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A sauts et à gambades

  • Leonard et Virginia Woolf je te dois tout le bonheur de ma vie - Carole D'Yvoire

    Un petit livre qui mérite le détour.

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                                                 Un heureux mariage ?

    Carole d'Yvoire revient sur le mariage de Virginia Woolf, longtemps montré du doigt ou soupçonné de je ne sais quel turpitude, Leonard Woolf est un homme pour qui j'éprouve du respect car vivre à côté d'un grand écrivain n'a pas du être simple et prendre soin d'une femme à la santé mentale fragile, encore moins facile.
    J'ai aimé son livre paru récemment, ici l'auteur retrace la rencontre de Virginia et Leonard mais surtout brosse leur tableau généalogique à tous deux.

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    Leonard par Vanessa Bell


    Premières rencontres, le départ de Leonard pour Ceylan, leur fréquentation du groupe de Bloomsbury et du milieu littéraire.
    Elle le fait de façon très vivantes et en ajoutant beaucoup de photos très peu connues voire pas connues du tout.
    J'ai beaucoup aimé également qu'elle parsème son récit d'extraits de lettres et des peintures de sa soeur Vanessa par exemple.
    Bien sûr elle nous conte la naissance de leur seule enfant : la Hogarth Press

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                                                                      leur unique enfant

    Attention ce n'est pas une bio, le livre est vraiment centré sur la rencontre et les relations entre Virginia et Leonard, pas de traces des amours sulfureuses de Virginia ni de sa maladie.
    C'est bien documenté en particulier sur Leonard, c'est plaisant à lire.
    Les deux petites nouvelles ajoutées n'apportent pas grand-chose au livre me semble-t-il.

    Un très joli petit livre au format poche à un prix doux, certes si vous êtes amateurs forcenés de Virginia Woolf  ce livre ne vous apprendra pas grand-chose de nouveau, mais vous aurez plaisir à le feuilleter en lisant par exemple une biographie de Virginia ou le livre que lui a consacré Leonard.

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    Le livre : Leonard et Virginia Woolf - Carole d'Yvoire - Editions Le livre de poche

  • Bribes d'un marcheur

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    Père et fille

    « Le véritable marcheur aime la marche parce que, loin de distraire son esprit, elle est propice au cours régulier et abondant de la méditation sereine et à moitié consciente »

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    L'odenwald

    « Le jour où j’ai été pleinement initié aux mystères est marqué d’une pierre blanche. Ce fut quand j’ai mis un havresac sur le dos et que je suis parti de Heidelberg pour traverser l’Odenwald à pied. »

     

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    « Je quittai Chamonix tôt dans la matinée du 6 août 1873. Le soleil se levait sur une de ces aubes fraîches, pleines de rosée, de celles que l’on ignore partout, sauf dans les montagnes, où l’air vivifiant semble pénétrer tous les pores de la peau. »

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    Le Farouche Cervin

    « Un long nuage délicat, qui flottait dans l’air juste sous le soleil, se revêtit graduellement des couleurs du prisme. Autour de l’horizon sans bornes courut une légère bande de brouillard, qui n’était  malheureusement pas assez épaisse pour donner aux teintes cette profondeur qui fait parfois l’inexprimable splendeur d’un coucher de soleil alpin. »

     

    Le livre : Eloge de la marche - Leslie Stephen - Traduit par Thierry Gillyboeuf - Editions Rivages poche

  • Sommes nous trop bêtes pour comprendre l'intelligence des animaux ?

    Autant le dire tout de suite si le règne animal m'intéresse je ne suis pas une passionaria de la cause animale. Pourtant ce livre m'a retenu de belle façon comme m'avait passionné en leur temps les livres de Konrad Lorentz.

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    Frans Wall est un primatologue néerlandais qui livre à travers des dizaines d'anecdotes ce qu'il pense des capacités cognitives des animaux et que pour se détacher des philosophes qui ont longtemps fait la loi sur le sujet, non l'homme n'est pas la mesure de toute chose et il est ridicule et faux de mesurer l'intelligence animale à l'aune de la notre.

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    Quelle est leur intention Mr Hitchcock ?

    Saviez vous que les vautours utilisent des outils, que les corbeaux sont capables de reconnaissance faciale , qu'un singe bat à plates coutures tous les humains quand il s'agit de mémoriser rapidement des suites de chiffres, saviez vous que les geais changent de place la nourriture qu'ils cachent si ils se savent observés par un des leurs ?

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    Les expériences décrites couvrent les champs de l'empathie, du langage, de la prise de conscience de soi et des autres, des capacités de prévision. Tout cela les animaux l'ont en commun avec l'homme et il n'y a entre eux et nous aucune différence de nature mais seulement de degré.

    Les anecdotes pleines d'humour montrent les animaux capables de planifier des actions selon le but à atteindre, capables de mémoriser la géographie de lieux, de développer des relations complexes avec d'autres ou avec leur environnement.

    Bref vous l'aurez compris un livre qui fait voler en éclats toutes les certitudes, qui se lit facilement grâce au talent de vulgarisateur de Frans Wall. Il y a une version poche alors pourquoi hésiter ?

     

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    Le livre : Sommes nous trois " bêtes" pour comprendre l'intelligence des animaux - Frans Wall- traduit par Lise et Paul Chemla - Éditions Les liens qui libèrent ou Babel 

  • Le pinceau de Boticelli et les vers de Verlaine

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    Vénus, debout sur le plus beau des coquillages
    Aborde nue, au moins sauvage des rivages,
    Ne cachant de son corps avec ses longs cheveux
    Que juste ce qu’il faut pour qu’y dardent nos vœux
    Une nymphe, éployant un clair manteau, s’empresse
    A vêtir en impératrice la déesse ;
    Et deux vents accourus, beaux éphèbes ailés,
    Des cuisses et des bras l’un à l’autre mêlés,
    De qui l’un est Zéphire et dont l’autre est Borée,
    Soufflent l'amour divin et la haine sacrée
    Le visage est suavement indifférent
    Comme attendant le culte à venir que lui rend
    Toute herbe et toute chair depuis cette naissance,
    Et se pare d’une inquiétante innocence.

     


    Le livre : Epigrammes - Paul Verlaine

  • Là où vivent les loups - Laurent Guillaume

    un polar classique et sympathique.
    Priam Monet rien que pour son nom ce flic  vaut le détour. Que voulez vous il ne peut être tenu pour responsable des goûts de sa maman. Ajoutons qu'il est franchement gros et d'une humeur de dog.

    Quand il débarque à Thyanne dans les Alpes pour un soit disant audit de l'IGPN il est accueilli fraîchement et il peste de devoir tirer sa carcasse sur des chemins de montagne.

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    Un cadavre de migrant et on pense tout de suite : clandestins, accident... Pas si simple évidemment car la petite ville est totalement entre les mains d'un industriel qui fait la pluie et le beau temps.    

    Les flics avec qui il travaille sont bien campés, la loi du silence bien mise en scène.Classique je vous dis mais un polar sympa, un rythme soutenu, plein d'humour et qui se lit d'un trait

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  • Le jardin des brumes du soir - Tan Twan Eng

    Je crois que c'est la première fois que je lis un roman malais.

    Un pays célèbre pour son thé et l'épouvantable occupation japonaise. Le juge Theo Yun Lin est une juge estimée qui a mené des procès envers d'anciens tortionnaires et envers les communistes malais qui tentent de prendre le pouvoir. Elle termine sa carrière atteinte par des troubles neurologiques et va se retourner sur son passé. 

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    Son histoire est riche et douloureuse, prisonnière des japonais dans un camp en pleine jungle, elle a vu mourir sa soeur et lui a promis de lui créer le jardin japonais dont le rêve l'aide à survivre.

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    Camp et prisonnières malaises

    Yun Lin va tenter d'obtenir l'aide d'un spécialiste japonais, magré sa haine pour ce peuple. Aritomo refuse de créer le jardin mais accepte de l'initier à l'art du jardinage.

    C'est un beau roman qui donne envie de connaitre la Malaisie, de contempler des jardins zen. Mais sous jacent il y a des sentiments violents : la haine, le désir de vengeance, la volonté d'émancipation d'un peuple longtemps sous domination anglaise.

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    On avance dans ce récit comme dans les pas d'un jardin japonais. Les personnages sont énigmatiques, les retours en arrière faits avec habileté et malgré quelques longueurs c'est un roman à découvrir.

    le livre : le jardin des brumes du soir - Tan Twan Eng - traduit de l'anglais par Philippe Giraudon - Éditions Flammarion