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Petits noirs

  • Le Beau mystère - Louise Penny

    Je broie du noir : enfin façon de parler.
    Je n'avais plus lu de polars depuis un bon moment et j'ai replongé dans un petit polar bien sympathique
    Pas un chef-d'oeuvre, non un bon petit polar simple, facile à lire, bien ficelé que j'ai lu pffttt d'une traite.

    Direction le Québec au fond de nulle part, dans un monastère ignoré de tous, auprès d'un ordre monastique sensé avoir totalement disparu depuis des siècles. 
    Exceptionnellement vous êtes autorisés à entrer dans le saint des saints.

    Saint-Gilbert-entre-les loups, le monastère dont

    « Vingt-quatre hommes avaient franchi la porte, qui s’était refermée derrière eux. Et aucun autre être vivant n’avait été admis à l’intérieur.»  

    Ils entretiennent verger et potager, vendent de succulents Bleuets enrobés de chocolat pour subvenir aux besoins de la communauté. 

    Les moines ont fait voeu de silence sauf au moment des offices, là alors s'élèvent les plus beaux chants grégoriens qui soient, ceux que l'église nomme le Beau mystère tellement leur effet et leur puissance sont extraordinaire.  

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    Un lieu de paix et de silence sauf que ….les moines ont enregistré un CD de chants qui a eu un succès inespéré, apportant une manne inattendue permettant des travaux dans l'abbaye mais apportant aussi touristes et journalistes. 

    Lorsque le chef de choeur est retrouvé le crâne fracassé dans un jardin privé et quasi secret, il importe de sauvegarder la tranquillité de la communauté et l'inspecteur Gamache est envoyé là pour enquêter en toute discrétion et Dom Philippe le père supérieur est bien obligé de tolérer l'intrusion.

    La victime tient entre ses doigts un morceau de papier sur lequel apparaissent des signes mystérieux qui s'avèrent être des neumes 

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    « une forme de notation musicale utilisée mille ans auparavant. Avant qu’existent les notes, les portées, les clés de fa et de sol, les octaves, il y avait eu des neumes. »

    L'enquête sera longue, seule solution rester au monastère, Gamache est ravi, pour son adjoint Jean-Guy Beauvoir c'est plus compliqué 

    « Du chant grégorien ? Vous voulez rire ? Qui n’aimerait pas un groupe d’hommes qui chantent sans instruments, sur un ton presque monocorde, en latin ? »

    Il faut payer de sa personne et les deux inspecteurs vont assister aux offices, et il y en a des offices … matines, laudes, vêpres, complies.
    Gamache est sous le charme de ces chants portant à la contemplation, des chants qui disent la gloire de Dieu 

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    « Le soleil commençait à se lever et, tandis que continuaient les laudes, de plus en plus de lumière pénétra dans la chapelle par les fenêtres dans le haut de la tour centrale. Les rayons frappaient le vieux verre imparfait et se réfractaient, se divisaient, en toutes les couleurs jamais créées. Et celles-ci se répandaient dans le chœur et illuminaient les moines et leur musique, donnant l’impression que les notes et la lumière joyeuse se mêlaient et s’unissaient, jouaient ensemble »

    Pourtant parmi les moines il y a un meurtrier.

    J'ai pris un vrai plaisir à ce huis clos car le sujet de fond est la musique, le plain chant et les chants grégoriens. 

     

    Louise Penny a construit une intrigue classique mais toutes les évocations de la musique, le choeur des moines, l'extase qui les transportent, tout est réussi et d'un ton juste (c'était le moins vous me direz dans un polar musical ) 

    En arrière fond il y a les relations entre Gamache et Beauvoir et leur hiérarchie et certains détails peuvent paraitre bizarres si l'on n'a pas lu les romans précédents, pour autant ce n'est pas une vraie gêne.

     

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    Le Livre

    Le Beau mystère - Louise Penny - Traduit par Claire et Louise Chabalier - Editions Actes Sud

  • Je voyage seule - Samuel Bjork

    ah que voilà un bon petit polar. Un nordique mais pas suédois, ni danois, ni islandais.

    Non voilà un opus norvégien et je vous préviens on ne le lâche pas une fois démarré.

    C’est pas grand la Norvège tout juste 5 millions d'habitants, aussi deux meurtres d’enfants en quelques jours c’est fait pour secouer la population. Police, médias tout le monde est sur les dents. 

    Les fillettes cartables sur le dos, portaient, attachée autour du cou la pancarte je voyage seule, celle que vous mettez à votre gamin que vous envoyez chez sa mamie par avion !

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    Branle bas de combat, l’inspecteur Holger Munch (oui comme le peintre) est rappelé alors qu’il purgeait une mise à l’écart, impossible pour lui de travailler sur un dossier aussi sensible sans Mia Krüger une jeune enquêtrice douée d’intuitions remarquables et d’un esprit de déduction hors du commun. 

    Oui mais Mia a quitté la police suite à une grosse bavure et s’est retranchée un rien suicidaire sur une petite île où vous passeriez bien vos vacances.

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    L'île d'Hitra ©  carlkjeldsberg

    L’équipe est reconstituée et on lui adjoint un petit nouveau,  petit génie de l’informatique et hacker à ses heures

    C’est parti pour un travail devant le sacro saint tableau d’enquête, et vous là dans votre fauteuil vous tentez de donner un coup de main en cherchant des indices.

    Une grande efficacité, riche en rebondissement, angoissant juste ce qu’il faut.  

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    © ivredelivres

    Un bon premier polar a emporter en croisière dans les fjords

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    Le livre : Je voyage seule - Samuel Bjork - Traduit par Jean-Baptiste Courtaud - Editions JC Lattès

  • La voie des morts - Neely Tucker

    Mes dernières incursions en territoire polar furent très décevantes alors j’ai jubilé en lisant celui-ci.

    C’est le premier roman de Neely Tucker et c’est franchement très efficace.

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    Retour en arrière puisque l’action se situe à la fin de l’ère Clinton. Une jeune fille blanche a disparu, ça c’est courant mais c’est la fille d’un juge qui allait être nommé à la Cour Suprême, évidement les choses du coup prennent une autre tournure.

    Sarah Reese après son cours de danse s’est rendue dans un petit supermarché, là elle a été prise à parti par trois ados noirs, quelques heures après son corps est retrouvé dans la ruelle derrière  le market.

    Un polar oui mais son héros est un journaliste, Sully Carter, un fouille-merde comme les appellent les flics, mais celui-là est un tenace, la médiatisation de l’intéresse pas, il se tourne vers ses indics, si je vous dis qu’en plus il a eu maille à partie avec le juge Reese vous savez tout ce qui est nécessaire pour vous donner envie de lire ce polar

    C’est d’une grande efficacité, les bas-fonds qu’ils soient ceux des mafieux mais aussi ceux des politiques sont parfaitement mis en scène.

    Et à force de recoupements qu’il fait grâce à une grande carte sur un mur de son bureau, vous avez compris que ce n’est pas un fan de technologie, il fait apparaitre un tout autre tableau de la disparitions de Sarah Reese.

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    Bien sûr il est un rien alcoolo ce journaleux, il faut dire qu’il était en Bosnie et qu’il en garde quelques séquelles, nobody’s perfect !

    Allez y de confiance c’est efficace, la traduction est bonne, la photo de la société américaine est très réussie et j’espère bien retrouver ce héros et cet auteur prochainement.

     

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    Le livre : Voie des morts - Neely Tucker - Traduit par Alexandra Maillard - Série Noire Gallimard

  • Des garçons bien élevés - Tony Parsons

    Rouge rouge rouge

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    Oui je sais j’ai parlé de polar noir noir noir mais en fait la couleur de celui là serait plutôt un ton hémoglobine ! Parce que de l’hémoglobine il y en a ! 
    Et ce n’est pas le petit monde gentil en surface d’un collège anglais very chic qui va éponger les flaques de sang.

    Dans le rôle du flic : Max Wolfe un ancien de l’anti-terrorisme à qui il est arrivé des bricoles, il vient d’être affecté aux homicides mais finalement ça ne s’avère pas un plan pépère car quelqu’un a décidé de s’en prendre aux banquiers d’affaire. Prenez Hugo Buck, bon un rien addicte au sexe mais c’est quand même pas une raison pour lui trancher la gorge, et quand je dis tranché ...c’est pour de bon.

    C’était un ancien élève de Potter’s Field, collège luxueux et branchouille, sa veuve ferait un parfait suspect si ce n’était que le fou du couteau va continuer sa sarabande et s’en prendre à un SDF qui cache bien son jeu.

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    C’est partie pour une course au joueur de couteau pour Max. Le soir il rentre retrouver Scout et Stan, sa fille et son chien dans l’ordre et le plus terrible des deux n’est pas celui que l’on pense. 

    L’auteur nous sème des indices par ci par là mais la progression est difficile car les cadavres pleuvent et bientôt il est question de passer l’affaire à Scotland Yard.

    Une intrigue assez classique mais qu’on suit avec plaisir et un brin d’excitation, et puis il y a quelques pages assez spéciales comme la visite du musée de Scotland Yard dont je vous laisse la surprise.  

    J’ai marché même si les ficelles sont présentes c’est un polar qui se lit avec plaisir sauf si on n’aime pas du tout la couleur rouge.

     

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    Le livre : Des garçons bien élevés - Tony Parsons - Traduit par Pierre Brévignon - Editions de la Marinière

  • En panne

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    Depuis maintenant pas mal de temps et pour des raisons très diverses j’ai du mal à lire.

    Pendant longtemps j’ai connu, mais vous devez connaitre ça aussi, des périodes où on lit moins, où on n’accroche pas aux romans ... bref des moments où l’on se tourne vers des valeurs sûres et des relectures.

    Mais les polars même si j’en lis nettement moins qu’autrefois, ont toujours pour moi l’attrait de la détente totale et parfois c’est non seulement utile mais indispensable. 

     

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    Voilà, je vous la fait courte maintenant j’ai lu trois polars de cette rentrée et ce furent trois échecs, trois ratages, trois erreurs quoi !!!

     

    D’abord il y eu, remarquez que là je me suis traitée d’imbécile car je me doutais vraiment du ratage, il y eu dis-je Millenium 4, alors que dire ? Si vous n’avez jamais lu de polar c’est bon vous pouvez y aller, si l’informatique vous passionne c’est pareil plongez ! dans le cas contraire passez votre chemin, une intrigue faiblarde mais des méandres difficiles à suivre à part pour un geek (c’est comme ça qu’on dit non ?)  

     

    Deuxième épisode, vous avez vu je vous le fais au suspense, Monsieur Ellory, alors lui c’est différent il nous a concocté un polar avec tellement de morts que vous devez faire comme avec les romans historiques vous voyez, il faut faire une liste car autrement on s’y perd.

    Problème problème la fin ne tient pas du tout, mais alors pas du tout ses promesses et du coup vous râlez d’avoir du ingurgiter autant de noms de victimes et autant d'autopsies, quoi !! tout ça pour ça !!!

     

    Je garde le pire pour la fin et j’en suis bien marrie, Dan Smith est de retour, j’avais bien aimé sa traque dans le froid et la neige dans le village , ici il fait repasser les plats mais comment dire la neige s’est transformée en gadoue, il cherche sa famille certes ça devrait nous inciter à l’empathie et bien pas du tout, il n’y a aucune atmosphère, quasi pas de suspense, on a du mal à croire à ses personnages, l’auteur a été victime du froid qui a sérieusement ralenti son savoir faire.

     

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    Bon voilà j’ai déversé tout mon agacement mais je suis certainement que parmi vous certains ne sont pas d’accord du tout ...je suis prête à la bagarre

     

    Les livres

    Hiver rouge - Dan Smith - Editions le Cherche Midi

    Millenium 4 - David Lagercrantz - Editions Actes sud noir
    Les Assassins - RJ Ellory - Editions Sonatine

  • La Grèce voilée de noir

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    © Alkis Konstantinidis Agence Reuters

     

    J’avais déjà assisté à une liquidation à la grecque et j’ai profité de l’été pour récidiver et terminer ains la trilogie de Petros Markaris. 

    Ces deux polars valent essentiellement par l’atmosphère qui s’en dégage. Le commissaire Kostas Charitos est franchement très très sympathique, soucieux de ses collaborateurs, de sa famille, de ses amis. Il est loin du héros flic traditionnel, remisant sa voiture au garage faute de subsides pour la faire rouler, il regarde avec bienveillance les efforts de sa femme pour organiser une sorte de cantine familiale pour réduire les frais de bouffe !

     

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    Pourtant les intrigues de ces deux livres nous mettent au coeur du problème grec, pauvreté, colère, fin de l’abondance, misère des plus petits. Oui oui mais aussi, corruption, prévarication, clientélisme, fonctionnaires sans vraies tâches pendant que d’autres suent et ne touchent qu’une partie de leur traitement.

    La vraie vie je vous dis.

     

    Les deux intrigues se suivent sans difficulté sur fond d’escroquerie, de vengeance, d’argent parti pour les paradis fiscaux, fraude, politicien corrompu : on s’y croirait

    J’ai été particulièrement intéressée par ce qui dit Markaris de la Grèce après les colonels, sortant d’une dictature épouvantable les grecs ont admiré et fait confiance aux anciens bannis qui sont devenus l’élite et qui a installé un régime clientèliste et corrompu reniant toutes ses convictions.

     

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    Vous ne pourrez pas dire que j’en dis trop sur l’intrigue, c'est sympa à lire. Laissez vous faire, lisez Markaris et soutenez Charitos !

     

    Une interview de l’auteur sur la crise qui secoue le pays

     

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    Les livres

    Le justicier d’Athènes - Petros Markaris - Traduction Michel Volkovitch - Editions du Seuil et Point Seuil

    Pain éducation et liberté - Petros Markaris - Traduction Michel Volkovitch - Editions du Seuil