16/04/2014

La Maison dans la montagne - Angelina Lanza Damiani

Souvenirs domestiques

citronnier_et_citron-4790c.jpg

Voilà un livre que j’ai trouvé totalement par hasard et qui m’a enchanté.

Angelina Lanza Damiani est une poétesse qui est née en Sicile en 1879 et qui trouva dans l’écriture son épanouissement face à une vie pleine d’adversité.

Son époque est celle aussi du roman « Le guépard », celle où les familles siciliennes passaient l’hiver à Palerme et sitôt le printemps venu prenaient le chemin de la montagne pour y trouver de l’air et de la fraîcheur.

 

isnello.jpg 

« La Montagne est chaude, bien que midi soit encore loin. A travers le coteau qui devient escarpé, le sentier se déroule sans agrément, tout en escaliers, en montées et en descentes, où le sabot de la mule hésite entre les pierres, puis se raffermit. »

 

C’est à dos de mulet que l’on atteint « La maison dans la montagne » que l’auteur va nous dessiner à traits vifs, empreints d’une poésie toute virgilienne. 

En une trentaine de courts chapitres elle nous présente SA maison, celle qui vit naitre et parfois mourir ses enfants. Une maison paisible, un monde simple où les hommes et les femmes qui travaillent sur le domaine sont sous la protection du monastère local.

 

procession.jpg

« Le sanctuaire est toujours le même ; paisible, austère, serein. Ni la foule, ni la solitude ne lui ont fait perdre de sa beauté »

 

Avec des mots très simples elle nous livre son amour pour cette terre, pour les forêts, pour les bergers, pour les femmes qui ramassent le lin, pour la vigne et le verger.

 

Champ-de-lin.jpg

« Il y a encore quelques semaines, dans le vallon du verger, les arbres s’élevaient comme des candélabres à mille flammes vertes dans un petit lac d’azur. Le lin était en fleurs. »

 

C’est un monde de traditions avec ses joies et ses tragédies, Angelina Lanza Damiani trouve dans cette maison la paix et le recueillement qui lui sont nécessaires, sa foi est vive et infinie. 

Nous suivons le petit peuple du domaine à travers les travaux des champs, l’écoulement des saisons, les gestes rituels et primitifs et c’est magnifique de simplicité et de poésie.

 

 

neibrodi.jpg

« Je m’en vais par les allées, le foin au genou, un foin tout fleuri de marguerites jaunes et blanches, d’herbe à chats violette, de myosotis, de véronique, de mille corolles rouges, bleues, blanches, qui me font fête ; de mille plantes d’un vert intense qui retiennent mes pas, comme en un jeu. »

 

Ce livre est un pur bonheur, malgré mon côté mécréant j’ai aimé cette femme qui dit sa foi simple avec beaucoup de sincérité malgré les vicissitudes, elle voit mourir deux de ses filles de tuberculose sans jamais perdre confiance ! 

C’est un très beau livre dans tous les sens du terme, la typographie est soignée, les illustrations de Pierre-Yves Gabioud sont très belles et la traduction de Christophe Carraud impeccable.

 

9782912771612FS.gif

Le livre : La maison dans la montagne - Angelina Lanza Damiani - Traduit par Christophe Carraud - Editions de la Revue Conférence

 

 

 

13/04/2014

Un Jardin à Venise - Frederic Eden

Le jardin

 

jardins_venise_4.jpg

                              ce n'est pas celui de F Eden mais il est très beau

 

Le seul nom de Venise me porte à rêver, à imaginer les ruelles, les ponts, les canaux. Ma bibliothèque vénitienne est déjà bien fournie mais je n’ai pas résisté à ce livre paru il y a presque dix ans mais que je n’avais jamais lu.

Il fallait un anglais pour imaginer devenir propriétaire d’un jardin à Venise ! Ce monsieur installé dans la Sérénissime pour prendre soin de sa santé, s’ennuie terriblement. Il rêve de verdure de « terre ferme et d’arbres verts, de buissons et de fleurs. » 

 

feden.jpg

"Durant les quinze premiers jours de mai le grand spectacle des roses se met en place"

 

L’argent ne semblant pas être un réel problème il devient l’heureux acquéreur d’une parcelle de végétation en plein Venise. Et par la grâce d’un bel acharnement et d’un don pour le jardinage, il va transformer ce coin de terre en un jardin ..d’Eden ! Il donne vie à un jardin à l’anglaise évidemment qui a les qualités qui lui semble nécessaire à un jardin « profusion des couleurs (...) abondance des fleurs »

 

Si vous aimez Venise et les jardins je vous conseille très vivement ce livre, vous y suivrez Frederic Eden cherchant l’inspiration pour son jardin, tâtonnant un peu et faisant des essais parfois infructueux, il faut dire que la terre n’est pas de la meilleure qualité. Les jardiniers ne sont pas toujours à la hauteur de ses ambitions et cela donne lieu à des déboires ce qui lui fait mettre la main à la pâte.

 

450px-Le_jardin_dEden_(Giudecca,_Venise)_(6143482588).jpg

La liste des plantes est impressionnante : anémones, jonquilles, muguet, tulipes, des arbres fruitiers, citronniers et bambous, grenadier et jasmin, lilas et magnolias. Pour abreuver tout cela un puits de 60 mètres devra être creusé allant même jusqu’à la création d’un bassin avec poissons et nénuphars

Nous sommes à la fin du XIX ème siècle et ses visiteurs sont célèbres et laissent leur paraphe dans son livre d’or : Rilke, Proust et bien sûr Henri de Régnier grand amoureux de Venise.

 

une passion qui durera car « Le jardinage nous occupe et nous ravit du premier au dernier jour de la vie » dit-il.

Si vous allez à Venise ne cherchez pas ce mystérieux jardin car si il est au patrimoine de la ville, il est aujourd’hui malheureusement abandonné. 

Mais vous pouvez toujours rêver avec ce livre. 

 

9782742754922FS.gif

Le Livre : Un jardin à Venise - Frederic Eden - Traduit par Marie Thérèse Weal - Editions Actes Sud

 

12/04/2014

Maison et jardin

 

isola_bella_jardins_du_Palais.jpg

Le printemps m'a donné des envies d'Italie 

Vous n'avez rien contre un petit voyage ? Je vous propose un petit tour dans un jardin d'exception et une maison très au sud

C'est ici dès demain

10/04/2014

Bribes d'Hermann Hesse

manarola-small-town-riomaggiore-province-of-la-spezia-liguria-northern-italy-868978183.jpg

 

 Près de la Spezia

 

La mer en mesures égales

Chante. Le vent d’ouest hurle et rit,

Les nuées passent en rafales

Sans qu’on les voie il fait trop nuit.

 

Et je songe qu’ainsi ma vie

Ténébreuse, sans réconfort

Sauvage ouragan s’est enfuie

Dans l’âpre nuit, sans astres d’or.

 

Mais est-il nuit assez obscure 

Ou voyage assez incertain

Pour n’être pas promesse sûre

D’un proche et lumineux matin ?

 

Le livre : Poèmes choisis - Hermann Hesse - Edtions José Corti

07/04/2014

Les douze enfants de Paris - Tim Willocks


28917425_p.jpg

 

Autant le dire j’attendais avec impatience de lire ce nouveau roman de Tim Willocks car je gardais un souvenir très vif de son précédent : La Religion

Diable d’auteur qui sait choisir les périodes d’ l’histoire ! Après le siège de Malte, le voilà arrivant à Paris en pleine Saint-Barthélemy, avouez qu’il y a des périodes plus calmes que celles-là. Tout le roman se déroule sur 36 heures et les narrateurs se succèdent au gré des péripéties.

 

Assassinat_de_Coligny_et_massacre_de_la_Saint-Barthélemy.jpg

  « C'est la folie qui gouverne cette ville. Une fièvre sanglante dans tous les sens du terme : née dans le sang, vécue dans le sang, pour la joie de répandre le sang. »

La date ? 23 Août 1572, Mattias Tannhauser toujours chevalier de Malte mais maintenant homme marié avec sa bien aimée Carla de La Pénautier, vient chercher sa dulcinée à Paris où invitée pour ses talents musicaux, elle a assisté au mariage de la reine Margot et du futur Henri IV alors qu’elle est enceinte et pas loin d’accoucher.

Autant dire qu’il arrive dans une pétaudière plus que dangereuse. 

Soit je rentre dans les détails de l’intrigue et là on en a pour un moment, soit je choisis de garder le silence, c’est dit même sous la torture je ne parlerai pas !! 

 

800px-Procession_de_la_Ligue_1590_Carnavalet.jpg

Tim Willocks a un talent de conteur indéniable même, même quand il en fait un poil trop. C’est assez époustouflant mais parfois un peu intolérable question violence. Cet écrivain fut médecin et sa connaissance de l’anatomie rend certaines scènes plus que réalistes, il sait où planter un poignard pour faire un maximum  de dégâts. Allez si je veux être un peu critique je dirais que le livre aurait gagné à être un peu moins long de quelques dizaines de pages mais c’est une critique douce parce que globalement je me suis laissée prendre au jeu de l’intrigue et des personnages et je suis sortie de là un peu échevelée.

Massacres, combats, chausse-trappe, embuscades, un récit où on décapite, on éventre, on empale, on a droit à toute la panoplie et....on y prend du plaisir !

Willocks a eu la bonne idée d’ajouter des personnages secondaires qui sont parfaits, ah cette fille aux rats, ce roi des voleurs.... le petit peuple de Paris est présent et bien vivace.

gastronomie-mendiants.jpg

Le décor c’est la violence et la sauvagerie des guerres de religion en France, si vous avez vu le film de Tavernier : Mademoiselle de Montpensier, vous en avez eu un bref aperçu.

Willocks en bon psychiatre explore la folie humaine, ses ressorts, ses manifestations, l’honneur n’est plus qu’un mot creux, tout est bon pour se débarrasser d’un ennemi, d’un « hérétique » tout est permis.

La documentation sur cette nuit de la Saint Barthélemy est impeccable car elle fait ressortir  les dernières avancées historiques sur le sujet. On voit les répercussions de l’attentat contre l’amiral de Coligny, les tergiversations du roi, le rôle de la populace.

 

 

louvrevalois.jpg

Le Louvre en ce temps là

 

On est dans un Paris qu’avait su peindre Hugo dans Notre-Dame de Paris. Les descriptions des ruelles, véritables égouts à ciel ouvert, des bouges et de la crasse qui est présente jusque dans les salles du Louvre, sont saisissantes.

 

C’est un Dumas qui a pris des leçons dans un atelier d’écriture, la Reine Margot en comparaison est un livre pour enfants.

 

 

9782355842252FS.gif

Le Livre : Les douze enfants de Paris - Tim Willocks - Traduit par Benjamin Legrand - Editions Sonatine

 

06/04/2014

Grande et petite histoire

 

I-Grande-4300-petite-histoire-de-france--cd-1-de-vercingetorix-a-francois-1er.net.jpg

Il y a mille façons de parler d'histoire mais parfois mêler la grande et la petite Histoire c'est très réjouissant pour le lecteur

Remontons le temps dès demain 

04/04/2014

Quai du polar

C'est ce week end et c'est à Lyon

programmation.jpg

Si vous voulez le programme c'est ici 

En attendant j'ai mis la main sur celui là 

9782812606229FS.gif

Merci à Virgule qui m'a signalé la parution

07:07 Publié dans Policiers | Lien permanent | Commentaires (10)

01/04/2014

Les Enquêtes du généalogiste

A la recherche des ancêtres 

 

Illustration_premiers-pas.jpg

Le cadre : Londres et un duo d’inspecteur,  Grant Foster et Heather Jenkins, aux prises avec un mystère plus que bizarre, on retrouve dans un cimetière un homme poignardé et les mains tranchés mais détail plus que curieux, un indice gravé dans sa chair et le dernier numéro composé sur le téléphone de la victime : 1879. 

Petit à petit l’enquête montre qu’il va falloir remonter très loin dans l’histoire familiale de la victime et nos deux inspecteurs vont faire appel à un généalogiste. 

Il est sympathique ce petit Nigel Barnes et très efficace, cela va orienter l’enquête vers des crimes commis dans les siècles passés.

Voilà l’intrigue du premier roman, dans le second nous retrouvons le duo de choc devant le meurtre d’une actrice fortunée, katie Drake et de l’enlèvement de sa fille Naomi. Devant le peu d’indices, Grant et Heather décident d’avoir recours à nouveau à Nigel Barnes pour tenter de retrouver la trace de la famille de Katie Drake.

 

AD026_00009.jpg

                   Poussière, vous avez dit poussière ? 

 

Deux scénarios assez convenus dirait-on, et bien pas du tout !!! Deux polars passionnants qu’on ne lâche pas. 

Tout d’abord si vous avez comme moi tout bêtement fait deux ou trois recherches généalogiques, vous savez que c’est un monde à part et que rien n’est simple. Bien sûr ici ce sont des méthodes anglaises mais peu importe on croise à nouveaux des fêlés prêts à passer des nuits à compulser des documents pour trouver le prénom de la nièce du cousin de sa grand-mère du côté paternel.....

Les recherches, les méthodes sont particulièrement bien décrites sans jamais procurer le moindre ennui, Dan Waddell a le sens du timing et du suspense c’est certain et les deux aventures sont bien rythmées.

De journaux, en micro films, d’extraits de naissance en testaments nous voilà folâtrant dans la paperasse poussiéreuse. Ce ne sont pas des polars british pour rien donc l’humour est bien là. 

MormonArchiveClose.jpg

 

              Archives bien protégées des Mormons

 

Une dernière info pour vous appâter, vous savez n’est ce pas quelle est la plus grosse base généalogique au monde ?  cherchez du côté des sectes .....Oui gagné les Mormons et Dan Waddel vous emmènera y faire un tour. 

 

Dommage que ce monsieur se soit contenté de deux polars ! il semblerait que c’est à la suite de recherches sur ses origines qu’il a eu l’idée mettant la main sur un secret de famille, d’utiliser son expérience.

 

9782330002688FS.gif

9782330014483FS.gif

 

 

 

Les livres

 

Depuis le temps de vos pères - Dan Waddell - Editions Babel noir

Code 1879 - Dans Waddel - Editions Babel noir

06:24 Publié dans Policiers | Lien permanent | Commentaires (30)

29/03/2014

L'Enquête prussienne - Michael Gregorio

Après la poésie un enquêteur féru de philosophie ça vous tente ? 

 

Immanuel-Kant.jpg

                          Sous les auspices d'Emmanuel Kant

Un polar original c'est bon à prendre. Parce que non content d’en référer fréquemment à Kant notre héros Hanno Stiffeniis est un magistrat qui vit en Prusse Orientale alors que celle-ci est sous la botte de la France.

Petit cours de rattrapage, après la bataille d’Iéna le pays est occupé par les français, inutile de dire qu’ils ne sont pas les bienvenus, l’occupation s’accompagnant nécessairement d’exactions, de misère, de peur et de haine « Bonaparte avait apporté un souffle nouveau à la Prusse mais ce n’était autre que celui de la terreur » 

 

iena1.jpg

             Le soir d'Iéna (1806) par Jean-Baptiste-Edouard Detaille 

 

Nous sommes à Lottingen, un crime ignoble y est commis, le massacre des trois jeunes enfants Gottewald, Hanno Stiffeniis va participer à l’enquête aux côtés d’un français, sans doute le premier criminologue de l’histoire, Serge Lavedrine.

On est rapidement au coeur de l’action dans ce pays de forêts sombres, où il fait un froid de loup et où les chemins sont très peu sûrs.

Vous allez me dire et Kant là-dedans ? Lavedrine et Stiffeniis sont des adeptes du philosophe grognon et ils vont mettre au service de l’enquête toute la rigueur nécessaire.

 

L’enquête va conduire le prussien auprès des siens, en effet le père des enfants est en garnison dans la forteresse de Kamenetz « d’une laideur rebutante » occupée par des fanatiques qui veulent une revanche sur les français et qui sont prêts à tout pour y parvenir. 

Hanno fait chou blanc, l’homme est mort avant le crime, et il découvre en rentrant que la mère des enfants a été assassinée également. Tout une famille tragiquement effacée. L’enquête s’annonce difficile d’autant plus qu’il s’avère que sa propre épouse, Helena est la dernière personne à avoir vu les victimes vivantes, elle lui avoue « je me promenais non loin des bois quand le massacre a eu lieu »

La ville se terre, les langues vont bon train et un rituel juif est évoqué par les habitants. L’antisémitisme renait dès que l’on apprend que c’est un juif qui était propriétaire de la cabane des Gottewald.

 

higonet2.jpg

               Un pays ou il fait un froid de loup

 

Un livre tout à fait passionnant, nous vivons les débuts de la police scientifique,  un tant soit peu logique, raisonnée. Les deux enquêteurs en appellent à la médecine, à la tout neuve psychiatrie, consultent des archives pour comprendre les motifs de ce meurtre. 

Bon ce ne sont pas les Experts mais pas loin ...

J’ai aimé ce polar historique qui avance lentement et méthodiquement (merci M Kant), j’ai aimé l’atmosphère, les notables du cru étant partagés entre une collaboration de bon aloi avec l’occupant ou une réserve qui pourrait leur attirer bien des ennuis. J’ai aimé le portrait de cette ville sous la botte de l’occupant.

 

Bref je vous recommande ce livre et je vais m’empresser de lire la première enquête d’Hanno Stiffeniis.

 

9782709628327FS.gif

 

Le livre : L’enquête Prussienne - Michael Gregorio - Traduit par Marie Boudewyn - Editions JCLattès

26/03/2014

Marée d'équinoxe - Cilla et Rolf Börjlind

 

100_1477.jpg

 

                   © Mille pas plus loin 

 

J’avais un peu délaissé les polars nordiques pour cause de saturation mais c’est bon de les retrouver quand nous arrive de nouveaux héros et de nouveaux auteurs.

Car avec ce polar ont fait deux fois coup double.

 

Olivia Rönning est élève à l’Académie de police et comme devoir de fin d’année elle doit choisir un « cas » non élucidé et tenter de voir ce que les nouvelles techniques d’investigation pourraient aujourd’hui changer à l’enquête faite autrefois.

Elle fait un choix particulier puisqu’il s’agit d’une enquête à laquelle son père a participé. Un meurtre particulièrement macabre, une jeune femme enceinte enterrée dans le sable avec juste la tête qui dépasse et la marée qui monte, monte inexorablement. 

Quand elle cherche quelques éléments sur ce meurtre elle fait chou blanc et doit donc se tourner vers le flic qui a enquêté à l’époque aux côtés de son père : Tom Stilton. Oui mais voilà le Stilton en question a carrément disparu des écrans radar, son ex femme, ses collègues, ses amis, personne ne sait où il se trouve, il a démissionné de la police et depuis des années silence radio.

 

Screen-Shot-2013-12-16-at-12.03.52-AM.png

Voilà je m’arrête là pour ne pas vous mettre sur la piste, ne lisez pas trop de compte rendu de ce livre qui ne fera que vous apporter des détails dont il vaut mieux que vous les découvriez vous même sinon quel intérêt de lire un polar ?

Que puis je vous dire de plus ? et bien que j’ai passé un très très bon moment, c’est un polar enlevé, passionnant de bout en bout, plein de surprises et de personnages très attachants dont je suppose que l’on va réentendre parlé car les auteurs n’en sont pas à leur coup d’essai en Suède.

pauvreté.jpg

 

J’ai aimé l’ambiance de l’enquête, les lieux parfois sauvages, j’ai aimé la personnalité des enquêteurs divers et variés, et le portrait d’une Suède que déjà Mankell pointait du doigt et qui apparait ici comme particulièrement violente. Magna des affaires, jeunes ados en perdition, SDF traqués par la police.....

Les auteurs sont scénaristes pour le cinéma et la télé et cela se sent dans le bon sens du terme

 

9782021093919FS.gif

 

Le Livre : Marée d’équinoxe - Cilla et Rolf Börjlind - Traduit par Carine Bruy - Editions du Seuil

25/03/2014

Polars : Tirs groupés

 

066_001.jpg

Trois billets pour 4 polars ça vous tente ?

Je vous emmène très haut au nord qui ne fait plus rêver puis loin dans le temps à une époque où le mot polar n'existait pas, et enfin je vous enferme dans des archives poussiéreuses 

AD026_00009.jpg

Toujours d'attaque ? 

24/03/2014

Bribes d'Anne Périer

 

grenadier.jpg

 

Le Grenadier

 

Lorsque dans la pénombre du feuillage

Il allume ses fleurs écarlates

Le temps retient son souffle

 

 

le-tamaris-endormi-pour-lhiver-af004aa8-35f0-4014-bf6f-9a8e4570dffc.jpg

                              © Chrystale17

 

 

Le Tamaris

 

Léger léger

Sur le front de la mer

Comme pour en chasser 

D’un doigt tendre les rides

 

 

Cleaned-Illustration_Taxus_baccata.jpg

 

L’if

 

Gardien d’éternité

Il rend grâce aux martinets

Qui chaque soir dans l’air tremblant

Cousent le ciel à la terre

 

94029957.jpg

Le livre : La voie nomade - Anne Perrier - Editions l’Escampette

21/03/2014

Les Rois du Paradis - Mark Behr

 

1832.jpg

  Free State : l'Etat libre d'Orange

 

La mort de Mandela a fait fleurir les reportages sur l’Afrique du sud, on a été gavé de « nation arc-en-ciel » mais la réalité a encore des tonalités assez sombres malgré la fin de l’apartheid et l’apparence d’un pays réuni. Ce roman est une belle façon de le toucher du doigt.

 

Je vous le dis tout de suite, le paradis n’a rien avoir avec un quelconque éden, non c’est tout simplement le nom de la ferme de la famille Steyn, des blancs Afrikaners.

Pour Michiel Steyn c’est un retour au pays après quinze ans d’absence. 

Quinze ans à tenter de digérer sa fuite de l’armée où l’attendait une punition à la hauteur de son délit : avoir eu des relations non seulement avec un homme, non seulement avec un officier mais avec un homme de couleur. C’était sept ans avant la fin de l’apartheid.

Il a fuit vers l’Angleterre et l’Australie puis aux USA à San Francisco où il enseigne et vit avec Kamil. S’il revient aujourd’hui c’est pour enterrer sa mère Beth, que tout le monde appelle Oonoi, il appréhende de revoir son père, son frère Benjamin et Karien son amour d’enfance et même un peu plus que cela.

 

apartheid.jpg

 C'était hier

 

Les souvenirs affleurent : un père honni et violent, une mère adulée mais curieusement sur la réserve, la mort de Piet son frère ainé  le mal fait à l’amie d’enfance et pour finir la fuite honteuse. Pour Alida la nounou noire rien n’a changé, elle servait les maîtres blancs, aujourd’hui elle s’occupe toujours d’Oubas qui n’est plus qu’un vieillard dans un fauteuil, mais vieillard qui peut encore craché son venin.

Sa fille elle, Lerato, qui enfant arpentait « les rangées d’arbres fruitiers en cognant sur des casseroles pour effrayer les oiseaux et les babouins » est aujourd’hui responsable de société et mariée à un homme d'affaires nigérian, une exception sans doute....

 

veld.jpg

Et pourtant le veld est si beau, la propriété est magnifique avec ses troupeaux, son verger, les collines de Free State « ces paysages dont la beauté pouvait lui arracher des larmes » 

 

Ce livre qui pourrait être le roman banal du retour au pays est vraiment un très très bon roman qui fait toucher du doigt la fragilité de cette nation et la marque indélébile que l’apartheid a laissée aussi bien sur les noirs que sur les blancs Afrikaners.

L’écriture de Mark Behr est sobre mais intense et la puissance de son propos est forte. Il parvient brillamment à mêler l’histoire du pays et la sienne propre sans jamais laisser retomber l’émotion qu’il nous fait ressentir grâce à un récit d’une grande sensibilité. 

 

Si vous avez lu et aimé Cette vie de Karel Schoenman ou Poussière rouge de Gillian Slovo, alors vous aimerez ces Rois du Paradis

 

9782709638463FS.gif

 

Le Livre : Les Rois du Paradis - Mark Behr - Traduit par Dominique Defert- Editions JC Lattès - version numérique  Titre original : Kings of the Water

 

20/03/2014

Retour au pays natal


94077870_o.jpg

 

C'est un grand classique que le héros qui revient au pays de son enfance. Pas facile de voir affluer les souvenirs

Le départ fut douloureux et le retour est difficile. Entre les deux un superbe roman.

C'est ici dès demain

 

18/03/2014

Bribes de William S Merwin

 le toit .jpg

 

Un matin d’automne

 

Ici tard en septembre

je puis rester avec les fenêtres

de la salle de pierres grandes ouvertes

sur les branches de prunier encore vertes

au dessus des deux champs dénudés à présent

fraîchement labourés sous les noyers

et observer l’écran des frênes

et sous eux la rivière

 

village.jpg

  

et écouter le cri de la buse

sur la vallée embrumée

par dessus la bosse des bois

et les agneaux au pâturage

sur la pente et un pinson

quelque part au bas de la haie de prunelliers

et le silence du village

derrière moi et des années

 

94029957.jpg

 

Un très grand merci à Aloïs qui m'a permis d'emprunter ses photos

 

Le livre : L’appel du Causse - William S Merwin et Michael Taylor - Editions Fanlac

16/03/2014

Lire en VO pour les nuls

487x201px-lire-en-anglais.png

Facile à dire !

 

Il faut d’abord que je vous avoue que l’anglais et moi c’est comme l’huile et l’eau, le mélange est impossible.

J’ai à peu près tout essayé, les films sous titrés en anglais, les cours, les méthodes audio et celle plus récentes en ligne

 

Bon rien n’y a fait je cale très vite. 

Et pourtant lire en anglais me tente vraiment...et un prochain séjour prévu aux USA me donnerait presque des ailes. Pensez qu’il va falloir que ma petite fille de 10 ans fasse l’interprète ! malheur de malheur ! 

 

francais-niveau-anglais-nul.png

je suis sur le podium à la dernière place

 

Bien sûr j’ai tenté la lecture avec dico en mains, mais elle me lasse très vite, les livres en VO avec texte français à côté c’est le ratage assuré après trois pages épuisée je lis en français.......

 

Parmi mes dernières tentatives il y en a une qui m’a donné satisfaction ! Hourra !!! 

D’abord j’ai choisi un polar, là du moins le sujet est léger.

Ensuite j’ai trouvé une série éditée par Harrap’s qui est en anglais et seules sont traduites en marge les expressions difficiles, pas de français tentant à côté, bref ça marche, en tout cas pour moi. 

 

La collection compte quelques titres et plusieurs sont annoncés.

Reste à voir si je vais tenir la distance et surtout si je vais faire des progrès, je croise les doigts. 

 

9782818702727FS.gif

 

Les titres de la collection :  

The Drop de Michael Connely ( celui que je suis en train de lire) 

A mind to murder de PD James

Misery de Stephen King

Tell no one  d’Harlan Coben
Oracle Night de Paul Auster 

15/03/2014

Bribes d'Hubert Voignier

G417021.jpg

 

Aussi je m’en vais par les routes pluvieuses ou ensoleillées d’avril, bordées d’orties vivaces et d’ombelles géantes, dont les petites grappes de fleurs blanches gravitent comme dans galaxies dans l’espace poudreux des talus et des fossés, à la recherche de ces champs d’herbe haute rehaussés de fleurs — faisant ressurgir en moi le souvenir d’enfance de vertes prairies constellées de narcisses au parfum amer sur le plateau d’Hauteville. 

 

La montagnette 3 mai 2006.jpg

© ivredelivres

 

Aller à la découverte des hautes herbes, au détour des paysages repeints aux couleurs de la reverdie annuelle, est un bonheur comparable à celui de se lever tôt pour constater que le soleil règne en maitre absolu sur la campagne, avant que ses rayons ne frappant de plein fouet les yeux du promeneur matinal, à peine éveillé, ne le jettent , l’esprit à moitié sonné, sur le carreau éblouissant des routes.....

 

94029957.jpg

Le livre : Les Hautes herbes - Hubert Voignier - Cheyne Editeur

13/03/2014

La Corde - Stefan aus dem Siepen


Pied_piper.jpg

 

Je n’ai pas lu de littérature allemande depuis quelques temps. Aujourd’hui je vous propose un roman qui a connu un vrai succès en Allemagne.

Un roman qui m’a totalement envoûté et que j’ai lu d’une traite, il faut dire qu’il est court (150 pages).

 

Dans un village en bordure d’une forêt profonde, à la veille des moissons, la découverte par Bernhardt d’une corde dont il n’a jamais vu la pareille. Le lendemain soumis à la curiosité du village il tente de voir d’où vient la corde mais sans succès .

« La corde est longue ! croyez-moi ! j’ai fait un bon bout de chemin, mais je n’ai pas trouvé l’autre extrémité ».

 

L’envie de savoir gagne peu à peu le village, oubliant les moissons les hommes décident de pénétrer dans la forêt pour en avoir le coeur net. 

« Plus d’une douzaine d’hommes, sac plein de provisions sur l’épaule, couteau de chasse et outre d’eau en cuir à la taille,étaient rassemblés, impatients, prêts au départ, étreignant leurs femmes d’un geste distrait. »

 

Foret_bavaroise.jpg

 

La durée de cette incursion dans la forêt prévue pour la journée, passe à deux puis trois journées.

Les femmes inquiètent guettent le retour des hommes à l’orée de la forêt

« Une lune gris pâle se leva au-dessus des arbres, indifférente. Sachant pourtant que leurs maris ne reviendraient plus ce soir-là, les femmes trouvèrent réconfortant de patienter encore un petit moment ».

 

Une communauté villageoise en proie à l’obsession, à une curiosité irrépressible qui lui fait tout oublier. Un groupe sensible à une parole habile, séductrice, véhiculée par l’instituteur Rauk qui a trouvé là le plaisir de prendre une revanche sur des paysans plus ou moins incultes. C’est un peu le joueur de flûte du conte.

Le groupe doit trouver assez vite de quoi se nourrir et est en proie aux tentations communes à tous les hommes : rancune, colère, envie. La violence n’est pas loin. Certains vont choisir de faire demi-tour.

 

 

parole.jpg

 

« Rauk se leva de sa place et, ce qui le fit paraitre plus chétif encore, se plaça devant le tronc épais du tilleul afin de pouvoir embrasser du regard ses compagnons assis.»

 

Un roman très habile qui porte sur les obsessions humaines, sur « l’avidité et la folie des hommes »

Impossible de fermer le livre, on est comme le groupe obsédé par cette corde, curieux nous aussi de la suite et inquiet que le retour à la normalité soit impossible.

Interroger sur un parallèle avec la montée du nazisme l’auteur dit non ce n’est pas ce qu’il a voulu même si certains mécanismes à l’oeuvre dans le roman aient pu être ceux utilisés par les nazis.

La traduction est parfaite et fait ressortir une belle langue, riche, fine, expressive, recherchée.

 

Une belle parabole que je vous invite à découvrir.

 

 

Le Livre : La Corde - Stefan aus dem spielen - Traduit par Jean Marie Argelès - Editions Ecriture

 

stefan aus dem spielen.jpg

Stefan de la Siepen | © DTV / Bernd Schumacher

 

L'auteur : Travaille au ministère des Affaires Etrangères. Il a été en poste à Moscou, à Shanghai. 

12/03/2014

Il était une fois

raconte.jpg


Je sais pas vous mais moi j'aime qu'on me raconte une bonne histoire, j'aime y croire et (oh l'affreuse) j'aime m'identifier aux héros

Alors dès demain une bonne histoire tout spécialement pour vous

10/03/2014

Bribes de Jan Skácel

 

_101226_stoique_stat_neige_1219_2.1293363188.thumbnail.jpg

© Pensées en images 

 

La neige fait son lit 

 

La neige aime les statues et ses plumes blanchâtres

Lors de leur chute se reposent dessus.

Sur les têtes des saints,

sur les revers des généraux

sur les poitrines de bronze ou de grès.

là partout la neige fait son lit.

 

4080643-belle-scene-de-foret-automnale-de-la-cime-des-arbres-et-de-ciel-bleu.jpg

 

A la cime des arbres le vent ne cesse pas

Le feuillage marmonne

A croire qu’un ruisseau coule au dessus de nous

 

Le soir cette eau se tait

et le temps un instant est suspendu

La terre se réconcilie avec le ciel

 

 

94029957.jpg

Le livre :  Ce que le vin sait de nous - Jan Skácel -  Editions La lettre volée

 et aussi

Le livre : D’autres astres, plus loin, épars - Poètes européens du XXème siècle - Editions La Dogana 

09/03/2014

Le Printemps des poètes 2014

Bientôt le coup d'envoi de ce printemps  

94029957.jpg

 

Dans les jours qui viennent  des billets consacrés à la poésie
viendront s'intercaler avec d'autres

06/03/2014

Un an dans la vie d'une forêt - David G Haskell


haskell.jpg

© David Haskell

Deux moines tibétains dessinent un mandala avec du sable coloré. Ils vont lentement observent avant d’agir, d’abord un dessin d’ensemble puis les détails.

Maintenant imaginez que vous êtes biologiste, comme ces moines vous vous fixez un coin de nature, une zone bien délimitée mais qui est capable par sa richesse de représenter le monde vivant, plantes et bêtes. 

« J’a choisi l’emplacement en marchant au hasard jusqu’à trouver un rocher où m’asseoir. L’espace devant moi est devenu mon mandala. »

 

sewanee.jpg

Sewanee Tennessee

 

L’observation de cette parcelle forestière de 1 mètre carré est votre nouvel espace de travail, nous sommes dans les forêts des Appalaches

Notre biologiste choisit une petite fenêtre pour contempler le monde. Il se fixe quelques règles :

« y venir aussi souvent que possible, observer le déroulement d’un cycle annuel, garder le silence, déranger le moins possible, ne pas tuer d’animaux ni en évincer, ne pas y creuser ni y pénétrer, ne m’autoriser qu’un simple effleurement des doigts. »

 

pcreek8.jpg

                                   Les lichens © David Haskell

 

Nous lecteurs, allons le suivre dans ce voyage fantastique vers l’infiniment petit, l’infiniment simple et l’infiniment complexe de cette forêt primitive. Une grande richesse écologique et une grande diversité biologique nous attendent.

Dans ce carré de forêt presque chaque jour notre biologiste va aller s’asseoir et tenir un journal, c’est là l’objet de ce livre.

 

Prenons donc la route en direction de Sewanee dans le Tennessee.

Au fil des pages David Haskell nous fait découvrir la vie qui grouille sous les feuilles, la physiologie des lichens comme la façon de se nourrir des cerfs, la coopération qui existe parfois entre les occupants du mandala. Nous subissons la neige, des trombes d’eau, « les assauts du vent », la chaleur estivale et même un tremblement de terre. 

Quand il pleut le mandala se transforme en  « Serengeti à mollusques », les fleurs sortent à profusion aux premiers jours d’avril et elles se déploient « Ce matin la tige a la forme d’un élégant point d’interrogation, toujours recouvert de duvet, la fleur bien close suspendue à l’extrémité de sa

courbe ».

champignons.jpg

 

                                          © David Haskell

       « La science approfondit notre intimité avec le monde »

 

La civilisation se rappelle parfois brutalement à lui, comme avec cette balle de golf venant perturber le fragile équilibre de son mandala biologique.

Il lève parfois la tête pour apercevoir « le vol de l’épervier brun ». Il nous dévoile le combat pour la vie qui se déroule sous ses yeux scrutateurs, il nous révèle les miracles d’une nature foisonnante, papillons et champignons, arbres et fleurs, tout est bon pour nous transmettre un message « Toutes nos actions font des vagues et les effets de nos désirs se répercutent à travers le monde ».

salamandre.jpg

© David Haskell

      « La salamandre luit comme si un rayon de soleil l’illuminait »

 

Ce journal est passionnant de bout en bout, savant, érudit, il sait nous apprendre la vie mais sait faire sa leçon avec l’âme d’un poète.

Dans les interviews il dit que c’est sa femme qui lui a fait regarder la nature avec empathie, elle qui est artiste, biologiste, éleveuse de chèvres et fabricante de savon ! Qu’elle en soit remerciée.

Je suis sûre que David Haskell est un lointain cousin d’ Henry D Thoreau, d’Annie Dillard ou encore d’Aldo Léopold dans son lointain Comté des sables.

Si l’on veut faire un peu de chauvinisme on peut aussi le rapprocher de Jean-Henri Favre et ses Souvenirs entomologiques.

 

Faites une place à ce livre dans votre bibliothèque

 

 

9782081334243FS.gif

 

Le Livre : Un an dans la vie d’une forêt - David G. Haskell - Traduit par Thierry Piélat - Editions Flammarion 2014