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Bribes et brindilles

  • A tire d'aile

     

    " Car chanter, pour l’oiseau, c’est aussi lancer un défi. En face des femelles timides, les rivaux s’affrontent par la voix. D’une tête d’arbre à l’autre, les mâles Pinsons se jettent sans cesse, et comme s’ils voulaient le dernier souffle de l’adversaire, leur refrain triomphal. Au fond du buisson d’aubépine, deux Rossignols, face à face, s’écoutent chanter tour à tour, comme s’ils cherchaient à ravir le secret qui fait le chant plus beau."

     

     

    Le chant du Pinson

    "En mai et juin, les longues heures ensoleillées ne suffisent plus, pour certains chanteurs du jour, à l’expression de l’intensité de vie qui les anime. Longtemps après le coucher du soleil, la Grive, le Rouge-Gorge, le Traquet Pâtre se font encore entendre, et jusque dans la nuit le Coucou appelle dans les bois. C’est alors que la Lulu, le seul oiseau qui chante en plein vol dans l’obscurité, sœur pourtant de ces Alouettes qui se grisent de soleil, laisse quelquefois tomber de haut, vers minuit, sa chanson exquise."

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    le Rouge gorge au travail

     

    Le livre : Pourquoi les oiseaux chantent - Jacques Delamain - Editions des Equateurs

  • Bribes Afrikaners

    Pas de véritables bribes aujourd’hui mais un petit clin d’oeil à Dasola et keisha dont j’ai suivi avec grand intérêt les voyages vers l’Afrique du sud.

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    Vue de la montagne de la Table © Dasola

    Je me fais ici leur complice en vous proposant deux romans qui ne sont en rien des nouveautés mais deux romans qui m’ont transporté vers ce pays si extraordinaire et qui m’attire tellement. 

     

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    Le bout du bout © Keisha 

    Si vous les avez déjà lus ils vous rappelleront je pense de bons souvenirs  et dans le cas contraire je vous souhaite une belle découverte. 

     

  • Bribes du Sud

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    « La case de l’oncle Tom, faite de troncs d’arbres à peine dégrossis, était à peu de distance de « la maison ; » le nègre désigne ainsi par excellence la demeure du maître. Sur le devant s’étendait un gentil jardinet, où des soins assidus faisaient croître, chaque été, des fraises, des framboises, et une diversité merveilleuse, vu l’espace, de fruits et de légumes. Toute la façade était tapissée d’un grand bignonia écarlate, et d’un beau rosier multiflore, dont les branches, se croisant et s’enlaçant, laissaient à peine voir la rustique construction. D’éclatantes plantes annuelles, des œillets d’Inde, des pétunias, des belles de jour, orgueil et délices de la tante Chloé, trouvaient aussi un petit coin où déployer leur splendeur. »

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     « Vous le voyez, poursuivit-elle, vous ne savez rien d’ici ; mais moi je sais. Ici, pendant cinq ans, j’ai été foulée âme et corps sous le pied de cet homme, et je le hais comme je hais Satan ! Ici, vous êtes sur une plantation isolée, à dix milles de toutes les autres, au milieu des marais. Pas un blanc pour porter témoignage, si on vous brûle vif, – si on vous échaude, si on vous coupe en morceaux, si on vous jette en pâture aux chiens, si on vous pend, après vous avoir fouetté à mort. Ici, pas de loi divine ou humaine qui puisse vous protéger, vous ni aucun de nous. Et lui, cet homme, il n’est pas d’indignités sur terre dont il ne soit capable »

     

    Le livre : La Case de l’oncle Tom - Harriet Beecher Stowe - Editions Flammarion

  • Bribes de Chopin

    "Laissez-le faire, s’il s’écarte un peu du chemin battu et de l’ancienne méthode, c’est parce qu’il a la sienne à lui, et ses œuvres témoigneront un jour d’une originalité qui ne s’est encore rencontrée chez personne. Il suit une voie extraordinaire, parce que ses dons sont extraordinaires."

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    "Sand se levait tard, parce qu’elle veillait une grande partie de la nuit. Chopin polissait, remettait au net ses œuvres, dont les premières ébauches lui venaient en général pendant l’été. Sa création était toute spontanée. Elle jaillissait au hasard d’une promenade, d’une heure de méditation, ou bien se déroulait subite et complète tandis qu’il était assis devant son piano. Il se la jouait à lui-même, la chantait, la reprenait, en modulait les accents. Alors commençait cet immense labeur des recherches de la perfection, qui seront toujours, quoiqu’on dise, l’ordre essentiel de l’artiste"

     

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    George Sand et Frédéric Chopin par Eugène Delacroix

    "Le cercueil fut descendu ensuite au milieu de la multitude, pendant que retentissait pour la première fois la Marche Funèbre fameuse, orchestrée par Reber. Les cordons du poêle étaient tenus par le prince Czartoryski, Franchomme, Delacroix et Gutmann. Meyerbeer marchait derrière le corbillard. On se mit en route par les boulevards pour le cimetière du Père-Lachaise. C’est là que le corps de Chopin fut enterré, son cœur excepté, qu’on envoya à Varsovie, où il est resté depuis dans l’église de la Sainte-Croix. Beau symbole, qui convient à ce cœur fidèle."

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    Le livre : Chopin ou le poète - Guy de Pourtalès - Edition numérique Inkbook

  • Bribes de Desnos

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    Aujourd'hui je me suis promené avec mon camarade,

    Même s'il est mort,

    Je me suis promené avec mon camarade.

    Qu'ils étaient beaux les arbres en fleurs,

    Les marronniers qui neigeaient le jour de sa mort

           ∴    ∴    ∴    ∴

    Moi, je regardais les arbres en fleurs,

    La rivière passer sous le pont

    Et soudain j'ai vu que j'étais seul.

    Alors je suis rentré parmi les hommes.

     

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    Dans un petit bateau

    Une petite dame

    Un petit matelot

    Tient les petites rames

      ∴    ∴    ∴

    Ils s'en vont voyager

    Sur un ruisseau tranquille

    Sous un ciel passager

    Et dormir dans une île

     

    Le livre : Poésie - Robert Desnos - Gallimard

  • Salut Monsieur Rosset

    J’écoute peu les infos en ce moment et je suis donc passée à côté de la disparition d’un philosophe que j’aime et que je lis depuis pas mal d’années.

    C’est en lisant le billet de Christian que j’ai appris la nouvelle. 

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    J'aime beaucoup l'air malicieux sur cette photo

    Je lis Clément Rosset grâce à André Comte-Sponville, j’aime la lecture par ricochet ou cercles concentriques, celle qui vous emporte d’un auteur à un autre. 
    Je ne vous ferai pas sa biographie, vous pouvez la trouver un peu partout, non juste vous dire que sa disparition me rend très sincèrement triste.

     

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    Ses oeuvres les plus anciennes, celles que je préfère je crois

    J’ai commencé ma lecture de Rosset avec des livres qu’il a écrit alors qu’il était en Khâgne ou lorsqu’il préparait l’agrégation, convenez qu’il faut une bonne dose de culot et de talent.

    Il a bien entendu des thèmes favoris qui reviennent dans ses livres : le tragique de l’existence qui n’empêche pas la joie, l’absence de sens et d’interprétation possible de la vie, et bien entendu son livre sur le Réel qui affirme que le monde, le réel ne peut nous proposer que ce qu’il est, rien de plus, il n’y a pas d’autre monde à espérer

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    Clément Rosset en 2008 © Frédéric Poletti publié dans Philomag dont je vous recommande la lecture 

     

    Malgré une écriture loin du jargon philosophique universitaire j’ai parfois eu du mal à comprendre ses idées mais j’ai toujours été attirée par ses affirmations et je jubilait à la lecture de ses exemples qu’il prend plus souvent chez Tintin ou Arsène Lupin que dans le corpus philosophique traditionnel. J'ai trouvé chez lui les philosophes que j'aime : Epicure, Nietzche ou ...Montaigne !

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    3 livres passionnants de Clément Rosset 

    Les livres de Clément Rosset que je préfère : l’anti-nature, la philosophie tragique le Monde et ses remèdes, la Force majeure, le Réel et son double et Schopenhauer philosophe de l'absurde.

    Il invite son lecteur à mettre à bousculer toutes les idoles, religieuses, philosophiques, politiques.
    Mais là où il diffère du pessimisme de Schopenhauer sur lequel il a écrit une série d’essais c’est par une philosophie de la joie, de la joie de vivre qui sera le sujet de son dernier livre qui va paraitre aux Belles Lettres  L’endroit du paradis.

    Joli titre non ?