01/10/2014

Le Village - Dan Smith

Chasseur ou gibier

 

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Dans une traque on peut être le chasseur ou le gibier, ici nos héros seront un peu les deux.

Je vous ai emmené en Carélie et bien maintenant prenons le chemin de l’Ukraine mais faisons une marche arrière dans le temps, retour aux années trente.

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C’est l’hiver et à Vyriv un petit village oublié du monde vit Luka Sidorov, il a combattu bien des années dans les armées russes, je dis LES armées car les ukrainiens ont eu maintes fois l’occasion de changer de camp, écoutez le « J’appartenais à l'Armée noire anarchiste de Nestor Makhno, qui avait affrontée seule l'Armée blanche du général Wrangel, avant de s'allier à l'Armée rouge. »

Luka aujourd’hui se contente de la chasse et d’éduquer ses deux fils, les jumeaux Viktor et Petro, deux solides gaillards de dix sept ans et Lara la petite dernière de neuf ans.  

Le village entier retient son souffle, il a connu la famine déclenchée par Staline mais les habitants ont pu survivre car Vyriv est loin des routes, loin de tout et ils ont été un peu épargnés. Aujourd’hui ils sont dans l’attente et la peur des sbires de Staline qui organise la collectivisation à marche forcée et vont faire main basse sur tous les biens.

 

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Alors ils font le moins de bruit possible dans le village, il s’agit de se faire oublier.

C’est Luka qui va semer la confusion, il recueille un homme mourant et deux enfants sur un traineau. Ils ont été mutilés peut être par un tueur anthropophage.

Le village est pris d’une fureur absolue, cet homme met en péril le village ! il n’est pas question que les tchékistes déboulent ici à cause de lui. C’est un assassin d’enfants, et il n’y a qu’une chose à faire dans ce cas et Dimitri le voisin et parent de Luka va mener la danse. Malgré les exhortations au calme le pire arrive et l’homme meurt.

 

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Quand Dariya la fille de Dimitri disparait, le village réalise que Luka avait vu juste, l'homme n'était pas le tueur et une traque va s’organiser.

 

Il y a quelques maitres mots pour ce récit,  terreur envers la Tchéka, peur de l’assassin, peur pour les enfants, violence qui peut ne connaitre aucune limite, froid car la steppe sous la neige, survie difficile des hommes dans ce milieu hostile. 

Dan Smith joue parfaitement de la corde sensible au bon sens du terme, on suit les réflexions de Luka, son comportement parfois injuste avec ses fils, son effroi à la pensée de perdre sa famille, son goût de la violence qui le rattrape.

J’ai vraiment aimé ce roman où la force des liens familiaux l’emporte sur le reste, où la barbarie et l’humanité peuvent être présentes à la fois chez un homme. 

 

Ce livre peut se classer dans un genre similaire à  En mémoire de la forêt mêlant polar et histoire, mais aussi à un polar que j’ai écouté  Enfant 44 

Le contexte historique est celui que Anne Appelbaum retrace dans son livre.

 

 

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Le livre : Le village - Dan Smith - Traduit par Hubert Tézenas - Editions Le Cherche midi

 

28/09/2014

Vongozero - Yana Vagner

Fuir devant le danger

 

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L’histoire d’une fuite, un vrai suspens même si le roman n’est pas sans défaut. 

Un virus qui décime une population cela semble bien à l’ordre du jour non ?  la fiction est bien proche de la vérité parfois.

La Russie d’aujourd’hui, dans les environs de Moscou. Anna et Sergueï vivent dans les environs de Moscou, une vie aisée avec Micha le fils d’Anna, Sergueï lui a un fils d’un premier mariage qui vit avec sa mère. 

Depuis quelques semaines un virus sème la mort, lorsque les premiers cas se déclarent cela ne fait réagir personne mais voilà une épidémie ne s’arrête pas comme cela et doucement mais sûrement cela s’étend, touche de plus en plus de personnes. 

Et brutalement c’est le chaos, quarantaine, moyens de communication en berne, routes fermées, pénurie en tous genres. Bref les ravages de la peur, la déliquescence de l’autorité, apparition de pillards, le règne de la violence est proche. 

Anna et Sergueï brutalement réveillé par Boris le père de Sergueï, réalisent que sous peu il s’agira d’un sauve qui peut, il est donc temps de rassembler tout le nécessaire, du carburant, des armes, des vivres et de fuir le plus loin possible des villes. 

Où ? En Carélie vers le lac de Vongozero vers la frontière Finlandaise où ils ont une maison, je devrais dire un abri. 

 

 

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Ce livre n’est pas parfait et on aurait aimé en savoir un peu plus sur le mystérieux virus, mais ....j’ai bien aimé cette fuite, bientôt d’autres personnes vont s’agréger au groupe du départ, pour des raisons plus ou moins nobles, la vie va devoir s’organiser, il va falloir trouver du carburant, tracer une route point trop dangereuse.

C’est Anna la narratrice et on alterne entre son récit de la fuite et ses réflexions personnelles, ses doutes, ses peurs. On sent bien à quel point tout devient danger même la plus simple des haltes. 

 

 

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Je l’ai dit le roman manque peut être un peu de profondeur mais il est d’une vraie efficacité, le climat de fin du monde est assez bien rendu et l’angoisse est renforcée par la nuit, la neige, le froid. 

Yana Vagner parvient à faire ressentir cette angoisse au lecteur avec des mots simples, sans style particulier mais par une construction très efficace qui permet de découvrir petit à petit les motivations et les ressorts cachés de chaque personnages. Ce n’est pas un grand roman mais un récit plutôt réussi d’une fuite qui pourrait un jour ou l’autre concernée tout un chacun/

 

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Le livre : Vongozero - Yana Vagner - Traduit par Raphaëlle Pache - Mirobole Editions

 

L'auteur : 

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Yana Vagner, née en 1973, a grandi au sein d’une famille russo-tchèque. Elle a travaillé comme interprète, animatrice radio, responsable logistique. Vongozero est son premier rom

an. Initialement publiée peu à peu sur le blog de l’auteur, cette histoire de survie magistrale a suscité un tel enthousiasme qu’elle a fait l’objet d’une enchère entre éditeurs. Elle a depuis été nominée au Prix National Bestseller, vendue au cinéma et traduite dans 4 pays.(source l'éditeur)

27/09/2014

La fuite ou la traque

Deux romans qui annoncent l'hiver.  

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Alexis Savrasov   Hiver 

Devant le danger on peut fuir ou bien se faire chasseur et se lancer dans une traque.

Je vous propose de voir les deux facettes de la peur à travers deux romans

C'est ici dès demain

24/09/2014

Méchant loup - Nele Neuhaus

Direction les bords du Main

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C’est le troisième livre que je lis de cette auteure. J’avais beaucoup aimé le premier : Flétrissure, nettement moins le second.  Celui là est plutôt réussi et je l’ai lu avec en deux temps trois mouvements. 

Pia Kirchhoff et son supérieur Oliver von Bodenstein vont être confrontés à une très très sombre histoire de pédophilie. Tout démarre par une jeune fille morte et abandonnée sur les bord du Main. Impossible de l’identifier et après plusieurs jours l’affaire n’a pas avancé d’un iota. 

 

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C’est l’agression d’une vedette de la télé qui va permettre de relancer la machine. Hanna Herzmann anime des émissions de télé réalité et ne s’embarrasse d’aucun scrupule, aussi quand elle est victime d’une agression particulièrement infâme les pistes sont nombreuses, personnel renvoyé, ex mari, victimes de ses émissions. 

En cherchant bien nos deux policiers sont sur la trace d’un avocat Kilian Rothemund condamné pour pédophilie qui vit justement dans un camping près du lieu où l’on a trouvé la jeune fille violée et noyée. 

Stop vous en savez bien assez, l’intrigue est un vrai puzzle que l’équipe de policier va devoir reconstituer pas à pas. 

C’est très bien construit et l’on remonte doucement le courant de ce fleuve souterrain qu’est la pédophilie organisée comme une mafia. C’est très prenant et le scénario réserve quelques surprises. Un bon cru

 

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Le livre : Méchant loup - Nele Neuhaus - Traduit par Jacqueline Chambon - Editions Actes Sud Noir 

20/09/2014

Le bourreau de Gaudí - Aro Sáinz de la maza

Ce polar trépidant est un hommage à une ville magnifique mais qui est peut être en train de perdre son âme

 

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Milo Manart est un flic plus que borderline, il a cassé la figure d’un de ses supérieurs et son neveu s’est donné la mort avec son arme de service !  Pourtant c’est à lui que la juge Susan Cabot demande de prendre en charge un meurtre particulièrement effrayant, celui d’un homme pendu à un balcon de la Pedrera, une oeuvre de Gaudí, et que l’assassin a regardé brûler vif, a filmé et mis bien sûr le film sur le net.

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La Pedrera 

 

Milo va devoir reprendre du service actif à deux conditions, des entretiens réguliers avec une psychologue et se voir attacher une nounou en forme d’équipière; Rebecca Mercader. Milo se plonge immédiatement dans l’enquête malgré tous les bâtons dans les roues qu’on peut lui mettre et lorsque qu’un deuxième homme est enlevé il est persuadé qu’il a à faire à un tueur en série qui a Barcelone en ligne de mire, Gaudí comme obsession, mais pourquoi ?

 

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Le parc Güell 

 

Ne vous faites aucune illusion après 50 pages vous êtes fait aux pattes et vous ne pouvez plus lâcher ce polar.

Le cadre d’abord, Barcelone est magnifiquement présente, Gaudí devient le héros de cette histoire, si vous ne connaissez ni la ville ni Gaudí je vous mets au défi de ne pas vous précipiter sur le net.

L’auteur est d’une habileté diabolique, il mêle les scandales financiers, politiques ( ah bon ça existe ailleurs qu’en France ? ) le génie artistique et l’histoire sulfureuse des Francs-maçons.

 

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Casa Batlló

 On fait une balade un peu déjantée dans la ville, passant des immeubles aux églises, aux parcs, car ce diable de Gaudí a beaucoup oeuvré. 

Les personnages ont des caractères bien affirmés, les hommes politiques sont particulièrement peu reluisants, la Caixa la grande banque catalane est en permanence en filigrane, bref tous les ingrédients du thriller sont là. 

Et tout ça sur fond de visite papale ! Je vous sens prêt à plonger dans les eaux bleues des plages catalanes....

 

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Le livre : Le bourreau de Gaudí - Aro Sainz de la Maza - traduit par Serge Mestre - Editions Actes Sud Noirs

16/09/2014

L'île du serment - Peter May

Et voilà de retour l’homme des îles. 

 

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Si vous avez aimé la série précédente autour des îles écossaises vous allez aimé ce polar là. 

Quand on est îlien c’est pour toujours et Peter May a beau se transporter de l’autre côté de l’Atlantique c’est encore sur une île que nous débarquons.

 

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                            Entry Island

Entry Island fait partie des îles de la Madeleine au Canada, des îles désertées par la jeunesse, où le temps s’étire à l’infini. Le jour où James Cowell, l’homme le plus riche de l’île est assassiné il n’est pas difficile de trouver un coupable et d’ailleurs plutôt une coupable, Kirsty sa femme de qui il s’apprêtait à divorcer. 

Simon McKenzie de la police de Montréal va enquêter, seul des policiers à être suffisamment bilingue pour les interrogatoires et ces maudits iliens refusant de parler le français, c’est un tout bon policier mais en ce moment il pète un peu les plombs vu que sa femme l’a un peu planté là, cela l’a rendu totalement insomniaque et il passe ses nuits à se balader et que comble de bonheur elle est aussi la légiste sur ce coup là. 

 

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Aussi quand il pense connaitre Kristy Cowell alors que c’est impossible, ses collègues s’inquiètent pour sa santé mentale.

Rien que de très classique là dedans mais ....

Vous avez noté dans sa série précédent que l’auteur aime mêler petite et grande histoire, c’est d’ailleurs ce qui faisait le charme de ses trois romans. Ici vous allez découvrir un épisode très peu connu : celui de la famine en Ecosse (on connaissait celle de l’Irlande bien sûr) et de l’émigration forcé des ces hommes et femmes vers le Canada. D’ailleurs notre flic en question est d’origine écossaise. Allez je vous laisse découvrir la suite mais sachez que l’on y prend plaisir à découvrir cette histoire oubliée et à suivre l’enquête de Sime (Simon en gaélique !) 

 

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Le Livre : L’île du serment - Peter May - Traduit par Jean-René Dastugue - Editions du Rouergue

12/09/2014

Police - Jo Nesbø

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                           ©JONATHAN NACKSTRAND / AFP

 

Sans déflorer le suspens de ce polar et pour ceux et celles qui n’ont pas lu « Fantôme » l’opus précédent, sachez que Harry Hole la vedette de la police Norvégienne, a été laissé pour mort, une balle dans la tête du genre dont on ne se remet pas. 

Nesbø c’est le top question suspense et ici non  seulement il ne démérite pas mais il est parfait. 

Vite fait et pour vous orienter un peu :  un retraité de la police est assassiné sur les lieux mêmes d’un meurtre non résolu. Mais après Erlent Vennesta, deux autres policiers vont être tués dans des circonstances similaires.

 

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L’équipe sous les ordres de Mickael Bellman n’arrive à rien et Gunnar Hagen son adjoint reconstitue l’équipe de Harry Hole ou du moins ce qu’il en reste pour résoudre ces trois meurtres.

Dans le même temps un patient est sous haute surveillance à l’hôpital d’Oslo, on ne connait pas son identité mais on devine rapidement que c’est un témoins clé dans une affaire plus que sensible. Très vite on sait que bien des gens prient pour qu’il ne se réveille jamais.

 

Et là stop, je ne dirai plus rien pour vous laisser tout le plaisir de la lecture haletante, je vous laisse trembler, vous faire mener en bateau, vous impatienter, vous creuser les méninges.

Jo Nesbø est parfait de ruse, de manipulation, ses dialogues et son intrigue sont percutants. Un très bon cru aussi bon que « Le bonhomme de neige » 

 

 

Le livre : Police - Jo Nesbø - Traduit par Alain Gnaedig - Editions Gallimard

11/09/2014

Scènes de crimes

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Quand rien ne me tente vraiment je sais pouvoir me tourner vers les polars, ils peuvent parfois être un moyen de dépaysement très fort.

 

Un classique qui est une suite mais que l'on peut lire tel quel, un voyage sur une île presque au bout du monde, un qui est un clin d'oeil à une belle ville baroque, et enfin un polar version germanique

Si ça vous tente c'est ici dès demain

08/09/2014

La couleur du lait - Nell Leyshon

 

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La vie dans le Dorset

 

Dickens fut le chantre de la pauvreté des villes mais à travers ses romans on voit peu le monde rural. Pourtant au XIXème siècle le peuple des campagne ne nageait pas dans l’opulence loin s’en faut. C’est ce monde que propose Nell Leyshon avec ce roman. 

 

«  Ceci est mon livre et je l'écris de ma propre main

nous sommes en l'an de grâce mille huit cent trente et un, j'ai quinze ans et je suis assise à ma fenêtre. je vois beaucoup de choses. je vois les oiseaux qui piaillent dans le ciel. je vois les arbres je vois les feuilles.

et chaque feuille a ses veines.

chaque tronc a ses fissures.

je suis pas très grande et mes cheveux ont la couleur du lait. »

 

Mary est très jeune,  elle ne tient pas un journal, non, pourtant elle nous fait le récit de sa courte vie parce qu’il y a urgence.

Jusqu’à quinze ans elle a vécu à la ferme de ses parents dans le Dorset, un quotidien sombre, dur, violent. Elle n’est jamais allé à l’école, pas plus que ses soeurs, elle trime du matin au soir, travail ponctué par des coups, des humiliations, des moqueries sur sa boiterie, souffre-douleur du père, seul son grand-père est proche d’elle et d’une certaine façon elle le protège.

Les coups pleuvent sur elle car elle n’a pas la langue dans sa poche, elle se rebelle et elle est d’une spontanéité qui souvent la met en danger.

 

 

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Le Dorset

 

Sa vie va changer lorsqu’elle est quasiment vendue au pasteur du village M Graham, qui cherche de l’aide pour s’occuper de son épouse malade. C’est au presbytère  qu’elle va avoir l’opportunité d’apprendre à lire et à écrire mais je ne vous dévoile rien sur sa façon d’apprendre à lire.

Elle à rêver de lire pourtant elle a du mal à couper les ponts avec sa famille comme si elle avait compris qu’il y aurait pour elle un prix à payer pour avoir voulu se hisser un rien au dessus des femmes de la famille.

 

 

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                 Une si jolie campagne

 

J’ai aimé le style du récit, l’auteur nous restitue une langue encore un peu pauvre, maladroite mais pleine de spontanéité. Le rythme donné au récit se fait urgent, les mots manifestement se bousculent sous la plume de Mary. 

Nell Leyshon n’entretient aucun suspense mais parvient à tenir le lecteur en haleine grâce à une écriture qui sert parfaitement le roman avec parfois des métaphores bibliques

C’est un roman très court, le sujet est presque banal mais Nell Leyshon en fait un très beau récit dans lequel la voix de Mary s’élève de façon intense et tendre.

 

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Le livre : La couleur du lait - Nell Leyshon - Traduit par Karine Lalechère - Editions Phébus

 

07/09/2014

Ruralité

 

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Première lecture de rentrée et j'ai eu la main heureuse 

Rendez-vous dès demain pour faire connaissance avec une belle campagne 

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04/09/2014

Thoreau la vie sublime - Emmanuel Le Roy - A Dan

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              ©sans-langue-de-bois.

 

C’est une tendance qui se généralise de mettre en BD des oeuvres de la littérature. On trouve aussi des biographies de philosophes et comme j’avais bien aimé celle de Nietzsche j’ai repiqué avec Thoreau la vie sublime d’autant que l’auteur est le même ce qui était gage de qualité.

 

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Pas de surprise à la lecture car les auteurs sont très respectueux de la biographie bien nette, bien calibrée.

On prend le philosophe en 1845 quand il revient à Concord après un échec dans une carrière d’enseignant.

Les images nous emportent au bord de l’étang de Walden mais aussi dans la prison où Thoreau ne passera en fait que 24 heures mais sa rébellion le rendra célèbre à jamais en attendant que les générations futures se prennent à jouer les ermites en l’imitant. 

 

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On voit Thoreau partir en randonnée, écrire, se battre contre l’esclavage et la condamnation de John Brown

Je ne dirais pas que j’ai fait des découvertes mais j’ai trouvé l’album de bonne qualité et une parfaite introduction à la lecture de Walden ou aux récits de marche qu’il fit dans les forêts du Maine ou au Cap Cod

 

 

C'est pour exercer mon anglais !

 

Plongez vous dans la vie de Thoreau en images mais aussi grâce aux quatre pages d’info qui terminent la BD

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La BD : Thoreau la vie sublime - A Dan - Emmanuel Le Roy - Editions Le Lombard

03/09/2014

Une BD naturaliste

Après un été très calme côté lectures je vous propose de retrouver un personnage bien connu et un lieu déjà exploré mais sur le mode BD cette fois.

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et un lieu déjà exploré mais sur le mode BD cette fois.

C'est ici dès demain

30/08/2014

Poésie du gérondif - Jean-Pierre Minaudier


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Histoire de fêter un peu la rentrée scolaire, si on parlait un peu de grammaire

Enfin pas de n’importe quelle grammaire, non plutôt des 1163 livres de grammaire que possède l’auteur !! Quand je pense que je n’ai même pas une grammaire française sur mes étagères ....

 

Jean-Pierre Minaudier l’avoue il faut être un peu fou pour faire collection de livres de grammaire, mais que voulez-vous ça le tient depuis l’adolescence. Il est fasciné par les langues, toutes les langues ! même celles qui ne sont parlées que par quelques individus perdus au fin fond d’un désert Australien. Sa collection couvre 864 langues.

D’ailleurs il affirme « La lecture d’une grammaire peut constituer un véritable roman policier » comme je suis amateur de polar j’ai décidé de le suivre.

 

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Un érudit cet homme bien sûr mais ne croyez pas qu’il parle 35 langues, non non il se contente (à part les langues usuelles anglais, espagnol) du basque et...de l’estonien. Un doux dingue je vous dis !

Mais le lecteur se laisse totalement embarqué dans sa folie, son humour est ravageur, je vous déconseille de lire son livre dans le métro ou le train vous allez attirer sur vous des regards interrogatifs.

Il y a son parcours du combattants pour acheter, parfois à prix d’or, LA grammaire qu’il guigne, il y a son affirmation « Une grammaire est une espèce de grand sudoku : par déductions successives, il faut rassembler les pièces d’un puzzle logique », il y a cette langue qui aligne pas moins de 117 consonnes, la prononciation je vous dis pas, on peut aller se rhabiller avec notre anticonstitutionnellement.

Il y a cette langue sibérienne qui est différente selon qu’elle est parlée par un homme ou une femme, il y a le coréen qui n’a pas moins de six façons pour saluer une personne. 

Il y a ces langues fabuleuses comme le japonais qui sont des langues détenant des mots impressifs, quésaco ? ce sont ces mots imagés un peu comme nos onomatopées, par exemple truytte en japonais évoque le bruit d'un baiser, ou le mot pika un éclair de lumière. 

Quand vous pensez que les étrangers se plaignent que le genre en français est difficile à mémoriser alors que certaines langues africaines n’ont pas moins de 20 genres

L’amusement de l’auteur est communicatif :

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« Voici comment on dit “J’ai vu un animal de ce type”  en kalam, une langue papoue de Nouvelle-Guinée orientale : Knm nb nnnk. Toute personne capable de prononcer cette phrase gagnera une chaussette d’archiduchesse séchée sur une souche sèche. »

 

Et l’on se prend à prévoir un détour par le rayon grammaire de la bibliothèque.

 

Mais soyons un peu sérieux, Jean-Pierre Minaudier explique très bien en quoi les langues orientent notre vision du monde, reflètent un système de pensée, à la fois richesse extraordinaire mais parfois aussi carcan.

L’auteur s’est amusé à nous offrir à chaque page une phrase dans une langue telle que le Dimal, le Harari, le Lakota ou le Pipil, et vous serez certainement content d’apprendre comment on dit « j’ai sorti les ordures de la maison » en Hoan ou « viens par ici » en nez-percé ou mieux Tuktusiuqatiqarumalauqpuq qui veut dire « Il désira avoir un compagnon de chasse au caribou » en inuktiktut comme vous l’avez sûrement deviné.

 

Heureux propriétaire d’une bibliothèque hors normes, Jean-Pierre Minaudier m’a amusé, enchanté, intéressé. J’ai aimé cet ode à la diversité, cette confession loufoque qui fait éclater le carcan universitaire. Bref j’ai aimé cette invitation au voyage au pays de la grammaire.

 

 

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Le livre : Poésie du gérondif - Jean-Pierre Minaudier - Editions Le Tripode

 

29/08/2014

Fêtons la rentrée

 

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La rentrée approche, j'ai pensé qu'il était bon d'en faire une fête et je vous propose pour cela un livre très réjouissant pour vous ramenez à vos années d'école 

C'est ici dès demain

25/08/2014

Géographie de l'instant - Sylvain Tesson

 

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Jusqu’ici mes lectures de Sylvain Tesson ne s’étaient pas révélées très convaincantes, agacée par le ton de son récit d’ermite russe, pourtant j’ai lu avec intérêt cette Géographie de l’instant.

J’ai aimé car cette lecture correspondait à mon rythme de lecture un peu haché, ce recueil de chroniques se prêtait bien à une lecture en zigzag. 

Comme souvent dans ce genre de livres tout n’est pas du même niveau, j’ai aimé les petits récits des antipodes, certains sont beaux, d’autres drôles ou désolants selon la destination ou la période. 

 

J’ai picoré allègrement des titres de livres qui me font de l’oeil et question lecture Sylvain Tesson n’est pas en reste.

Par contre j’ai nettement moins été subjuguée par ses jugements un peu à l’emporte pièce, je n’arrive pas à comprendre ce qui donne autant d’assurance à un auteur sur des sujets qui ne sont en rien de son ressort propre. Comprenez moi, tout le monde à droit à un avis mais le publier sous couvert de l’écrivain voyageur je trouve ça prétentieux et inutile. 

Un petit livre plutôt sympathique donc truffé de citations,  ça j’aime  et de destinations qui font rêver.

 

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Le livre : Géographie de l’instant - Sylvain Tesson - Editions Pocket

24/08/2014

Pure Coïncidence

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Rien à voir avec la volonté de coller à l'actualité, j'ai lu le livre de Sylvain Tesson il y a plusieurs mois et j'avais gardé mon billet pour un jour de disette car parfois j'ai une vraie paresse pour écrire les billets

C'est ici dès demain

 

21/08/2014

L'appel du Causse - William S Merwin et Michael Taylor


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Un livre attachant, riche, double, un livre qui parle de la terre de France avec un petit accent américain.

Le nom de William S Merwin ne vous est sans doute pas connu, c’est pourtant un poète américain reconnu. 

En 1950 il parcourt la France et a un coup de foudre total pour une région : le Quercy. Et nous allons, grâce à William Merwin, arpenter ces terres arides, admirer les jeux de lumière, faire connaissance avec les habitants bourrus qui semblent au poète n’avoir pas vraiment changé depuis l’épique des troubadours

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Le poète part en quête d’un havre, d’un lieu de vie et il le trouve à Lacam. Il va au fil du temps transformer une ruine en une maison qui s’intègre parfaitement dans le paysage, premier habitant du hameau à n’être pas né là !!

Dans les années qui suivent il va y faire de nombreux séjours,le lieu, la nature, les paysages vont lui inspirer des poèmes et des textes en prose que l’on découvre dans ce livre.

 

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Le Hameau de Lacam  © Autour du puits 

« Mes jours solitaires dans cet endroit silencieux représentent un point culminant dans ma vie, un trésor éternel, une source à laquelle je reviens sans cesse.»  

 

A la manière de Stevenson il a arpenté les chemins, les collines, les prés de la région et son amour est resté intact. Son ami Michael Taylor, qui l’a rencontré à la faveur d’une interview, est amoureux lui aussi de ce Causse magnifique et donne une très belle introduction aux textes de Merwin. 

C’est un plaisir de lire la prose de Merwin, il a étudié le vieux français pour pouvoir lire Villon et c’est un passionné de la langue d’Oc des troubadours.

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© Autour du puits

« Ce sont ce monde ancien, cette culture et ce paysage qui ont saisi mon imagination. Un lieu d’une ancienneté incommensurable avec un profond silence sous-jacent. »

 

Les amoureux de la région l’on peut être déjà rencontré.

Ecoutez son ami Michael Taylor qui en parle très bien.

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La Maison de William Merwin © Autour du puits 

« tout y est pour qui aime vivre les saisons, arpenter les sentiers, contempler les paysages immaculés, cueillir les champignons ou cultiver son jardin. Bien sûr, c’est un peu nostalgique: Merwin vit la disparition de la vieille paysannerie et les débuts d’une autre époque, peut-être moins poétique. Mais nous savons que l’auteur revient chaque année passer quelques mois dans sa vieille maison. Qui sait si vous ne l’apercevrez pas un jour, au détour d’une promenade, derrière les murs en pierres sèches » 

 

Un grand merci à Aloïs qui m'a permis d'illustrer ce billet de photos superbes prises sur les lieux mêmes

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Le livre : L’appel du Causse - William S Merwin et Michael Taylor - Editions Fanlac

 

Les auteurs

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Michael Taylor  et William S Merwin

 

16/08/2014

Madame Zola - Evelyne Bloch-Dano

C’est après une visite de la maison de Zola qu’Evelyne Bloch-Dano décida d’écrire une biographie de Madame Zola afin de nous dire comment la petite lingère devint la femme d’un des hommes les plus célèbres, les plus honnis, les plus admirés.

 

La vie des grands hommes est rarement un long fleuve tranquille et parfois les compagnes en paient le prix, je vous laisse relire comment Sofia Tolstoï fut traitée en son temps.

 

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Portrait de Madame Zola par Manet - Musée d'Orsay

C’est l’histoire d’une femme qui longtemps souffrit de sa non reconnaissance. Gabrielle fut tout d’abord une grisette qui pose pour les Impressionnistes, qui fait du canotage sur les bords de Seine. 

Sa rencontre avec Emile va totalement changer sa vie, il fut l’unique passion pour cette jeune femme peu éduquée que les Goncourt jamais en reste d’une amabilité qualifiaient de « poissarde ». 

Elle est la muse fidèle, l’organisatrice des dîners amicaux ou mondains qui « sont 1'œuvre commune de Gabrielle et d'Émile, une sorte de fête de famille élargie, un rituel amical, même s'ils ont dès le début une portée artistique non négligeable »

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Alexandrine 

Elle est aux côtés de Zola quand la presse le cloue au pilori après la publication de Thérèse Raquin « longue série d'articles injurieux qui dénoncent avec une violence inouïe l'immoralité de Zola. »

C’est un couple qui vit dans le pêché ! le mariage n’interviendra que des années plus tard, elle en profitera à ce moment là pour changer de prénom comme pour effacer une ardoise un peu lourde à porter.

Gabrielle est devenu Alexandrine, elle est une femme respectable, « elle s'offre plus qu'une virginité : un baptême » et le mariage semble leur avoir ouvert les portes de la réussite car cette année là parait le premier roman des Rougon.

Toute dévouée « Elle veille sur son mari comme sur un grand naïf prompt à se décourager ou à se laisser berner. »

Ce sont les années d’intense création entre « 1871 et 1877, il publie La Fortune des Rougon, La Curée, Le Ventre de Paris, La Conquête de Plassans, La Faute de l'abbé Mouret, Son Excellence Eugène Rougon et L'Assommoir. »

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Maison de Zola à Médan

Le cercle des amis s’agrandit « Il se lie aussi avec Gustave Flaubert, Alphonse Daudet et Ivan Tourgueniev, et des dîners littéraires les réunissent régulièrement »

Emile est devenu célèbre, Alexandrine participe à l’animation des soirées de Médan où se croisent Monet, Cézanne, Manet

 

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Henri Fantin-Latour Un atelier aux Batignolles
Paris, musée d'Orsay© photo RMN, Hervé Lewandowski

 

Mais Alexandrine n’a pas réussi à lui donner un enfant. Le couple va connaitre une crise très violent lorsque Zola tombe amoureux de Jeanne Rouzerot et lui fait 2 enfants : Denise et Jacques

 

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Zola, Jeanne et leurs deux enfants

 

« voici donc Alexandrine dans le rôle ingrat de l'épouse vieillissante, frigide et trompée. »

Cette femme bafouée ne va pourtant pas baisser les bras et « Tout au long de l'Affaire, Alexandrine sera l'alter ego de Zola, sa correspondante de guerre, son témoin numéro 1. »

 

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Elle est là dans l’exil « le rôle de Madame Zola est tracé : elle est « la gardienne et la dévouée », chargée de représenter et défendre l'écrivain. Elle va s'y consacrer à plein temps, y puiser des forces neuves - et surtout y gagner une stature que sans l'exil, elle n'aurait jamais acquis »

 

Une belle biographie tracée par Evelyne Bloch-Dano dont j’avais déjà apprécié le portrait de Madame Proust. Elle nous fait aimé cette femme qui eu à la fin de sa vie un geste beau et magnanime en oeuvrant pour qu’ « un décret officiel accorde à Denise et Jacques le droit de porter le nom de leur père : Émile-Zola. »

 

Pour retrouver tous mes billets sur Zola c'est ici

 

 

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Le livre : Madame Zola - Evelyne Bloch-Dano - Editions Grasset numérique

14/08/2014

Pour en finir avec Zola

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Le titre du billet est un peu provocateur, mais c’est moi que je provoque, j’avais décidé il y a quelques mois de lire Les Rougon Macquart de bout en bout et dans l’ordre, chose que je n’avais jamais fait.

 

Mais voilà j’ai calé sur un roman et du coup je me suis arrêtée là.

J’ai décidé de reprendre quitte à sauter certains titres que j’ai déjà lus comme Germinal ou qui ne m’accrochent pas du tout comme Nana

 

Je ne dis pas que je vais lire ça en deux temps trois mouvements mais je suis de nouveau en route et j’en profite pour enrichir ma lecture d’une biographie.

 

Rendez-vous ici dès demain

10/08/2014

L'âne et l'abeille - Gilles Lapouge

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« Jésus décida de récompenser l'âne de Bethléem. il donna à tous les descendants de cet âne le pouvoir de rire.»

 

Voilà un homme qui aime les chauve-souris et les colibris mais qui fait carrément une fixation sur les ânes et les abeilles. 

Son choix est poétique, c’est la faute non pas à Voltaire mais à Francis Jammes et au divin Platon.

Tombé dans le poème de Francis Jammes quand il était jeune, mais si vous savez...

 

J’aime l’âne si doux
marchant le long des houx.
 
Il prend garde aux abeilles
et bouge ses oreilles 

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Celui là se nomme Séraphin

Voilà notre homme qui s’embarque dans un livre où il est question du mariage improbable de ces deux animaux.Gilles Lapouge est amoureux à la fois de l’âne « qui bouge ses oreilles » et de l’abeille industrieuse.

L’âne têtu (et ce n’est pas un mythe) et humble comme celui de la crèche à qui il manque une vertèbre ce qui le rend corvéable à merci, ne dit-on pas âne bâté ?

L’âne marche, musarde, flâne, « L’âne est tenté par l'anarchie. » alors que l’abeille chacun sait qu’elle est une travailleuse hors pair, acceptant de se dévouer corps et âme pour sa reine et qui nous donne son miel. Gilles Lapouge nous dit

« Ses colonies et ses ruches préfigurent les sociétés glaciales, techniciennes, sans ferveur ni déchirements, barbares en somme, modernes en somme »

L’abeille elle philosophiquement n’est pas pour l’anarchie  « L’abeille est utopiste, à la manière de Platon et de Thomas Moore. » et elles sont résolument pour une société loin de tout individualisme.

 

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« Les abeilles, en s'associant les unes avec les autres, sacrifient leur indépendance, leur insouciance, leur goût du plaisir et leur passion de l'inutile. »

 

Ânes et abeilles, ils les passe tous en revue, de Modestine accompagnant Stevenson, aux pauvres ânes des tranchées de Verdun (ils y étaient !) en passant bien évidemment par La Fontaine incontournable quand il s’agit d’animaux. Mais il y a aussi : la Bible, la mythologie, Homère, Aristote ou l’inévitable Marcel P.

Pour les abeilles c’est itou, des blasons à l’étude des ruches, aux savants qui se sont interroger sur la fabrication du miel et sur le sexe non pas des anges mais des bourdons, là Lapouge est ferme : l’abeille n’a pas de vie sexuelle qu’on se le dise ! si ce n’est avec des fleurs....alors que l’âne lui est un des seuls animaux à s’accoupler hors de son espèces ! oh voilà bien un « exhibitionniste » osé ! 

 

C’est une lecture délicieuse, douce comme le miel mais qui requière la ténacité de l’âne car Gilles Lapouge n’est pas en reste d’érudition et remonte allègrement les siècles pour nous enchanter. Je vous avertis que quand Lapouge vous tient il ne vous lâche plus et que l’on file doux 

Un livre qui en en même temps fable philosophique, essai scientifique mais surtout une fantasia poétique et amoureuse.

 

Le livre : l’âne et l’abeille - Gilles Lapouge - Editions Albin Michel 

 

09/08/2014

Où mène la poésie et la philo


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La poésie et la philosophie peuvent parfois emporter un auteur jusqu'à la folie.

Enfin je dis folie mais c'est une folie joyeuse, drôle et pleine de surprise. je vous donne un indice

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Dès demain découvrez un auteur qui aime les chauve-souris, les colibris et bien d'autres animaux.

03/08/2014

A la pêche aux moules

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Je vous abandonne quelques jours.

je vais sur une île pour me gaver d'huitres, de marées, de petits enfants et d'amitié.

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