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A sauts et à gambades - Page 6

  • Le Sacret - Marc Graciano

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    Un tout petit livre de 87 pages et qui m’a enchanté.
    De Marc Graciano je gardais un excellent souvenir du premier roman. Nous sommes de retour au moyen-âge, une période que l’auteur aime beaucoup, comme il en aime le vocabulaire oublié.

    Un jeune garçon recueille un oiseau blessé, pas n’importe quel oiseau mais un sacret c’est à dire un faucon mâle «  l’oiseau était un mâle de bonne aire, même s’il n’en paraissait plus rien maintenant qu’il était tellement décharné par la faim » 

    L’enfant porte l’oiseau à l’autourserie du château et tente de le maintenir en vie, le nourrit, soigne son aile blessée.
    Contre toute attente l’enfant atteint son but et il est récompensé 
    «  Le garçon reçut, de la part du vieux seigneur, l’invitation à participer à une grande chasse au vol où seraient conviés les gens nobles des autres fiefs »

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    C’est un très beau récit, j’ai particulièrement aimé les pages qui montre les soins attentifs de l’enfant, le diagnostic du autoursier et ses soins à l’oiseau sont des passages superbes.

    La description de la chasse au vol est magnifique et le vocabulaire si riche de Marc Graciano vient témoigner de l’âpreté de cette chasse, de la beauté des mouvements des oiseaux.

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    Tous ces mots techniques oubliés ajoutent au récit précision, justesse du vocabulaire de fauconnerie, la gestuelle de la chasse au vol est parfaitement décrite.
    On suit la chasse de différents point de vue : celui des chasseurs, celui des proies. 

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    Un livre tendre et violent à la fois, très réussi. 
    Juste un tout petit bémol : le récit est fait d’une seule phrase, je ne suis pas persuadée que cela apporte quelque chose au récit. 

    Un peu de vocabulaire : aiglure, bliaud, chainse, aubin, palus, lanneret....

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    Le livre : Le Sacret - Marc Graciano - Editions José Corti

     

     

  • Ouf il était temps

    Aux amateurs de Dickens 

     

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    Bonne nouvelle, depuis des années la seule façon de lire Bleak House c’était de s’offrir un pléiade et encore à condition qu’il soit encore disponible

    J’ai espéré il y a cinq ans quand on a fêté le bicentenaire de la naissance de l'auteur que Gallimard ferait un effort mais que nenni !!!

    Bon il ne faut jamais désespéré, c’est fait Bleak House vient de sortir en poche Folio
    Je vous préviens c’est un pavé mais quand on aime….

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    La préface n’a rien de transcendant mais la traduction est de Sylvère Monod donc tout va bien.

    Je fais à cette occasion un petit clin d’oeil à Keisha qui est fan et je souhaite bonne lecture à tous ceux qui seront tentés.

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    Ah un détail le livre en pléiade portait un titre différent : La maison d’âpre-vent 

    Il serait temps aussi que les Editions Thélème se mettent à nous offrir Dickens en livre audio lu par E Herson-Macarel par exemple, enfin c'est ma suggestion.

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    En attendant pour les anglophones il y a tout ce qu'il faut

  • Le Coeur converti - Stefan Hertmans

    Un roman qui mêle petite et grande histoire, qui a ses racines en Provence mais qui emporte le lecteur vers Narbonne et plus loin encore en Egypte.

     

    Nous sommes en 1092 Vigdis Adélaïs est une jeune fille issue d’une famille de Rouen, elle s’est enfuie avec David Todros un jeune juif, fils du grand rabbin de Narbonne «  que tout le monde nomme le Roi aux juifs car sa lignée descendrait tout droit du roi David » 

    Et aujourd’hui le couple en fuite arrive dans le Vaucluse « Depuis la fenêtre qui m’offre une vue sur la vallée, je vois au loin deux personnes approcher. Elles doivent venir des hauteurs de Saint-Hubert, d’où l’on peut contempler aussi bien le sommet du mont Ventoux que la vallée de Monieux » du moins c’est ainsi que les imagine Stefan Hertmans. 

     

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    Ruines du village de Monieux

    Saviez-vous que le Lubéron fut une région où les juifs vécurent un temps sans être inquiétés ? Il reste encore des traces même si elles sont difficiles à repérer.
    « Nombre de maisons ont donc commencé à s’effondrer dès la fin du dix-huitième siècle. Il n’en reste que des tas de pierres pittoresques, recouverts de vigne sauvage qui en octobre se teinte de rouge. » 

    Mais quand Vigdis Adélaïs, devenue Hamoutal, et David y pénétrèrent le pays était à quelques mois de l’appel du pape Urbain II pour la Sainte Croisade et Monieux va connaître un pogrom terrible.

     

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    Urbain II prêchant la croisade et la mort

    pour les musulmans et les juifs "Dieu le veut"

    Comment une jeune fille qui a connu une vie d’aisance et de sécurité va-t-elle faire face aux dangers multiples : sa famille d’abord des chevaliers Normands assoiffés de vengeance, les armées de croisés qui vont déferler sur le village de Monieux. Les dangers du temps : épidémies, accouchement difficile, famine.

    C’est un roman très réussi. L’auteur parvient à nous embarquer sur les traces quasi invisible de ce couple hors norme. 
    Il le fait avec beaucoup d’empathie, avec tendresse et bienveillance sans pour autant omettre les faits noirs et violents. 
    Le destin d’Hamoutal nous emporte bientôt, on la suit à travers bois, rivières et mers. 

    Par de très habiles allers-retours entre présent et passé on suit son enquête qui le conduit de Rouen à Narbonne, de Palerme jusqu’au mystère d’une Guéniza véritable « puits de souvenirs »  ou à l’Université de Cambridge. 

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    Maquette d'une Guéniza

     

    Stefan Hertmans fait parfaitement revivre le passé, du funeste « Dieu le veut » des croisés en délire aux descriptions d’une région où il vit 

    « Tout donne l’impression que le paysage est resté le même au fil des siècles. Pourtant, ce jardin d’apparence paisible était à l’époque la partie la plus peuplée du village, où les ruelles étaient étroites et les hautes maisons sombres collées les unes aux autres. Ici dominaient le bruit, la puanteur et la diversité quotidienne d’une communauté médiévale grouillant de vie, entretenant des relations étroites et intenses. Ici on vivait et on mourait, on dormait, on travaillait et on jurait, on faisait l’amour et des enfants venaient au monde dans les conditions les plus primitives. »

    Un roman comme je les aime.

     

    Le Livre : Le coeur converti - Stefan Hertmans - Traduit par Isabelle Rosselin - Editions Gallimard 2018

  • Bribes de sable

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    Publier n’est jamais une nécessité. De même que le monde continue à exister quand je ne le regarde pas, l’objet existe même s’il n’est pas diffusé, ou s’il est seulement offert dans l’entourage, comme une lettre à des amis.

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    J’aime qu’un texte fasse ce qu’il dit, ou dise ce qu’il fait, applique ce qu’il suggère, donne l’exemple ou la représentation de ce qu’il annonce, mais, comme disait Chalamov, écrire n’est pas un acte, ni une vie, et le fait d’écrire ne dispense aucune vie de la réussite d’aucun acte.

     

    Le livre : Chemins de sable - Jean-Pierre Issenhuth - Editions Fides

  • Forbidden - Tabitha Suzuma

    Les Lectures de Marie

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    Lisez cette critique avec le cœur et l'esprit grand ouvert.

     

    Lochan et Maya font partie d'une fratrie de 5 enfants.
    Leur père est parti refaire sa vie ailleurs et leur mère, quand elle est a la maison, est ivre morte. Le reste du temps elle ne s’occupe pas des plus jeune enfants. 
    Lochan a 17 ans et Maya 16 ans, ils doivent a eux seuls faire ce que font les parents en temps normal. 

    Maya est une jeune fille sûre d'elle, malgré son âge elle arrive à aider son frère. Lochan lui est timide il ne parle jamais sauf à sa famille il est terrorise à l'idée de prendre la parole. 
    Ensemble il vont devoir survivre en échappant aux assistants sociaux qui risqueraient de tous les séparer.

    J'écris ces lignes les larmes au yeux le cœur au bord des lèvres. Je suis une personne ouverte mais comme pour la plupart des gens je m'étais arrêtée au faite que l'inceste ce n'est pas normal que c'est sale… 

    Quand j'ai lu ce livre quand j'ai fais face a la relation entre Lochan et Maya, à leurs difficultés, cette relation m'a paru prendre un autre sens, je suis revenue sur mes préjugés et je les ai oubliés.

    Il n'y a rien de plus beau que l'amour et ça ne devrais pas être un crime d'aimer quelqu'un aussi fort car leur amour est vrai pur et entier aucun livre ne ma fait autant pleurer autant réfléchir et aucun livre ne m'a mis autant en colère car c'est injuste c'est tellement injuste.

    J'essaye de ne pas prendre position sur ce sujet car c'est difficile. Ce livre m'a ébranlé il m'as profondément touché. Si un jour vous lisez ce livre soyez ouvert et vous retiendrez seulement le plus beau dans leur histoire.

    Il y a une phrase à retenir du 4ème de couverture « L’amour est leur seul crime »

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    Le livre : Forbidden de Tabitha Suzuma - Editions Milady

  • Bribes d'Aubrac

    « L’Aubrac est ce miroir qui nous renvoie l’image d’une ancienne, d’une vraie humanité, que nous avons perdu de vue. »

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    Rieutort d'Aubrac

    « Car on ne conquiert pas l’Aubrac, on se rend à lui. Comme une évidence. Une claire évidence. Quand, de son ciel, la lumière coule de source, elle est plus que jamais l’eau nécessaire qui lave notre regard, l’expurge de tous ces faux-semblants, ses trompe-l’oeil mirobolants, tout le clinquant de pacotille d’une société aveuglée par ses mirages mêmes. »

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    « On pourrait dire que l’Aubrac est né de la lumière. D’un désir de lumière. Partout elle le baigne l’enveloppe et le lave. »

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    © Arnaud Millot

    Le livre : Désir d’Aubrac - Patrick Mialon - Editions Le Temps qu’il fait