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Sciences

  • bribes de forêt

    Où sont les animaux disparus ?

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    « Lors d’une randonnée moyenne de quinze kilomètres, on devrait donc en apercevoir plusieurs centaines. Naturellement, il n’en est rien. La seule raison à cela, c’est la chasse. Comme les chasseurs (seulement en Allemagne, on compte 350 000 licences) sont toujours aux aguets, nos animaux sauvages vivent constamment dans la terreur et adaptent à merveille leur comportement à l’homme. 

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    Bien qu’ils doivent manger tout au long de la journée pour pouvoir digérer une quantité suffisante de végétaux, les chevreuils et les cerfs, par exemple, ne sortent des bois et des fourrés que de nuit, car ils ont fait l’expérience amère d’être pris pour cibles jusqu’au coucher du soleil. 

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    Les tirs ne s’interrompant que quand il fait nuit noire, ce n’est qu’alors que les animaux peuvent aller paître tranquillement dans les prairies. Durant la journée, ils se réfugient dans les zones boisées où ils ne peuvent être repérés, et où les affres de la faim les poussent à se nourrir des bourgeons et des feuilles, et parfois même de l’ écorce des feuillus »

     

    Le livre : L’horloge de la nature - Peter Wohlleben - Editions Macro

  • Arpenter le paysage - Martin de la Soudière

    Je voudrais que vous fassiez connaissance avec Martin de la Soudière, j’avais déjà croisé l’auteur grâce à un livre sur les saisons et celui qu’il vient de publier m’a aussitôt attiré. 

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    Arpenter le paysage nous propose-t-il, j’aime la marche ou plutôt je l'ai aimé, la nature, la poésie des lieux, la peinture de paysages, les descriptions magnifiques de certains auteurs donc je me suis embarquée.

    La première partie du livre est faite des souvenirs d’enfance de l’auteur, on entre ainsi en paysage avec lui à travers ses souvenirs de vacances dans les Pyrénées, randonnées, promenades, balades en vélo, en famille. 

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    La vallée de Vicdessos

    On ne s’ennuie pas un instant, il faut dire que parfois le récit tient un peu des Pieds Nickelés.
    On égrène avec lui les observations faites au fil du temps, les grands bonheurs lors de l’arrivée au sommet, et aussi les petits malheurs lorsque rien ne se déroule comme prévu. C'est un vrai apprentissage initiatique.

    Le récit est fait de mille anecdotes familiales ponctuées de citations, de fragments de poésie, de noms d’auteurs pas toujours des plus connus. L’auteur a déclenché mes souvenirs  de randonnées pyrénéennes dans les gorges de la Carança, un lieu qui me fascinait enfant.

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    Les gorges de la Carança

    Ensuite Martin de la Soudière élargit son propos. Il nous propose de suivre des arpenteurs, des flâneurs, des promeneurs. Moi quand on m'invite chez les écrivains du voyage je ne peux pas résister.

    Jean Loup Trassard en Mayenne, Julien Gracq en bord de Loire, Fernando Pessoa, André Dhôtel dans ses Ardennes ou Philippe Jaccottet dans sa garrigue drômoise.

    Julien Gracq en bord de Loire

    L’universitaire bien sûr glisse quelques remarques sérieuses ici ou là, j’ai retrouvé avec plaisir Elisée Reclus par exemple, mais il laisse place bien vite à l’amoureux des paysages, au passionné de littérature.  

    Avec lui on se fait botaniste, géologue, on avance au rythme lent des arpenteurs, on apprend avec le géographe, on crapahute avec le montagnard, on rêve avec le poète.

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    Le pays où l'on n'arrive jamais

    Vous êtes en bonne compagnie : bergers, taupiers, militaires, cartographes  ou ethnologues. 
    C’est passionnant et cela éveille de nombreux souvenirs, les livres de Marie Hélène Laffon, les écrits de Giono, les films de Raymond Depardon. 

    Le livre a déclenché chez moi tout une série d’images et de lieux oubliés parfois, de sensations et d’émotions. 
    Un château médiéval en ruine dans un coin de Vaucluse, le parfum d’une forêt de pins, le froid glacial d’un ruisseau pyrénéen, la sauvagerie des Causses.

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    Le château de Boulbon dans le Vaucluse

    souvenirs de lectures d'enfant dans l'odeur des pins

    Vous avez envie de vous plonger dans les auteurs cités, d’en découvrir d’autres, de mêler avec bonheur le savoir et l’imagination. 

    La plume est belle, sérieuse et légère à la fois, elle éclaire petit à petit la notion de paysages. Le genre de livre que vous fermez en vous sentant un brin plus intelligent, plus sensible à ce qui vous environne. Il vous rend le paysage intime. 

    Un beau livre dont la couverture est munie d’un large rabat qui sert de marque-pages

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    Le livre : Arpenter le paysage - Martin de la Soudière - Editions Anamosa

  • Tour d'horizon - Kathleen Jamie

    Depuis la lecture de ses premiers écrits j'ai mis une veille sur l’auteur et toc voilà un recueil de textes brefs dans la même veine que son premier livre.

    Kathleen Jamie nous entraine à sa suite d’île en île, dans des lieux où je n’avais même jamais rêvé d’aller mais j’ai suivi cette écossaise bon teint, cette poétesse des choses de la nature avec un grand plaisir.

    Jumelles en main Kathleen tient là son rôle d’observatrice : depuis les aurores boréales, les ruines de villages à l’abandon, d’éclipse de lune jusqu’à une colonie de Fous de Bassan.

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    « D’un vert lumineux de la couleur du plumage d’une sarcelle, l’aurore boréale scintille presque immédiatement au dessus de nos têtes. Elle se développe dans la nuit étoilée comme l’haleine projetée contre un miroir (…)D’abord c’est un voile émeraude puis cela prend la forme d’un cocktail à la menthe. »

    Elle sait regarder y compris ce qui ne devrait pas être dans le paysage, comme cet aileron qu’elle ne cherchait pas mais qui est bien là.
    Sa pensée vagabonde au gré de la lumière du jour, de l’infiniment petit à l’infiniment dangereux.

    jamie

    Cette  auteure est une éveilleuse qui sait nous faire admirer le monde dans toute sa diversité, ses mystères. Elle sait le faire avec légèreté, allègrement, sans fioritures aucunes.
    « Continuez à regarder, même quand il n’y a pas grand-chose à voir. Ainsi votre œil apprend ce qui est normal, et quand quelque chose d’anormal apparaîtra, votre œil le repérera. » 

    J’aime les îles et en particulier celles du nord de l’Europe, alors là c’est un festival  Saint Kilda, Rona, North Mains, je vous laisse chercher où tout ça prend forme au milieu des eaux agitées de l’Atlantique ou dans les eaux fraîche de l’Arctique

    jamie

    « Les falaises biscornues de Saint Kilda sont à nouveau apparues à l’horizon »

    J’ai aimé ces textes simples, dépouillés même et à hauteur de …femme. Elle ne se paie pas de mots mais elle parvient à faire vibrer ses textes.

    jamie


    « Il se dégage des montagnes, de la glace et du ciel, un silence minéral qui exerce une puissante pression sur nos corps. C’est un silence ­venu de très loin, effrayant, qui fait ressembler le bruit sous mon crâne au cri d’une oie criarde. J’aimerais réduire mon esprit au silence, mais je pense que cela prendrait des années »

    jamie

    Musée de Bergen

    Il y a un rien de magie dans ses écrits, elle est habitée par les légendes celtiques, alors suivez là faites vous ornithologue, ou archéologue et parcourez avec elle le Groenland, les Féroé, les Hébrides ou un musée un rien poussiéreux, tout est bon pour célébrer la terre, le « paysage de mer grise et de ciel blanc rincé de pluie et hanté d’oiseaux » ou bien les pluviers, les fulmars et autres oiseaux des mers. 

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    Le livre : Tour d’horizon - Kathleen Jamie - Traduit par Ghislain Bareau - Editions La Baconnière

     

  • Factfulness - Hans Rösling

    Lors d’une conférence Hans Rosling médecin suédois spécialiste en santé publique, conseiller à l’OMS et à l’UNICEF, se rend compte que la grande majorité des gens ne connait pas le monde dans lequel nous vivons.

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    Il va alors s’intéresser aux idées fausses et mettre au point un questionnaire. Au début de ses conférences il demande aux participants d’y répondre.
    Un questionnaire de 13 questions posées à 12 000 personnes de toutes conditions réparties dans 14 pays riches. 

    Le score moyen est de 3 bonnes réponses, 15 % des personnes ont eu un score nul, 1 seule a obtenu 12/13.
    Cette ignorance n’est pas liée à l’éducation des personnes, à leur niveau d’études, à leur formation professionnelle. 
    Elle touche tout le monde, tous les milieux professionnels, du mécanicien au Prix Nobel ! 

    On peut même dire que parfois les plus formés, les plus haut situés dans l’échelle sociale font un moins bon score que ..…des chimpanzés donnant les réponses au hasard.

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    Ce qui est marquant c’est que majoritairement les réponses sont fausses mais en plus elle sont très pessimistes.
    Vous allez dire tout ça c’est la faute des médias qui toujours mettent l’accent sur ce qui va mal 
    Mais alors pourquoi ceux qu’on juge manipulateurs : journalistes et hommes politiques en tête, donnent ils eux aussi des réponses pessimistes ?

    Pourquoi sommes nous pessimistes ? Cela tient aussi à nos gènes, de ceux qui nous faisaient nous cacher à l’approche d’un lion, être pessimiste peut permettre d’anticiper le danger et donc de se protéger.danger.jpg

    Vous allez me dire, on est pessimiste et alors ? 
    Danger nous dit Hans Rosling car si quand nous étions petit homme dans la savane avec une sagaie il était important de se méfier de tout, aujourd’hui augmenter les risques et dramatiser une situation peut conduire à des prises de décisions catastrophiques, demandez à Roselyne Bachelot son expérience sur les risques de la grippe H1N1 !!

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    Rosling pose ses questions sur une multitude de sujets concernant la démographie, l’évolution socio-économique du monde, la mortalité, la natalité, les niveaux de revenus. Mais aussi l’accès à l’électricité, à l’eau potable, la vaccination etc...
    Il pose ses questions, vous explique pourquoi vous choisissez une réponse fausse alors qu’à priori vous n’êtes pas idiot.

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    Mais vous avez suivi la tendance que l’on a tous à diviser le monde en deux pôles : il y a « eux » et il y a « nous » , n’avez vous jamais entendu ou pensé : les africains ne parviendront jamais à la démocratie…. L’Inde ne parviendra jamais à réguler sa natalité...

    A la fin de chaque chapitre un petit vade-mecum pour vous éviter de tomber dans le piège du catastrophisme mais aussi de faire un choix parmi les points que vous voudriez privilégier et peut être d’y réfléchir ….par exemple avant de voter ou de choisir une cause à défendre. 

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    Hans Rosling décortique neuf de nos instincts qui noircissent systématiquement nos analyses 
    L’instinct du fossé, la propension à la généralisation, la volonté de blâmer et de trouver un responsable, l’instinct dramatique ou négatif, la peur bien sûr, l’instinct de l’urgence mais aussi la taille ou l’instinct de la destiné. Nous sommes mus par cela et c’est bon de le savoir.

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    Une fois la démystification réalisée on peut regarder le monde autrement qu’à travers le prisme des guerres, des catastrophes naturelles, de l’extinction des espèces, de la pauvreté. 
    Le monde a progressé et pour qu’il progresse encore il importe que les décisions reposent sur des faits avérés, des données fiables et non sur notre pessimisme habituel.

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    Les choses vont mieux que nous le pensons, quand on affirme ça il y a une petite voix qui dit : alors on ne fait plus rien ?Les réponses à certains problèmes doivent tenir compte de la situation réelle, des faits et pas de nos réflexes immédiats.

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    Je ne vous en dit pas plus parce que ce livre mérite vraiment d’être lu et j’ajoute qu’après votre lecture peut être comme moi désirerez vous le faire lire aux jeunes adultes autour de vous, aux étudiants que vous côtoyez.

    Ah dernière chose : au questionnaire j’ai obtenu 6 réponses justes sur 13 mais en réalité plutôt 5 car à une question j’ai répondu au hasard comme un chimpanzé en somme, c’est moins pire que certains mais c’est pas reluisant !!  J'ai donné des réponses fausses sur les sujets santé que je pensais maitriser par exemple.
    Ce qui me rassure c’est que certains prix Nobel ont fait pire.

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    Le livre :  Factfulness - Hans Rosling - traduit par Pierre Vesperini - Editions Flammarion

     

     

  • Bribes de science

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    « La science actuelle n’explique pas tout, elle va d’étonnement en étonnement, et chaque réponse obtenue ouvre la voie à un nouveau questionnement. On peut considérer cela comme rassurant ou au contraire s’en trouver frustré, sans pour autant nier les talents, le travail attentionné, parfois le génie des chercheurs qui nous permettent de comprendre chaque jour un peu mieux l’univers. »

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    « Une preuve scientifique est un élément (une expérience, un ensemble d’observations…) sur lequel il est raisonnable de fonder notre manière de concevoir le monde. Sa validité repose entièrement sur la démarche critique employée pour l’obtenir. La première caractéristique de la science est la remise en doute constante : chaque affirmation doit être vérifiable, vérifiée, étayée. Adopter un point de vue scientifique, c’est « croire » quelque chose uniquement lorsqu’ont été présentées de bonnes raisons de le faire. »

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    « Le savoir est a priori une bonne chose. Il permet une compréhension plus éclairée du monde, une anticipation de l’avenir, un jugement plus juste d’autrui, on peut s’attendre à ce qu’il s’accompagne d’un plus grand bonheur collectif et personnel. »

     

    Le livre : L’ironie de l’évolution  Thomas Durand - Editions du Seuil

  • brins d'herbe

    « L’herbe est porteuse d’origine, elle semble garder la saveur des premiers temps du monde 

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    Hubert Voignier a écrit un très beau livre consacré au trouble, voire au saisissement, « à l’ivresse de la profondeur » que procurent ces « brassées de voix confondues », ces surfaces toujours onduleuses, ce « grand pays luxuriant », cet « essor fulgurant de verdure » Hubert Voignier  Les Hautes herbes 

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    « Et le premier cadeau fut le genre des herbes et leur verte splendeur, dont la terre entoura les collines : voilà que par toutes les plaines les prés couverts de fleurs lancèrent leurs éclairs verdoyants. »  Lucrèce De la nature des choses

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    ©DDD             

    « Le peuple des prés m’enchante, sa beauté frêle et dépourvue de venin, je ne me lasse pas de la réciter. Le campagnol, la taupe, sombres enfants perdus dans la chimère de l’herbe, l’orvet, fils du verre, le grillon, moutonnier comme pas un, la sauterelle qui claque et compte son linge, le papillon qui simule l’ivresse et agace les fleurs de ses hoquets silencieux, les fourmis assagies par la grande étendue verte, et immédiatement au-dessus les météores hirondelles… » René Char Feuillets d’hypnos

     

    Le livre : La Fraîcheur de l’herbe - Alain Corbin - Editions Fayard