07.01.2012

Autobiogrphie d'un lecteur - Pierre Dumayet

Après les carnets de lectures et notes dans les marges voici le troisième épisode sur la lecture 

"Je n'avais pas compris que lire servait à apprendre. Je croyais que lire servait à lire exclusivement. Je crois n'avoir pas changé."

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C’était le temps de la Piste aux étoiles, des médicales d’Etienne Lalou et Igor Barrère, le temps de Cinq Colonnes à la une et de Lecture pour tous

Encore enfant je n’ai retenu que Roger Lanzac en Monsieur Loyal et c’est plus tard que je conversai avec Pierre Dumayet à travers toute une série d’émissions faisant la part belle aux livres et aux lecteurs.

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Jolie Brochette 

 

Plus riche et plus varié que de simples échanges autour des livres on trouve dans cette autobiographie : les débuts de la télévision avec ses grands noms : Pierre Lazareff, Pierre Desgraupes, la période noire où ils furent tous évincés après Mai 68 « Pour avoir joué avec le ballon, je fus puni : privé d'antenne pendant un an. Interdit d'antenne, plus exactement. » dont il garde malgré tout un bon souvenir. Mais la plus grande place est occupée par les livres et les émissions littéraires. 

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© AFP 1976

Lecteur compulsif, acharné il va se passionner pour les textes et les donner à lire à des personnes de toutes conditions, de toutes provenances, des lecteurs à qui l’on ne donne jamais la parole et qui ont pourtant tant de choses à dire. Pour lui il n’y a pas de bon lecteur, il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de lire, les oeuvres se suffisent à elles-mêmes.

Il se méfie des lectures un peu trop doctes, un peu trop savantes, il est plus proche des sauts et gambades de Montaigne que de l’érudition des universitaires. Le livre est pour tous, pour l’ouvrier qui lit Germinal, pour l’agricultrice qui se plonge dans Madame Bovary, pour les clients d’un troquet de Belleville qui vont lire ou se faire lire l’Assomoir

Il sait vous donner envie de relire, je vous défis d’ouvrir Dumayet et de ne pas aller retrouver Madame Bovary, je n’ai pas pu...Il a une façon bien à lui d’éclairer une oeuvre, il peut être sévère mais toujours il invite à découvrir les grandes figures littéraires et les grandes oeuvres : Flaubert toujours, Colette, Raymond Queneau, ou François Mauriac. qui appelait Dumayet «  le Diable »

Des émissions littéraires ?  Lire c’est vivre, Lire et écrire , cela aurait pu servir de titre à ce livre.

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Il s’interroge sans relâche : pourquoi Van Gogh lisait-il Tartarin de Tarascon, il vous invite chez Michaux mais également chez la Comtesse de Ségur, sans a priori, pour faire des comparaisons, pour décoder les secrets du style d’un auteur « la peau du texte ».

Ce goût et cet éclectisme vont nous valoir des grands moments de télévision, d’intelligence, de malice parfois. Il a même réussi à consacré une émission entière à une seule phrase du Talmud, je regrette de ne l’avoir jamais vu !!

C’est vivant, excitant, la mémoire joue à plein et il y a quelques passages très réjouissants comme celui où il explique ses démêlés avec Epicure, ou sa lecture des Trois Mousquetaires. Il a une conviction forte :

« Tous les textes peuvent se lire comme si nous étions leurs contemporains  » 

Grâce à ce livre j’ai ajouté à ma liste de lecture ou de relecture : Le Dernier des justes de Schwarz-Bart et les Récits hassidiques de Martin Buber de quoi entamer mon carnet de lectures 2012

Le livre : Autobiographie d’un lecteur - Pierre Dumayet - Editions Pauvert   

Les émissions Lectures pour tous et Relectures pour tous à retrouver sur le site de L'INA

04.01.2012

Ecrits dans les marges - Danielle Bassez

« De la pratique du gribouillage comme art gourmand de la lecture »

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Comment lisez-vous ? Est-ce que comme moi sur les livres qui vous appartiennent vous parsemez ici et là des notes, des ajouts, des renvois vers d’autres livres, le sens d'un mot inconnu, des points d’interrogation, parfois d’exclamation, parsemez vous comme moi les livres de petits feuillets en papier pelure ? 

Je ne peux pas m’en empêcher, je fais de petites marques avec toujours les mêmes crayons à papier, très fins, légers, que l’on gomme sans laisser de traces. Je note, relève des phrases et  j’aime relire ces petits mots des années plus tard et bien entendu parfois je ne comprends plus pourquoi j’ai relever une phrase, mais parfois cela ravive le bonheur de la première lecture.

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Annotations des Provinciales de B Pascal 

 

Quand j’ai lu la quatrième de couverture de ce petit livre j’ai su immédiatement qu'il était pour moi. 

L’auteur nous y parle de son père, lecteur passionné, attentif, assidu, lecteur admirable. 

Un homme discret « Vêtu de sa blouse de travail grise » d’employé des postes, un homme des choses simples « Un homme des taillis, qui furète, qui fouille »  et qui tout au long du temps lit, des formats réduits, des livres à glisser dans ses poches.

Il lit de tout et partout, Proust et les souvenirs d’un mineur, au dessus de son établi ou au grenier, « les mots lui ont donné faim »

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Annotations du Livre des Merveilles de Marco Polo par Christophie Colomb

Séville Bibliotheca Colombina

 

Il lit parsemant les livres « De minces papiers de soie, des bandes d’expédition de journaux, des fétus qu’il planque entre les pages ». Il lit « sans discrimination et sans préjugés »

Toutes les petites notes, les listes de mots, les signes cabalistiques, les dessins, révèlent l’ homme  « Il lit des livres denses imprimés sur papier bible, qui se défendent par toutes les ronces d’un vocabulaire hermétique et dans lesquels on pénètre avec difficulté »

Plus que lecteur, il prend la plume, à travers bribes et petits commentaires, il se dévoile : «  Il se confiait au papier, aux pages d’un livre ami, et pour se murmurer à lui-même cet émoi fugitif, coulait sa voix dans les mots d’un autre. »

 

C'est une émouvante découverte posthume pour sa fille dont elle jouit  avec amour et pudeur.
Un petit livre précieux, une leçon laissée par un lecteur rare et gourmand de lecture.

 

Le livre : Ecrits dans les marges - Danielle Bassez - Cheyne Editeur 

 

Bassez_Danielle.jpgL’auteur 

Née à Châteauroux en 1946. Elle a enseigné la philosophie à Grenoble. Elle a publié l’essentiel de son œuvre à Cheyne, soit sept titres à ce jour. Un roman paru chez Castells en 2007. Depuis 2006, elle partage son temps entre la Haute-Loire, l’Isère et la Grèce.

(source l’éditeur photo © Danielle Bassez )


 

02.01.2012

Une année de lecture

Une année de lecture 

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Enfant, j'espérais devenir un livre, quand je serais grand. Pas un écrivain, un livre : les hommes se font tuer comme des fourmis. Les écrivains aussi. Mais un livre, même si on le détruisait méthodiquement, il en subsisterait toujours quelque part un exemplaire qui ressusciterait sur une étagère, au fond d'un rayonnage dans quelque bibliothèque perdue, à Reykjavic, Valladolid ou Vancouver.

Devenir un livre est le voeux que je formule avec Amos Oz

Cette citation vous est offerte par JEA que vous pourrez retrouver en sa bibliothèque 

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Une année de lecture pendant laquelle vous pourrez fêter ces écrivains là en les lisant ou les relisant 

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31.12.2011

Meilleurs Voeux

 

 A toutes et à tous des voeux très sincères et une très très bonne année de lecture

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La place Bellecour à Lyon pour la fête des lumières 

27.12.2011

Carnets de lecture

Finir et commencer l'année sur le thème de la lecture 

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Vous gardez traces de vos lectures, vous pouvez retrouver un titre ou le nom d’un auteur, une citation, et tout simplement raviver vos souvenirs ? Original ce billet ? peut-être pas mais je suis d’une curiosité insatiable et j’aimerai savoir ............

 

Pour cela rien ne vaut le carnet de lecture comme le dit Pierre Dumayet 

« Raymond Queneau a tenu à jour son carnet de lectures pendant soixante ans. Chaque livre lu était mentionné dans un carnet d'écolier à sa date. Je regrette de ne pas avoir pris cette précaution que toute personne prudente devrait prendre."


Le premier carnet peut naître par hasard, on note un titre, une citation, parfois même ce carnet n’en est pas vraiment un. Il arrive que le premier se fasse à l’école avec une institutrice qui invite à parler des ses lectures.

Ceux qui ont des dons l’agrémentent de dessins, de collages qui donnent un air de fête 

 

Je ne suis pas capable de me rappeler mon premier carnet et il est hélas perdu depuis longtemps mais depuis quelques années je les conserve, je les range, je les bichonne.

 

Lectrice boulimique je fais aussi un carnet de livres à lire, mais celui là souffre beaucoup de passages répétés dans le sac à main, il est plein de petits  « Ok »  ou « non ! »  

Quand les titres sont prêts à changer de carnet et à passer du « à lire » à « livres lus » un grand coup de crayon indique que l’opération a réussie.

 

Je vous propose un petit tour d’horizon du carnet de lecture car il y en a vraiment de toutes sortes.

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Version sérieuse pour lectrice organisée 


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Carnet d'une lectrice appliquée


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 Le carnet d'une lectrice aguerrie


 

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Pour lecteur japonisant le carnet origami

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Pour un lecteur qui vote pour les verts 



Et voilà les miens 

Ils ont pris des allures différentes au gré de carnets acheté en voyage, un que j’aime particulièrement acheté sur le marché de Vérone.

Un très beau en cuir repoussé acheté dans les ruelles d’une toute petite ville d’Ombrie dont j’ai oublié le nom.

Un agenda avec les  photos de toute la famille détourné de sa destination première. 


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                                        Les carnets d'Ivre de livres 

 

Mon carnet 2012 m’attend, il témoigne d’un geste plein d’attention aussi vais-je le remplir uniquement de bons livres 


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Et vous à quoi ressemblent vos carnets de lectures ?

24.12.2011

Joyeuses fêtes

 

Je vous laisse quelques jours en compagnie de George Bailey et de l'ange Gabriel 

Chaque année je suis capable de revoir ce merveilleux film, je ne faillirai pas à la tradition cette année encore.

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   Très heureuses fêtes à tous 

21.12.2011

Un parfum de noël

Un Parfum de noël 

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18.12.2011

Vies de Job - Pierre Assouline

 Parcours dans le monde de la Bible deuxième étape 

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Job et sa femme- Georges de La Tour

 Tout le monde connait Pierre Assouline, son blog, ses critiques, ses livres. Je ne suis pas une inconditionnelle, si j’aime ses biographies je n’apprécie pas vraiment ses romans, venant de terminer le livre de Meir Shalev j’ai enchainé avec  Vies de Job  c’est tout le plaisir des ricochets dans les lectures.

 

En choisissant la forme du roman Pierre Assouline s’offre la liberté totale, il ne fait ici ni oeuvre d’historien, ni de philosophe, mais oeuvre d’homme pour qui Job aujourd’hui est une figure obsédante et universelle. Partons sur les traces de Job, un peu partout dans le monde, dans la littérature, la peinture ou le théâtre. 

 

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 Job par Gerard Seghers


" Ce livre que l'on garde autant qu'il nous garde, les juifs l'ont judaïsé, les chrétiens l'ont christianisé, les musulmans l'ont islamisé, les poètes l'ont poétisé."


Parlons d’abord du livre de Job lui-même, vous le trouverez dans toutes les bonnes Bibles, un livre assez court et qui hante énormément de lecteurs, croyants ou non :  Julien Green le portait en permanence sur lui dans un petit exemplaire relié nous dit Pierre Assouline. 

Job c’est l’homme dépossédé de tout : ses enfants, son troupeau et tous ses biens. Il est atteint dans sa chair même et se retrouve seul sur un tas de cendres. Il survit, il résiste et cherche à comprendre.

C’est un juste souffrant, "il est droit de coeur, intègre craignant-Dieu " et pourtant il se débat dans la nuit et la solitude,  il ne comprend pas où est sa faute, il exige des explications ! 

Cette histoire, cette parabole qui hante l’auteur va entraîner celui-ci à la recherche de Job, pour s’en approcher au plus près car Pierre Assouline a la conviction que cet homme qui n’a jamais existé, cet homme est toujours vivant parce que son influence est toujours présente et qu’aujourd’hui encore il aide les gens à survivre.



Une version fleurant bon le Québec

 

La recherche est celle d’un journaliste, une véritable enquête qui le conduit auprès des exégètes, des chercheurs, des théologiens, chrétiens ou juifs. Il va comparer des textes, comparer les traductions et tirer patiemment le fil de ce livre qui est sans doute antérieur à la Bible car on en trouve trace dans des textes mésopotamiens et même indiens.

Il va faire un séjour dans un monastère, fouiller la bibliothèque de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem et interroger les érudits qui « lisent la Torah mieux que bien des juifs »

Son enquête autour de ce « un craignant-Dieu » le porte vers la philosophie et par exemple le thème de la souffrance développé par Marcel Conche dans Orientation philosophique. Mais il va aussi inviter à une promenade littéraire parmi ceux que le livre de Job a inspiré ou questionné : Kafka, Camus, Unamuno...


Roman ou bien sûr car Assouline s’accorde une grande liberté de cheminement qui laisse parfois la place à un livre très personnel qui le dévoile avec pudeur et émotion

« La mort de mon frère m’a éloigné de Dieu, celle de mon père m’en a rapproché »

Le témoignage de sa présence auprès de François Nourissier dans les dernières semaines de sa vie ou de ses échanges avec Carlos Fuentes qui a vu mourir ses deux enfants ou cette cette confidence qu'il livre : pendant un an et trois fois par jour Pierre Assouline a récité le kadish pour son père disparu.

 

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Job sur le fumier - Jean Fouquet

" On y trouve toutes les qualités du style ancien, la concision, la tendance à l'énigme, un tour énergique et comme frappé au marteau" Ernest Renan cité par Pierre Assouline 

C’est ce mélange qui m’a rendu ce livre très proche, je l’ai trouvé grave et intense, les digressions aidant à ne pas s’appesantir. Job fait déormais partie de la " famille de papier " de l'auteur et de la mienne.

C’est un livre auquel je reviendrai moi l’incroyante absolue, parce que c’est un livre qui touche tous les hommes bien au-delà de leurs croyances ou de leur appartenance à une religion. 


Le livre : Vies de Job - Pierre Assouline - Editions Gallimard

 

15.12.2011

Ma Bible est une autre Bible - Meir Shalev

Noël se confond aujourd'hui avec un commerce de la fête aussi pour changer un peu je vous invite à un petit parcours dans le monde de la Bible en 2 étapes   voilà la première

 

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Je vous propose de faire un détour du côté de la Bible, il est logique que ce soit un juif qui s’y colle, mais un juif agnostique ce qui promet irrévérence et humour. 

Meir Shalev est allé puisé dans les livres des Rois, la Genèse ou les Psaumes pour nous livrer ses commentaires à partir d’une quinzaine de récits bibliques, certains très connus d’autres pour lesquels vous êtes obligés d’aller tourner les pages d’une Bible pour lire l’épisode en son entier parce que votre mémoire vous joue des détours ou que vous ne l’avez jamais lu.

 

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Meir Shalev ne prétend pas avoir la bonne explication, pas de bonne parole pour lui, simplement il s’interroge sur le mélange de politique et de croyance dans les temps bibliques. Chaque personnage de la Bible est passé dans sa moulinette et il en ressort que l’homme au fil des siècles n’a qu’assez peu varié, certes les modes de vie ne sont plus les mêmes mais les moteurs sont inchangés : envie, jalousie, violence, goût du pouvoir, mensonges ....On ne se sent pas en pays étranger.

 

Je vous livre deux ou trois exemples pour vous appâter un peu plus : 

David, oui celui de Goliath, Shalev le présente ainsi « un chef de bande charismatique » contraint d’agir pour nourrir ses hommes « David découvrit les avantages du racket ». Voilà le ton est donné.
 

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Le roi David par Le Guerchin


Malicieusement il présente les affres qui ont du être celles de Jacob qui dit-il le rendent jaloux « Non pas pour les nombreux moutons qu’il possédait ni pour avoir été le père des douze tribus, mais à cause de son premier rendez-vous avec Rachel, sa bien-aimée, devant le puits, dans le pays d’orient » 

 

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La rencontre de Jacob et Rachel  Giordano Luca 1634 -1705

Sur un sujet plus épineux, Meir Shalev présente l’achat de la terre d’Israël par Abraham, un lopin de rien du tout qui devient la Grotte des Patriaches haut lieu biblique,  cet achat est-il un investissement rentable ou un permis de confiscation ? Une évaluation aujourd’hui de cette grotte « en tant que bien occupé, une simple cave avec des locataires protégés, sans ascenseur et inconstructible, entourée de voisins arabes et de religieux, la grotte ne vaudrait guère plus de cent mille dollars » ce qui représente malgré tout par rapport à son prix d’achat une inflation d’un % et demi par an ! 

Bien d’autres héros sont présents : La reine de Saba, Samuel en campagne électorale, Hanna la femme stérile qui enfanta 7 fois....

C’est gentiment moqueur, parfois décapant, mais jamais irrespectueux. Les réflexions engendrées sont très contemporaines et nous interrogent aujourd’hui par delà les siècles.

Si comme moi vous n’êtes pas un lecteur assidu de la Bible vous allez vous y plonger avec délices et si vous êtes déjà un lecteur attentif des textes sacrés je gage que vous découvrirez des côtés surprenants. Un de mes récits préférés c’est celui de Job mais ça ce sera pour mon prochain billet.

Le Livre : Ma Bible est une autre Bible - Meir Shalev - Traduit de l’hébreu par Katherine Werchowski - Editions des 2 Terres ou Folio 

La Bible utilisée : Edition Librairie Colbo 

 

L’auteur 
est un journaliste et écrivain israélien, né en 1948 dans le village de Nahalal en Galilée . Il a publié des romans, des essais et des livres pour enfants, dont certains sont traduits en français. Il contribue régulièrement aux journaux de son pays . Il habite Jérusalem. (Wikipédia)