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A sauts et à gambades - Page 4

  • Bribes de James et Honoré

    « Balzac avait un sens de sa vie présente, terrestre, qui n’a jamais été dépassé et qui dans son génie jette une ombre sur n’importe quelle autre chose. »

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    « Pour juger Balzac, le seul et meilleur moyen est d’essayer d’en faire le tour ; alors seulement on comprend combien est large et étendu l’espace à parcourir. Il est le seul parmi les membres de son ordre qui atteint une dimension réellement monumentale, c’est la masse la plus puissante et la plus solidement assise qui se dresse sur notre chemin. » 

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    Les livres - Art de la fiction - Leçon sur Balzac - Henry James

  • Ellana - Pierre Bottero

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    Ellana est une jeune fille qui a perdu ses parents à l'âge de 5 ans dans une attaque de leur caravane.

    Elle vit dans le même monde qu’Ewilan, un monde magique et fantastique.

    On va suivre son enfance mouvementée jusqu'à ce qu'elle rencontre celui qui va lui montrer la voie, Jilano Alhuïn le plus grand des Marchombres.

    Elle va suivre un apprentissage de 3 ans en compagnie de son maître, elle est initiée à des secrets et va devoir faire face à certaines épreuves.

     

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    Mon avis

    Il faut avoir lu Ewilan avant d'attaquer Ellana, 

    C’est ma trilogie préférée, je ne pourrais pas vous parler du plaisir que j'ai eu à lire ces livre que j'ai dévorer en seulement 3 jours.

    Ces livres sont remplis de poésie d'émotion, je n'ai jamais été aussi triste de finir un livre et je ne suis jamais aussi contente de les recommencer.

    J’ai l'impression que la vie à pris un sens le jour où j'ai lu ces livres je les recommande évidemment 

     

    Une poésie marchombre :

    Nuages qui se délitent

    Dans un ciel balayé par le vent 

    Solitude 

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    Les paroles du maître d’Ellana dont la sagesse est exemplaire :

    « La mort est inévitable Ellana mais elle n'est jamais juste »

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    Les livres : Le pacte des Marchombres Ellana - L'envol - La prophétie -

    Pierre Bottero - Editions le livre de poche

  • Salut Monsieur Rosset

    J’écoute peu les infos en ce moment et je suis donc passée à côté de la disparition d’un philosophe que j’aime et que je lis depuis pas mal d’années.

    C’est en lisant le billet de Christian que j’ai appris la nouvelle. 

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    J'aime beaucoup l'air malicieux sur cette photo

    Je lis Clément Rosset grâce à André Comte-Sponville, j’aime la lecture par ricochet ou cercles concentriques, celle qui vous emporte d’un auteur à un autre. 
    Je ne vous ferai pas sa biographie, vous pouvez la trouver un peu partout, non juste vous dire que sa disparition me rend très sincèrement triste.

     

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    Ses oeuvres les plus anciennes, celles que je préfère je crois

    J’ai commencé ma lecture de Rosset avec des livres qu’il a écrit alors qu’il était en Khâgne ou lorsqu’il préparait l’agrégation, convenez qu’il faut une bonne dose de culot et de talent.

    Il a bien entendu des thèmes favoris qui reviennent dans ses livres : le tragique de l’existence qui n’empêche pas la joie, l’absence de sens et d’interprétation possible de la vie, et bien entendu son livre sur le Réel qui affirme que le monde, le réel ne peut nous proposer que ce qu’il est, rien de plus, il n’y a pas d’autre monde à espérer

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    Clément Rosset en 2008 © Frédéric Poletti publié dans Philomag dont je vous recommande la lecture 

     

    Malgré une écriture loin du jargon philosophique universitaire j’ai parfois eu du mal à comprendre ses idées mais j’ai toujours été attirée par ses affirmations et je jubilait à la lecture de ses exemples qu’il prend plus souvent chez Tintin ou Arsène Lupin que dans le corpus philosophique traditionnel. J'ai trouvé chez lui les philosophes que j'aime : Epicure, Nietzche ou ...Montaigne !

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    3 livres passionnants de Clément Rosset 

    Les livres de Clément Rosset que je préfère : l’anti-nature, la philosophie tragique le Monde et ses remèdes, la Force majeure, le Réel et son double et Schopenhauer philosophe de l'absurde.

    Il invite son lecteur à mettre à bousculer toutes les idoles, religieuses, philosophiques, politiques.
    Mais là où il diffère du pessimisme de Schopenhauer sur lequel il a écrit une série d’essais c’est par une philosophie de la joie, de la joie de vivre qui sera le sujet de son dernier livre qui va paraitre aux Belles Lettres  L’endroit du paradis.

    Joli titre non ?

  • Les Soeurs Brontë la force d'exister - Laura El Makki

    Si comme moi vous avez déjà suivi Laura El Makki pendant les étés de France Inter, vous serez sans doute intéressé par ce livre.

    J’aime la façon qu’elle a de présenter les choses, son regard, son questionnement par rapport aux écrivains et j’ai aimé la suivre sur les landes du Yorkshire et dans le presbytère d’Haworth à la recherche de ces trois femmes hors du commun que furent les soeurs Brontë.

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    Le presbytère d'Haworth

    En juillet prochain on fêtera le bicentenaire de la naissance d’Emily Brontë, cette année devrait voir éclore pas mal de livre à leur sujet.

     

    Laura El Makki restitue la vie des trois soeurs et bien entendu du frère qui, si il n’est jamais nommé, est pourtant partout en filigrane. 
    L’auteur restitue parfaitement cette vie dans ce qu’elle a d’ordinaire, une vie sous l’oeil du père, un homme sévère mais pas du tout la caricature que l’on a bien voulu longtemps faire de lui.
    Car après tout c’est lui qui a transmis à ses enfants l’envie et l’ambition de se réaliser dans l’art ou l’écriture.

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    Les trois soeurs peintes par Branwell

    Les trois jeunes femmes sont pleines de vie et parfois font preuve d’une révolte inattendue. Elles se sont à la fois soutenues mais elles ont aussi été en compétition les unes avec les autres. 
    Le frère ici est le moins intéressant des personnages, autant le père est réhabilité autant Branwell apparait veule et faible malgré des dons indéniables.

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    vues par le cinéma 

    A la lecture des différents romans des soeurs Brontë on les imagine privées de tout, sombres, mais Laura El Makki balaye cette image et nous les présente plutôt comme assoiffées de vivre, de savoir, d’envie d’écrire.
    Sans détailler la vie des trois soeurs au jour le jour, j’ai appris pas mal de détails que j’ignorais et qui éclairent bien les portraits que l’on se fait d’elles.
    J’ai aimé en particulier les jeux de l’enfance avec les histoires imaginaires composées pour occupées les soirs d’ennui. 
    J’ai apprécié aussi de pouvoir croiser mes lectures avec la vie réelle, en particulier les expériences de Charlotte à Bruxelles ou d’Anne comme gouvernante.

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    la dernière adaptation que j'ai bien aimé

    Le succès n’a profité réellement qu’à Charlotte et encore très peu de temps. La disparition successive de Branwell, Emily et Anne est assez saisissante, au final ce sera un père qui restera seul alors qu’est né un véritable mythe littéraire.

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    l'exemplaire de ma première lecture 

    Si vous n’avez jamais lu de biographie ou si comme moi vous vous étiez contenté des films sur le sujet, ce livre est parfait.
    Simple, bien documenté, clair et qu’on ne peut que recommander aux lecteurs et qui donne bien entendu une furieuse envie de lire et relire les romans de ces soeurs exceptionnelles.

    Annie a lu les Lettres des soeurs Brontë

     

    Le livre : Les soeurs Brontë, la force d’exister - Laura El Makki - Editions Tallandier

  • bribes d'Emily

     

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    Entre joie et poignant ennui

    Oh ! Ne se peut nulle tendresse :

    C'est en vain qu'un cœur en détresse

    Retient l'amitié qui s'enfuit.

     

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    Je m'en irai vers les lointains des mers,

    Et, labourant leur espace désert,

    Quêtant de l'archipel les plus lointaines terres

    Où le reflux propulse en cadence les lames,

    Je saurai découvrir une île hospitalière

    Où pourra, pour souffrir, errer libre mon âme.

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    Je rêve aux landes, aux brumeuse collines,

    Où s'amasse l'ombre glacée du soir, 

    Car, perdus parmi les froides montagnes

    Gisent ceux que j'ai aimés autrefois.

    La nuit autour de moi se fait plus obscure,

    Les vents sauvages soufflent, plus froids,

    Mais un charme tout puissant me lie,

    Et partir, partir, je ne le peux.

    Les arbres géants abaissent

    Leurs branches nues, pesantes de neige,

    Et la tempête va grande erre,

    Et cependant je ne puis partir.

    Nuages au-delà, nuages au-dessus de moi,

    Solitudes au-delà, solitudes plus bas,

    Mais nulle désolation ne peut m’émouvoir,

    Je ne veux pas, je ne peux pas partir.

     

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    Deux arbres dans un champ désert

    Me chuchotent un sortilège :

    Lugubre est le secret que leur sombre ramure

    Agite avec solennité.

     

    Les livres : Emily Brontë - Poèmes - Gallimard ou Points poche

     

  • La Splendeur escamotée de frère cheval - Jean Rouaud

    Les mains d’or

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    «  Les mains d’or, elles travaillent sans modèle, sans filet, à main levée, et pratiquement les yeux fermés tant est faible la lueur des torches dont on mouche la pointe contre la paroi lorsqu’elles se mettent à fumer noir »

    Les spécialistes qui les premiers pénétrèrent dans ces grottes, ont cru que ces dessins, ces gravures étaient l'oeuvre des maitres de l’époque, en somme une supercherie

    Et pourtant ceux que l’on imaginait incultes, grossiers, rustres, nous ont laissé en héritage des images peintes qui n’ont rien à envier à un Rembrandt, un Michel-Ange. 

    Un héritage de 20 000, 25 000, 30 000 ans qui a pu faire comparer Lascaux ou la grotte Chauvet à la Chapelle Sixtine, aux cathédrales gothiques. 

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    Lascaux

     

    C’est le propos de Jean Rouaud dans ce livre, tenter de comprendre le pourquoi de ces oeuvres qui peut-être n’étaient pas faites pour être vues, pas faites pour décorer ou émerveiller d’autres hommes mais peut être pour apporter témoignage, pour créer un lien entre l’homme et l’univers.

    Jean Rouaud s’interroge, les paléontologues sont figés dans leur interprétation, pas question pour un historien d’avancer des hypothèses sans les étayer. Le scientifique peut nous éclairer sur la composition des pigments, sur la façon de projeter la peinture sur la roche,  sur la datation mais aucune d’indication sur le sens même des oeuvres. 

    Le poète, l’écrivain lui peut imaginer à sa convenance.

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    Altamira

    Il nous emmène de Altamira à Pech Merle, de Niaux à Rouffiniac, et bien sûr les grottes de Lascaux et Chauvet

     

    Pour Jean Rouaud ces oeuvres sont une manifestation du sacré que ces hommes ont eu besoin de d'inventer pour comprendre et accepter les phénomènes météorologiques, les faits déroutants, la mort. 

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    Grotte de Niaux

    « Face à ce gigantesque imbroglio de manifestations étranges, jour, nuit, éclairs, soleil, lune, volcan, grêle, orage, nuages, neige, fleurs, arc-en-ciel, naissance, mort, ils sont comme des penseurs aux mains nues. »

    « Les mains d’or » qui ont oeuvré dans des conditions parfois difficiles s’adressaient sans doute aux puissances invisibles, la sûreté du geste est fantastique alors que l’artiste n’a pratiquement parfois aucun recul et trace d’un trait d’un seul un cheval de 5 mètres de long sans aucun repentir. 

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    Le cheval de Cussac 

    L’auteur nous invite à réfléchir : si nous voyons une colombe au dessus de l’enfant Jésus dans la paille, personne ne pensera qu’un oiseau s’est introduit dans la crèche

    Accordons à ces Mains d’or la même volonté que le peintre du XVème devant sa toile, Rouaud en veut pour preuve les rapprochements que l’on peut faire entre les vaches de Lascaux et les toros de Mésopotamie.

    Quant au cheval c’est le symbole peut être du soleil, métaphore et image que l’on retrouvera chez les grecs. Le cheval comme le soleil peut parcourir de grande distance rapidement, il est en majesté à Lascaux, beaucoup plus que les prédateurs qui devaient pourtant effrayer les hommes. De Chauvet à Lascaux le cheval est devenu,  en quelques 15 000 ans, prééminent.

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    «  Les mains d’or, elles travaillent sans modèle, sans filet, à main levée, et pratiquement les yeux fermés tant est faible la lueur des torches dont on mouche la pointe contre la paroi lorsqu’elles se mettent à fumer noir »

    L’imagination et les propositions de Jean Rouaud m’ont plu. Dans une interview il dit que sur les fresques lorsque qu’un cheval baisse la tête il serait un plus logique d’y voir un signe de soumission plutôt que de voir un cheval broutant de l’herbe, les oies qui décorent l’entrée de la grotte de Cussac ne sont elles pas la métaphore des saisons qui toujours reviennent « Ce qui implique, ces aller-retours des migrateurs, que le monde est fini ? » 

    L’homme cherche des réponses « Dans quel monde parallèle se repose le soleil en attente de la bonne heure matinale » 
    Pourquoi ont ils dessiné ? « Pour décider de la vie d'un simple trait » nous dit superbement Jean Rouaud.

     

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    Les chevaux de Chauvet

    « qu'au commencement l'animal était Dieu et que Dieu est un animal »

    C’est un livre passionnant, qui oblige le lecteur à s’interroger, à imaginer ce que fut la pensée de ces hommes qui ont vu les derniers volcans en activité, leur conception du monde, qui ébranle nos certitudes. Jean Rouaud a une pierre de Rosette qui lui sert un peu de fil rouge : le galet d’Etiolles. 

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    Un essai  très réussi, même si à une ou deux reprise les phrases sont un peu complexes et nous perdent un peu en route, on se rattrape bien vite et on est fasciné par la finesse de l’observation et de l’analyse, par les clins d’oeil malicieux qui parsèment le récit

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    Le livre : La Splendeur escamotée de frère cheval - Jean Rouaud - Editions Grasset

    Le paléo Circus - Jean Rouaud - Editions Flohic ( A chercher d'occasion)