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Nature et bestioles

  • bribes de ciel

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    «  Ô cette grâce inouïe que la terre possède de me donner le ciel ! Non pas seulement comme une récompense, mais comme un compagnon ; non pas comme un étranger, mais comme un autochtone. 

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    Car le ciel même, le grand ciel caravanier qui passe est natif de la terre, comme sa floraison, comme sa fenaison, comme sa frondaison.

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    De même âge, de même lignage, de même humeur, de même allure que la terre qu’il foule, dans la poursuite assidue d’une même harmonie, dans la résolution d’un même accord, dans la composition d’un même nuancier. »

    Le livre : Cantique de l’Infinistère - François Cassingena-Trévedy - Editions Desclée de Brouwer

     

  • Vers le nord

    Du Saint Laurent à la Terre de Baffin

    morency

    " Cette batture, à la naissance de l'estuaire, serait-elle pour moi aussi envoûtante sans la présence des grandes oies des neiges qui, chaque année, d'avril à la fin de mai, viennent y faire halte avant de repartir pour la Terre de Baffin? Ici, juste devant le chalet, est le lieu des contemplations portées par l'incessant jargon des oiseaux blancs. Lieu fertile aussi en spectacles singuliers: le paysage tout à coup s'anime d'une vie étrange, la seule à pouvoir vraiment combler l'écouteur de nature, et parfois même le ravir, au sens premier du terme."

    morency

    jusqu'en Terre de Baffin

     

    Le livre : Lumière des oiseaux - Pierre Morency - Editions Boréal

  • Lumière d'été puis vient la nuit - Jón Kalman Stefansson

    Aujourd’hui je vous donne rendez-vous dans un village un brin atypique puisqu’il n’a ni église ni cimetière et c’est bien dommage car « le doux tintement des cloches réjouit les âmes en peine ; le glas porte avec lui des nouvelles de l’éternité » enfin ça c'est l'auteur qui le dit.

    stefansson

    Bon c'est pas celui là car il y a une église 

    Et ce ne sont pas les seuls particularités de ce village car il est composé de « centenaires rigolards » et de toute une galerie de personnages plus déjantés et particuliers les uns que les autres. 

    JK Stefansson dresse huit portraits au fil des chapitres et pour vous appâter un peu voici une petite liste : 
    Un directeur de l’atelier de tricot qui rêve en latin et va en faire sa carrière et qui ne jurera plus que par les constellations et les trous noirs.
    Jonas qui voit et peint des oiseaux partout et transforme la vie des habitants avec ses pinceaux.
    David le fils du directeur latiniste qui lui est en bisbille avec quelques fantômes.
    Et mon préféré Kjartan qui va céder à la tentation de la chaire.

    stefansson

    Peut être comme ça 

    D’anecdote en anecdote la vie du village s’impose et la galerie de personnage prend vie
    Des liens connus ou secrets se tissent.

    stefansson

    Je verrai bien Kjartan habiter là 

    On ne reste pas au ras des pâquerettes, non on voyage aussi dans le cosmos et l’on approche les trous noirs.
    Ne cherchez pas d’inutiles rebondissements, la vie s’écoule, chacun poursuit ses rêves mais l’auteur balaie tout ce qui fait notre vie quotidienne : la peur, la perte et le manque, l’amour, la douleur ou la joie, la solitude ou l’échange.

    stefansson

    Le père de la comédie humaine à l'islandaise

    C’est la comédie humaine à l’islandaise dont le caractère universel ne vous échappera pas.
    Pourquoi j’ai aimé ce livre ?

    Parce que JK Stefansson a l’art du paysage chevillé à l’ écriture 
    J’ai aimé la truculence et la bonhomie de ses personnages hilarants.
    J’ai aimé les adresses aux lecteurs que émaillent le récit et qui sonnent tellement justes
    Parce que j’aime le pays des fjords au climat aventureux
    Parce que l’humour est présent tout du long 
    Parce que l’auteur nous parle des incertitudes de l’existence, des bifurcations qui se présentent, des erreurs possibles, bref de la vie !

    Parce qu'il m'a rappelé les Racontards de Jorn Riel qui m'ont fait passer de tellement bons moments 

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    Jorn Riel

    Il tente de nous dévoiler le mystère de l’existence « ces recoins sombres parfois aussi vastes que des palais »

    Parce qu’au bout du compte il n’y a que l’amour « cet oiseau qui vous entame constamment le cœur » alors « Qu’importe le tumulte du monde, l’avènement et la chute des civilisations, le hasard et le néant, si on n’a pas de lèvres à embrasser, une poitrine à caresser, un souffle qui vous emplit les oreilles. »

    Le style est cocasse, drôlatique même, parfois un brin caustique, souvent plein de poésie et toujours bienveillant.
    L’écriture singulière de cet auteur est très reconnaissable et magnifiquement mise en valeur par une traduction parfaite.
    Merci Monsieur Boury 

    Hasard des parutions sur les blogs Nathalie fait paraitre aujourd'hui son billet sur ce livre. 

    Si vous ne l'avez jamais lu je vous recommande sa trilogie magnifique 

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    Le Livre : Lumière d’été, puis vient la nuit -  Jón Kalman Stefansson - Traduit par Eric Boury - Editions Grasset

  • Le dit du Mistral - Olivier Mal-Bouchard

    Lecteurs de ce blog vous savez que la Provence est à l’honneur sur ce blog, nul ne pouvant oublier son enfance.
    Giono et Henri Bosco y ont trouvé place souvent, alors lorsqu’un roman de rentrée porte un titre pareil il était évident qu’il finisse entre mes mains.

    provence,giono,bosco

    Je m’attendais à trouver du plaisir mais certainement pas à éprouver ce petit frisson qui vous prend lorsque vous déballez un cadeau, l’effervescence à tirer sans effet sur la ficelle, l’impatience qui vous fait déchirer le papier pour ouvrir enfin la malle au trésor.
    C’est un peu ce que j’ai ressenti à la lecture de ce livre. 

    provence,giono,bosco

    Bon un peu de sérieux il est temps que je vous éclaire, nous voilà en Lubéron un lendemain d’orage, Monsieur Sécaillat, dans son champs sous un cerisier, met au jour des poteries qui aussitôt réveillent la fibre archéologique de son voisin, notre héros. 
    Vous savez tous je pense qu’il est interdit de faire des fouilles sans autorisation ? Aïe c’est parti pour se mettre sous le coup de la loi : amende, emprisonnement et plus si affinités.

    provence,giono,bosco

    Les deux hommes vont profiter du départ au Japon de Blanche la femme de l’archéologue pour s’enfoncer un peu plus dans l’illégalité, de son côté pas de risque que le secret soit éventé, quant à Mme Sécaillat hélas sa mémoire est devenue passoire, pas de risque de ce côté là non plus.

    Nos deux Indiana Jones vont faire des découvertes surprenantes, trouver des objets étonnants, et en bref mettre le doigt sur une histoire incroyable.

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    Je pourrais vous en dire plus évidement mais pas question de vous priver du plaisir de la découverte. Je vous propose de prendre un pique-nique, un thermos, le livre bien sûr et de vous rendre dans votre coin de nature préféré : montagne ou mer, forêt ou garrigue, et de vous laissez prendre à l’enchantement de ce récit, de rire aux mésaventures de nos héros, de vous replonger dans les parfums de la Provence, de lécher vos doigts couverts de daube, de lever la tête pour voir apparaitre un aigle de Bonelli si vous avez de la chance et d’étirer votre cou jusqu’à apercevoir des champs de lavande (quoi c’est pas la saison !!! Dans l’imaginaire c’est comme on veut, quand on veut) 

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    Très vite le récit s’enrichit de personnages et légendes, vous croiserez la chèvre, si si réveillez vos souvenirs scolaires, celle d’un certain Petit chose, vous chercherez une source qui vous rappellera une certaine Manon, et si vous êtes amoureux de l’antique comme moi je vous promet une balade à dos d’éléphant.

    provence,giono,bosco

    Lieux en Lubéron : le chemin d'hannibal ?

    De buron en champs de lavande vous pourrez même vous prendre pour Tom Simpson ou Pétrarque (il ne faut pas avoir peur des rapprochements) et gravir le Ventoux ou assister à la crue du Calavon.

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    le Pont Julien sur le Calavon

    L’auteur vous avertit 

    « Si le lecteur veut comprendre comment toute cette histoire a pu arriver, il ne doit pas avoir peur de remonter dans le temps. S'il se limitait au réel qui baigne chacune de ses journées, il risquerait de ne pas saisir le fin mot de ce qui va suivre, ou pire encore, de ne pas y croire du tout.. »

    C’est tout l’âme de la Provence que l’auteur vous offre. Légendes et fééries antiques se retrouvent dans ce récit. Comme chez Henri Bosco les paysages provençaux et imaginaires font très bon ménage car comme précise l’auteur au lecteur : 
    « Il doit se rappeler que les légendes, si elles sont racontées pour faire rêver, introduire une part de mystère dans un monde terne, sont aussi racontées pour expliquer l'incompréhensible, démêler l'indémêlable. Il devra garder à l'esprit que toutes les légendes, sans exception, ont un fond de vérité… »

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    Gouffre de la Fontaine de Vaucluse et sa légende

    Prenez un bain de jouvence avec ce livre plein d’amour de la terre, de tendresse et qui vous donne en prime un large sourire.

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    Le Livre : Le dit du Mistral - Olivier Mak-Bouchard - Editions du Tripode.

  • Ma Transhumance carnet de route - Antoine de Baecque

    Voulez-vous faire la Routo ?

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    Lire ce livre  m’a donné des fourmis dans les chaussures peut-être vous fera-t-il le même effet. 

    Avez vous vu des fêtes de l’Estive et le retour des troupeaux mais savez-vous qu’il n’y a pratiquement plus de vraie transhumance, c’est à dire le troupeau, les bergers, les chiens et la route, non tout passe aujourd’hui par des convois de camions.

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    Dans les Pyrénées 

    Ressortant les vieilles cartes, aidé par les associations locales Antoine de Baecque a préparé sa petite odyssée qui porte un nom du sud : la Routo

    Grand marcheur devant l’Eternel il a repris les chemins parcourus par les troupeaux de moutons, les grandes carraires qui d’Arles au Piémont voyaient passer des milliers de bêtes dans des décors à la Giono. Il y avait la Carraire des arlésiens qui fut tracé en partie par H Fabre l’entomologiste.
    Savez-vous qu’une carraire pouvait faire jusqu’à 100 mètres de large, draille où les troupeaux semblaient voguer entre ciel et terre.

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    Drailles et Carraires 

    Aujourd’hui c’est une pratique moribonde que la transhumance et sur les cartes les chemins n’apparaissent plus. 
    Le tracé comporte plus de routes nationales que de chemins, les cultures se sont étendues, il faut protéger les véhicules et les conducteurs, l’épopée des bêtes et des bergers est terminée. 
    Alors l’idée de faire à pied ce chemin m’a enchanté.

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    La Route autrefois

    Notre marcheur part d’Arles, traverse  la Crau et sa garrigue, les oliviers des Alpilles, fait un passage avec un clin d’oeil à Zola et Cézanne dans la campagne aixoise. 
    Puis c’est la traversée du plateau de Valensole, la vallée de la Bléone, celle de l’Ubaye et enfin le col de l’Arche et l’Italie. Joli périple non ?

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    En Haut Provence

    Ce chemin est fait aussi de rencontre avec les bergers, les propriétaires de troupeaux. 
    C’est un bel hommage et j’ai aimé le périple, les paysages et les hommes J’ai aimé ce journal de voyage où Giono est souvent nommé qui permet au lecteur de s’évader du quotidien de belle façon.

    Si vous êtes randonneurs vous pourrez dès 2020 suivre cet itinéraire car Antoine de Baecque avec son périple a participé à corriger, compléter, enrichir cette Routo des hommes et des bêtes.

    Tout est sur le site : La Routo

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    Le livre : Ma transhumance carnet de Route - Antoine de Baecque - Editions Arthaud

  • Les Simples - Yannick Grannec

     

    Je sais que l'on vient de vivre un confinement mais partir dans une abbaye bénédictine ça vous tente ? Si je vous dis que c’est dans le sud de la France ? Tout près de Vence ? Je vous sens déjà plus tenté.

    Dans les années quinze cent quelque chose la congrégation de Notre -Dame du Loup est plutôt prospère grâce aux sirops, pommades, onguents et plantes qui ont fait sa renommée et sa richesse, même les grands utilisent le savoir des nonnes, jusqu’au roi de France et au Pape. 

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    « Notre-dame du Loup est une forteresse austère, ceinturée de façades aveugles, sans aucun des charmants agréments que le siècle a apportés »

    Entrons plus avant dans l’abbaye des Louventines.  La Mère abbesse Marie-Vérane la dirige avec poigne et justesse mais la règle de Saint Benoit n’empêche ni l’envie, ni la jalousie, et moins encore la convoitise, le tout mêlé parfois à une aspiration à la sainteté !
    Une guerre en règle est déclarée entre l’Abesse et la prieure, sœur Marie-Angèle de l’Incarnation.

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    Soeur Clémence, la doyenne est l’âme de l’abbaye, c’est elle qui connait les simples et leurs vertus.
    Savoir qu’elle tente de partager avec Gabrielle une novice instruite, intelligente.
    La recherche, la récolte et les préparations sont le secret le mieux gardé de l’abbaye.

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    Les soeurs exercent aussi leur savoir dans un dispensaire pour les nécessiteux. L’existence à cette époque est toujours menacée par les accouchements désastreux, les épidémies ravageuses et les superstitions qui balayent toute rationalité.

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    La richesse acquise par les Louventines grâce aux simples, aux plantes médicinales, est parfaite pour attiser la convoitise du clergé local. 
    Le savoir de ces femmes frise l’hérésie car il échappe au pouvoir temporel et à la férule de l’évêque, double pêché.
    L'inquisition n’est jamais loin pas plus que l’accusation de sorcellerie

    Léon de la Sine est un jeune homme très obéissant, il n’a guère le choix, dans sa famille c’est l’ainé qui héritera des terres et du titre. Il est en mission pour l’évêque de Vence Jean de Solines afin d’ inspecter cette abbaye et si possible y trouver des manquements qui permettent à l’évêque de glisser son pied dans la faille et de s'en approprier les biens.

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    Ce qu’il veut : mettre la main sur les recettes, les bénéfices, supprimer l’hôpital des indigents et surtout rapatrier  en son église les reliques de Sainte Vérane qui assure la notoriété de l’abbaye
    Le meilleur moyen c’est de jeter le discrédit sur l’abbaye et son abbesse 
    Il a le soutien du clergé et du corps médical local, tous acquis à sa cause car l’abbaye leur fait de l’ombre.

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    Léon de la Sine encore très naïf va trouver du charme à Gabrielle la novice. Victime d'un grave accident il va être soigner par les soeurs du couvent et sa mère va lancer une opération récupération qui va faire basculer tout ce beau monde cul par dessus tête.

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    Un roman plein de richesse, fouillé, dense  plein d’érudition et d'originalité, très visuel je verrai bien ce roman en mini série. C’est savoureux. J'ai aimé certains personnages et en premier lieu les simples qui deviennent les héroïnes principales.

    L’écriture s’appuie sur une belle documentation qui restitue le souffle et l’esprit , un bel éclairage d’une période que j’aime. J'avais aimé le premier roman de Yannick Grannec sur un sujet très différent. 

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    Le livre: Les Simples - Yannick Grannec - Editions Anne Carrière