Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Lecture numérique

  • Erasme pour collégien mais sans limite d'âge

     

    Unknown.jpg

    J'ai dans ma bibliothèque les magnifiques volumes des Adages d'Erasme et j'ai reçu hier un mail de l'éditeur m'informant qu'une application gratuite était disponible sur l'app store 

    Ni une ni deux je l'ai téléchargée et c'est un vrai plaisir. 

    25 adages inter actifs avec traduction du latin au français mais aussi prononciation latine et explications très pédagogique du sens de l'adage.

    c'est sympa comme tout ET gratuit 

    Amusez vous avec Erasme et bravo Les Belles Lettres

     

  • Mon musée imaginaire - Paul Veyne

    Un musée dans la poche 

     

    valise500.jpg

     

    Je ne vous cache rien, vous savez que j’ai quelques problèmes pour tenir très longtemps des livres lourds, j’ai fait pour soulager mes vieux os l’achat d’un book seat 

     

    Mais pour les livres d’art, les plus gros, les plus lourds ça me posait encore problème, je me disais que si quelqu’un avait une solution j’étais partante.

     

    C’est chose faite : un livre d’art sur mon Ipad.

     

    couv-numérique.jpg

     

    255 tableaux, 255 possibilité de zoomer avec un doigt pour avoir l’oeuvre en plein écran, ou se déplacer pour voir un détail, aller jusque dans les moindre recoins du tableau. La possibilité de revenir au texte quand bon vous semble bien sûr.

    255 chefs-d’oeuvre de la peinture italienne sélectionnés par Paul Veyne. Comme dans tout livre d’art beaucoup d’explications sur chaque tableau. 

     

    Pas mal direz-vous, mais bon….. Attendez.......

    Un clic et vous avez accès à une explication du tableau très détaillée, des liens sont attachés au texte qui vous envoient automatiquement vers le détail du tableau dont il est question. Et comme on est en numérique vous avez en prime un moteur de recherche sur les oeuvres, sur les commentaires.

    Vous pouvez à tout moment savoir dans quel musée l’oeuvre est exposée.

     

     

    mon-musée-imaginaire-lectrice-2.jpg

    Vous voulez encore plus de vie ? Qui a déjà entendu la voix malicieuse de Paul Veyne est heureux de la retrouver quand il commente ses oeuvres préférées. Vous avez pour vous seul un guide expérimenté, érudit et passionné.

    La qualité des images, les couleurs, la définition, tout est parfait. On peut parier que des améliorations seront encore apportées à l’avenir.

    Vous voilà avec un musée portatif, toujours disponible et avec le premier livre d’art enrichi. 

    Ecoutez Paul Veyne : 

     

     

    Paul Veyne répond vertement à l’objection de la « perte de quelque chose » avec le numérique « Ce sont des arguments de vieux crabe, ils n’ont qu’à en revenir aux carrioles à chevaux ! »

    C’est le vieux monsieur spécialiste de l’antiquité qui donne des leçons de modernité, le monde à l’envers quoi !!

    C’est une promenade magnifique dont je n’ai encore qu’explorer une toute petite partie.

     

    Le livre  : Mon musée imaginaire - Paul Veyne - Editions Albin Michel - version numérique 9€99 sur Itunes -  version papier 28€41

  • Candide revisité

    Le numérique au service des classiques 

    Logo-tablette-numerique.jpg

    La Bibliothèque nationale de France en partenariat avec Orange et la Voltaire Foundation ont mis au point une application GRATUITE pour lire, écouter, comprendre et enrichir la lecture d’un classique français.

    Désolée de limiter mes explications aux détenteurs de tablettes mais format oblige !

     

    Prenez donc ce livre, ancien, poussiéreux sur mon étagère et en piteux état.

    Et posez le à côté de votre Ipad sur lequel vous aurez téléchargé l’application candide 

     

    candide .jpg

    Trois volets s’offrent à vous : le livre, le monde, le jardin

    Un clic et vous avez accès au texte et vous commencez votre lecture, d’un doigt vous tournez les pages.

    La lecture vous parait fastidieuse ou vous souhaitez passer à un autre mode de lecture : un clic sur l’icône ad hoc et la voix de Denis Podalydès prend le relais.

     

    candide 2.jpg

    Plus vivant que ça tu meurs !!  La BNF appelle ça le nouveau comptoir de lecture enrichie, une jolie appelation non ?

    Bon vous me suivez toujours...........

     

    Nous voilà maintenant sur les pages du monde : Vous suivez le voyage sur une carte,  des gravures du XVIII siècle  et comme si ça ne suffisait pas vous pouvez aussi écouter des interviews qui éclairent l’oeuvre.

    candide 3.jpg

    Enfin dans le jardin nous voilà dans le collaboratif, vous pouvez prendre des notes, vous faire votre propre commentaire qui peuvent s’afficher dans l’arbre de la connaissance. Imaginez ce que peut faire un prof un peu curieux et bon pédagogue d’un outils comme celui là ! 

     

    Franchement est-ce que ce n’est pas un joli remplaçant pour mon poche défraichi ?

     

    Je sais pas vous mais moi j’aimerai bien avoir aussi  Les lettres persannes, les Caractères et tient soyons fou  Les Essais 

     

    Si vous voulez en savoir plus : le PDF 

  • La Conquête de Plassans - Emile Zola

    red_sony_reader.jpgLa Conquête de Plassans - Emile Zola - Ebook
    Changement de décor et de style, après s’être vautré dans  Le Ventre de Paris, avoir fait la part belle aux couleurs, aux odeurs, aux bruits des Halles, Zola fait un retour à la province.
    Plassans, en proie aux turbulences du changement de régime politique dans   est une ville assagie mais qui a mal voté aux dernières élections. L’opposition monarchiste relève la tête, elle tient ses quartiers à la villa Rastoil, des ambitions politiques renaissent, le pouvoir impérial se doit d’y mettre un terme.
    L’homme qui va mener à bien cette mise au pas est un homme d’église, un prêtre récemment nommé. Il ne prend pas le problème de front, il va utiliser toutes les ressources de l’art de la manipulation des âmes.

    C’est par les femmes qu’il commence, par Marthe Mouret née Rougon, nous voilà au coeur de sa famille, son mari François Mouret est son cousin germain, ils ont une grand-mère en commun : Adélaïde Fouque, la folle, enfermée dans un asile d’aliénés, et on voit repointer ici le nez de l’hérédité si chère à Zola.
    François Mouret jouit à Plassans d’une retraite bien méritée, négociant qui a fait fortune dans le vin il coule des jours paisibles entouré de sa femme, d’Octave et de Serge ses fils et de Désirée " une enfant de quatorze ans, forte pour son âge, et qui avait un rire de petite fille de cinq ans. "
    C’est lui qui fait entrer le loup dans la bergerie, il décide de louer quelques pièces inoccupées de sa maison " un prêtre ce n’est pas bien gênant. Il vivra chez lui, et nous chez nous" et l’abbé Faujas " un homme grand et fort" entre chez les Mouret accompagné de sa mère, puis bientôt de sa soeur.
    La vie tranquille et bien réglée de François Mouret va bientôt voler en éclats. Son jardin dont il était si fier est peu à peu investit par l’abbé qui y lit son bréviaire. Son fils Serge se plonge dans des livres prêtés par ..l’abbé Faujas, même Rose leur bonne ne jure bientôt que par la mère et le fils Faujas.
    Quant à Marthe, la plus vulnérable, elle est littéralement captive, sous prétexte de bonnes oeuvres l’abbé a obtenu sa dévotion totale au point d’oublier enfants et mari. Elle passe désormais sa vie à la Cathédrale, Faujas va ainsi assurer une emprise sur la famille avec la bénédiction de Félicité Rougon la propre mère de Marthe.
    François Mouret devient peu à peu victime.  A table Marthe sert d'abord l'abbé elle " commençait toujours par lui, fouillait le plat, tandis que Rose, penchée au dessus d’elle, lui indiquait du doigt ce qu’elle croyait le meilleur." Des oublis, des brimades on " lui passait les assiettes fêlées, lui mettait un pied de table entre les jambes (...) posait le pain, le vin, le sel, à l’autre bout de la table. "
    François Mouret dépérit pendant que Faujas assure son influence sur la ville. La conquête de Plassans est en marche.

    Cezanne3_g.jpg

    Paul Cézanne - Gardanne


    Ce n’est pas le meilleur de Zola, c’est une oeuvre de transition entre ses grands romans mais il rend à merveille toute la malignité de l’abbé Faujas, ses tours, ses mesquineries, son art de la persuasion, ses manigances pour capter les fortunes.
    Il n’a pas son pareil quand il s’agit de mettre à nu les ambitions, les haines familiales, la fausse dévotion pour montrer toutes les vilenies de la vie familiale.
    Dans la préface à l’édition en Pléiade Armand Lanoux dit " Evidemment, ce thème ne raccommode pas l’auteur avec les catholiques ! Zola a le génie de se faire des ennemis."
    Deux portraits sont esquissés ici :  Serge Mouret qui sera le personnage principal du prochain tome et Octave qui va partir faire fortune à Paris dans le négoce et avec qui j’ai rendez vous " Au bonheur des dames ".

  • Le Ventre de Paris - Emile Zola

    red_sony_reader.jpgLe ventre de Paris - Emile Zola - Ebook
    L’ordre adopté par Zola pour sa généalogie des Rougon Macquart nous fait passer des salons du Second Empire au ventre de Paris, des toilettes chiques aux poissonnières, des parfums envoûtants de Renée à ceux moins raffinés de la cuisson du boudin ou des étalages de fromages odorants.

    Le héros ici n’est pas vraiment un Rougon, il est un petit rameau ajouté, c’est sa belle soeur, la belle Lisa, qui est une fille d’ Antoine Macquart de Plassans. Il se nomme Florent, il est jeune et beau garçon, sa vie est pourtant déjà bien pleine car il a passé quelques années au bagne. Il n’a pas tué père et mère pour ça, non, il s’est juste trouvé où il ne fallait pas lors d’une émeute, arrêté et jugé de façon expéditive pour un crime dont il est innocent.
    Echappé de Cayenne le voilà revenu à Paris où il trouve refuge aux Halles auprès de son frère Quenu, l’époux de Lisa la belle charcutière.
    Accueilli comme le frère prodigue, on lui trouve du travail, on l’héberge, on l’habille, c’est que Quenu lui est redevable, Florent l’a élevé, s’est sacrifié pour lui durant des années, devenu un commerçant riche et gras c’est le moment de payer ses dettes.
    L’arrivée de Florent va déclencher des réactions en chaîne, objet de toutes les convoitises féminines notre Florent est bien naïf et en plus il a des convictions républicaines, de là à devenir activiste contre le gouvernement il n’y a qu’un pas ....
    Après quelques temps ce frère devient gênant, voire dangereux pour la prospérité d’une charcuterie, et puis bien sûr il y a l’héritage de l’oncle de Quenu, héritage qui revient pour moitié à Florent ....dommage qu’il soit rentré......Les langues se délient, la médisance, les commérages, les mensonges, les trahisons, le petit peuple des Halles n’est pas plus beau que celui des salons.
    Les vilenies ne sont plus perpétrées pour de l’argent mais par envie, par mesquinerie, par jalousie.

    halles.jpg

    Les Halles de Baltard

    Ce troisième volume de Zola est cru, plein d’odeurs, de couleurs, et de bruit. C’est la version XIXème siècle de la Grande Bouffe.
    L’écrivain nous sature de scènes où la nourriture est reine, les devantures, les arrières boutiques, tout regorge de sang, de graillon, d’effluves fortes, les fromages le disputent aux légumes entassés, les poissons aux viandes, les beurres et les fromages dégoulinent, les déchets eux mêmes sont partie du décor. On vit de la bouffe et parfois on en meurt.

    victorgabrielgilbertlecarreaudeshalles.jpg

    Victor-Gabriel Gilbert : Le Carreau des Halles

    Zola décrit à merveille ce marché, les étals, les pavillons, la misère et les vices. Arrivé à la fin du roman on sait que ce n’est pas Florent le héros de cette histoire, ce sont les Halles corps vivant, chaud, violent, qui après avoir tenté de le digéré, aura recraché Florent comme un noyau indigeste.

    J'ai aimé ce troisième roman et je suis déjà plongée dans la suite, lire Zola en continuité est une expérience enrichissante et je n'ai qu'une enivie : la poursuivre

    Un autre billet Dans la bibliothèque de Cléanthe

  • La Curée - Emile Zola - Ebook

    ebook.jpgLa Curée - Emile Zola – Ebook
    Lors d’une chasse à courre lorsque qu’une bête est abattue on jette les restes au chien après le dépeçage, moment violent et sanglant, c’est la curée. La bête dans le roman de Zola c’est le bien public, le peuple, les pauvres, les honnêtes gens, les imbéciles qui vont se faire gruger, vous, moi.
    Dans ce second volume des Rougon-Macquart le héros c’est Paris, le Paris du Second Empire, celui que le Baron Haussmann va métamorphoser. C’est le temps de la création des grands boulevards, des Buttes-Chaumont, l’aménagement du bois de Boulogne et de l’hippodrome de Longchamp.
    On casse, on rase, on reconstruit " Paris s'abîmait alors dans un nuage de plâtre. " on détruit pour faire la place à des avenues rectilignes moins dangereuses en cas de mouvement populaire.
    Les rapaces, les spéculateurs, les crapules vont profiter de la manne " Plus d'un quartier va fondre, et il restera de l'or aux doigts des gens qui chaufferont et remueront la cuve. "

    hausmann.jpg

    Ce qui importe aux hommes d’état, aux financiers qui peuplent le roman, c’est de s’enrichir, gagner de l’argent. Leurs appétits sont féroces " Des appétits de loup" et la morale est le cadet de leurs soucis " Duper les gens, leur en donner moins que pour leur argent, était un régal "
    Les spéculateurs achètent à bas prix et revendent à prix d’or. L’or dans lequel baigne le roman  "un étalage, une profusion, un écrasement de richesses " une  " pluie d’or "

    caillebote.jpg

    Rue de Paris temps de pluie- Gustave Caillebote

     

    On retrouve le troisième fils des Rougon de Plassans, Aristide, il est monté à Paris pour faire fortune avec l’aide de son frère Eugène Rougon, mais il végète et trépigne d’impatience.
    Il va s’employer à trouver l’argent là où il est, sa femme Angèle n’est pas tout à fait morte qu’il songe à la remplacer par une femme qui lui apporte une dote qui lui permettra de se lancer dans les affaires.
    Il l’a trouvé : Renée Béraud du Châtel, enceinte après un viol et donc impossible à marier,  Aristide lui est prêt à prendre la fille et la dot, Grâce à la dot de Renée il va faire des placements audacieux et malhonnêtes. Il a désormais l’argent, une belle femme qui attire tous les regards, l’appui de son frère devenu ministre, il est temps pour Aristide de changer de nom, désormais il s’appelle Saccard.
    Il fait sortir du collège son fils Maxime beau jeune homme, veule et un peu pervers, qui promène son ennui dans les salons. Son père l’associe parfois à ses affaires d’argent ou de débauche. Le jeune homme a le goût du plaisir, sa jeune belle-mère a goût du " fruit défendu " , le mari ferme les yeux..........

    La lecture du premier volume des Rougons était intéressante mais ici c’est passionnant. Zola nous fait entrer dans ce monde de magouilles, de spéculations, de prévarications, on touche du doigt cette richesse. Les descriptions sont magistrales, on voit se faire les transformations urbaines , se construire les demeures des nouveaux riches dont l’or sera la couleur dominante.
    " La curée " est également un roman de moeurs qui se veut un tableau de la dépravation d’une classe sociale, le portrait est au vitriol.
    Les personnages très sulfureux pour l’époque portent en eux la dégénérescence que Zola va traquer tout au long de son oeuvre.
    Les toilettes, les équipages, les bals, les essayages chez les couturiers, les salons féminins : Zola nous montre tout de ce monde de luxure et de turpitude.
    Cela  lui valu d’être empêché de publier ce roman dans les  journaux en feuilleton,   Barbey d’Aurevilly  stigmatisait les écrits de Zola " l’indécence voluptueuse, l’indécence polissonne ".
    Il fallu attendre Maupassant pour qu’une critique élogieuse soit faite du roman.

    Découvrez ou redécouvrez ce livre et faites lui une place dans votre bibliothèque

    la-curee.jpg

     

     

    Complément : il existe une adaptation cinématographique. Roger Vadim réalisa le film avec Jane Fonda et Michel Piccoli, Maxime était joué par Peter Mac Enery acteur oublié aujourd’hui.