21/08/2014

L'appel du Causse - William S Merwin et Michael Taylor


643_1.jpg

Un livre attachant, riche, double, un livre qui parle de la terre de France avec un petit accent américain.

Le nom de William S Merwin ne vous est sans doute pas connu, c’est pourtant un poète américain reconnu. 

En 1950 il parcourt la France et a un coup de foudre total pour une région : le Quercy. Et nous allons, grâce à William Merwin, arpenter ces terres arides, admirer les jeux de lumière, faire connaissance avec les habitants bourrus qui semblent au poète n’avoir pas vraiment changé depuis l’épique des troubadours

parc-naturel-regional-des-causses-du-quercy-05.jpg

Le poète part en quête d’un havre, d’un lieu de vie et il le trouve à Lacam. Il va au fil du temps transformer une ruine en une maison qui s’intègre parfaitement dans le paysage, premier habitant du hameau à n’être pas né là !!

Dans les années qui suivent il va y faire de nombreux séjours,le lieu, la nature, les paysages vont lui inspirer des poèmes et des textes en prose que l’on découvre dans ce livre.

 

2bis.jpg

Le Hameau de Lacam  © Autour du puits 

« Mes jours solitaires dans cet endroit silencieux représentent un point culminant dans ma vie, un trésor éternel, une source à laquelle je reviens sans cesse.»  

 

A la manière de Stevenson il a arpenté les chemins, les collines, les prés de la région et son amour est resté intact. Son ami Michael Taylor, qui l’a rencontré à la faveur d’une interview, est amoureux lui aussi de ce Causse magnifique et donne une très belle introduction aux textes de Merwin. 

C’est un plaisir de lire la prose de Merwin, il a étudié le vieux français pour pouvoir lire Villon et c’est un passionné de la langue d’Oc des troubadours.

brume mat 2.jpg

© Autour du puits

« Ce sont ce monde ancien, cette culture et ce paysage qui ont saisi mon imagination. Un lieu d’une ancienneté incommensurable avec un profond silence sous-jacent. »

 

Les amoureux de la région l’on peut être déjà rencontré.

Ecoutez son ami Michael Taylor qui en parle très bien.

LACAM PAULIAC 049-001.jpg

La Maison de William Merwin © Autour du puits 

« tout y est pour qui aime vivre les saisons, arpenter les sentiers, contempler les paysages immaculés, cueillir les champignons ou cultiver son jardin. Bien sûr, c’est un peu nostalgique: Merwin vit la disparition de la vieille paysannerie et les débuts d’une autre époque, peut-être moins poétique. Mais nous savons que l’auteur revient chaque année passer quelques mois dans sa vieille maison. Qui sait si vous ne l’apercevrez pas un jour, au détour d’une promenade, derrière les murs en pierres sèches » 

 

Un grand merci à Aloïs qui m'a permis d'illustrer ce billet de photos superbes prises sur les lieux mêmes

9782865772766FS.gif

Le livre : L’appel du Causse - William S Merwin et Michael Taylor - Editions Fanlac

 

Les auteurs

1055145_1334344_800x400.jpg

Michael Taylor  et William S Merwin

 

16/08/2014

Madame Zola - Evelyne Bloch-Dano

C’est après une visite de la maison de Zola qu’Evelyne Bloch-Dano décida d’écrire une biographie de Madame Zola afin de nous dire comment la petite lingère devint la femme d’un des hommes les plus célèbres, les plus honnis, les plus admirés.

 

La vie des grands hommes est rarement un long fleuve tranquille et parfois les compagnes en paient le prix, je vous laisse relire comment Sofia Tolstoï fut traitée en son temps.

 

 zola.jpg

Portrait de Madame Zola par Manet - Musée d'Orsay

C’est l’histoire d’une femme qui longtemps souffrit de sa non reconnaissance. Gabrielle fut tout d’abord une grisette qui pose pour les Impressionnistes, qui fait du canotage sur les bords de Seine. 

Sa rencontre avec Emile va totalement changer sa vie, il fut l’unique passion pour cette jeune femme peu éduquée que les Goncourt jamais en reste d’une amabilité qualifiaient de « poissarde ». 

Elle est la muse fidèle, l’organisatrice des dîners amicaux ou mondains qui « sont 1'œuvre commune de Gabrielle et d'Émile, une sorte de fête de famille élargie, un rituel amical, même s'ils ont dès le début une portée artistique non négligeable »

madame zola.jpg

Alexandrine 

Elle est aux côtés de Zola quand la presse le cloue au pilori après la publication de Thérèse Raquin « longue série d'articles injurieux qui dénoncent avec une violence inouïe l'immoralité de Zola. »

C’est un couple qui vit dans le pêché ! le mariage n’interviendra que des années plus tard, elle en profitera à ce moment là pour changer de prénom comme pour effacer une ardoise un peu lourde à porter.

Gabrielle est devenu Alexandrine, elle est une femme respectable, « elle s'offre plus qu'une virginité : un baptême » et le mariage semble leur avoir ouvert les portes de la réussite car cette année là parait le premier roman des Rougon.

Toute dévouée « Elle veille sur son mari comme sur un grand naïf prompt à se décourager ou à se laisser berner. »

Ce sont les années d’intense création entre « 1871 et 1877, il publie La Fortune des Rougon, La Curée, Le Ventre de Paris, La Conquête de Plassans, La Faute de l'abbé Mouret, Son Excellence Eugène Rougon et L'Assommoir. »

maison-demile-zola-medan.jpg

Maison de Zola à Médan

Le cercle des amis s’agrandit « Il se lie aussi avec Gustave Flaubert, Alphonse Daudet et Ivan Tourgueniev, et des dîners littéraires les réunissent régulièrement »

Emile est devenu célèbre, Alexandrine participe à l’animation des soirées de Médan où se croisent Monet, Cézanne, Manet

 

fantin-latour-atelier-batignolles.jpg

Henri Fantin-Latour Un atelier aux Batignolles
Paris, musée d'Orsay© photo RMN, Hervé Lewandowski

 

Mais Alexandrine n’a pas réussi à lui donner un enfant. Le couple va connaitre une crise très violent lorsque Zola tombe amoureux de Jeanne Rouzerot et lui fait 2 enfants : Denise et Jacques

 

Emile_zola_et_sa_famille.jpg

Zola, Jeanne et leurs deux enfants

 

« voici donc Alexandrine dans le rôle ingrat de l'épouse vieillissante, frigide et trompée. »

Cette femme bafouée ne va pourtant pas baisser les bras et « Tout au long de l'Affaire, Alexandrine sera l'alter ego de Zola, sa correspondante de guerre, son témoin numéro 1. »

 

ZOLA_Pilori.jpg

 

Elle est là dans l’exil « le rôle de Madame Zola est tracé : elle est « la gardienne et la dévouée », chargée de représenter et défendre l'écrivain. Elle va s'y consacrer à plein temps, y puiser des forces neuves - et surtout y gagner une stature que sans l'exil, elle n'aurait jamais acquis »

 

Une belle biographie tracée par Evelyne Bloch-Dano dont j’avais déjà apprécié le portrait de Madame Proust. Elle nous fait aimé cette femme qui eu à la fin de sa vie un geste beau et magnanime en oeuvrant pour qu’ « un décret officiel accorde à Denise et Jacques le droit de porter le nom de leur père : Émile-Zola. »

 

Pour retrouver tous mes billets sur Zola c'est ici

 

 

9782246521495FS.gif

 

Le livre : Madame Zola - Evelyne Bloch-Dano - Editions Grasset numérique

14/08/2014

Pour en finir avec Zola

zola-rougon-macquart.jpg

Le titre du billet est un peu provocateur, mais c’est moi que je provoque, j’avais décidé il y a quelques mois de lire Les Rougon Macquart de bout en bout et dans l’ordre, chose que je n’avais jamais fait.

 

Mais voilà j’ai calé sur un roman et du coup je me suis arrêtée là.

J’ai décidé de reprendre quitte à sauter certains titres que j’ai déjà lus comme Germinal ou qui ne m’accrochent pas du tout comme Nana

 

Je ne dis pas que je vais lire ça en deux temps trois mouvements mais je suis de nouveau en route et j’en profite pour enrichir ma lecture d’une biographie.

 

Rendez-vous ici dès demain

10/08/2014

L'âne et l'abeille - Gilles Lapouge

anebis.jpg

« Jésus décida de récompenser l'âne de Bethléem. il donna à tous les descendants de cet âne le pouvoir de rire.»

 

Voilà un homme qui aime les chauve-souris et les colibris mais qui fait carrément une fixation sur les ânes et les abeilles. 

Son choix est poétique, c’est la faute non pas à Voltaire mais à Francis Jammes et au divin Platon.

Tombé dans le poème de Francis Jammes quand il était jeune, mais si vous savez...

 

J’aime l’âne si doux
marchant le long des houx.
 
Il prend garde aux abeilles
et bouge ses oreilles 

seraphin_chemin.jpg

Celui là se nomme Séraphin

Voilà notre homme qui s’embarque dans un livre où il est question du mariage improbable de ces deux animaux.Gilles Lapouge est amoureux à la fois de l’âne « qui bouge ses oreilles » et de l’abeille industrieuse.

L’âne têtu (et ce n’est pas un mythe) et humble comme celui de la crèche à qui il manque une vertèbre ce qui le rend corvéable à merci, ne dit-on pas âne bâté ?

L’âne marche, musarde, flâne, « L’âne est tenté par l'anarchie. » alors que l’abeille chacun sait qu’elle est une travailleuse hors pair, acceptant de se dévouer corps et âme pour sa reine et qui nous donne son miel. Gilles Lapouge nous dit

« Ses colonies et ses ruches préfigurent les sociétés glaciales, techniciennes, sans ferveur ni déchirements, barbares en somme, modernes en somme »

L’abeille elle philosophiquement n’est pas pour l’anarchie  « L’abeille est utopiste, à la manière de Platon et de Thomas Moore. » et elles sont résolument pour une société loin de tout individualisme.

 

ruche-en-couleurs-535x410.jpg

« Les abeilles, en s'associant les unes avec les autres, sacrifient leur indépendance, leur insouciance, leur goût du plaisir et leur passion de l'inutile. »

 

Ânes et abeilles, ils les passe tous en revue, de Modestine accompagnant Stevenson, aux pauvres ânes des tranchées de Verdun (ils y étaient !) en passant bien évidemment par La Fontaine incontournable quand il s’agit d’animaux. Mais il y a aussi : la Bible, la mythologie, Homère, Aristote ou l’inévitable Marcel P.

Pour les abeilles c’est itou, des blasons à l’étude des ruches, aux savants qui se sont interroger sur la fabrication du miel et sur le sexe non pas des anges mais des bourdons, là Lapouge est ferme : l’abeille n’a pas de vie sexuelle qu’on se le dise ! si ce n’est avec des fleurs....alors que l’âne lui est un des seuls animaux à s’accoupler hors de son espèces ! oh voilà bien un « exhibitionniste » osé ! 

 

C’est une lecture délicieuse, douce comme le miel mais qui requière la ténacité de l’âne car Gilles Lapouge n’est pas en reste d’érudition et remonte allègrement les siècles pour nous enchanter. Je vous avertis que quand Lapouge vous tient il ne vous lâche plus et que l’on file doux 

Un livre qui en en même temps fable philosophique, essai scientifique mais surtout une fantasia poétique et amoureuse.

 

Le livre : l’âne et l’abeille - Gilles Lapouge - Editions Albin Michel 

 

09/08/2014

Où mène la poésie et la philo


Colibri-thalassinus-001-edit.jpg

La poésie et la philosophie peuvent parfois emporter un auteur jusqu'à la folie.

Enfin je dis folie mais c'est une folie joyeuse, drôle et pleine de surprise. je vous donne un indice

platon.jpg

Dès demain découvrez un auteur qui aime les chauve-souris, les colibris et bien d'autres animaux.

03/08/2014

A la pêche aux moules

J

photo-635024848681546493-1.jpg

Je vous abandonne quelques jours.

je vais sur une île pour me gaver d'huitres, de marées, de petits enfants et d'amitié.

ile-Oleron-cabanes-Charente-Maritime-Atlantique-randonnee-thumb-940x705-24425-600x450.jpg

 

31/07/2014

Du sang au cercle polaire

J'adore lire hors saison, pas vous ?

Enfourchez votre motoneige et en route pour Kiruna.

Church_of_Kiruna_2011.jpg

              Au pays de la foi religieuse

 

Le premier roman met en scène Viktor Strandgård qui à l’heureux privilège de mourir pour la deuxième fois. « Une ferveur religieuse sans précédent s'est emparée de la petite ville minière de Kiruna, en Laponie, depuis que le charismatique Viktor Strandgård, le Pèlerin du Paradis, a survécu à un terrible accident et est revenu d'entre les morts » mais maintenant « il gît sur le dos les yeux fixés vers le ciel qu’on découvre à travers les immenses verrières. Comme si rien ne le séparait du ciel noir de l’hiver, au-dessus

 

Sanna sa soeur est aussitôt soupçonnée et elle fait appel à Rebecka Martinsson. Cette jeune avocate a quitté le village et est maintenant avocate fiscaliste mais sous l’emprise des souvenirs elle va accepter d’aider Sanna. 

DSC_0240.jpg

           Kiruna et son hôtel de glace : brrr à vous faire froid dans le dos

 

Dans le second polar nous sommes toujours à Kiruna mais c’est la femme d’un pasteur qui est retrouvée morte : Mildred Nillson

Rebecka Martinsson est là en mission pour le cabinet d’avocat pour lequel elle travaille. Cet assassinat va la remettre sur les traces de son passé. 

 

Dans les deux romans les enquêtes sont menées par  Sven Erick Stanalcke et Anna Maria Mella qui ont du mal à démêler le vrai du faux, la superstition de la réalité, 

L’auteur nous entraine donc en Laponie suédoise à portée de motoneige du cercle polaire, un bout du monde où la population subit l’emprise des religieux, où les comportements sont le plus souvent dictés par la superstition et la peur.

Ce sont des enquêtes classiques, ce que j’ai aimé c’est l’atmosphère glauque et éprouvante portée par un puritanisme et un sectarisme religieux qui glacent le sang.

De belles descriptions de la nature suédoise illustrent les deux polars qui s’appuient sur les pires travers des hommes.

suede_940x705.jpg

 « Un soleil d’or rose descend sur les douces collines comme une cloche de lumière. Un bateau qui fait la balade entre les îles de l’archipel glisse dans le chenal. Les roseaux sur la berge bruissent dans l’air du soir et leurs têtes de velours se confient des secrets. »

 

Malgré quelques passages assez mal traduits, c’est agaçant à la lecture mais ça ne gêne en rien le suivi de l’intrigue, j’ai eu du plaisir avec ces deux polars.

L’auteur juriste de formation mène une intrigue bien travaillée, elle sait parfaitement faire ressentir le poids du passé, elle brouille les pistes pour tenir le lecteur en haleine, ses portraits sont de bonne facture. 

On est un peu sidéré de découvrir une Suède en proie au fanatisme religieux, cette sombre atmosphère est parfaitement rendu par Åsa Larsson et je dois dire que je me suis laissée embarquée. Je vous conseille de les lire dans l’ordre c’est mieux pour le suspens.

 

9782070441136FS.gif 9782226256096FS.gif

 

 Les polars :

Horreur boréale - Åsa Larsson - Editions Gallimard Série noire et folio

Le Sang versé - Åsa Larsson - Editions Albin Michel 

28/07/2014

Quai des enfers - Ingrid Astier

 

brigade-300x173.jpg

 

Un petit polar bien de chez nous vous êtes pas contre ?

 

La température de l’eau est encore un peu froide pour moi mais pourtant je vous embarque avec la brigade fluviale de Paris.

Une barque amarrée devant le 36 Quai des orfèvres, la barque est chargée ...d’un cadavre évidement. C’est un membre de la Brigade Fluviale qui a trouvé le corps : Rémi Jullian. Le commandant Jo Desprez est chargé de l’enquête mais un grain de sable s’est introduit dans le système car on retrouve sur le cadavre la carte de visite d’un ami de Desprez, un parfumeur génial mais quand même.

 

L’enquête va aller de rebondissement en rebondissement nous faisant découvrir le travail particulier de cette brigade et les contours et détours du fleuve.

Un polar bien classique, presque un peu trop mais même si Ingrid Astier ne fait pas preuve d’une très grande originalité son roman est très agréable à suivre.

Si vous n’aimez pas le genre trash, les intrigues trop complexes, celui là est fait pour vous.

Les personnages sont intéressants et l’intrigue est bien menée dans des milieux variés comme ceux de la mode, de l’art et de la musique.

 

Les amateurs de ponts parisiens (j’en connais au moins une) seront servis

IMG_0087.jpg

©Autour du puits 

 

« Pont Royal, pont de la Concorde, pont Alexandre III, pont des invalides, pont de l’Alma, passerelle Debilly, pont d’Iéna, pont de Bir-Hakeim, pont de Rouelle, pont de Grenelle, pont Mirabeau, jusqu’au pont de Garigliano... »

 

9782070445554FS.gif

 

Le livre:  Quai des enfers - Ingrid Astier - Gallimard Folio noir

07:25 Publié dans Policiers | Lien permanent | Commentaires (26)

27/07/2014

Connu des services de police

Des polars pour l'été, des auteurs découverts grâce à Quai du polar et une auteurs déjà bien connue des services de police

 

carte-peche-copie-1.jpg

 

La suite c’est ici dès demain

24/07/2014

Les Cyprès de Patmos - Antoine Silber

Pour ceux qui vont partir ou ceux qui en reviennent....

patmos3.jpg

 

Pour une amoureux fou de la Grèce quelle est la plus belle chose qui peut arriver ? Trouver une maison à acheter. Pas n’importe où, non, à Patmos. Et pas n’importe quelle maison, un « rêve de maison », une petite maison, un spitaki pour être précis.

Elle n’est pas très vaste cette maison, mais elle a une vue sur la mer, et la grotte où Saint Jean est censé avoir écrit l’Apocalypse, est toute proche.

Déjà là je sens que vous êtes sous le soleil et la lumière de Patmos...

Quelques travaux sont nécessaires, salle de bain et m2 supplémentaires, et puis aussi des plantations, cyprès et oliviers, amandiers que les chèvres du berger local vont trouver tout à fait à leur goût.

 

saint_jean_patmos_bosch_2_350.jpg

Saint Jean et Patmos vus par Jérôme Bosch

 

Je dois dire que je me suis laissée totalement emportée par ce petit récit, le temps passe vite truelle en main, à la condition de pouvoir boire un petit ouzo de temps à autre. En toile de fond la crise grecque et les jugements hâtifs sur le pays « la gabegie, la paresse grecque » mettent en rogne Antoine Silber. 

Car il change notre écrivain « On voyage toute sa vie, on écrit, on commente l’actualité, on est simple spectateur. Et puis, un jour, on devient horticulteur ! On plante des arbres, on découvre qu’on peut être utile, la vie prend tout son sens. »

 

chora.jpg

Chora le village de l'auteur

Ses travaux ne sont pas toujours couronnés de succès mais cela ne l’empêche pas de profiter de l’odeur du jasmin, des figues et des eucalyptus.

Ah oui j’allais oublier, Patmos est une île un peu mystique et Antoine Silber peu à peu se laisse gagner par une certitude, ce n’est pas dans une grotte mais carrément dans cette petite maison que l’apôtre à écrit ....

 

Si vous voulez prendre un petit bain de Méditerranée, lire un livre tout en délicatesse alors glissez ce livre dans votre valise il est encore temps.

 

9782363080448FS.gif

 

Le livre : Les cyprès de Patmos - Antoine Silber - Edtions Arléa

23/07/2014

Vous êtes Ouzo ou Retsina ?

 

ouzo[1].jpg

 

Des boissons de vacances à déguster sur l'île où je vous emmène demain

Tenues légères et lunettes de soleil sont de rigueur.

 

 

20/07/2014

la bibliothèque des génies

 la lecture.jpg

J’ai enchainé deux livres sur un sujet similaire, mais deux livres traités tout à fait différemment. 

L’un se lit aisément, l’autre demande un intérêt certain pour le sujet.

 

Le sujet donc : la bibliothèque des génies, et pas n’importe quel génie ! non deux de mes écrivains d’élection : Proust et Montaigne

Bureau-de-Montaigne_1580-R.jpg

Montaigne et les Livres 

Cette étude cherche à cerner la pratique de lecture de Montaigne. Ce grand lecteur lit moins pour s'instruire que pour exercer son jugement. Tout livre est pour lui un nouveau monde, qu'il parcourt en explorateur curieux, à la recherche de l'autre et de lui-même.

Est-ce un livre facile à lire ? non

Est-ce un livre qui exige un effort de lecture ? oui mille fois oui

Un livre pour les passionnés de Montaigne qui ont toujours envie d’en savoir un peu plus, d’entrer un peu mieux dans cet univers si foisonnant où l’auteur peut dire  qu’il lit Plutarque, Virgile, Lucrèce avec passion, que les historiens sont « sa droite balle » et nous dire quelques pages et quelques essais plus tard que les livres sont tout à fait inutiles, qu’il ne sert de rien de vouloir se rendre plus savant ! 

 

 

Proust_timbre_Mme_de_S_vign_article_mcjarrias_Anka_Muhlstein_La_Biblioth_que_de_Marcel_Proust.jpg

Venons en à Proust et à sa bibliothèque.

Là je ne peux que recommander ce livre à tous les amateurs de Proust, d’une belle simplicité d’écriture rendant la lecture très agréable ce livre est pourtant d’une grande richesse.

On a disséqué tout Proust :  les personnages de ses romans, les lieux qui l’ont inspiré. Anka Muhlstein nous propose d’éclairer l’écrivain à travers ses lectures.

Lectures d’enfant, François le Champi bien sûr, mais aussi et surtout lectures de l’homme qui fut un lecteur boulimique. 

 

Dès l’enfance Marcel Proust lit lit lit, digne descendant d’une grand-mère férue de Madame de Sévigné et d’une mère qui a la passion des grands écrivains.

Très vite il devient un lecteur non seulement assidu mais critique, critique au sens le plus noble, il n’y a qu’à lire ses célèbres pastiches pour se rendre compte à quel point il a incorporé la façon d’écrire d’un Balzac par exemple.

Il fut un passionné de littérature anglaise et russe : Tolstoï, Dostoïevski ou George Eliot. Il sait reconnaitre ses dettes en mettant dans sa Recherche bien des clins d’oeil à ses lectures, Anka Muhlstein nous aide à les repérer car si il y en a d’évidents comme le cours de littérature qu’il assène à sa Prisonnière, d’autres sont bien cachées. Anka Muhlstein a fait le compte et une bonne soixantaine d’auteurs alimentent la Recherche et ses personnages.

 

publication14.jpg

© Irène et la littérature

 

Amoureux fou de littérature Marcel Proust n’était en rien fétichiste quant aux livres eux-mêmes, son appartement était un gentil foutoir, il échangeait, prêtait, perdait ses livres et ...les rachetait.

 

Un sincère merci à Armelle qui m’a orienté vers le livre d’Anka Muhlstein

 

9782812410932FS.gif

9782738130389FS.gif

 

Les Livres 

La bibliothèque de Marcel Proust - Anka Muhlstein - Editions Odile Jacob

Montaigne et les livres - Floyd Gray - Editions Classiques Garnier

19/07/2014

Nos bibliothèques

 

james-le-serre-livres-ajoute-une-note-d-humour-anglais-a-nos-bibliotheques-deco-et-design.jpg

A lire les blogs je sais que nous sommes nombreux à être attachés à notre bibliothèque.

Elles disent beaucoup de choses de nous je crois mais qu'en est-il de la bibliothèque des génies, des grands écrivains ? 

Rendez-vous demain pour fouiller dans les rayons 

16/07/2014

L'affaire Collini - Ferdinand Von Schirach


justice.jpg

Je guette régulièrement les parutions de littérature allemande car souvent j’ai eu de bonnes surprises. Je viens de tirer un bon numéro.

 

Un auteur célèbre outre-Rhin, un roman brillant qui se lit comme un polar mais avec une précision documentaire, un roman à l’écriture d’une grande économie presque sèche mais au combien efficace. 

 

Comment vous en dire un peu mais pas trop ? 

Un avocat débutant est commis d’office auprès d’un meurtrier, Fabrizio Collini. Il est soupçonné d’avoir assassiné sauvagement Hans Meyer un homme très connu et très respecté du milieu d’affaire. Très vite le jeune avocat s’interroge, ne devrait-il pas se récuser en raison de ses liens avec la famille de la victime ? En face de lui l’avocat de l’accusation est brillant mais rusé et retord. L’accusé reste muet et refuse même de répondre aux questions de son avocat. Pauvre maitre Leinen sa première affaire se présente mal. 

 

tribunal-cour-constitutionnel-allemagne.jpg

 

Un livre court et concis que j’ai littéralement dévoré mais qui demande immédiatement à ce qu’on relise certains passages pour bien s’assurer de notre compréhension.

L’auteur est lui-même avocat et cela se sent. On ressort de là avec des questions sur la justice et son fonctionnement, sur notre responsabilité, sur celles des élus qui votent les lois.

Ce roman a fait un tabac en Allemagne, je ne peux que lui souhaiter le même succès en France.

L’auteur a publié une série de nouvelles que je vais m’empresser de lire.

 

Voici ce qu'Eeguab dit des nouvelles : 

Un très bon livre,signé de quelqu'un dont l'expérience technique évidente court au long d'un volume qui reste cependant un bel objet littéraire

 

9782070137725FS.gif

 

Le livre : L’affaire Collini - Ferdinand Von Schirach - Traduit par Pierre Malherbet - Editions Gallimard 2014

 

AVT_Ferdinand-von-Schirach_8465.jpgL'auteur 

15/07/2014

Vous avez dit justice ?

Depuis quelques semaines la justice et son fonctionnement est au premier plan, parfois je me lasse de ces débats vains mais ....
un roman peut tout à coup nous rappeler à quel point les choses peuvent basculer vite ...

document.jpg

Demain je lève le voile ici même 

13/07/2014

Bribe de Sei Shônagon

Choses qui gagnent à être peintes

 

 

Un pin

 

Kodama art studio pin sylvestre pinus sylvestris baudouin de lorgeril bonsai 22.jpg

La lande en automne. 

 

Un village dans la montagne. 

 

Un sentier dans la montagne. 

 

La grue. 

 

Le cerf. 

 

236846_yaponiya_-dom_-sad_-zima_2592x1944_(www.GdeFon.ru).jpg

Un paysage d'hiver, quand le froid est extrême. 

 

Un paysage d'été, au plus fort de la chaleur.

 

 

Le livre : Notes de Chevet - Sei Shônagon - Editions Gallimard

11/07/2014

Bonne nouvelle

Comme une bonne nouvelle ne va jamais seule après la parution de la fin du voyage de Patrick Leigh Fermor voici une réédition très attendue par les amateurs de nature writing.

Barry_Lopez.jpg

Le livre de Barry Lopez était indisponible en français depuis des années, mon exemplaire date de 1987 ! Gallmeister a eu l'heureuse idée de le rééditer.


Rêves arctiques est un livre magnifique que je vous recommande pour vos lectures d'été. Je vais peut être le relire pour le plaisir de vous faire un billet 

0756-cover-arctic-5326bacecbc91.png

09/07/2014

Premier plaisir de l'été


impatient.jpg

Avez-vous déjà attendu avec impatience la sortie d’un livre ? oui je suppose.

J’attendais depuis ...1986 la suite et la fin d’un récit que je considère comme le récit de voyage le plus passionnant, le plus réussi et le mieux écrit de tous ceux que j’ai lu au fil des années.

Bon je vous avais parlé des deux premiers tomes et voilà pour vous rafraîchir la mémoire

Et bien bonheur de l’été, la suite et la fin du périple de Patrick Leigh Fermor est enfin paru, cette dernière partie qui l’emporte jusqu’en Grèce.

 

GetImage.jpg 

Je ne l’ai pas encore lu, vous direz que c’est un peu du masochisme ! et bien non parfois après une attende très longue on est un peu tremblant à la pensée d’être déçue.

 

Petit détail pour ceux qui comme moi avaient déjà les deux premiers livres : le Temps des offrandes et Entre fleuve et forêt, cette édition rassemble les trois récits chez un éditeur un peu confidentiel mais toujours avec le même traducteur, Guillaume Villeneuve,qui avait déjà si magnifiquement traduit les deux premiers livres de P Leigh Fermor. 

 

Un livre que je vais lire sans me presser, et pourquoi pas relire l’ensemble pour donner à la fin de ce voyage son sens plein. 

 

dans-la-nuit-et-le-vent.jpg 

Le livre : Dans la nuit et le vent. A pied de Londres à Constantinople (1933-1935) - Patrick Leigh Fermor - Traduit par Guillaume Villeneuve - Editions Nevicata 2014

06/07/2014

Robert Lalonde : un compagnon en littérature

« Là, je donne la parole à tous ces auteurs qui m'obsèdent depuis des années. Je fais ça quand j'en ai marre de la fiction. C'est une bouffée d'air »

bouffée.jpg 

Jolie façon de démarrer un billet non ?

Parmi les livres que l’on lit, que l’on accumule, certains s’imposent par leurs qualités. N’y a t-il pas, parmi les écrivains que vous avez lu, des hommes ou des femmes dont vous voudriez être l’ami ? Robert Lalonde fait partie de ces gens là. 

Je l’ai lu pour la première fois en 1997, j’avais par hasard trouvé son livre sur le stand du Québec au Salon du livre.

Je n’ai eu que du bonheur à le lire et cela s’est répété trois fois. Alors je vous fait aujourd’hui un joli cadeau en vous livrant ses trois livres.

 

Robert Lalonde est un grand lecteur, il livre dans ces trois livres ses amours pour des auteurs, pour la littérature mais pas seulement...

Il est aussi un observateur assidu de son entourage, des paysages, des animaux, voici ce qu’il dit

 

voir.jpg

« Voir, regarder, déceler est une obsession d'écriture, comme celle de faire des liens entre des choses qui ne se touchent pas.» 

 

Liens, correspondances au sens où l’entend Baudelaire, dialogues avec ses écrivains préférés dont il nous livre des citations à profusion nous gratifiant de ses propres traductions.Une véritable orgie de citations.

 

Ses livres sont des journaux de bord d’un écrivain sensible qui parfois se retire « en ermite » et qui se veut comme le dit Giono « un professeur d’espérance »

Il aime méditer, observer, fidèle en ça à Flaubert qui disait « Pour qu’une chose soit intéressante il faut la regarder longtemps » 

Il prend des chemins de traverse, il exerce son oeil, sa patience, sa

modestie.

lalonde.jpg

Ces trois livres se répondent, se complètent, on les déguste à petites lampées, on y revient année après année.

C’est bon de se plonger dans cet hymne païen à la littérature, d’être un peu submergé par l’avalanche de citations qui sont là pour nous nourrir, pour nous éblouir. 

Lui a fait de Proust, de Montaigne, d’Annie Dillard, de Jean Giono, de Rick Bass, d’Emily Dickinson, de Rimbaud, de Rousseau, de Schopenhauer, de Flannery O’Connor et de Gabrielle Roy, ses amis.

Je vous propose de faire de Robert Lalonde votre ami en littérature.

 

9782879292199FS.gif

9782764609743FS.gif

9782764630853FS.gif

 

 

Les livres de Robert Lalonde

Le monde sur le flanc de la truite - Editions Boréal ou Editions de l’Olivier 

Le vacarmeur - Editions Boréal 1999 et version numérique

Le seul instant - Boréal 2011 et version numérique

03/07/2014

Eva dort - Francesca Melandri

70880_b.jpg

                       Le Tyrol du sud

 

Ce roman est une belle façon de mettre l’accent sur un pan de l’histoire de l’Italie et sur une région magnifique.

Si vous avez lu Mario Rigoni Stern vous connaissez déjà un peu ce coin d’Italie qui appartint à l’Empire Austro-Hongrois et qui fut donné à l’Italie en 1918.

Lorsque l’on lit ça dans un livre d’histoire on a peine à imaginer les conséquences pour les hommes et femmes qui vivent là.

 

Francesca Melandri c’est attachée à nous faire comprendre les chose à travers l’histoire de deux femmes, Gerda et Eva.

Dans les montagnes du Haut-Adige (pour les italiens) ou du Sud Tyrol (pour les autrichiens) c’est le choc total, des autrichiens se retrouvent du jour au lendemain italiens, changement de langue, bouleversement de l’identité culturelle, ils deviennent les parias d’une communauté. 

La famille Huber va faire les frais du changement apportant séparations, fracture familiale, conflit de génération. 

 

Le roman est un lent retour en arrière, Eva va traverser toute l’Italie pour être au chevet de Vito, son presque père qui va mourir, il fut l’amour de sa mère, un père de substitution dont elle n’a jamais accepté le départ.

Eva se souvient de l’homme qui l’appelait « sisiduzza » ce qui signifie « toute petite étincelle »

haut adige.jpg

                          Haut Adige

 

Le paysage se dessine d’une région supportant les changements historiques mais aussi les changements de société. 

Dans les années 60 une jeune femme enceinte est une honte pour sa famille, elle devient une Matratze, une femme marquée au fer rouge

« C’était une Matratze parce que son père, Hermann, l’avait laissée partir » partir pour gagner sa vie.

Puis enceinte elle a été chassée par Herman, lui qui avait choisi le mauvais camp, celui des nazis.

Gerda a fait face avec courage pour élever seule sa fille Eva, elle a travaillé sans relâche au Grand Hôtel de Frau Mayer à Merano, elle a tenté d’oublier Peter l’apprenti terroriste, Segi le frère plein de haine, Ulli le presque frère qui lui opte pour la transgression, elle est devenue une cuisinière de talent.

Gerda est belle et rayonne d’amour pour sa fille. Lorsque Vito apparait il va être à la fois son amour et sa croix. 

 

BrennerFrA-IVW.jpg1..jpg

« Un matin du printemps de 1998, à la suite des accords de Schengen, en présence des autorités italiennes et autrichiennes, on enleva la barrière séparant les deux pays au col du Brenner. Plus aucune frontière physique ne séparait le Tyrol du Sud de l’Autriche, sa terre mère perdue. »

C’est un très beau roman qu’a écrit Francesca Melandri, mêlant l’histoire tourmentée de la région qui ne peut oublier son passé, et les personnages qu’elle nous livre toute en finesse et émotion. Si aujourd’hui la région voit affluer les touristes c’est après une période douloureuse. On croise des personnages bien réels de l’histoire italienne comme Aldo Moro, mais surtout on est pris d’affection pour Vito et Gerda qui portent le récit, et je vous défie de ne pas verser votre larme.

 

Pour comprendre l'histoire de cette région c'est ici et là 

 

l'avis de Mango 

 

Le livre : Eva dort - Francesca Melandri - traduit par Danièle Valin- Editions Gallimard numérique 

 

02/07/2014

Anciennes lectures

anciennes lectures.jpg

Je viens de faire le plein de livres mais au fur et à mesure de mon avancée ils me tombent un peu des mains. 

Par contre au mois d'avril et mai j’ai lu lu lu et j’ai eu quelques plaisirs certains.

Retour donc vers ces lectures là au moins pour quelques billets

 

C’est ici dès demain

 

01/07/2014

Jetlag

 

2345219107.4.jpg

 

Après un mois d’interruption je suis heureuse de vous retrouver.

Un mois de dépaysement total, de neurones en ébullition pour comprendre mes interlocuteurs et tenter de leur répondre.

Une lutte acharnée contre la température qui ne descendait pas vraiment au-dessous des 35° et contre ces jolies bestioles qui viennent vous chatouiller dès que le soleil disparait.

 

DSC_0017.JPG

Mais de superbes paysages, des villes très séduisantes, des parcours de golf mythiques  (pour les amateurs) une végétation luxuriante et quelques animaux ....

DSC_0041 1.JPG

Les effets du décalage horaire sont dévastateurs chez moi au retour et je n’ai pas totalement récupéré du fameux jetlag. Patience patience.

 

Question lecture ....euh ce fut minimaliste parce que j’avais décidé de ne lire qu’en anglais, vous me direz que c’était un peu présomptueux, n’en rajoutez pas je m’en suis aperçu, j’ai lu environ l’équivalent....d’une moitié de livre ......

Mais je suis revenue avec le plein de livres en langue anglaise et des livres audio qui vont avec. On verra jusqu’où ira ma détermination.

 

 

photo.JPG

Les prochains billets vous l’aurez compris sont des lectures d’avant voyage. J’ai fait le plein de nouveautés mais mais elles ne sont pas franchement à mon goût alors je risque d’avoir quelques trous d’air dans les jours à venir pour faire des billets. 

 

Heureuse à la lecture de vos commentaires de voir que mes bribes et brindilles ont été de bonne compagnie et merci pour vos voeux de bon voyage, ils ont été parfaitement exaucés.

 

Il me faut rattraper le retard de lecture des blogs et cela va me prendre quelques jours, je vous donne en attendant rendez-vous ici dès demain