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A sauts et à gambades

  • Le Fils - Philipp Meyer

    AF et Luocine sont deux lectrices à qui je fais confiance, avec qui je partage des plaisirs de lecture, alors quand elles se sont mises à deux pour me pousser de lire ce roman, je me suis laissée convaincre. Je m'incline elles avaient mille fois raison.

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    les Cow-boys les vrais !

    Au début on dirait une saga familiale, Philipp Meyer donnant la parole tour à tour à des personnages issus de plusieurs époques, d'Eli McCullough le Colonel à Peter le fils et, sautant une génération, à l'ambitieuse Jeannie-Anne devenue une des grosses fortunes du Texas.

    Ce roman est vaste comme les terres qu'occupent les McCullough au Texas, large comme la période de temps qu'il couvre, des années 1850 à aujourd'hui, un roman nerveux et âpre comme les habitants de cette région, premiers colons pressés de s'installer, Commanches défendant leur territoire, Texas rangers jouant de la gâchette, mexicains envahisseurs ou victimes au gré des guerres, enfin les premiers prospecteurs de l'or noir faisant fleurir les derricks dans le paysage.

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    Les Commanches

     

    Le procédé du roman à plusieurs voix n'a rien de neuf, Philipp Meyer parvient à faire oublier le procédé et on se laisse emporter par les différents récits, heureux à chaque fois de retrouver un personnage, un lieu, une époque.

    Eli, tout d'abord qui avant de devenir le Colonel est un gamin enlevé par les Comanches à onze ans, il va vivre et s'intégrer totalement à cette communauté pour la quitter vers 15 ou 16 ans lorsque les tribus sont décimées par la variole et autres épidémies. Il va gravir l'échelle de ranger à propriétaire terrien. 

    Le Fils, le mouton noir, Peter qui vit malgré lui dans l'ombre du Colonel, pas assez courageux pour se révolter, trop sensible pour accepter la violence et les exactions perpétrées à l'encontre des propriétaires d'origine mexicaine. Pourtant c'est lui qui refusera les codes et les traditions, rongé par la culpabilité. 

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    une carte des territoires Commanches

    Enfin Jeannie-Anne qui n'aurait jamais du prendre la tête de la famille si la guerre n'était pas passée par là et n'avait emporté les héritiers prévus et qui vivant ses derniers instants revient sur sa vie faite de surprises et de révolte, de poigne et de hargne.

    Les personnages sont magnifiquement mis en scène, la vie avec les indiens, celle des cow-boys, les vrais, se battant contre la sécheresse, contre les voleurs de bétail.

     

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    Deux cavaliers : un classique du genre

    C'est un vrai grand roman de l'ouest américain, une belle fresque, cruelle, sordide parfois, dévastatrice, gavée de violence, pétrie de culpabilité.
    L'histoire folle d'une conquête qui aujourd'hui encore marque les états américains.

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    La conquête de l'or noir 

    Philipp Meyer dynamite tous les clichés véhiculés par les films hollywoodiens de la conquête, des troupeaux de bisons aux blancs victimes de méchants indiens, mais tout autant il explose les codes qui présentent l'indien comme écolo avant l'heure et vivant en harmonie avec la nature.

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    Les westerns de mon enfance et adolescence

    L'ambition, les rêves de gloire, la spéculation, la course au pouvoir sont les moteurs de cette conquête qui laisse derrière elle le chaos parfois, la mort le plus souvent.

    Philipp Meyer en chef d'orchestre est parfait, son récit a du souffle, de la vigueur, de la couleur, de l'émotion. 

    Vous trouverez chez Luocine de multiples extraits qui donnent bien le ton du livre

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    Le Livre : Le Fils - Philipp Meyer - Traduit par - Editions Albin Michel ou Le livre de Poche

  • Bribes de western

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        Tableau de Robert Jenkins Onderdonk

    Quatre hommes remarquables présidaient à la destinée d’El Alamo. Deux héros de la frontière : Jim Bowie, le chef des volontaires, et Davy Crockett. Et deux gentlemen, issus d’excellentes familles : le colonel William Travis, commandant des troupes régulières, et James Bonham, un garçon calme et sûr, d’un courage sans égal. L’origine de ces quatre personnages résumait bien l’histoire des Norte-Americanos au Texas. Les deux pionniers de la frontière venaient du Tennessee, bien sûr ; et les deux gentlemen, de Caroline du Sud. De la ténacité de ces quatre héros dépendrait la défense d’El Alamo.

     

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    Le mythe

    Dans les ténèbres, sept clairons mexicains, chacun à la tête de sa colonne, se mirent à jouer l’une des sonneries les plus terrifiantes qui aient jamais retenti sur les champs de bataille du monde.
    Rien de commun avec un ordre perçant de passer à la charge, ou un cri émouvant pour galvaniser les cœurs.
    C’était el Degüello, ancienne sonnerie maure intimant l’ordre à l’ennemi de se rendre. Son nom signifie « décapitation », et le sens de la sonnerie ne faisait aucun doute

     

    Une musique mythique que l'on entend aussi

     dans Rio Bravo

     

    Le livre : Texas - James Michener - Editions du Seuil ou Points Seuil

  • Le Beau mystère - Louise Penny

    Je broie du noir : enfin façon de parler.
    Je n'avais plus lu de polars depuis un bon moment et j'ai replongé dans un petit polar bien sympathique
    Pas un chef-d'oeuvre, non un bon petit polar simple, facile à lire, bien ficelé que j'ai lu pffttt d'une traite.

    Direction le Québec au fond de nulle part, dans un monastère ignoré de tous, auprès d'un ordre monastique sensé avoir totalement disparu depuis des siècles. 
    Exceptionnellement vous êtes autorisés à entrer dans le saint des saints.

    Saint-Gilbert-entre-les loups, le monastère dont

    « Vingt-quatre hommes avaient franchi la porte, qui s’était refermée derrière eux. Et aucun autre être vivant n’avait été admis à l’intérieur.»  

    Ils entretiennent verger et potager, vendent de succulents Bleuets enrobés de chocolat pour subvenir aux besoins de la communauté. 

    Les moines ont fait voeu de silence sauf au moment des offices, là alors s'élèvent les plus beaux chants grégoriens qui soient, ceux que l'église nomme le Beau mystère tellement leur effet et leur puissance sont extraordinaire.  

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    Un lieu de paix et de silence sauf que ….les moines ont enregistré un CD de chants qui a eu un succès inespéré, apportant une manne inattendue permettant des travaux dans l'abbaye mais apportant aussi touristes et journalistes. 

    Lorsque le chef de choeur est retrouvé le crâne fracassé dans un jardin privé et quasi secret, il importe de sauvegarder la tranquillité de la communauté et l'inspecteur Gamache est envoyé là pour enquêter en toute discrétion et Dom Philippe le père supérieur est bien obligé de tolérer l'intrusion.

    La victime tient entre ses doigts un morceau de papier sur lequel apparaissent des signes mystérieux qui s'avèrent être des neumes 

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    « une forme de notation musicale utilisée mille ans auparavant. Avant qu’existent les notes, les portées, les clés de fa et de sol, les octaves, il y avait eu des neumes. »

    L'enquête sera longue, seule solution rester au monastère, Gamache est ravi, pour son adjoint Jean-Guy Beauvoir c'est plus compliqué 

    « Du chant grégorien ? Vous voulez rire ? Qui n’aimerait pas un groupe d’hommes qui chantent sans instruments, sur un ton presque monocorde, en latin ? »

    Il faut payer de sa personne et les deux inspecteurs vont assister aux offices, et il y en a des offices … matines, laudes, vêpres, complies.
    Gamache est sous le charme de ces chants portant à la contemplation, des chants qui disent la gloire de Dieu 

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    « Le soleil commençait à se lever et, tandis que continuaient les laudes, de plus en plus de lumière pénétra dans la chapelle par les fenêtres dans le haut de la tour centrale. Les rayons frappaient le vieux verre imparfait et se réfractaient, se divisaient, en toutes les couleurs jamais créées. Et celles-ci se répandaient dans le chœur et illuminaient les moines et leur musique, donnant l’impression que les notes et la lumière joyeuse se mêlaient et s’unissaient, jouaient ensemble »

    Pourtant parmi les moines il y a un meurtrier.

    J'ai pris un vrai plaisir à ce huis clos car le sujet de fond est la musique, le plain chant et les chants grégoriens. 

     

    Louise Penny a construit une intrigue classique mais toutes les évocations de la musique, le choeur des moines, l'extase qui les transportent, tout est réussi et d'un ton juste (c'était le moins vous me direz dans un polar musical ) 

    En arrière fond il y a les relations entre Gamache et Beauvoir et leur hiérarchie et certains détails peuvent paraitre bizarres si l'on n'a pas lu les romans précédents, pour autant ce n'est pas une vraie gêne.

     

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    Le Livre

    Le Beau mystère - Louise Penny - Traduit par Claire et Louise Chabalier - Editions Actes Sud

  • Bribes et notes d'Haendel

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    Il n'y a qu'un sot orgueil et un coeur rétréci qui déniaient toute valeur à l'art qui plait aux humbles ; ce que j'entends surtout par le caractère populaire de la musique de Haendel, c'est qu'elle est vraiment conçue pour tout un peuple et non pour une élite de dilettantes comme l'opéra français entre Lully et Gluck. Sans jamais se départir d'une forme souverainement belle, qui ne fait nulle concession à la foule, elle traduit, en un langage immédiatement accessible à tous, des sentiments que tous peuvent partager.

     

    Le Livre : Haendel - Romain Rolland - Actes sud Classica

  • Le bal de Sceaux - Honoré de Balzac

    Les quiproquos amoureux sont légion en littérature, parfois la fin est heureuse, par exemple chez Jane Austen, mais parfois le récit prend une teinte plus sombre.

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    les guerres de Vendée

     Paul-Émile BoutignyMusée d'art et d'histoire de Cholet

    Sous la Restauration « Le comte de Fontaine, chef de l’une des plus anciennes familles du Poitou » tente de récupérer un peu de fortune, il a laissé tous ses biens au service de sa cause dans les guerres de Vendée. Il est presque ruiné.

    Le retour sur le trône de Louis XVIII après les Cent jours devrait lui valoir remerciements et honneurs mais hélas les têtes couronnées sont parfois bien oublieuses des services rendus. Si le Comte a retrouvé son rang il est malgré tout contraint de marier ses enfants hors de la noblesse. L’argent appartient désormais à la magistrature, à la finance, au commerce

     

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    Le Paris de la Restauration

    Emilie est la plus jeune de ses enfants, choyée flattée, elle est au centre de toutes les attentions de la famille.

    « Le luxe de Paris lui semblait tout aussi naturel que la richesse en fleurs ou en fruits, et que cette opulence champêtre qui firent le bonheur de ses premières années. »

    Elle est habituée « aux jouissances de la fortune, les recherches de la toilette, l’élégance des salons dorés et des équipages »

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    Cette jeune fille est pleine de morgue, elle méprise souverainement les roturiers, les marchands, les financiers, seule la noblesse trouve grâce à ses yeux. C’est le moment où la Pairie reprend du service et devient l’ ambition et le but des jeunes aristocrates.

    Elle est « assez belle pour avoir le droit de choisir parmi tous les princes du monde » elle aime l’éclat des fêtes, les dorures des salons.

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    Toilette de bal de l'époque

    Mais l’amour va en décider autrement et « ses parents allaient bientôt recueillir les fruits amers » de leur éducation nous avertit Balzac.

    Au bal de Sceau où elle est allée voir de près cette société qu’elle dédaigne, elle remarque un inconnu, elle remarqua « la finesse de son linge, la fraîcheur de ses gants de chevreau évidemment pris chez le bon faiseur, et la petitesse d’un pied bien chaussé dans une botte de peau d’Irlande.» bref il lui plait.

    Son oncle, le Comte de Kergarouët, un vieil amiral lui apprend le nom de l’inconnu : Maximilien Longueville. Est-ce l'élu de son coeur ?

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    Maximilien de Longueville peut être 

     

    Balzac n’est pas Jane Austen et le destin de ses personnages est beaucoup plus noir que ceux d’Elizabeth Benett et M Darcy. 

    Il y a une belle analyse de cette société qui après la Révolution et l’Empire tente de reconquérir ses privilèges perdus. L’argent, le goût du pouvoir sont toujours en première ligne. 

    J’ai beaucoup aimé cette nouvelle et je vous invite à mettre vos pas dans ceux de Balzac, tenue de soirée obligatoire. 

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    Le livre : Le bal de Sceaux - Honoré de Balzac - Edition numérique Arvensa

  • Bribes de critique

    On raconte que Balzac se trouvant un jour en face d’un beau tableau, un tableau d’hiver, tout mélancolique et chargé de frimas, clair-semé de cabanes et de paysans chétifs, — après avoir contemplé une maisonnette d’où montait une maigre fumée, s’écria : « Que c’est beau ! Mais que font-ils dans cette cabane ? à quoi pensent-ils ? quels sont leurs chagrins ? les récoltes ont-elles été bonnes ? ils ont sans doute des échéances à payer ? »

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    Barend Cornelis Koekkoek Paysage d'hiver

    Rira qui voudra de M. de Balzac. J’ignore quel est le peintre qui a eu l’honneur de faire vibrer, conjecturer et s’inquiéter l’âme du grand romancier, mais je pense qu’il nous a donné ainsi, avec son adorable naïveté, une excellente leçon de critique. Il m’arrivera souvent d’apprécier un tableau uniquement par la somme d’idées ou de rêveries qu’il apportera dans mon esprit.

     

    Le livre : Charles Baudelaire  Curiosités esthétiques