24/05/2013
La Grande peur dans la montagne - C-F Ramuz
Quand la montagne se fait danger
Le Valais Suisse
Ramuz était en bonne place dans mes intentions de lecture aussi quand Christian a fait un billet sur un des ses livres j’ai dressé l’oreille, ou l’oeil si vous préférez, et je me suis laissée tentée par la version numérique d’un de ces romans.
A quoi comparer La grande peur dans la montagne ? dans un style d’écriture totalement différent je rapprocherai ce roman de Collines de Giono mais aussi du Vampire de Ropraz de Chessex
Terreur, bluff, manipulation, méchanceté, haine et superstition…..voici les thèmes de ce roman.
Tout là haut dans le Valais Suisse un alpage porte malheur, tout le monde le sait dans la commune de Sasseneire, tout le monde en est certain au point de laisser perdre cette bonne herbe qui enrichirait facilement le village et nourrirait ses troupeaux.
La malédiction date de 20 ans et ils sont nombreux à en avoir été témoins.
Maurice Prâlong, Président du Conseil général, finit par emporter la décision de remonter sur l’alpage maudit. Les arguments financiers ont eu raison de la peur.

les personnages
Pas facile de trouver des volontaires pour passer les 3 mois d’été, bon gré malgré on finit par constituer un groupe d’hommes.
Il y a là Pierre Crittin l’amodiateur et son neveu, Ernest dit le boûbe le simplet du village, Romain le jeunot et Barthélémy qui se prémunit du mal avec un talisman, Joseph qui veut pouvoir marier sa promise et voit là l’occasion de se faire un petit pécule. Enfin il y a Clou, le mauvais, le tordu, le fourbe prêt à pactiser avec le diable.
La Grande Peur dans la Montagne par AVWorld
L’alpage est magnifique « On a trouvé que le pâturage avait une riche apparence » gage de profits. Mais rien de plus contagieux que la peur, un rien peut la réveiller : le bruit d’une sonnaille, un nuage à la forme bizarre, l’eau qui devient sournoise, un vent agaçant « une couleur méchante »
Des tensions naissent, tout le monde observe le ciel, les pâturages, les bêtes. Un soir Barthélémy raconte ce qui s’est passé autrefois, chacun écoute et gamberge.
©Enzo Photographie
Et le malheur se produit, les vaches sont victimes d’une fièvre mystérieuse, personne ne sait plus réfléchir, le moindre signe est interprété, les hommes se méfient les uns des autres, des objets disparaissent, c’est le règne de la peur, de l’irrationnel.
L’alerte est donnée au village mais les hommes sont condamnés à rester sur l’alpage jusqu’à la fin de l’épidémie pendant que le village sombre un peu dans le chaos quand la fatalité s’en mêle.
Vous conviendrez que la trame de ce roman est mince et pourtant par la grâce d’une écriture très personnelle et savoureuse, par un art consommé pour créer une atmosphère inquiétante, par une habile manipulation du lecteur, on se laisse prendre à ce récit.
Rien de folklorique dans ce roman, la Suisse de Ramuz pourrait être ailleurs tant les sentiments et les émotions sont de tous les pays.
Je vous invite à venir faire un tour sur ce pâturage maudit.
Le site de la fondation Ramuz

version numérique
Le livre : La grande peur dans la montagne - Charles-Ferdinand Ramuz - Editions Grasset numérique
03:19 Publié dans Littérature Suisse, Livres numériques | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
22/05/2013
Premier de cordée - Roger Frison-Roche
La Montagne et son conteur
Un roman qui date de 1942 mais qui pourtant procure à l’écoute toujours le même plaisir.
L’histoire de Pierre Servettaz qui veut devenir guide à la Compagnie des guides de Chamonix. Son père redoute pour lui les dangers de ce métier et lui a fait suivre une formation hôtelière.
La montagne pour le plaisir d’accord mais pas pour en faire son gagne pain. Jusqu’au jour où le père et Jean Servettaz va être foudroyé aux Drus et le guide porteur George à la Clarisse devra ramener seul le client américain.

Les Drus depuis l'Argentière
Le drame de la montagne car impossible de ramener le corps de Jean Servettaz malgré toute la volonté des guides chamoniards.
Pierre et Georges chacun de leur côté sont des mutilés, l’un parce qu’il a eu les pieds gelés, l’autre parce qu’il a, tentant de rejoindre le corps de son père, fait une chute qui le laisse en proie au vertige.
Le bureau des guides
J’ai retrouvé avec bonheur ces deux jeunes hommes, leurs rêves, leur courage fou, leur entêtement et la prose si généreuse de Frison-Roche.
Un récit qui certes a pris de l’âge : les secours en montagne avec hélico et tutti quanti ne ressemblent plus à la cordée du roman, mais la beauté et la force de la montagne sont bien toujours là avec le sens du service pour les guides, la solidarité devant l’adversité et la passion des sommets.
Le site de RogerFrison-Roche
Une interview de l’auteur

Le livre audio : Premier de cordée - Roger Frison-Roche - Lu par Charles Réale - Editions Le livre qui parle
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20/05/2013
Hiver nomade le film
La transhumance

Avant de vous parler de ce film de Manuel Von Sturler j’adresse un petit coup de chapeau à JEA car c’est grâce à lui que je ne suis pas passée à côté de ce film et même si il n'est plus tout à fait de saison (encore que...) je vous le recommande.
Bergers et troupeaux, un des plus vieux métier du monde (relisez la Bible) mais un métier qui voit aujourd’hui se réduire son espace vital.
Les pâturages laissent la place aux voies goudronnées, aux voies rapides, aux constructions qui rognent l’espace nécessaire aux troupeaux.
Un troupeau en action sous la garde attentive de Pascal et Carole la bretonne, au coeur de l’hiver de novembre à mars.
Cette transhumance ne fait pas l’économie du stress de la modernité : les chemins, les prés disparaissent, la recherche chaque jour d’un itinéraire et d’un lieu de repos pour la nuit, est longue et difficile. troupeau et bergers errent parfois sans trouver la terre adéquate.
Les haltes partagées sont une petite pause dans la monotonie des jours : une fondue touillée en pleine nature, une douche chaude dans une maison amie.
Une transhumance qui va permettre d’engraisser des agneaux pour qu’ils soient prêts pour les assiettes pascales. Transhumance sur un plateau de moyenne montagne, un plateau de la Suisse des banques et de la richesse, qui ici pendant 5 mois et 600 km, ouvre ses routes à 800 moutons.
Anes et chiens, une tente, des couvertures, de larges sacs pour transporter l’indispensable : de quoi s’abriter, de quoi se réchauffer, de quoi se reposer.
Le bivouac est parfois arrosé, les petits matins sont froids et blancs quand la neige est en avance. La lecture le soir à la lumière du feu.
Amour partagé de cette vie rude, souci permanent de l’itinéraire, du troupeau, de la bonne herbe.
Les images sont splendides de ce troupeau qui serpente au gré des chemins, des cultures, des habitations. Un film qui apporte une énorme bouffée d’oxygène.
Le DVD devrait sortir en 2013.
Le billet de JEA qui a déclenché mon envie
03:18 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
17/05/2013
Cherche jeunes filles à croquer - Françoise Guérin
Noir en montagne

Un polar en lien avec les alpages et la montagne.
Suspense montagnard en compagnie d’un inspecteur que je n’avais jamais eu la joie de rencontrer : Eric Lanester. Bon d’accord il est parisien mais il va lui falloir
partir en Haute-Savoir pour enquêter sur des disparitions inquiétantes, ce n’est pas ce qu’il préfère mais bon son équipe est un peu sur la corde raide alors pas question de faire la fine bouche !
La vallée de Cham (oui c’est Cham pour les gens du coin) peut se révéler difficile à explorer et pas seulement à cause du climat.
Notre inspecteur a dans les pattes un Commandant Pierrefeu le gendarme local qu’il jetterais bien au fond d’une crevasse mais il se retient.

pourtant pourtant que la montagne est belle...
Des jeunes filles ont disparues, des disparitions remontant parfois à plusieurs années, un peu trop pour mettre ça sur le compte d’une coïncidence, elles étaient toutes suivies dans une clinique spécialisée dans la prise en charge de l’anorexie. La maladie n’explique pas ces disparitions en série. Aucun corps n’a été retrouvé ce qui a orienté l’enquête plutôt vers des fugues, une fugue ça va mais plus ….
Quelle plaisir que ce polar, j’ai beaucoup aimé Lanester qui dit avoir pris un abonnement psy, pensez donc : il est profiler mais sous psychothérapie, sa petite amie est infirmière psy et son frère un brin psychotique, heureusement son chat Walesa est normal lui !

En route pour une enquête auprès du personnel de la clinique, des familles sans oublier de tenter de se faufiler dans la tête de ces jeunes filles
C’est réussi, on marche à fond et voilà une façon intelligent de dire quelque chose de cette maladie si éprouvante qu’est l’anorexie, de nous en faire approcher de façon simple et empathique. Il y a quelques passages un peu trash mais le paysage aidant …….
Kathel et Cathulu Claudialucia ont déjà fait l’excursion.
Le livre : Cherche jeunes filles à croquer - Françoise Guérin - Editions du Masque
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14/05/2013
Bambois la vie verte - Claudie Hunzinger
Vivre de la montagne
Les Vosges
Retour en arrière que j’aurais pu faire après la lecture de Survivance mais que je choisis de lier avec des récits de montagne.
Qui n’a pas rêvé un jour de grimper sur le flanc d’une montagne d’y construire un chalet et là de vivre de peu.
Mélu et Pagel s’installent dans les Vosges, dans une ferme où ils vont tenter d’élever un troupeau. Vivre de ce troupeau est forcément difficile et d’un rendement précaire. La météo est parfois capricieuse, la vie un peu difficile dans cette ferme au confort spartiate.
Mais rien n’arrête nos rêveurs, les kilomètres à faire pour assurer un minimum grâce aux poste de Mélu comme prof de dessin qui pour se faire enfile « des habits propres chaque semaine »
Les naissances sont partout, Chloé puis Robin, mais aussi les agneaux qu’ils faut mettre au monde, soigner, tondre pour permettre le travail de la laine.
Filer, teindre, tisser pour le plaisir, pour la subsistance aussi.
Les amis sont là et de nouveaux arrivent pour rencontrer ce couple marginal, différent, entreprenant. Ils partagent « les projets, les rires, les rêves »
Ce couple en a fait rêver plus d’un je garde précieusement ce petit livre qui, disparu une première fois dans une inondation, a repris sa place dans ma bibliothèque.
Le genre de témoignage qui incite à la réflexion aujourd’hui encore sur la surconsommation, qui incite à s’interroger et à vivre un peu autrement.
Passez un peu de temps sur les chemins des Vosges vous ne le regretterez pas.

Le livre : Bambois la vie vert - Claudie Hunzinger - Editions Stocks
03:17 Publié dans Littérature Francophone, Nature | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
13/05/2013
Là haut sur la montagne
Là Haut sur la montagne

On ne passe pas 25 ans dans un département de montagne sans que cela laisse quelques traces.
La montagne c’est la vie rude, les troupeaux. C’est aussi l’escalade, le danger….
Pour lire deux livres, voir un film et écouter un livre audio je vous propose de louer un chalet et de respirer l'air pur pour quelques jours.
Rendez-vous ici dès demain
03:17 Publié dans Et le reste... | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
10/05/2013
Du sang sur la tourbe
Du sang sur la tourbe
Hébrides : Na h-Innse Gall en écossais !
Et toc une autre trilogie, mais celle là je l’ai aimé sans restriction.
En deux mots comme en cent, le héros l’ inspecteur Fin Macleod est totalement sympathique et son île diablement attirante. Quand je dis attirante c’est quand même une région où il pleut 300 jours par an et où le brouillard sévit le reste du temps, mais vous le savez je suis imperméable (enfin…) à la météo.
Trois romans donc et ne comptez pas que je vous détaille les trois intrigues, je vais vous renvoyer chez de bonnes personnes nettement moins paresseuses que moi.
Non moi je vais essayer de vous mettre l’eau à la bouche.
D’abord il y a une bonne odeur de Whisky et de bière bien fraîche qui flotte sur ces trois polars.
Ensuite quelques retours vers le passé tout à fait passionnants, si vous avez aimé par exemple le film de Peter Mullan (merci Eeguab) Magdalen sisters, vous vous retrouverez ici en zone connue, en Irlande c’étaient les jeunes femmes qui étaient la cible des bien pensants ou de l’Eglise, ici ce sont les enfants catholiques. On est toujours le bouc émissaire de quelqu’un.
Les Hébrides © Carl Millar
Ajoutez quelques zestes de relations amicales qui tournent mal, de relations amoureuses qui sommeillent sous la cendre.
Enfin que voulez-vous j’adore le Gaélique, notez que je ne le parle pas, mais j’aime les noms des villages, des lieux, des personnes. Terre de légende et de rigorisme Protestant ce pays balayé par les tempêtes, les îles Hébrides m’ont fait rêvé.
Sculptures traditionnelles des Hébrides
Il est l’heure pour Fin Macleod de faire retour vers le passé et vous de vous plonger dans cette série extra. Peter May l’auteur est sous surveillance….j’attends son prochain polar !!
Les livres :
L’ïle des chasseurs d’oiseaux lire le billet de Art et littérature ou Aifelle
L’homme de Lewis lire le billet de Aleslire
Le Braconnier du lac perdu lire le billet de Plaisirs à cultiver
Les deux premiers chez Actes Sud Babel le troisième aux éditions du Rouergue
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07/05/2013
Pêche mortelle à Strasbourg- Joël Henry
Le régional de l’étape
Il y a quelques mois j’ai lu un excellent polar Jours de Cendres publié chez un éditeur alsacien. Je récidive avec cette « Pêche mortelle à Strasbourg ».
L’auteur est semble t-il un journaliste fada des mots comme on dit en Provence ( et ben oui je ne sais pas le dire en alsacien) mais il est tout à fait bon aussi pour concocté une histoire sympa qui touche à la finance et à ses entorses légales ou non.
Tout démarre sur les bord du canal de la Marne au Rhin quand on repêche le corps d’un élu local ! Le mort Armand Schneider-Schmidt dit ASS est le type même de l’homme à qui tout sourit. A la tête d’une entreprise qui se porte bien et même mieux que ça, il s’est engagé en politique et est adjoint au maire de Strasbourg.
On le retrouve énormément noyé et le commissaire Yacine Belkala est chargé de l’enquête.
Un cas ce Belkala, l’arrêt de la cigarette l’a poussé à des extrémités, il s’est mis à la broderie et en ce moment il nous fait du Malevitch, il parait même qu’avec ça il a fait craquer des suspects qui supportaient pas de le voir tirer l’aiguille, étonnez-vous après ça qu’on le surnomme Pénélope !!
Quand je vous aurais dit qu’il a pour équipiers Bérangère Hill et Bernard Langlois dit les Berbères vous en savez assez pour enfourcher votre vélo, à Strasbourg c’est quasi obligatoire et hop c’est parti
Vous allez faire du tourisme d’investigation, un coup vous visiterez les jardins ouvriers, un coup vous arpenterez les marchés de noël (quoi quoi c’est pas la saison!!) sans oublier une halte dans un winstub tout ce qu’il y a de plus alsacien.
C’est drôle, bien fichu et tout à fait réaliste car figurez vous que la boite du dénommé ASS fait de la bouffe pour chien ! Les magouilles, elles, ont un air de parenté avec le circuit du boeuf en Europe, Pénélope et ses acolytes devront suivre la piste de l'argent.

Le livre : Pêche mortelle à Strasbourg - Joël Henry - Le Verger Editions
04:13 Publié dans Policiers | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
04/05/2013
L'énigme de Flatey - Viktor Arnar Ingolfsson
Le noir nouveau est arrivé
Les années soixante sur l’île islandaise de Flatey, oui oui cherchez sur la carte cela existe c’est un confetti sur la mer.

Des pêcheurs, partis chasser le phoque, ont trouvé sur une île encore plus petite, un homme mort depuis plusieurs mois, autant vous dire que ce n’est pas fréquent ce genre de découverte.
Sur Flatey où vivent un pasteur, un bourgmestre, un médecin, un instituteur, quelques pêcheurs et leur famille, vous imaginiez bien que la police scientifiques et les légistes de tous poils sont bien loin.
Après consultation du préfet l’enquête est dévolue à Kjartan, un adjoint tout frais émoulu de l’université. Après quelques recherches le mort s’avère être le professeur Lund un danois qui travaille sur un livre un peu mystérieux, Le livre de Flatey, une de ces sagas islandaises datant du moyen-âge, tout en enluminures et épopées. Il semblerait aussi que le livre cache un secret ou plutôt une énigme en quarante questions que personne n’a jamais résolue.

Le livre de Flatey
Ce livre justifie t-il à lui seul que l’on assassine ? Kjartan va devoir s’y coller et pour cela loger chez l’habitant, interroger tout le monde, arpenter les rivages, les fjords, les criques ET la bibliothèque.
L’auteur nous offre un petit passage du fameux livre à la fin de chaque chapitre, voilà qui suffit à nous transporter dans ce bizarre pays de feu et de glace.
Un polar qui vaut surtout par le dépaysement et les traditions de cette île islandaise, vous verrez la gastronomie ….je n’en dis pas plus… le téléphone fonctionne avec une dynamo, le climat est à l’avenant !
Bienvenue à ce nouvel auteur dans la famille polars nordiques, ses débuts sont prometteurs.
J’ai bien aimé cette balade qu’avait recommandé Dasola

Le livre : L'Enigme de Flatey - Viktor Arnar Ingolfsson - Editions du Seuil
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01/05/2013
Liquidation à la Grecque - Petros Markaris
Le sang des Atrides
© Ixène
Premièrement Michèle (qui se reconnaitra) me l’a vendu comme un bon polar, deuxièmement la Grèce d’aujourd’hui est tellement l’archétype du pays dans la tourmente que j’avais vraiment envie de voir ça de plus près, troisièmement je n’ai jamais lu cet auteur alors 1+1+1 = un voyage au pays des Atrides
Quand vivre ici devient galère
Morts aux banquiers ! Voilà un polar qui commence bien et qui épouse parfaitement l’air du temps. Et il paraît que c’est le premier d’une trilogie
Athènes, l’Acropole, les ruelles de Plaka où Petros Markaris aime à se balader. Sauf que….sauf que quatre requins de la finance sont retrouvés décapités. Bon, on a beau ne pas les porter dans son coeur, avouez que ça fait tâche surtout quand dans le même temps une flopée de tracts incite la population à stopper tous ses remboursements de crédits !!
Le commissaire Charitos est obligé de se démener pour trouver les coupables, et c’est plutôt galère je vous l’assure car évoluer dans le marigot des politiques, des hommes d’affaires et de la finance internationale ce n’est pas de tout repos.
C’est la première fois que je rencontre Charitos et je l’ai bien aimé, d’abord il est sympa avec ses démêlés familiaux et son amour inconditionnel pour la Grèce. Il va lui falloir faire fi des ses amitiés, faire fi de la corruption, des pressions de ses supérieurs et de son éternelle empathie, si vous ajoutez à ça que sa fille bien aimée se marie ….Mama mia !!!

Petros Markaris
Il paraît que c’est le premier d’une trilogie, ce qui est certain c’est que je vais surveiller la parution du tome 2 car je suis tombée sous le charme de Charitos malgré son foutu caractère.

Le livre : Liquidation à la Grecque - Petros Markaris - Traduction de Michel Volkovitch - Editions du Seuil
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28/04/2013
Empereurs des ténèbres - Ignacio del Valle
Noir comme un hiver Russe

1943 L’armée allemande affronte l’hiver russe, à ses côtés la Division Azul et ses volontaires franquistes qui croyaient ainsi lutter contre le communisme.
Hommes et bêtes meurent de froid parfois même de faim.
On découvre le cadavre d’un homme égorgé dans la rivière prise par les glaces et l’homme porte gravé dans sa chair « prends garde Dieu te regarde »
Pour le moral des hommes et la discipline il faut trouver l’auteur de ce meurtre, le lieutenant Arturo Andrade est chargé de l’enquête.
Ce n’est pas un enfant de choeur, il a perdu ses galons et même s’il ne partage pas le fanatisme des hommes de la division il a derrière lui un passé très trouble.
Il va se faire aider du sergent Espinosa, n’accorder sa confiance à personne et tenter de comprendre où se trouve l’ennemi : côté russe ? parmi les SS qui assassinent Juifs et Tziganes ? ou dans la division même ?
Son enquête va se révéler longue, difficile.
Des scènes hallucinantes de folies et de cruauté, le froid, la neige, la nuit pendant laquelle les partisans de l’Armée Rouge attaquent sans relâche, la folie ambiante, la débâcle de l’armée allemande, tout est rendu avec un réalisme impressionnant.
Un polar qui choisit une période sinistre de l’histoire et qui parvient à nous intéresser au sort de ses hommes qui sont en proie à la haine, à la violence, à leurs démons intérieurs, où le mot civilisation est balayé pour le chaos de l’Histoire.
Un polar que je trouve réussi même si l’intrigue est un peu trop tortueuse, je le rapprocherais de La tristesse du samouraï, des romans qui mêlent réalité et fiction avec beaucoup d’efficacité.

Le livre : Empereurs des ténèbres - Ignacio del Valle - Traduit par Elena Zayas - Editions Phébus libretto
03:11 Publié dans Policiers | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note
25/04/2013
Triplé perdant
Broyer du noir
Ben oui je n’ai pas résisté et je me suis laissée embarquer dans une nouvelle trilogie.
J’ai expérimenté pour ces trois romans, trois façons actuelles de « lire »
Pour le premier j’ai eu recours au livre audio, le second le livre numérique et le papier pour le troisième.
Miséricorde : un polar efficace et drôle car le personnage principale est un e….deur de première, un ronchon, un contestataire.
Carl Morck a échappé de justesse à la mort et personne n’a l’intention de faire de nouveau appel à lui, on le met au placard, direction de sous-sol de la PJ, pas de moyens, pas de bureau mais une pile de dossiers en souffrance qui n’ont jamais connus leur épilogue.
Ce premier voler est efficace, après un début un peu lent on fonce avec plaisir, l’assistant particulier de Morck n’y est pas pour rien, un assistante très terrorisant dont le nom est Hafez el Assad !!
Quand ces deux acolytes se mettent au travail ça déménage et compter sur eux pour résoudre le pourquoi et le comment de la disparition d’une jeune député danoise Merete Lyyngaard, disparition jamais élucidée.
J’ai marché et même un peu couru, j'ai écouté ce livre avec plaisir.
Profanation : J’ai donc décidé de lire le second volet : une nouvelle enquête et un second assistant pour morck, une assistante devrais-je dire : Rose, et je vous assure qu’elle n’est pas plus normale que le dénommé Assad !!
C’est partit pour une nouvelle enquête irrésolue, un frère et une soeur assassinés de façon effroyable quelques 10 ans plus tôt, des pensionnaires d’un collège huppé ont bien été mis en cause mais l’argent aidant ils ont été disculpés.
Morck et son équipe vont devoir évoluer dans le monde pourri de l’argent, du pouvoir, du sadisme, de la cruauté …
Que dire de ce deuxième épisode ? moins convainquant, moins intelligent, plus téléphoné et plus convenu, quelques scènes hot ne suffisent pas à emporter l’adhésion du lecteur.
je suis allée au bout mais avec réserve.
Délivrance :Comme je suis têtue j’ai voulu vérifier si le niveau s’abaissait totalement ou si l’auteur dans un sursaut salutaire allait rectifier le tir.
Et bien pas du tout, il ose nous faire le coup du message en forme de SOS dans une bouteille, l’équipe de Morck travaille dans des conditions désastreuses car de l’amiante a été découverte dans les sous-sol de la PJ
Hélas trois fois hélas là j’ai vraiment calé et ne suis pas allée au bout du bout. Crédibilité zéro, écriture plus que relâchée, Dominique avait atteint un point de non retour.
Ce polar a obtenu un prix, à croire que les jurés étaient en manque de lecture !!
La lecture en bibliothèque a du bon, on se sent moins bête quand on rend un livre décevant.
Pour résumer : le premier est efficace, le second lisible, le troisième est la preuve qu’à vouloir trop en faire ……………
Les livres : Miséricorde - Profanation - Délivrance - Jussi Adler-Olsen - Editions
03:10 Publié dans Littérature danoise, Policiers | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note
24/04/2013
Broyer du noir
Broyer du noir
c'est une façon de parler je vais bien rassurez-vous.

Mais il y avait longtemps que je n'avais pas cédé aux charmes du polar et comme il y avait à Lyon il y a quelques jours le festival Quai du polar cela m'a réveillé et il est grand temps de tremper à nouveau ma plume dans le sang
C'est ici dès demain
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21/04/2013
Le monde des mots - Anne Cuneo
La passion d'une langue

John Florio ce nom vous dit quelque chose ? Je dois avouer qu’avant de lire ce livre j’étais comme vous.
Pourtant voilà un européen humaniste du temps de la Renaissance que l’amour des mots commande de connaître.
1553 L’Angleterre de la reine Marie la sanglante, après les turpitudes d’Henry VIII elle a repris le pays en main et s’acharne à supprimer les protestants.
Pauvre Michelangelo Florio, prédicateur qui croyait avoir trouvé asile en Angleterre pour fuir les prisons de l’inquisition italienne. Il doit fuir à nouveau avec sa famille.
Le fils John va suivre des études à Tübingen où on espère le voir suivre les traces de son père. Il a une connaissance parfaite de l’italien, normal avec un père italien, il parle anglais normal sa mère est anglaise, ajouter suffisamment de français pour se donner bel air et voilà le parfait homme de son époque.
Là où le destin va être malicieux c’est qu’il va transformer pour John Florio l’amour des langues en outil de travail et en gagne pain.
Il va devenir l’homme d’une langue : l’italien qu’il va essaimer dans toute l’aristocratie anglaise, des familles lui confient leurs enfants, des pères mettent leurs fils sous sa garde. Pour eux il va collecter des mots, des phrases, des proverbes, de petits récits jusqu’à en faire pour la première fois un outil pédagogique. Tout y est, la vie quotidienne, les métiers, les expressions usuelles, tout pour que l’apprentissage soit aisé. Il est convaincu que la langue parlée vaut toutes les grammaires.

Le Globe
C’est la réussite, le bouche à oreille fonctionne et bientôt John Florio est reconnu, sollicité par les plus grands il peut avec ses cours faire vivre sa famille.
Pour être parfaitement à l’aise partout il lui faut parfaire son anglais et où mieux qu’au théâtre ? Il prend des leçons du meilleur, Will Shakespeare et fréquente le fameux théâtre de John Burdage et il a « un pied sur chaque rive » il devient « un intermédiaire entre l’Italie et l’Angleterre, qui est vite devenue ma vraie patrie ».
Il va côtoyer tout ce que l’Angleterre compte d’écrivains, de médecins, de philosophes, de savants. Certains sentent le soufre comme Giordano Bruno d’autres deviendront des amis sûrs dans ces temps d’effervescence culturelle.

Florio et ....Shakespeare (enfin presque)
Son don des langues s’étendant au-delà de l’italien il va progressivement être solliciter par les grands du royaume, le genre de proposition que l’on ne peut pas refuser, et il va petit en petit traduire des lettres, des libelles, des documents secrets…bref être un peu espion.
L’imprimerie se développe à grands pas et John Florio va en profiter, il édite un manuel d’italien qui porte le joli nom de Premiers fruits puis plus tard grâce à l’aide de mécènes généreux il va publier le premier dictionnaire Italien- Anglais qu’il baptise Le monde des mots et qui comporte déjà 75.000 entrées !!!
photo du site d'Anne Cuneo
Il lui reste à franchir une étape de plus en devenant traducteur. Il assure la traduction du Décaméron de Boccace et il est le premier traducteur des Essais de Montaigne car dit-il :
« Par rapport à l’original, un texte traduit n’est rien sinon ce que le dessin est à la nature, le portrait à l’original, l’ombre à la substance »

Comme dans ses autres romans Anne Cuneo, grâce à son érudition, rend le récit très vivant, très riche tout en respectant la vérité historique.
Quelle aventure que ce livre, je l’ai ouvert et je dois dire que mes rendez-vous avec John Florio se sont accélérés. J’ai ressenti un énorme plaisir à entrer ainsi dans cette époque tourmentée et j’ai suivi la trajectoire de John Florio avec grand intérêt, un homme que j’aurais aimé, comme disait Mme de La Fayette, "avoir pour voisin".
Un mot de l’auteur
Le livre : Un monde de mot - Anne Cuneo - Editions Bernard Campiche 2011
03:04 Publié dans Histoire, Littérature Suisse | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
18/04/2013
Le Trajet d'une rivière - Anne Cuneo
L’amour de la musique

Un roman à la gloire de Francis Tregian qui compila le Fitzwilliam Virginal Book recueil des plus belles musiques pour le clavecin de son époque.
Il n’était pas compositeur mais amoureux fou de musique, il lui consacra sa vie entière.
Enfourchons la machine à remonter le temps et arrêtons là un peu après 1600 en Suisse à Echallens, Francis a trouvé refuge dans ce village après une vie de dangers, de tumulte, et de musique. Il va raconter sa vie.
La Renaissance n’est pas seulement le temps du renouveau intellectuel, c’est aussi celui des conflits religieux. Francis Tregian est contraint de quitter l’Angleterre son père catholique intransigeant refusant de faire allégeance à la Reine protestante.
La famille va devoir trouver refuge hors du pays pendant que le père va croupir des années en prison. La famille a encore des appuis et Francis va recevoir une excellent éducation, une éducation classique de l’époque où l’on apprend le maniement de l’épée aussi bien que le latin.
C’est vite un musicien confirmé au grand dam de sa famille qui l’aurait bien vu ecclésiastique , il ne compose pas mais joue à la perfection et va au gré de ses pérégrinations en Europe rencontrer les plus grands musiciens de l’époque.

Le temps des concerts champètres
Pour vivre il occupe divers emplois, secrétaire à Rome, drapier en Hollande et parcourt les routes en tous sens. Anne Cuneo lui prête une vie amoureuse et aventureuse qui lui permet de nous livrer une jolie fresque de l’époque.
Ses aventures sont nombreuses dans cette Europe en proie aux guerres religieuses mais aussi à la peste où nul n’est à l’abri de la prison, de l’inquisition, un temps où il est difficile de rester un homme de tolérance.
Francis Tregian est un humaniste qui lit les Essais de Montaigne, qui est reçu à la cour d’Elizabeth, qui croise Henri de Navarre sur le champ de bataille et fréquente les théâtres où l’on joue Shakespeare.
le temps des divertissements
L’amour de la musique est vraiment le fil rouge de ce roman flamboyant.
Anne Cuneo est habile à mêler le vrai et l’imaginaire. Tous les personnages sont attachants, le roman est fourmillant de vie, on ne s’ennuie pas une seule seconde et on prend en passant un bain d’histoire de la Renaissance tout à fait réjouissant.
J’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai lu grâce à Claudialucia grand amateur de Shakespeare et avec qui je partage une passion pour Montaigne.

Le livre : Le Trajet d’une rivière - Anne Cuneo - Editions Gallimard Folio
03:08 Publié dans Art, Histoire, Littérature Suisse | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note
16/04/2013
Lettres d'amour - Lues par Jacques Weber
Ecrire la passion
Hugo à Juliette Drouet
Alors que je cherchais comment composer ce thème de la passion, ce livre audio m’a tendu les bras à la bibliothèque
Le nom de Jacques Weber était gage d’une belle lecture

JH Fragonard la lettre d'amour Métropolitan museum
Jugez du programme : Flaubert, Hugo, Napoléon, Baudelaire, Diderot et Voltaire : qui dit mieux ?
Ecoutez la voix de la passion, du désir, des adieux, des plaisirs charnels……
C’est un voyage parfois d’une grande douceur, parfois tonitruant.
Lettres destinées à la tendre amie, à l’unique. Lettres provocant le chaos ou l’ivresse, les pleurs ou la félicité………..
Laissez vous prendre au jeu.
Le Livre audio : Lettres d’amour - Lues par Jacques Weber - Editions Thierry Magnier
03:03 Publié dans Correspondance, Littérature Française | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note
13/04/2013
Dans l'ombre de la lumière - Claude-Pujade Renaud
L'amour dans l'ombre

Les ruines de Carthage © JEAN-PAUL GARCIN / PHOTONONSTOP
J’ai déjà par deux fois chroniqué des livres de Claude Pujade-Renaud. Pour les deux ce fut un grand plaisir de lecture et tout naturellement j’ai acheté celui à qui vient de sortir.
Fidèle à ses romans précédents l’auteur nous transporte ailleurs et loin dans le temps.
Carthage aux alentours de l’an 400 après JC. Le monde romain vit ses dernières années, le monde chrétien s’est rapidement étendu, le monde païen se métamorphose, les croyances ont évoluées, de nouvelles sectes ont vu le jour, les chrétiens s’opposent entre eux. Le peuple hésite entre ses habitudes, ses certitudes et les promesses de la nouvelle religion.
C’est une femme qui va prendre la parole, Elissa, une femme instruite, intelligente, encore belle. Elle vit près de Mégara (faubourg de Carthage ….vous vous rappelez ?) où elle pétrit l’argile pour gagner sa vie. Une rumeur va la ramener loin dans le temps, un évêque doit arriver d’Hippo Regius, un homme « tout feu tout flamme » et qui parait-il prêche bien.
Saint Augustin - Palais du Latran
Elissa le connait bien cet Augustinus, elle fut sa concubine pendant plus de quinze ans, elle fut la mère de son enfant. Tous deux appartenaient à la secte des manichéens.
Liés par un amour fou, combien elle l’a aimé et admiré cet Augustinus qui « pouvait réciter à la suite plusieurs chants de l’Enéide ou un traité de Cicéron »
Il l’a répudié pour un riche mariage, puis il s’est converti à la religion chrétienne sous la pression de Monnica sa mère, une mère aimante et inflexible et manipulatrice.

La conversion de Saint Augustin - Fra Angelico
C’est le portrait d’Elissa que nous dresse Claude-Pujade Renaud, une femme qui ne s’est jamais consolé de la perte d’Augustinus, qui a toujours suivi de loin son ambitieux compagnon, le début de sa célébrité, et aujourd’hui elle peut même le lire, chez Silvanus le scribe qui copie les discours, les sermons et lui permet d’entendre à nouveau la voix d’Augustinus à travers ses Confessions.

Benozzo Gozzoli. Chapelle Saint-Augustin. San Gimigniano.
Un livre tout de passion. On passe du réel à l’imaginaire sans effort aucun, le tableau de cette période est très réussi, ce moment où comme le disait Paul Veyne « notre monde est devenu chrétien ».
L’auteur a su parfaitement joué de l’absence totale de traces de la concubine d’Augustinus et elle en fait un portrait sensuel et vibrant mélangeant l’Histoire et leur histoire d’une belle écriture.
Annie a également aimé ce livre.

Le livre : Dans l’ombre de la lumière - Claude Pujade-Renaud - Editions Actes Sud
03:02 Publié dans Histoire, Littérature Française | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note
12/04/2013
La passion
03:02 Publié dans Et le reste... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
09/04/2013
Mon musée imaginaire - Paul Veyne
Un musée dans la poche

Je ne vous cache rien, vous savez que j’ai quelques problèmes pour tenir très longtemps des livres lourds, j’ai fait pour soulager mes vieux os l’achat d’un book seat
Mais pour les livres d’art, les plus gros, les plus lourds ça me posait encore problème, je me disais que si quelqu’un avait une solution j’étais partante.
C’est chose faite : un livre d’art sur mon Ipad.

255 tableaux, 255 possibilité de zoomer avec un doigt pour avoir l’oeuvre en plein écran, ou se déplacer pour voir un détail, aller jusque dans les moindre recoins du tableau. La possibilité de revenir au texte quand bon vous semble bien sûr.
255 chefs-d’oeuvre de la peinture italienne sélectionnés par Paul Veyne. Comme dans tout livre d’art beaucoup d’explications sur chaque tableau.
Pas mal direz-vous, mais bon….. Attendez.......
Un clic et vous avez accès à une explication du tableau très détaillée, des liens sont attachés au texte qui vous envoient automatiquement vers le détail du tableau dont il est question. Et comme on est en numérique vous avez en prime un moteur de recherche sur les oeuvres, sur les commentaires.
Vous pouvez à tout moment savoir dans quel musée l’oeuvre est exposée.

Vous voulez encore plus de vie ? Qui a déjà entendu la voix malicieuse de Paul Veyne est heureux de la retrouver quand il commente ses oeuvres préférées. Vous avez pour vous seul un guide expérimenté, érudit et passionné.
La qualité des images, les couleurs, la définition, tout est parfait. On peut parier que des améliorations seront encore apportées à l’avenir.
Vous voilà avec un musée portatif, toujours disponible et avec le premier livre d’art enrichi.
Ecoutez Paul Veyne :
Paul Veyne répond vertement à l’objection de la « perte de quelque chose » avec le numérique « Ce sont des arguments de vieux crabe, ils n’ont qu’à en revenir aux carrioles à chevaux ! »
C’est le vieux monsieur spécialiste de l’antiquité qui donne des leçons de modernité, le monde à l’envers quoi !!
C’est une promenade magnifique dont je n’ai encore qu’explorer une toute petite partie.
Le livre : Mon musée imaginaire - Paul Veyne - Editions Albin Michel - version numérique 9€99 sur Itunes - version papier 28€41
03:23 Publié dans A Voix haute, Art, Livres numériques | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note
06/04/2013
Candide revisité
Le numérique au service des classiques

La Bibliothèque nationale de France en partenariat avec Orange et la Voltaire Foundation ont mis au point une application GRATUITE pour lire, écouter, comprendre et enrichir la lecture d’un classique français.
Désolée de limiter mes explications aux détenteurs de tablettes mais format oblige !
Prenez donc ce livre, ancien, poussiéreux sur mon étagère et en piteux état.
Et posez le à côté de votre Ipad sur lequel vous aurez téléchargé l’application candide

Trois volets s’offrent à vous : le livre, le monde, le jardin
Un clic et vous avez accès au texte et vous commencez votre lecture, d’un doigt vous tournez les pages.
La lecture vous parait fastidieuse ou vous souhaitez passer à un autre mode de lecture : un clic sur l’icône ad hoc et la voix de Denis Podalydès prend le relais.

Plus vivant que ça tu meurs !! La BNF appelle ça le nouveau comptoir de lecture enrichie, une jolie appelation non ?
Bon vous me suivez toujours...........
Nous voilà maintenant sur les pages du monde : Vous suivez le voyage sur une carte, des gravures du XVIII siècle et comme si ça ne suffisait pas vous pouvez aussi écouter des interviews qui éclairent l’oeuvre.

Enfin dans le jardin nous voilà dans le collaboratif, vous pouvez prendre des notes, vous faire votre propre commentaire qui peuvent s’afficher dans l’arbre de la connaissance. Imaginez ce que peut faire un prof un peu curieux et bon pédagogue d’un outils comme celui là !
Franchement est-ce que ce n’est pas un joli remplaçant pour mon poche défraichi ?
Je sais pas vous mais moi j’aimerai bien avoir aussi Les lettres persannes, les Caractères et tient soyons fou Les Essais
Si vous voulez en savoir plus : le PDF
03:30 Publié dans Livres numériques | Lien permanent | Commentaires (44) | Envoyer cette note
05/04/2013
Numerik
Numerik

Vous allez me dire « c’est la mort du livre »
Vous allez me dire « je ne peux pas me passer de l’odeur du papier »
Vous allez me dire « j’ai besoin de tenir le livre en main, de le feuilleter »
Vous allez me dire « je n’aime pas ce genre de lecture »
Vous allez me dire……………………….
Oui mais que voulez vous je dois être plutôt une vieille dame indigne parce qu’à moi ça me plait vraiment ce mode de lecture
Pas tout le temps
Pas pour tous les livres
mais à la place d'un vieux poche déglingué oui
mais à la place d'un livre qui pèse une tonne oui
mais quand un petit plus s'attache au livre oui oui oui
Depuis quelques temps j’ai délaissé mon ebook sony qui devenait vieux pour un ipad tout neuf et du coup j’ai décuplé le plaisir de la lecture numérique.
Vous êtes sceptiques ?
Je vous embarque pour deux billets qui pourraient bien achever de vous convaincre

A vos tablettes ………C'est ici dès demain
03:29 Publié dans Et le reste... | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note
04/04/2013
25 Poètes islandais d'aujourd'hui - Thór Stefánsson
Le pays de la poésie
L’Islande est terre de poésie depuis toujours. Depuis les poètes scaldiques jusqu’à aujourd’hui
Pour vous appâter un peu voici quelques poèmes qui peut être vous donneront envie d’en savoir plus
C’est un poésie parfois très réaliste, parfois fortement influencée par les poètes anciens.
Steinunn Sigurdardóttir Poète à retrouver sur le site de France culture
Quand les gens meurent ce ne sont pas que les gens qui meurent
Meure avec eux un univers
de façon de faire, de travailler, de nuances de voix, de sagesse, de stupidité.
Meurent un rire particulier, un sourire particulier.
Thór Stefánsson le traducteur et le compositeur de ce recueil
Ciel bleu - Nuages blanc
Laquelle est la couleur de l’innocence ?
Yeux bleus - Cheveux blancs
Laquelle est la couleur de l’expérience ?
Peur bleue - Magie blanche
Laquelle est la couleur du risque ?
Dénuement bleu - Or blanc
Laquelle est la couleur de la richesse ?
Mer bleue - Brisants blancs
Laquelle est la couleur du calme ?
Montagnes bleues - Cimes blanches
Laquelle est la couleur de la distance ?
Einar Mar Gudmundsson
Voici le pays
Où les continents s’écrivent
dans leur quête de silence, de pierre.
Regarde le glacier,
Il se dandine dans le bleu
Comme un ours blanc qui traverse le monde
Dans le rêve une porte s’ouvre
et l’obscurité déferle
larme dans le sommeil.

Óskar Árni Óskarsson
Bonsoir à la lune
Approche Curieuse vagabonde
Approche et regarde
Ici t’attend
Du pain du vin
Une chaise une table
Un bol rempli de pommes bleues
« Thór Stefánsson en a choisi les poèmes et les auteurs, a tenté de conserver, malgré la diversité des voix, un ensemble cohérent et accessible, aux lecteurs qui ne sont pas familiers avec l'histoire, la littérature ou la géographie islandaises. »
Cette anthologie est riche avec des poètes très différents les uns des autres. Une petite notice biographique en fin de volume pour aider à mieux les connaitre.
D’autres poètes à découvrir : Isaak Harðarson, Nina Björk Árnadóttir, Ágústina Jónsdóttir, Einar Benediktsson

Le livre : 25 poètes islandais d’aujourd’hui - Traduction - Le Temps des cerises éditeur
02:39 Publié dans Littérature Islandaise, Poésie | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note

























































































































































































