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Littérature allemande

  • Une vie entière - Robert Seethaler

    Pour votre compagnon amateur de Ramuz et Giono

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    1933 au cœur des Alpes autrichiennes

    Andreas Egger orphelin est recueilli par un oncle, une brute qui le maltraite. Il gardera d’ailleurs des séquelles, il boitera toute sa vie

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    Andreas Egger appartient au monde des obscurs, des petites gens   il fait le dur travail de garçon de ferme jusqu’au démarrage du chantier du téléphérique. Là sa force, son application et son absence de peur du vide va lui permettre de gagner sa vie honnêtement.

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    Il est amoureux du travail bien fait.
    Un homme riche de tendresse et de délicatesse qui va faire la plus magnifique des demandes en mariage à Marie sa bien-aimée.

    Andreas est un taiseux, il n’a jamais crié sa joie, il s’est forgé un petit pécule de mots qu’il utilise avec parcimonie, il est dur au travail et dur à la douleur.
    Quand arrive la guerre il veut s’engager et sera finalement envoyé plus tard sur le front de l’est au Caucase.

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    La montagne réclame parfois son dû, les évènement aussi et il pourtant il survit  « à son enfance, à une avalanche et à la guerre ».

    Quand il rentre au pays celui ci a bien changé : « A son retour, à la place des croix gammées les géraniums ornent les fenêtres des maisons ».
    La montagne s’est ouverte aux touristes et il sera un peu  guide de montagne

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    Une vie d'homme faite de petits bonheurs et de grands malheurs, et pourtant jamais il ne désespère

    « Beaucoup de choses étaient restées inaccessibles ou lui avaient été arrachées à peine obtenues. Mais il était toujours là. Et dans les jours qui suivaient la première fonte des neiges, quand il traversait le matin le pré humide de rosée devant sa cabane et s’étendait sur une des dalles rocheuses qui le parsemaient, avec dans son dos la fraîcheur de la pierre et sur le visage les premiers chauds rayons de soleil, il avait l’impression qu’il ne s’en était tout de même pas si mal tiré. »

    Tout le vingtième siècle est là avec ses guerres, la fée électricité, l’installation des téléphériques qui vont rendre accessible la montagne, la télévision

    Un court roman qui enchantera un lecteur qui aime Ramuz ou Giono, les personnages simples et les destins particuliers.

    Une belle découverte et une bonne traduction et votre carte bleue vous dira merci

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    Le livre : Une vie entière - Robert Seethaler - Traduit par Elisabeth Landes - Editions Folio 

     

  • Bribes de Rilke

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    Que ce soit le chant d’une lampe ou bien la voix de la tempête, que ce soit le souffle du soir ou le gémissement de la mer, qui t’environne – toujours veille derrière toi une ample mélodie, tissée de mille voix, dans laquelle ton solo n’a sa place que de temps à autre.
    Savoir à quel moment c’est à toi d’attaquer, voilà le secret de ta solitude.

     

    Le livre : Notes sur la mélodie des choses - Rainer Maria Rilke - Traduit par Bernard Pautra - Editions Allia

  • la plume de Thomas Mann

     

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    San Michele  - Francisco Guardi

    C'était Venise, l'insinuante courtisane, la cité qui tient de la légende et du traquenard, dont l'atmosphère croupissante a vu jadis une luxuriante efflorescence des arts et qui inspira les accents berceurs d'une musique aux lascives incantations. Il semblait à l'aventureux promeneur que ses yeux buvaient à la source voluptueuse d'autrefois et que son oreille recevait la flatterie de ces anciennes mélodies.

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    Thomas Mann - Mort à Venise - La Bibliothèque des arts 

     

  • Une auteure, ses voyages, ses rencontres

    Béatrice Commengé est peut-être un nom que vous ne connaissez pas. Elle est traductrice et écrivain et sa spécialité ce sont les livres d’amitié. Amitié, compagnonnage, admiration pour un auteur. 

    Je la lis depuis bientôt trente ans ! J’ai commencé avec sa Danse de Nietzsche et j’ai continué en la suivant sur les chemins d’Hölderlin, de Rilke, et tout récemment Lawrence Durrell.

    C’est une femme qui aime la littérature et les voyages.

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    J’aime son parti pris de nous faire entrer dans la vie d’un écrivain par une porte dérobée, une visite à Durrell alors qu’elle était jeune, Rilke pour ses promenades au Luxembourg, Nietzsche pour les paysages de l’Italie.

    J’aime les récits qu’elle fait comme une voyageuse qui accompagnerait l’écrivain dans ses errances, dans sa recherche de la beauté, dans ses souffrances aussi. 

    J’ai beaucoup aimé son livre sur Nietzsche qui est aujourd’hui réédité chez Verdier, Nietzsche à Portofino, je me souviens de m’être promenée sur ces sentiers là avec ce livre sous le bras et être allée du texte au paysage pour sentir le bonheur de Nietzsche devant ces mêmes couleurs.

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    Rilke je l’ai expérimenté à Paris, il est âgé de quarante cinq ans et séjourne dans un petit hôtel face au Luxembourg. Six jours pendant lesquels, anonyme et presque clandestin il retrouve le Paris qu’il a aimé, où il a écrit. Il cherche ici l’inspiration qui lui permettrait de terminer ses Elégies, entamées mais jamais terminées.

    Eternel amoureux Rilke revient sur les pas de ses amours. Il revient sur sa rencontre avec Rodin, le maître.

    Pendant ces six jours le temps est comme aboli et Béatrice Commengé explore tous les contours de l’âme du poète en même temps qu’elle explore le quartier et les traces laissées par Rilke.

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    Rilke et Paul Valéry

    Le dernier de ses livres qui m’a particulièrement touché est consacré à Lawrence Durrell, un écrivain que j’ai déjà évoqué ici. 

    Béatrice Commencé est jeune la première fois où elle le rencontre, trente ans après le souvenir est toujours vif 

    «  Lawrence Durrell m’avait ouvert la porte en me demandant : “Aimez-vous l’Indian Curry ? 
    Sans une hésitation aucune, il me proposait de partager son délice d’enfant. Mon cerveau traduisit aussitôt : Darjeeling, 1920. C’était donc là qu’il vivait quand il avait faim – en enfance. Il se promenait dans un paysage dont on l’avait arraché à onze ans et qu’il n’avait jamais revu. J’étais venue chercher la Provence, la Grèce, l’Égypte, Alexandrie, et il m’offrait l’Himalaya. L’homme de soixante-quatre ans vivait toujours au pays de Kipling. »

    J’ai beaucoup aimé retrouver Durrell à Bellapaix à Chypre,  en Egypte bien entendu et en Provence.

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    Espace Durrell à Sommière

    Ces livres sont très attachants, très vivants, ils dressent des portraits subtils, riches. C’est un grand plaisir de suivre ses balades littéraires. J’espère que vous serez nombreux à tenter la découverte et à glisser ses livres dans vos valises parfois.

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    Les livres de Béatrice Commengé

    En face du jardin six jours dans la vie de Rainer Maria Rilke - Editions Flammarion
    Et il ne pleut jamais naturellement - Gallimard (sur Hölderlin)
    Une vie de paysage - Editions Verdier
    La danse de nietzsche - Editions Verdier poche

  • le génie de la langue

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    Jardin des roses de Muzot 

    Oui, j’aime écrire en français, quoique je ne sois jamais arrivé à écrire cette langue (qui plus que toute autre oblige à la perfection, puisqu’elle la permet) sans incorrections et même sans d’insidieuses fautes. Une grande partie de ma correspondance se passe en français. J’ai pensé, de cette façon, de dégager l’autre langue de presque tout emploi qui n’est pas d’art et d’en faire la pure matière de mon travail verbal.

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    J’ai réussi pendant quelque temps, puis, tout d’un coup, cet hiver, le français commençait à empiéter sur le terrain qu’il devait protéger. Un peu malgré moi j’ai fini par remplir tout un cahier de « vers » français qui ne sont pas (vous le devinez) bien avouables.

     

    Le livre : Lettres autour d’un jardin - Rainer Maria Rilke - Editions La Délirante

  • Les Enfants Jeromine - Ernst Wiechert

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    Quelle excellent idée de rééditer ce livre, lu il y a bien des années grâce à une bibliothécaire avec qui je travaillais comme bénévole à l’époque, c’est elle qui un jour m’a parlé d’Ernest Wiechert, merci encore Thérèse ce fut un joli cadeau.

    C’est je crois le roman le plus connu de l’auteur. Il se déroule dans le village même où il passa une partie de sa vie. Sowirog village de Mazurie qui appartenait alors à la Prusse Orientale. Région qui connut bien des vicissitudes déjà évoquées dans le livre de Marion Donhoff et le roman d’Arno Surminski

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    La Mazurie d'Ernst Wiechert

    C’est l’histoire de la famille Jeromine et du village de Sowirog mais surtout le destin de Jons Ehrenreich Jeromine qui devenu médecin revient dans son village. 

    Jons a grandi avec ses six frères et soeurs. Leur père leur a inculqué le sens de valeurs familiales, des gens pauvres et simples attachés à leurs traditions et à une foi inébranlable malgré les tragédies, les souffrances et les déconvenues. Il est épris de justice et de savoir. C’est lui qui va partir au loin animé d’une curiosité énorme et d’une envie folle de rendre à son village ce qu’il en a reçu.

     

    C’est un village de paysans, de charbonniers, de forestiers. Cette micro société vit grâce à un dur labeur, le climat est hostile dans ce pays de marais aux hivers terribles. On voit au fil des pages évoluée cette société fermée sur elle-même dans laquelle les femmes paient le tribu le plus lourd, les coups ne sont pas rares, les grossesses dangereuses, le travail interminable. La foi imprègne la vie quotidienne, la Bible dicte les comportements. 

     

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    La maison d'Ernst Wiechert

    L’arrivée du nazisme va provoquer un véritable séisme dans ce petit monde clos. Les forts contre les faibles, la violence qui broie tout sur son passage.

    Un roman qui mérite une lecture lente, qui demande d’oublier la foi inébranlable de E Wiechert quand on ne la partage pas mais qui réjouit le coeur car l’écriture est belle, l’émotion affleure à chaque page, Wiechert était fils d’un forestier et l’on sent que toute son enfance est là dans ce roman. Un livre de pure communion avec la nature.

    Ce livre fut publié à la fin de la guerre, pendant celle-ci Wiechert fut interné à Buchenwald puis relâché il passa la guerre sous la surveillance de la Gestapo.

    Ses livres furent des succès.

    Du même auteur si vous ne l’avez pas lu je vous recommande Missa sine nomine.  

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    Le livre : Les Enfants Jeromine - Ernst Wiechert - Traduit par Félix Bertaux et E Lepointe - Editions Le Livre de poche 2016