du Dorset

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13.09.2011
Manipulation ........
Manipulation, ruse et machiavélisme.

Un court roman de Jane Austen qu’elle n’a jamais publié et qui cachait un petit trésor.
Lady Susan est une veuve encore jeune mais hélas désargentée.
Elle est la séduction même, la preuve ? sa belle-soeur Catherine qui la déteste cordialement reconnaît son charme :
« Elle est vraiment extrêmement jolie. Vous êtes libre de mettre en doute les attraits d'une femme qui n'est plus toute jeune mais, pour ma part, je dois dire que j'ai rarement vu une personne aussi charmante que Lady Susan. »
Jouant les coquettes Lady Susan a déjà mis plusieurs mariages en péril autour d’elle et lorsqu’elle jette son dévolu sur Reginald de Courcy on ne voit pas ce qui pourra l’empêcher de parvenir à ses fins.

La Famille Bridges - John Constable - Londres Tate Gallery
Mais pour convoler il faut d’abord se débarrasser de Frederica son « insupportable fille » dont tout le monde voit qu’elle ne l’a jamais traité avec affection.
Lady Susan va jouer de ses charmes qui sont grands, manipuler avec une habileté confondante tout son entourage.
Le rythme des lettres que s'échangent tous les personnages scande les efforts de Lady Susan pour toucher au but.
Un très court roman épistolaire interprété par Chloé Lambert, Loïc Corberon, Caroline Victoria et 5 autres comédiens.
La lecture fine des acteurs met en lumière toute la cruauté de Lady Susan, toute sa capacité de nuisance, toute sa méchanceté. On pense à la Marquise de Merteuil et à son acharnement envers Madame de Tourvel, à la manipulation de Cécile de Volanges.
Le choix des acteurs est excellent, ils donnent voix et chair aux différents personnages avec une belle réussite.
Cécile qui l’a écouté aussi dit
« Le livre audio est juste magnifique ! »

Le livre audio : Lady Susan - Editions Gallimard
merci à Armando pour le liens vers le livre en anglais téléchargeable et la version audio en Vo
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04.07.2011
Qu'elle était verte ma vallée - Richard Llewellyn
Pour démarrer la série des lectures de l’été j’ai choisi le Pays de Galles, ses terrils, ses mines et ses chants

Une fois n’est pas coutume c’est un film qui m’a décidé à lire ce livre, le film est superbe et le livre magnifique. J’ai vu le film de nombreuses fois et lu ce livre à plusieurs reprises ma première lecture remonte à 1995 ...hier ...
Il vous faudra fouiller dans les bibliothèques car ce livre est aujourd’hui indisponible, j’espère que vous tomberez sous son charme si ce n’est pas déjà fait.
Le Pays de Galles quand la reine Victoria règne encore, quand les paysans se transforment en mineurs, quand le village ne craint pas d’être enseveli par une montagne de scories, le Pays de Galles quand la famille Morgan entre en scène.
Entrons chez Huw Morgan le héros du livre, entrons dans sa maison pour y être accueillis par sa mère qui comme chaque jour est aux fourneaux. Ils sont assis autour de la table, le père qui va découper la volaille, les cinq frères dont Ivor est l’aîné, tous mineurs, les deux soeurs de Huw. Bientôt s’ajoutera à la famille Bronwen la femme d’Ivor.
Les femmes de mineurs le samedi « s’installaient sur une chaise, devant leur porte, et attendaient le retour des hommes, gravissant la colline. »
Les tabliers des femmes s’emplissaient de pièces d’or durement gagnées au fond de la mine. Le dimanche était réservé au temple, à la lecture de la Bible. Parfois le père et ses garçons allaient assister à un match de rugby et Huw lui courait acheté du toffee avec son argent de la semaine.
La vie était belle et les conflits avec la direction de la mine finissaient par s’arranger, alors s’élevaient les chants des villageois « voix sonores, s’envolant en multiples harmonies »
Un chant gallois
Huw Morgan se souvient des images et des sons de son enfance, de son amour pour la femme d’Ivor son frère aîné, amour d’enfant oui mais ne riez pas de lui car « prétendre qu’un enfant puisse être amoureux peut sembler absurde. Mais que vous le croyez ou non, j’ai été cet enfant et personne sinon moi n’a su ce que j’éprouvais »
Huw est un enfant sage, qui craint et admire son père et ses frères, regardez le vivre au quotidien dans ce village qui est en train de changer. Le travail se fait plus rare, les salaires baissent, le mot grève est prononcé. Fini le temps où l’on s’inclinait devant la direction, l’idée de syndicat flotte dans l’air même si le mot est tabou à la table des Morgan.
Vous allez vivre le temps d’un livre au coeur de cette famille, voir Huw grandir, voir son amour des livres s’épanouir, le voir entrer à l’école. Mais vous allez aussi accompagner les mineurs dans leurs revendications, leur révolte pour une vie plus juste.
Huw grandit au rythme des difficultés du village que tente de lui expliquer le pasteur Mr Gruffydd. A t-on le droit de se servir de ses poings pour se faire respecter ? Est-il normal que seule la fille soit montrer du doigt quand elle met un enfant au monde sans être mariée ? la bataille contre les injustices n’est-elle pas légitime ?
C’est douloureux de grandir, de voir mourir les uns, partir les autres. Et arriver à l’âge adulte il est difficile de se retourner sur ce passé empreint de beauté, de chaleur et de regrets.
"Qu'elle était verte, alors, ma vallée, la vallée de ceux qui ne sont plus !"
Huw entouré de ses parents
Aux sons des chants gallois laissez vous séduire par ce roman initiatique, roman de formation au plus beau sens du terme.
Vous allez vibrer et je serais très étonnée que quelques larmes ne viennent pas
On aime tout ici : les descriptions de cette vie simple, le récit réaliste où Zola n’est pas loin, un récit où des mots comme entraide, solidarité, équité, justice, vous rendent témoins et complices des combats de ses hommes pour une vie meilleure.
How green was my valley le fim
L’écriture est simple, émouvante parfois lyrique, toujours on y entend la sincérité.
Il n’est pas étonnant que John Ford se soit emparé de ce récit pour en faire un superbe film qui reçu l’Oscar du meilleur film.
Livre avant film, film puis livre, peu importe, les deux sont des oeuvres émouvantes trouvent une place dans le coeur du lecteur et du spectateur.
L’auteur
Il est né à Hendon, Londres, en 1906. La plupart de ses romans ont pour cadre le Pays de Galles ; le plus célèbre, Qu'elle était verte ma vallée (How Green Was My Valley) de 1939, lui donna une renommée internationale et fit l'objet d'un film de John Ford.
Il vécut une vie pleine de péripéties, voyageant beaucoup. Avant la Seconde Guerre mondiale, il travailla dans des hôtels, écrivit une pièce, travailla comme mineur et écrivit son roman le plus connu. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il devint Capitaine dans la "Welsh Guard" (garde galloise).
Après la guerre, il travailla comme journaliste pour le procès de Nuremberg, et écrivit des scénarios pour MGM. Plus tard, il s'installa à Eilat (Israel). (source wikipédia)
05:33 Publié dans Biographies, Littérature Anglaise, Livres d'été | Lien permanent | Commentaires (43) | Envoyer cette note
10.05.2011
Nuit et jour - Virginia Woolf
Trouver chez le libraire un roman de Virginia Woolf jamais lu c’est un vrai plaisir, Nuit et jour vient d’être réédité en poche que demander de plus

Comparé aux romans de la pleine maturité : La Chambre de Jacob, Mrs Dalloway et bien sûr Au Phare, ce roman ci est encore marqué par un certain classicisme mais je le dis sans grande conviction, parce que s’y dessine déjà tout le talent de Virginia Woolf pour faire sentir une atmosphère, pour décrire les lieux. Ses convictions féministes, sa volonté d’une indépendance, le refus des conventions sociales de son milieu, tout est déjà là en prémices, on devine déjà l’auteur d’ Une chambre à soi, la romancière capable de nous faire pénétrer dans l’esprit des personnages, leurs émotions, leurs pensées.
Elle est présente dans les deux personnages féminins : Mary Datchet la suffragette aux origines modestes, fière de son indépendance, rompant avec un milieu familial qui lui réserve la place habituelle de la femme et Katherine Hilbery qui appartient à la bonne société et qui vit dans une famille un peu écrasée par la figure du grand-père poète comme la tribu Stephen vécu à l’ombre de Leslie Stephen
L'ombre tutelaire du père
Il est temps que je sois un peu plus précise sur la trame du roman
« Une comédie mélancolique » dit Hermione Lee la biographe de Virginia Woolf, une comédie à quatre personnages, un chassé-croisé amoureux.
L’héroïne principale, Katherine Hilbery, issue de la bonne société edwardienne, est la petite fille de Richard Alardyce véritable icône de la poésie de son temps qui jouit d’une célébrité qui se déverse aussi sur la famille au point de pousser Katherine à participer à la rédaction de la biographie du grand poète car « il fallait démontrer de façon irréfutable que son aïeul était un très grand homme ». Il y a de l’orgueil chez Katherine, une conscience aïgue de la position privilégiée de sa famile.
Elle se fiance à William Rodney poète lui-même, elle ne ressent aucune passion amoureuse pour lui, c’est un choix sage et réfléchi, son rêve secret est d’étudier les mathématiques, elle ne se sent aucune disposition pour la poésie ni la littérature, il y a en elle une volonté farouche de se démarquer de sa famille, de sa mère qui était « la dernière personne à qui elle désirait ressembler »
Highgate au début du XXème siècle
Quand elle rencontre le beau Ralph Denham avocat issu d’un milieu modeste, elle est ébranlée dans ses certitudes et d’un seul coup l’amour dont elle rêve a la « splendeur d’un flot tumultueux »
Ralph l’idéaliste est subjugué, mais conscient du fossé qui les sépare, tellement épris de Katherine qu’il est incapable de voir l’amour que lui porte Mary Datchet.
Tout est réuni pour la romance mais on est chez Virginia Woolf et le combat va s’engager pour chaque personnage entre son idéal, ses désirs, son obéissance aux moeurs de la société et ses convictions.

Sir Alfred East - Clifford's Inn London
Virginia Woolf n’est jamais loin derrière ses personnages. Mary et Katherine représentent à coup sûr les deux facettes de la personnalité de l’auteur. Une volonté d’indépendance et un respect des conventions par un mariage sans passion véritable.
La description de l’appartement de William Rodney est plus qu’un simple cadre, il ressemble de très près à l’appartement que le couple Woolf occupa à Clifford’s Inn
Les lieux où Virginia Woolf place les héros, sont les lieux qui lui sont chers : Ralph à Highgate, Katherine à Cheyne walk, leur rencontre à Kew Gardens.
Kew Gardens au temps de Virginia Woolf
"Nuit et Jour" reçut de la critique un accueil élogieux sauf de Katherine Mansfield qui sans doute blessée par le succès de son amie et rivale en littérature, eut la plume très acide à l’égard du roman.
Si vous aimez Virginia Woolf vous aimerez la découvrir à ses débuts.
Ce que Virginia Woolf dit de ce livre dans son journal
« A mon avis Nuit et Jour est un livre plus mûr, mieux achevé, plus satisfaisant que La Traversée des apparences, et cela se comprend. Sans doute me vaudra-t-il l’accusation de fignoler des émotions qui n’ont vraiment aucune importance. »
Le livre : Nuit et jour - Virginia Woolf - Traduit de l’anglais par Catherine Naveu - Editions Points Signature
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16.04.2011
La mort de Tusitala - Nakakima Atsushi
Les derniers jours du père de Jim Hawkins dans les mers du sud

Ne vous fiez pas à la couverture qui vous montre une superbe photo de Stevenson, ceci n’est pas un biographie !
Quoi alors ? Difficile de qualifier ce récit, l’auteur Atsushi Nakajima écrivain japonais nourri de littérature occidentale livre ici un récit en double partie, le journal de Stevenson à Samoa et ses propres commentaires sur la situation, sur l’écrivain, sur son oeuvre, sur son combat pour les samoans. Si le journal est fictif l'auteur pour l'écrire s'est largement inspiré des lettres, des écrits de Stevenson
L’écrivain japonais s’est intéressé aux derniers mois de vie de Stevenson, son installation aux îles Samoa bien loin de l’Angleterre, désormais son nom est Tusitala son nom samoan qui signifie Raconteur d’histoire pouvait-il rêver plus beau patronyme ?
L’auteur imagine donc les derniers mois de vie de l’auteur de L'île au trésor , le défrichage, la cosntruction de la maison et surtout la défense des samoans face aux allemands et aux anglais qui ont colonisé l’île, ses ressources et appliquent leurs lois au mépris du droit coutumier local.

La maison de Stevenson à Vailima
"Je continue en rêve d'arracher les vrilles tenances, de me battre avec les piquants d'ortie, les épines de citronnier et les dards enflammés des guêpes. La glaise qui colle à mes pieds, les racines qui résistent, la chaleur effroyable, les sautes de vent léger, les cris d'oiseaux dans les bois alentour....."
L’aspect le plus intéressant à mon avis est la proximité, je dirais même la fraternité qui unit ces deux hommes, d’un côté un écrivain écossais, loin de chez lui, dont la gloire littéraire n’efface pas le rejet familial, de l’autre un jeune écrivain japonais aux prises avec la maladie et le regard des critiques de l’époque.
Un écrivain empruntant le chemin de son aîné, de son modèle, la mort même les rassemblera, Stevenson meurt à 44 ans dans son île de Vailima et Nakajima meurt à 33 ans terrassé par une crise d’asthme.
Ce mélange du vrai et de l’invention, du réel et de l’interprétation, est très agréable. La poste face de la traductrice éclaire bien le livre. Bien sûr cela donne envie d’aller lire les lettres de Stevenson mais aussi les autres écrits de Nakajima
Un article sur l’auteur sur le blog de littérature japonaise
Le livre : La mort de Tusitala - Nakajima Atsushi - Traduit du Japonais par Véronique Perrin - Editions Anacharsis
L’auteur
Mort à l'âge de trente trois ans, Nakajima Atsushi, issu d'une famille d'érudits chinois, avait lui-même une connaissance approfondie des œuvres chinoises classiques. Il était également féru de littérature européenne. Ses nouvelles qui lui valurent immédiatement la célébrité portent la marque d'une culture et d'une imagination très personnelles. C'est néanmoins son style qui fit sa réputation. La langue de Nakajima a une sorte de rigueur et de clarté qui dénote la forte influence du style chinois classique.
(source le site Shunkin )
05:00 Publié dans Littérature Anglaise, Littérature Japonaise | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note


































































































































































































































































