16/09/2014

L'île du serment - Peter May

Et voilà de retour l’homme des îles. 

 

madeleine.jpg

Si vous avez aimé la série précédente autour des îles écossaises vous allez aimé ce polar là. 

Quand on est îlien c’est pour toujours et Peter May a beau se transporter de l’autre côté de l’Atlantique c’est encore sur une île que nous débarquons.

 

entry_island_quebec_canad-453241.jpg

                            Entry Island

Entry Island fait partie des îles de la Madeleine au Canada, des îles désertées par la jeunesse, où le temps s’étire à l’infini. Le jour où James Cowell, l’homme le plus riche de l’île est assassiné il n’est pas difficile de trouver un coupable et d’ailleurs plutôt une coupable, Kirsty sa femme de qui il s’apprêtait à divorcer. 

Simon McKenzie de la police de Montréal va enquêter, seul des policiers à être suffisamment bilingue pour les interrogatoires et ces maudits iliens refusant de parler le français, c’est un tout bon policier mais en ce moment il pète un peu les plombs vu que sa femme l’a un peu planté là, cela l’a rendu totalement insomniaque et il passe ses nuits à se balader et que comble de bonheur elle est aussi la légiste sur ce coup là. 

 

Magdalen Island trip 2008 374.jpg

Aussi quand il pense connaitre Kristy Cowell alors que c’est impossible, ses collègues s’inquiètent pour sa santé mentale.

Rien que de très classique là dedans mais ....

Vous avez noté dans sa série précédent que l’auteur aime mêler petite et grande histoire, c’est d’ailleurs ce qui faisait le charme de ses trois romans. Ici vous allez découvrir un épisode très peu connu : celui de la famine en Ecosse (on connaissait celle de l’Irlande bien sûr) et de l’émigration forcé des ces hommes et femmes vers le Canada. D’ailleurs notre flic en question est d’origine écossaise. Allez je vous laisse découvrir la suite mais sachez que l’on y prend plaisir à découvrir cette histoire oubliée et à suivre l’enquête de Sime (Simon en gaélique !) 

 

9782812607233FS.gif

 

Le Livre : L’île du serment - Peter May - Traduit par Jean-René Dastugue - Editions du Rouergue

12/09/2014

Police - Jo Nesbø

article_politi.jpg

                           ©JONATHAN NACKSTRAND / AFP

 

Sans déflorer le suspens de ce polar et pour ceux et celles qui n’ont pas lu « Fantôme » l’opus précédent, sachez que Harry Hole la vedette de la police Norvégienne, a été laissé pour mort, une balle dans la tête du genre dont on ne se remet pas. 

Nesbø c’est le top question suspense et ici non  seulement il ne démérite pas mais il est parfait. 

Vite fait et pour vous orienter un peu :  un retraité de la police est assassiné sur les lieux mêmes d’un meurtre non résolu. Mais après Erlent Vennesta, deux autres policiers vont être tués dans des circonstances similaires.

 

article_16332.jpg

L’équipe sous les ordres de Mickael Bellman n’arrive à rien et Gunnar Hagen son adjoint reconstitue l’équipe de Harry Hole ou du moins ce qu’il en reste pour résoudre ces trois meurtres.

Dans le même temps un patient est sous haute surveillance à l’hôpital d’Oslo, on ne connait pas son identité mais on devine rapidement que c’est un témoins clé dans une affaire plus que sensible. Très vite on sait que bien des gens prient pour qu’il ne se réveille jamais.

 

Et là stop, je ne dirai plus rien pour vous laisser tout le plaisir de la lecture haletante, je vous laisse trembler, vous faire mener en bateau, vous impatienter, vous creuser les méninges.

Jo Nesbø est parfait de ruse, de manipulation, ses dialogues et son intrigue sont percutants. Un très bon cru aussi bon que « Le bonhomme de neige » 

 

 

Le livre : Police - Jo Nesbø - Traduit par Alain Gnaedig - Editions Gallimard

11/09/2014

Scènes de crimes

 crime-scene-tape.jpg

Quand rien ne me tente vraiment je sais pouvoir me tourner vers les polars, ils peuvent parfois être un moyen de dépaysement très fort.

 

Un classique qui est une suite mais que l'on peut lire tel quel, un voyage sur une île presque au bout du monde, un qui est un clin d'oeil à une belle ville baroque, et enfin un polar version germanique

Si ça vous tente c'est ici dès demain

08/09/2014

La couleur du lait - Nell Leyshon

 

dorset life.jpg

 

La vie dans le Dorset

 

Dickens fut le chantre de la pauvreté des villes mais à travers ses romans on voit peu le monde rural. Pourtant au XIXème siècle le peuple des campagne ne nageait pas dans l’opulence loin s’en faut. C’est ce monde que propose Nell Leyshon avec ce roman. 

 

«  Ceci est mon livre et je l'écris de ma propre main

nous sommes en l'an de grâce mille huit cent trente et un, j'ai quinze ans et je suis assise à ma fenêtre. je vois beaucoup de choses. je vois les oiseaux qui piaillent dans le ciel. je vois les arbres je vois les feuilles.

et chaque feuille a ses veines.

chaque tronc a ses fissures.

je suis pas très grande et mes cheveux ont la couleur du lait. »

 

Mary est très jeune,  elle ne tient pas un journal, non, pourtant elle nous fait le récit de sa courte vie parce qu’il y a urgence.

Jusqu’à quinze ans elle a vécu à la ferme de ses parents dans le Dorset, un quotidien sombre, dur, violent. Elle n’est jamais allé à l’école, pas plus que ses soeurs, elle trime du matin au soir, travail ponctué par des coups, des humiliations, des moqueries sur sa boiterie, souffre-douleur du père, seul son grand-père est proche d’elle et d’une certaine façon elle le protège.

Les coups pleuvent sur elle car elle n’a pas la langue dans sa poche, elle se rebelle et elle est d’une spontanéité qui souvent la met en danger.

 

 

dorset.jpg

Le Dorset

 

Sa vie va changer lorsqu’elle est quasiment vendue au pasteur du village M Graham, qui cherche de l’aide pour s’occuper de son épouse malade. C’est au presbytère  qu’elle va avoir l’opportunité d’apprendre à lire et à écrire mais je ne vous dévoile rien sur sa façon d’apprendre à lire.

Elle à rêver de lire pourtant elle a du mal à couper les ponts avec sa famille comme si elle avait compris qu’il y aurait pour elle un prix à payer pour avoir voulu se hisser un rien au dessus des femmes de la famille.

 

 

dorset 2.jpg

 

                 Une si jolie campagne

 

J’ai aimé le style du récit, l’auteur nous restitue une langue encore un peu pauvre, maladroite mais pleine de spontanéité. Le rythme donné au récit se fait urgent, les mots manifestement se bousculent sous la plume de Mary. 

Nell Leyshon n’entretient aucun suspense mais parvient à tenir le lecteur en haleine grâce à une écriture qui sert parfaitement le roman avec parfois des métaphores bibliques

C’est un roman très court, le sujet est presque banal mais Nell Leyshon en fait un très beau récit dans lequel la voix de Mary s’élève de façon intense et tendre.

 

9782752909824FS.gif

 

Le livre : La couleur du lait - Nell Leyshon - Traduit par Karine Lalechère - Editions Phébus

 

07/09/2014

Ruralité

 

photo.JPG

Première lecture de rentrée et j'ai eu la main heureuse 

Rendez-vous dès demain pour faire connaissance avec une belle campagne 

dorset 3.jpg

04/09/2014

Thoreau la vie sublime - Emmanuel Le Roy - A Dan

thoreau.jpg

              ©sans-langue-de-bois.

 

C’est une tendance qui se généralise de mettre en BD des oeuvres de la littérature. On trouve aussi des biographies de philosophes et comme j’avais bien aimé celle de Nietzsche j’ai repiqué avec Thoreau la vie sublime d’autant que l’auteur est le même ce qui était gage de qualité.

 

photo 1.JPG

Pas de surprise à la lecture car les auteurs sont très respectueux de la biographie bien nette, bien calibrée.

On prend le philosophe en 1845 quand il revient à Concord après un échec dans une carrière d’enseignant.

Les images nous emportent au bord de l’étang de Walden mais aussi dans la prison où Thoreau ne passera en fait que 24 heures mais sa rébellion le rendra célèbre à jamais en attendant que les générations futures se prennent à jouer les ermites en l’imitant. 

 

photo 2.JPG

On voit Thoreau partir en randonnée, écrire, se battre contre l’esclavage et la condamnation de John Brown

Je ne dirais pas que j’ai fait des découvertes mais j’ai trouvé l’album de bonne qualité et une parfaite introduction à la lecture de Walden ou aux récits de marche qu’il fit dans les forêts du Maine ou au Cap Cod

 

 

C'est pour exercer mon anglais !

 

Plongez vous dans la vie de Thoreau en images mais aussi grâce aux quatre pages d’info qui terminent la BD

9782803631001FS.gif

 

La BD : Thoreau la vie sublime - A Dan - Emmanuel Le Roy - Editions Le Lombard

03/09/2014

Une BD naturaliste

Après un été très calme côté lectures je vous propose de retrouver un personnage bien connu et un lieu déjà exploré mais sur le mode BD cette fois.

Walden_Pond_in_October,_Concord_MA.jpg

et un lieu déjà exploré mais sur le mode BD cette fois.

C'est ici dès demain

30/08/2014

Poésie du gérondif - Jean-Pierre Minaudier


grammaire.jpg

 

Histoire de fêter un peu la rentrée scolaire, si on parlait un peu de grammaire

Enfin pas de n’importe quelle grammaire, non plutôt des 1163 livres de grammaire que possède l’auteur !! Quand je pense que je n’ai même pas une grammaire française sur mes étagères ....

 

Jean-Pierre Minaudier l’avoue il faut être un peu fou pour faire collection de livres de grammaire, mais que voulez-vous ça le tient depuis l’adolescence. Il est fasciné par les langues, toutes les langues ! même celles qui ne sont parlées que par quelques individus perdus au fin fond d’un désert Australien. Sa collection couvre 864 langues.

D’ailleurs il affirme « La lecture d’une grammaire peut constituer un véritable roman policier » comme je suis amateur de polar j’ai décidé de le suivre.

 

polar.jpg

Un érudit cet homme bien sûr mais ne croyez pas qu’il parle 35 langues, non non il se contente (à part les langues usuelles anglais, espagnol) du basque et...de l’estonien. Un doux dingue je vous dis !

Mais le lecteur se laisse totalement embarqué dans sa folie, son humour est ravageur, je vous déconseille de lire son livre dans le métro ou le train vous allez attirer sur vous des regards interrogatifs.

Il y a son parcours du combattants pour acheter, parfois à prix d’or, LA grammaire qu’il guigne, il y a son affirmation « Une grammaire est une espèce de grand sudoku : par déductions successives, il faut rassembler les pièces d’un puzzle logique », il y a cette langue qui aligne pas moins de 117 consonnes, la prononciation je vous dis pas, on peut aller se rhabiller avec notre anticonstitutionnellement.

Il y a cette langue sibérienne qui est différente selon qu’elle est parlée par un homme ou une femme, il y a le coréen qui n’a pas moins de six façons pour saluer une personne. 

Il y a ces langues fabuleuses comme le japonais qui sont des langues détenant des mots impressifs, quésaco ? ce sont ces mots imagés un peu comme nos onomatopées, par exemple truytte en japonais évoque le bruit d'un baiser, ou le mot pika un éclair de lumière. 

Quand vous pensez que les étrangers se plaignent que le genre en français est difficile à mémoriser alors que certaines langues africaines n’ont pas moins de 20 genres

L’amusement de l’auteur est communicatif :

chaussettes.jpg

« Voici comment on dit “J’ai vu un animal de ce type”  en kalam, une langue papoue de Nouvelle-Guinée orientale : Knm nb nnnk. Toute personne capable de prononcer cette phrase gagnera une chaussette d’archiduchesse séchée sur une souche sèche. »

 

Et l’on se prend à prévoir un détour par le rayon grammaire de la bibliothèque.

 

Mais soyons un peu sérieux, Jean-Pierre Minaudier explique très bien en quoi les langues orientent notre vision du monde, reflètent un système de pensée, à la fois richesse extraordinaire mais parfois aussi carcan.

L’auteur s’est amusé à nous offrir à chaque page une phrase dans une langue telle que le Dimal, le Harari, le Lakota ou le Pipil, et vous serez certainement content d’apprendre comment on dit « j’ai sorti les ordures de la maison » en Hoan ou « viens par ici » en nez-percé ou mieux Tuktusiuqatiqarumalauqpuq qui veut dire « Il désira avoir un compagnon de chasse au caribou » en inuktiktut comme vous l’avez sûrement deviné.

 

Heureux propriétaire d’une bibliothèque hors normes, Jean-Pierre Minaudier m’a amusé, enchanté, intéressé. J’ai aimé cet ode à la diversité, cette confession loufoque qui fait éclater le carcan universitaire. Bref j’ai aimé cette invitation au voyage au pays de la grammaire.

 

 

9782370550163FS.gif

 

 

Le livre : Poésie du gérondif - Jean-Pierre Minaudier - Editions Le Tripode

 

29/08/2014

Fêtons la rentrée

 

rentrée.jpg

La rentrée approche, j'ai pensé qu'il était bon d'en faire une fête et je vous propose pour cela un livre très réjouissant pour vous ramenez à vos années d'école 

C'est ici dès demain

25/08/2014

Géographie de l'instant - Sylvain Tesson

 

geographie.jpg

 

 

Jusqu’ici mes lectures de Sylvain Tesson ne s’étaient pas révélées très convaincantes, agacée par le ton de son récit d’ermite russe, pourtant j’ai lu avec intérêt cette Géographie de l’instant.

J’ai aimé car cette lecture correspondait à mon rythme de lecture un peu haché, ce recueil de chroniques se prêtait bien à une lecture en zigzag. 

Comme souvent dans ce genre de livres tout n’est pas du même niveau, j’ai aimé les petits récits des antipodes, certains sont beaux, d’autres drôles ou désolants selon la destination ou la période. 

 

J’ai picoré allègrement des titres de livres qui me font de l’oeil et question lecture Sylvain Tesson n’est pas en reste.

Par contre j’ai nettement moins été subjuguée par ses jugements un peu à l’emporte pièce, je n’arrive pas à comprendre ce qui donne autant d’assurance à un auteur sur des sujets qui ne sont en rien de son ressort propre. Comprenez moi, tout le monde à droit à un avis mais le publier sous couvert de l’écrivain voyageur je trouve ça prétentieux et inutile. 

Un petit livre plutôt sympathique donc truffé de citations,  ça j’aime  et de destinations qui font rêver.

 

9782266241342FS.gif

  

Le livre : Géographie de l’instant - Sylvain Tesson - Editions Pocket

24/08/2014

Pure Coïncidence

sylvain-tesson-siberie-758197-jpg_512391.jpg

Rien à voir avec la volonté de coller à l'actualité, j'ai lu le livre de Sylvain Tesson il y a plusieurs mois et j'avais gardé mon billet pour un jour de disette car parfois j'ai une vraie paresse pour écrire les billets

C'est ici dès demain

 

21/08/2014

L'appel du Causse - William S Merwin et Michael Taylor


643_1.jpg

Un livre attachant, riche, double, un livre qui parle de la terre de France avec un petit accent américain.

Le nom de William S Merwin ne vous est sans doute pas connu, c’est pourtant un poète américain reconnu. 

En 1950 il parcourt la France et a un coup de foudre total pour une région : le Quercy. Et nous allons, grâce à William Merwin, arpenter ces terres arides, admirer les jeux de lumière, faire connaissance avec les habitants bourrus qui semblent au poète n’avoir pas vraiment changé depuis l’épique des troubadours

parc-naturel-regional-des-causses-du-quercy-05.jpg

Le poète part en quête d’un havre, d’un lieu de vie et il le trouve à Lacam. Il va au fil du temps transformer une ruine en une maison qui s’intègre parfaitement dans le paysage, premier habitant du hameau à n’être pas né là !!

Dans les années qui suivent il va y faire de nombreux séjours,le lieu, la nature, les paysages vont lui inspirer des poèmes et des textes en prose que l’on découvre dans ce livre.

 

2bis.jpg

Le Hameau de Lacam  © Autour du puits 

« Mes jours solitaires dans cet endroit silencieux représentent un point culminant dans ma vie, un trésor éternel, une source à laquelle je reviens sans cesse.»  

 

A la manière de Stevenson il a arpenté les chemins, les collines, les prés de la région et son amour est resté intact. Son ami Michael Taylor, qui l’a rencontré à la faveur d’une interview, est amoureux lui aussi de ce Causse magnifique et donne une très belle introduction aux textes de Merwin. 

C’est un plaisir de lire la prose de Merwin, il a étudié le vieux français pour pouvoir lire Villon et c’est un passionné de la langue d’Oc des troubadours.

brume mat 2.jpg

© Autour du puits

« Ce sont ce monde ancien, cette culture et ce paysage qui ont saisi mon imagination. Un lieu d’une ancienneté incommensurable avec un profond silence sous-jacent. »

 

Les amoureux de la région l’on peut être déjà rencontré.

Ecoutez son ami Michael Taylor qui en parle très bien.

LACAM PAULIAC 049-001.jpg

La Maison de William Merwin © Autour du puits 

« tout y est pour qui aime vivre les saisons, arpenter les sentiers, contempler les paysages immaculés, cueillir les champignons ou cultiver son jardin. Bien sûr, c’est un peu nostalgique: Merwin vit la disparition de la vieille paysannerie et les débuts d’une autre époque, peut-être moins poétique. Mais nous savons que l’auteur revient chaque année passer quelques mois dans sa vieille maison. Qui sait si vous ne l’apercevrez pas un jour, au détour d’une promenade, derrière les murs en pierres sèches » 

 

Un grand merci à Aloïs qui m'a permis d'illustrer ce billet de photos superbes prises sur les lieux mêmes

9782865772766FS.gif

Le livre : L’appel du Causse - William S Merwin et Michael Taylor - Editions Fanlac

 

Les auteurs

1055145_1334344_800x400.jpg

Michael Taylor  et William S Merwin

 

16/08/2014

Madame Zola - Evelyne Bloch-Dano

C’est après une visite de la maison de Zola qu’Evelyne Bloch-Dano décida d’écrire une biographie de Madame Zola afin de nous dire comment la petite lingère devint la femme d’un des hommes les plus célèbres, les plus honnis, les plus admirés.

 

La vie des grands hommes est rarement un long fleuve tranquille et parfois les compagnes en paient le prix, je vous laisse relire comment Sofia Tolstoï fut traitée en son temps.

 

 zola.jpg

Portrait de Madame Zola par Manet - Musée d'Orsay

C’est l’histoire d’une femme qui longtemps souffrit de sa non reconnaissance. Gabrielle fut tout d’abord une grisette qui pose pour les Impressionnistes, qui fait du canotage sur les bords de Seine. 

Sa rencontre avec Emile va totalement changer sa vie, il fut l’unique passion pour cette jeune femme peu éduquée que les Goncourt jamais en reste d’une amabilité qualifiaient de « poissarde ». 

Elle est la muse fidèle, l’organisatrice des dîners amicaux ou mondains qui « sont 1'œuvre commune de Gabrielle et d'Émile, une sorte de fête de famille élargie, un rituel amical, même s'ils ont dès le début une portée artistique non négligeable »

madame zola.jpg

Alexandrine 

Elle est aux côtés de Zola quand la presse le cloue au pilori après la publication de Thérèse Raquin « longue série d'articles injurieux qui dénoncent avec une violence inouïe l'immoralité de Zola. »

C’est un couple qui vit dans le pêché ! le mariage n’interviendra que des années plus tard, elle en profitera à ce moment là pour changer de prénom comme pour effacer une ardoise un peu lourde à porter.

Gabrielle est devenu Alexandrine, elle est une femme respectable, « elle s'offre plus qu'une virginité : un baptême » et le mariage semble leur avoir ouvert les portes de la réussite car cette année là parait le premier roman des Rougon.

Toute dévouée « Elle veille sur son mari comme sur un grand naïf prompt à se décourager ou à se laisser berner. »

Ce sont les années d’intense création entre « 1871 et 1877, il publie La Fortune des Rougon, La Curée, Le Ventre de Paris, La Conquête de Plassans, La Faute de l'abbé Mouret, Son Excellence Eugène Rougon et L'Assommoir. »

maison-demile-zola-medan.jpg

Maison de Zola à Médan

Le cercle des amis s’agrandit « Il se lie aussi avec Gustave Flaubert, Alphonse Daudet et Ivan Tourgueniev, et des dîners littéraires les réunissent régulièrement »

Emile est devenu célèbre, Alexandrine participe à l’animation des soirées de Médan où se croisent Monet, Cézanne, Manet

 

fantin-latour-atelier-batignolles.jpg

Henri Fantin-Latour Un atelier aux Batignolles
Paris, musée d'Orsay© photo RMN, Hervé Lewandowski

 

Mais Alexandrine n’a pas réussi à lui donner un enfant. Le couple va connaitre une crise très violent lorsque Zola tombe amoureux de Jeanne Rouzerot et lui fait 2 enfants : Denise et Jacques

 

Emile_zola_et_sa_famille.jpg

Zola, Jeanne et leurs deux enfants

 

« voici donc Alexandrine dans le rôle ingrat de l'épouse vieillissante, frigide et trompée. »

Cette femme bafouée ne va pourtant pas baisser les bras et « Tout au long de l'Affaire, Alexandrine sera l'alter ego de Zola, sa correspondante de guerre, son témoin numéro 1. »

 

ZOLA_Pilori.jpg

 

Elle est là dans l’exil « le rôle de Madame Zola est tracé : elle est « la gardienne et la dévouée », chargée de représenter et défendre l'écrivain. Elle va s'y consacrer à plein temps, y puiser des forces neuves - et surtout y gagner une stature que sans l'exil, elle n'aurait jamais acquis »

 

Une belle biographie tracée par Evelyne Bloch-Dano dont j’avais déjà apprécié le portrait de Madame Proust. Elle nous fait aimé cette femme qui eu à la fin de sa vie un geste beau et magnanime en oeuvrant pour qu’ « un décret officiel accorde à Denise et Jacques le droit de porter le nom de leur père : Émile-Zola. »

 

Pour retrouver tous mes billets sur Zola c'est ici

 

 

9782246521495FS.gif

 

Le livre : Madame Zola - Evelyne Bloch-Dano - Editions Grasset numérique

14/08/2014

Pour en finir avec Zola

zola-rougon-macquart.jpg

Le titre du billet est un peu provocateur, mais c’est moi que je provoque, j’avais décidé il y a quelques mois de lire Les Rougon Macquart de bout en bout et dans l’ordre, chose que je n’avais jamais fait.

 

Mais voilà j’ai calé sur un roman et du coup je me suis arrêtée là.

J’ai décidé de reprendre quitte à sauter certains titres que j’ai déjà lus comme Germinal ou qui ne m’accrochent pas du tout comme Nana

 

Je ne dis pas que je vais lire ça en deux temps trois mouvements mais je suis de nouveau en route et j’en profite pour enrichir ma lecture d’une biographie.

 

Rendez-vous ici dès demain

10/08/2014

L'âne et l'abeille - Gilles Lapouge

anebis.jpg

« Jésus décida de récompenser l'âne de Bethléem. il donna à tous les descendants de cet âne le pouvoir de rire.»

 

Voilà un homme qui aime les chauve-souris et les colibris mais qui fait carrément une fixation sur les ânes et les abeilles. 

Son choix est poétique, c’est la faute non pas à Voltaire mais à Francis Jammes et au divin Platon.

Tombé dans le poème de Francis Jammes quand il était jeune, mais si vous savez...

 

J’aime l’âne si doux
marchant le long des houx.
 
Il prend garde aux abeilles
et bouge ses oreilles 

seraphin_chemin.jpg

Celui là se nomme Séraphin

Voilà notre homme qui s’embarque dans un livre où il est question du mariage improbable de ces deux animaux.Gilles Lapouge est amoureux à la fois de l’âne « qui bouge ses oreilles » et de l’abeille industrieuse.

L’âne têtu (et ce n’est pas un mythe) et humble comme celui de la crèche à qui il manque une vertèbre ce qui le rend corvéable à merci, ne dit-on pas âne bâté ?

L’âne marche, musarde, flâne, « L’âne est tenté par l'anarchie. » alors que l’abeille chacun sait qu’elle est une travailleuse hors pair, acceptant de se dévouer corps et âme pour sa reine et qui nous donne son miel. Gilles Lapouge nous dit

« Ses colonies et ses ruches préfigurent les sociétés glaciales, techniciennes, sans ferveur ni déchirements, barbares en somme, modernes en somme »

L’abeille elle philosophiquement n’est pas pour l’anarchie  « L’abeille est utopiste, à la manière de Platon et de Thomas Moore. » et elles sont résolument pour une société loin de tout individualisme.

 

ruche-en-couleurs-535x410.jpg

« Les abeilles, en s'associant les unes avec les autres, sacrifient leur indépendance, leur insouciance, leur goût du plaisir et leur passion de l'inutile. »

 

Ânes et abeilles, ils les passe tous en revue, de Modestine accompagnant Stevenson, aux pauvres ânes des tranchées de Verdun (ils y étaient !) en passant bien évidemment par La Fontaine incontournable quand il s’agit d’animaux. Mais il y a aussi : la Bible, la mythologie, Homère, Aristote ou l’inévitable Marcel P.

Pour les abeilles c’est itou, des blasons à l’étude des ruches, aux savants qui se sont interroger sur la fabrication du miel et sur le sexe non pas des anges mais des bourdons, là Lapouge est ferme : l’abeille n’a pas de vie sexuelle qu’on se le dise ! si ce n’est avec des fleurs....alors que l’âne lui est un des seuls animaux à s’accoupler hors de son espèces ! oh voilà bien un « exhibitionniste » osé ! 

 

C’est une lecture délicieuse, douce comme le miel mais qui requière la ténacité de l’âne car Gilles Lapouge n’est pas en reste d’érudition et remonte allègrement les siècles pour nous enchanter. Je vous avertis que quand Lapouge vous tient il ne vous lâche plus et que l’on file doux 

Un livre qui en en même temps fable philosophique, essai scientifique mais surtout une fantasia poétique et amoureuse.

 

Le livre : l’âne et l’abeille - Gilles Lapouge - Editions Albin Michel 

 

09/08/2014

Où mène la poésie et la philo


Colibri-thalassinus-001-edit.jpg

La poésie et la philosophie peuvent parfois emporter un auteur jusqu'à la folie.

Enfin je dis folie mais c'est une folie joyeuse, drôle et pleine de surprise. je vous donne un indice

platon.jpg

Dès demain découvrez un auteur qui aime les chauve-souris, les colibris et bien d'autres animaux.

03/08/2014

A la pêche aux moules

J

photo-635024848681546493-1.jpg

Je vous abandonne quelques jours.

je vais sur une île pour me gaver d'huitres, de marées, de petits enfants et d'amitié.

ile-Oleron-cabanes-Charente-Maritime-Atlantique-randonnee-thumb-940x705-24425-600x450.jpg

 

31/07/2014

Du sang au cercle polaire

J'adore lire hors saison, pas vous ?

Enfourchez votre motoneige et en route pour Kiruna.

Church_of_Kiruna_2011.jpg

              Au pays de la foi religieuse

 

Le premier roman met en scène Viktor Strandgård qui à l’heureux privilège de mourir pour la deuxième fois. « Une ferveur religieuse sans précédent s'est emparée de la petite ville minière de Kiruna, en Laponie, depuis que le charismatique Viktor Strandgård, le Pèlerin du Paradis, a survécu à un terrible accident et est revenu d'entre les morts » mais maintenant « il gît sur le dos les yeux fixés vers le ciel qu’on découvre à travers les immenses verrières. Comme si rien ne le séparait du ciel noir de l’hiver, au-dessus

 

Sanna sa soeur est aussitôt soupçonnée et elle fait appel à Rebecka Martinsson. Cette jeune avocate a quitté le village et est maintenant avocate fiscaliste mais sous l’emprise des souvenirs elle va accepter d’aider Sanna. 

DSC_0240.jpg

           Kiruna et son hôtel de glace : brrr à vous faire froid dans le dos

 

Dans le second polar nous sommes toujours à Kiruna mais c’est la femme d’un pasteur qui est retrouvée morte : Mildred Nillson

Rebecka Martinsson est là en mission pour le cabinet d’avocat pour lequel elle travaille. Cet assassinat va la remettre sur les traces de son passé. 

 

Dans les deux romans les enquêtes sont menées par  Sven Erick Stanalcke et Anna Maria Mella qui ont du mal à démêler le vrai du faux, la superstition de la réalité, 

L’auteur nous entraine donc en Laponie suédoise à portée de motoneige du cercle polaire, un bout du monde où la population subit l’emprise des religieux, où les comportements sont le plus souvent dictés par la superstition et la peur.

Ce sont des enquêtes classiques, ce que j’ai aimé c’est l’atmosphère glauque et éprouvante portée par un puritanisme et un sectarisme religieux qui glacent le sang.

De belles descriptions de la nature suédoise illustrent les deux polars qui s’appuient sur les pires travers des hommes.

suede_940x705.jpg

 « Un soleil d’or rose descend sur les douces collines comme une cloche de lumière. Un bateau qui fait la balade entre les îles de l’archipel glisse dans le chenal. Les roseaux sur la berge bruissent dans l’air du soir et leurs têtes de velours se confient des secrets. »

 

Malgré quelques passages assez mal traduits, c’est agaçant à la lecture mais ça ne gêne en rien le suivi de l’intrigue, j’ai eu du plaisir avec ces deux polars.

L’auteur juriste de formation mène une intrigue bien travaillée, elle sait parfaitement faire ressentir le poids du passé, elle brouille les pistes pour tenir le lecteur en haleine, ses portraits sont de bonne facture. 

On est un peu sidéré de découvrir une Suède en proie au fanatisme religieux, cette sombre atmosphère est parfaitement rendu par Åsa Larsson et je dois dire que je me suis laissée embarquée. Je vous conseille de les lire dans l’ordre c’est mieux pour le suspens.

 

9782070441136FS.gif 9782226256096FS.gif

 

 Les polars :

Horreur boréale - Åsa Larsson - Editions Gallimard Série noire et folio

Le Sang versé - Åsa Larsson - Editions Albin Michel 

28/07/2014

Quai des enfers - Ingrid Astier

 

brigade-300x173.jpg

 

Un petit polar bien de chez nous vous êtes pas contre ?

 

La température de l’eau est encore un peu froide pour moi mais pourtant je vous embarque avec la brigade fluviale de Paris.

Une barque amarrée devant le 36 Quai des orfèvres, la barque est chargée ...d’un cadavre évidement. C’est un membre de la Brigade Fluviale qui a trouvé le corps : Rémi Jullian. Le commandant Jo Desprez est chargé de l’enquête mais un grain de sable s’est introduit dans le système car on retrouve sur le cadavre la carte de visite d’un ami de Desprez, un parfumeur génial mais quand même.

 

L’enquête va aller de rebondissement en rebondissement nous faisant découvrir le travail particulier de cette brigade et les contours et détours du fleuve.

Un polar bien classique, presque un peu trop mais même si Ingrid Astier ne fait pas preuve d’une très grande originalité son roman est très agréable à suivre.

Si vous n’aimez pas le genre trash, les intrigues trop complexes, celui là est fait pour vous.

Les personnages sont intéressants et l’intrigue est bien menée dans des milieux variés comme ceux de la mode, de l’art et de la musique.

 

Les amateurs de ponts parisiens (j’en connais au moins une) seront servis

IMG_0087.jpg

©Autour du puits 

 

« Pont Royal, pont de la Concorde, pont Alexandre III, pont des invalides, pont de l’Alma, passerelle Debilly, pont d’Iéna, pont de Bir-Hakeim, pont de Rouelle, pont de Grenelle, pont Mirabeau, jusqu’au pont de Garigliano... »

 

9782070445554FS.gif

 

Le livre:  Quai des enfers - Ingrid Astier - Gallimard Folio noir

07:25 Publié dans Policiers | Lien permanent | Commentaires (26)

27/07/2014

Connu des services de police

Des polars pour l'été, des auteurs découverts grâce à Quai du polar et une auteurs déjà bien connue des services de police

 

carte-peche-copie-1.jpg

 

La suite c’est ici dès demain

24/07/2014

Les Cyprès de Patmos - Antoine Silber

Pour ceux qui vont partir ou ceux qui en reviennent....

patmos3.jpg

 

Pour une amoureux fou de la Grèce quelle est la plus belle chose qui peut arriver ? Trouver une maison à acheter. Pas n’importe où, non, à Patmos. Et pas n’importe quelle maison, un « rêve de maison », une petite maison, un spitaki pour être précis.

Elle n’est pas très vaste cette maison, mais elle a une vue sur la mer, et la grotte où Saint Jean est censé avoir écrit l’Apocalypse, est toute proche.

Déjà là je sens que vous êtes sous le soleil et la lumière de Patmos...

Quelques travaux sont nécessaires, salle de bain et m2 supplémentaires, et puis aussi des plantations, cyprès et oliviers, amandiers que les chèvres du berger local vont trouver tout à fait à leur goût.

 

saint_jean_patmos_bosch_2_350.jpg

Saint Jean et Patmos vus par Jérôme Bosch

 

Je dois dire que je me suis laissée totalement emportée par ce petit récit, le temps passe vite truelle en main, à la condition de pouvoir boire un petit ouzo de temps à autre. En toile de fond la crise grecque et les jugements hâtifs sur le pays « la gabegie, la paresse grecque » mettent en rogne Antoine Silber. 

Car il change notre écrivain « On voyage toute sa vie, on écrit, on commente l’actualité, on est simple spectateur. Et puis, un jour, on devient horticulteur ! On plante des arbres, on découvre qu’on peut être utile, la vie prend tout son sens. »

 

chora.jpg

Chora le village de l'auteur

Ses travaux ne sont pas toujours couronnés de succès mais cela ne l’empêche pas de profiter de l’odeur du jasmin, des figues et des eucalyptus.

Ah oui j’allais oublier, Patmos est une île un peu mystique et Antoine Silber peu à peu se laisse gagner par une certitude, ce n’est pas dans une grotte mais carrément dans cette petite maison que l’apôtre à écrit ....

 

Si vous voulez prendre un petit bain de Méditerranée, lire un livre tout en délicatesse alors glissez ce livre dans votre valise il est encore temps.

 

9782363080448FS.gif

 

Le livre : Les cyprès de Patmos - Antoine Silber - Edtions Arléa

23/07/2014

Vous êtes Ouzo ou Retsina ?

 

ouzo[1].jpg

 

Des boissons de vacances à déguster sur l'île où je vous emmène demain

Tenues légères et lunettes de soleil sont de rigueur.