Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

A sauts et à gambades - Page 3

  • Sonnenschein - Daša Drndić

    « Tout nom cache une histoire »

    1732490973.jpg

    C’est le second livre que je lis dans le cadre de la Lecture commune pour l’Holocauste et plus encore que Goetz et Meyer ce livre fut un choc de lecture
    La littérature croate ne tient pas beaucoup de place sur les présentoirs des librairies hélas et on a un peu honte qu’un tel livre soit passé un peu inaperçu.

    75-ans-apres-10-des.jpg

    © LUDOVIC MARIN AFP 

    C’est à la fois un regard et une écriture, brutale, dérangeante. Des mots qui interpellent, mettent en cause, alertent, on ne sait pas comment qualifier ce qui se passe pour le lecteur tout au long de ce roman documentaire comme le nomme l’auteur et l’éditeur.

    Gorizia.jpg

    Gorizia aujourd'hui 

    Le récit se déroule dans La ville de Gorizia, proche de Trieste, dont le nom se décline selon les langues en Görz, Gorica, Gurize. C’est souvent le cas pour ces villes où le vent de l’histoire à baptisé les lieux chaque fois que la frontière se modifiait. 

    Ville qui évolue de son attachement à l’Empire austro-hongrois à l’appartenance à l’Italie annexée à l’Axe durant la guerre. 

    axe.jpg

    L’héroïne de ce roman Haya Tedeschi est une femme âgée et depuis 1944 elle attend…elle attend ainsi depuis soixante-deux ans. « À ses pieds, une immense corbeille rouge remplie de photos, de coupures de presse, de documents divers. Son attente, au début du roman, est « notre attente ».

    Haya est née à Gorizia et a grandit dans une  famille juive qui va hésiter et pencher curieusement vers le fascisme à l’arrivée de Mussolini, espérant peut être l’impunité grâce cela.

    mussolini.jpg

    Haya peut ainsi se croire à l’abri mais l’histoire avance et l’on s’achemine vers le temps des massacres. 
    La famille Tedeschi semble ignorer ces faits car ils détournent la tête  regardent ailleurs, les voisins ne disparaissent pas « ils déménagent » ils ne sont pas expulsés ils « semblent ne plus ouvrir leur magasins » 

    Le récit s’étend géographiquement et dans le temps, on approche de l’inhumain 
    Haya est amoureuse d'un allemand qui est venu un jour acheter des pellicules photo dans sa boutique. 

    1280px-Treblinka_-_Rail_tracks.jpg

    Treblinka 

    C’ est Kurt Franz, celui qui à Treblinka « se promène, monte à cheval, court le matin, chante (…) plante des fleurs » Treblinka est fermé il a été muté !!
    Elle se retrouve seule lorsque, fin de la guerre oblige, il quitte Trieste.
    C’est le début de l’attente pour Haya.

    Kurt_Franz_Treblinka.jpg

    le bon dieu sans confession 

    Personnage symbolique, Haya est là pour nous rappeler ce que vécurent ces hommes et ces femmes, certains broyés immédiatement, d’autres se transformant en bourreaux.

    Après la guerre les yeux d’Haya s’ouvrent petit à petit, elle lit des témoignages, ses souvenirs  prennent une autre teinte, elle suit les procès qui sont faits aux criminels de guerre 

    Riserie de San Sabba.jpg

    Rizerie de San Sabba

    En 1976 commence le procès des criminels de guerre de San Sabba. Dans cette rizerie de Trieste, on a assassiné des Juifs, des Tsiganes, des résistants.
    Un four crématoire avait été construit par Erwin Lambert, ingénieur qui a fait ses preuves en Allemagne et en Pologne en éliminant des malades mentaux et des handicapés.

    Lambert,_Erwin.jpg

    Erwin Lambert un bon père de famille 

    L’auteure ne vous donnera la clé de cette attente qu’en toute fin du livre mais on pressent tout au long  que ce qui sortira de la quête ne sera ni joyeux, ni consolant.
    C’est un quête pour savoir et comprendre, pour éclairer cet événement violent et inimaginable que fut la déportation et l’extermination des juifs en Europe.

    Selection_on_the_ramp_at_Auschwitz-Birkenau,_1944_(Auschwitz_Album)_1b.jpg

    Sélection à Auschwitz-Birkenau en .

    Si ce roman m’a tellement marqué c’est par la façon dont Daša Drndić parle de l’histoire, mêle les faits avec ce qui sort de son imagination.

    Le récit n’est jamais linéaire ce qui parfois rend la lecture difficile, exigeante, mais c’est un peu comme si l’on inventoriait tout le contenu du panier rouge d’Haya et que l’on sortait tous les papiers, photos, coupures de presse, tout un par un. 

    nousnesommespaslesderniers zoran music .jpg

    Nous ne sommes pas les derniers  - Zoran Mušič

    Ainsi on croise Boris Pahor, Paul Celan, Zoran Mušič, Umberto Saba, Danilo Kiš, Claudio Magris …et surtout ce qui pour moi fut une rencontre forte le philosophe Carlo Michelstaedter dont la soeur disparue à Ravensbrück, je l’avais lu il y a environ 20 ans et il s’est à nouveau imposé à moi grâce à ce roman.

    Elda Michelstaedter.jpg

    La littérature, la philosophie, la poésie, la peinture sont-elles plus à même de dire la douleur, l’horreur, la souffrance ?

    Carlo_Michelstaedter.png

    Carlo Michelstaedter

     

    Le roman est interrompu pendant 80 pages et nous trouvons la liste des 9000 juifs qui ont perdus la vie dans les camps, les transports ou les territoires occupés. C’est comme une reconnaissance, un hommage, une stèle de papier.

    Daša Drndić  a ainsi redonné un visage à l’histoire refusant que l’individu soit résumé à une « note en bas de page de l’Histoire »

    evenements-seconde-guerre-mondiale-seconde-guerre-mondiale-guerre-aerienne-allemagne-policier-et-aides-de-la-croix-rouge-allemande-joignant-un-panneau-de-direction-indiquant-le-refuge-public-de-raid-aerien-berlin-fin-aout-1939-bbnj3g.jpg

    Réquisitoire très puissant contre les nazis bien entendu mais aussi envers tous ceux qui ont fermés les yeux ou tournés la tête : la Croix-Rouge qui aide les nazis à blanchir l’argent des victimes déportées, le Vatican qui aidera à cacher les criminels de guerre, ou plus simplement par exemple ….un chef d’orchestre :
    «  En 1955 Karajan est nommé chef à vie de l’Orchestre philharmonique de Berlin (…) la terre absorbe le passé comme la pluie disparait dans ses entrailles » En 1935 il avait adhéré au parti Nazi et joué pour Hitler.

    herbert-von-karajan-1-1399390017-view-0.jpg

    Et pourquoi ne pas diriger l'Ode à la Joie ?

    Sonnenschein est un roman parfaitement documenté, on a envie d’ajouter hélas ! Car les protagonistes ont réellement vécu et fait ce dont on les accuse. Des photos, des compte-rendus des procès, les retranscriptions d’interrogatoires, tout atteste de la réalité des faits.
    La folie meurtrière du nazisme, la circulation des trains, les camps,  les exécutions, le Lebensborn 

    C’est comme un monument pour sauver de l’oubli des hommes et des  femmes qui un jour ont vécu, aimé, travaillé, parce que « tout nom cache une histoire » 

    250px-Dasa_Drndic.jpg

    Daša Drndić

    La construction du livre rend le lecteur témoin, il est interpellé par les faits qui redonnent vie aux victimes anonymes et  qui sont un réquisitoire sans appel pour les bourreaux qui voudraient faire croire à leur petite vie de fonctionnaires obéissants. 

    Daša Drndić multiplie sans arrêt les points de vue, les documents, les cartes, les dates, jusqu’à parfois rendre le lecteur un peu hagard, un peu noyé par ce chaos effrayant. 

    Pourtant l'auteur parvient à donner une cohérence à tout ça et c’est ce qui fait la force du livre, sans doute un des grands livres sur l’Holocauste.

    IMG-0101.jpg

    Le livre : Sonnenschein - Daša Drndić - Traduit par Gojko Lukić - Editions Gallimard

  • Goetz et Meyer - Daniel Albahari

    Voilà un roman à la fois passionnant et déroutant lu dans le cadre de la lecture commune proposée par Passage à l'Est et Si on bouquinait.

    lecture commune.jpg

     

    Un roman passionnant sur le fond, l’Holocauste et le problème de la  responsabilité, la question torturante du bien et du mal. 
    Un roman déroutant par sa forme qui flirte avec l’humour noir, une ironie dévastatrice et même le ridicule. 

    Un texte provocant chez le lecteur une quasi apnée, un quasi étouffement par la particularité de l’écriture et par le choix d’un paragraphe qui court sur plus de 100 pages.

    belgrade en 1941.jpg

    Belgrade après l'invasion allemande

    Le roman se situe à Belgrade, dans un passé assez proche mais non daté.

    Le narrateur un juif professeur de lettre dont pratiquement toute la famille a disparu dans les camps, est amené à faire des recherches sur son passé et celui de sa famille.

    Ses recherches dans les archives sont décevantes mais il a trouvé un petit fil rouge, deux SS envoyés d’Allemagne pour leur compétence particulière, conduire et faire fonctionner un camion transformé en chambre à gaz. Ils sont mutés à Belgrade pour leur « savoir faire »

    un camion à gaz .jpg

    Un camion à gaz utilisé en Pologne 

    Goetz et Meyer, deux SS que David Albahari transforme en une seule entité « Goetz et Meyer » 

    Le narrateur tente de comprendre ce qui s’est passé, de comprendre qui étaient ces deux hommes qui ont participé à l’élimination de sa famille et à celle de  cinq mille juifs de Serbie. 

    Cette enquête tourne à l’obsession et le narrateur frôle parfois la folie par la difficulté a retrouver trace de sa famille et au fur et à mesure qu’il découvre les faits, les noms, les chiffres.

    deportation_4_article.jpg

    Déportations en ex-Yougoslavie

    Pourquoi « Goetz et Meyer » ont-ils participé au Génocide ? Comment ont-ils fait pour supporter cela ?  Voir des femmes, des enfants, des vieillards, monter dans ce camion, leur sourire, faire « comme si » il s’agissait d’un petit voyage anodin puis débarrasser le camion des corps, nettoyer le tout et … recommencer.
    Sont ils  inconscients ? Sont ils des modèles d’obéissance ? Sont-ils des monstres ?

    A la lecture de tous les livres sur l’Holocauste, les questions lancinantes sont toujours les mêmes : pourquoi, quel homme peut faire cela, qu’est-ce qui me différencie de tels hommes, qu’aurais je fais dans les mêmes circonstances …

    Que reste-t-il aux survivants ? J’ai pensé à plusieurs reprises au livre de W.G. Sebald Les émigrants, en lisant ce roman.

    220px-David_Albahari_auf_dem_Blauen_Sofa_2.jpg

    David Albahari livre ici un roman d’une très grande force qui ouvre la porte aux interrogations, à l’incompréhensible, à l’inhumain.

    J’ai été bouleversée par ce roman. Tout d’abord parce qu’il évoque, ce que j’ignorais totalement, l’existence de camps en Serbie, et parce que quand on dit Holocauste on ne pense pas forcément à ce pays.

    800px-Старо_сајмиште.jpg

     Staro Sajmiste Camp de concentration Serbe

    Un roman sombre bien entendu mais qui palpite pourtant de vie, une vie douloureuse certes mais la vie « malgré tout ».
    Il plonge le lecteur dans un magma brûlant le contraignant à courir devant les coulées de lave qui déferlent.
    Sa façon de transformer ces deux hommes en une seule entité « Goetz et Meyer » les liant définitivement car ils sont les « rouages d’un vaste mécanisme » 

    6b5684f9-40fa-11ea-82bb-0eda3a42da3c.jpeg

    Les témoins de l’Holocauste sont en train de disparaitre et il est indispensable que des voix reprennent ce récit, empêchent l’oubli.

    Un grand et beau roman qui date déjà de 2002, alors un grand merci à Passage à l’Est qui me l’a fait connaitre et qui a initié cette lecture commune avec Patrice.

    IMG-0100.jpg

    Le livre : Goetz et Meyer - David Albahari - Traduit par Gabriel Iaculli et Gojko Lukic- Editions Gallimard

     

  • Le Goulag sur mon étagère

    Après le livre de Tomasz Kizny qui manifestement vous a touché j’ai choisi de vous faire faire le tour de mes étagères sur le Goulag et le Stalinisme, cette part de l’histoire longtemps occultée, du moins du temps de ma jeunesse.

    goulag

    J’ai eu la chance d’avoir un père socialiste dans l’âme mais très très très méfiant quant à toute forme de tyrannie, d’oppression, et qui a souhaité comme l’on dit « aller y voir »

    Se balader en Allemagne de l’est, Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie en un temps où c’était difficile d’y aller et d’y circuler laisse un fort souvenir. Et forcément l’on en revient convaincu !!!

    goulag

    Bon ce n’était pas Gide évidement mais sa réflexion, sa volonté de savoir et de vérifier m’a conduit à lire beaucoup sur le sujet et à me faire ma propre opinion dès mes quinze ans.

    C’est pourquoi ma bibliothèque est largement remplie et j’espère qu’elle vous inspirera des lectures salutaires car si le stalinisme est mort la tyrannie et l’oppression elles sont toujours d’actualité.

    goulag

    Les plus évidents ? 

    Alexandre Soljenitsyne même si sur la fin de sa vie il dérivait un peu.

    Je vous conseille Le courage d’écrire et bien évidement la somme que représente l’Archipel du Goulag, difficile à lire ne nous le cachons pas mais tellement indispensable

    J’y ajoute Ses 7 vie en un siècle sa biographie passionnante.

     

    Varlam Chalamov c’est par lui que j’ai commencé ma lecture, à l’époque seul un petit livre de poche rassemblait quelques uns de ses récits de la Kolyma. Plus tard l’éditions complète chez Verdier a ét un choc important, j’aime aussi son témoignage sur ses lectures, de celles qui l’ont aidé lors de ses années Goulag : Mes bibliothèques 

    goulag

    Pour ces deux auteurs j’ai lu  La Route de la Kolyma  de Nicolas Werth  car ils empruntèrent cette route , celle qui montre ce que furent les souffrances de ces hommes et femmes arrêtés, enfermés, punis pour des fautes imaginaires puis relégués au fin fond de la Sibérie

    Lorsque l’individu qui devrait être laminé par un système cela donne Voyage au pays des Ze-Ka -de Julius Margolin  ou Proust contre la déchéance - Joseph Czapski.

    Ces livres qui montrent la lutte pour la survie mais bien au-delà pour l’honneur et la dignité et ainsi prouver que l’on peut se dresser face au système.

    goulag

    Le parcours si particulier d’un homme de science  Le météorologue d’Olivier Rolin, une histoire qui pourrait être magnifique si elle n’était pas si dure.

    Le destin d’une femme hors de l’URSS mais terriblement atteinte par le système : Sandra Kalniete En escarpins dans les neiges de Sibérie

     

    Mais il y a aussi le destin d’individus exceptionnels comme Ossip Mandelstam, sa biographie est précieuse pour moi mêlant histoire, politique mais surtout Poésie  Mon temps, mon fauve -de Ralph Dutli 

    Par delà les destins individuels il y a l’analyse d’un système : Goulag une histoire - Anne Applebaum -
    Une somme, un profond travail d’historienne, sans doute le livre le plus complet sur le sujet.

     

    Et il y a les témoignages comme ceux recueillis par Svetlana Alexievitch qui même s’ils ne sont pas directement des témoignages autour du Goulag, permettent d’élucider ce qui a conduit un peuple tout entier à obéir, à pratiquer la délation, à participer à l’entreprise du Stalinisme

    goulag

    Creusement du Canal de la mer Blanche ou Belomorkanal

    La folie meurtrière d’un régime qui fait travailler les prisonniers jusqu’à la mort  pour construire un canal qui ne servira pratiquement jamais.  Les eaux glacées du Belomorkanal - Anne Brunswic -

     

    On peut pour élucider ce que fut le régime et son dévoiement en lisant des romans 

    Parmi les plus importants il y a bien sûr Vie et destin de Vassili, Grossman, ce livre qui faisait si peur que le NKVD finit par décider d'arrêter ...le livre.
    IL qui n’apparait pas ici car je l’ai lu bien avant de tenir ce blog mais il a évidement sa place dans ma bibliothèque 

     

    Ce qui m’a poussé à lire un autre roman de Vassili Grossman nettement moins connu alors qu’il dit tout des camps, des dénonciations, de la culpabilité, du retour à la vie dite normale : Tout passe - Vassili Grossman

    goulag

    J’ai lu  Une Saga Moscovite - Vassili Axionov qui trace d’une façon parfaite ce que furent les destinées de ces russes malaxés par l’appareil stalinien .
    J’ai lu plus récemment   Les Patriotes - Sana Krasikov dont j’ai aimé la construction 

    goulag

    C’est une bibliothèque incomplète forcément mais dont je suis fière, j’espère qu’elle vous inspirera des lectures à venir 

  • La Grande Terreur - Tomasz Kizny

     

    photo 4.JPG

    La question se posait déjà dans le livre de Nicolas Werth à la lecture des témoignages :  Quel regard porte la Russie d’aujourd’hui sur l’histoire du Goulag, pas de repentir affiché, une histoire à peine effleurée dans les livres d’école, tout un peuple qui semble faire l’impasse sur une réalité effrayante, à peine croyable. 

     

    C’est un photographe polonais qui l’a fait grâce à deux livres, et c’est le deuxième livre dont je veux aujourd’hui vous parler.

    Entre 1937 et 1938 en l’espace de seize mois 750 000 personnes furent assassinées, exécutées sur ordre de Staline, du Politburo et des potentats locaux du NKVD.

     

    Voroshilov,_Molotov,_Stalin,_with_Nikolai_Yezhov.jpg

                    Les instigateurs : Staline, Vorochilov, Iejov

     

    En étroit lien avec l'association Memorial  Tomasz Kizny a eu accès aux archives de cette période.

    Il a réalisé un travail à la fois extraordinaire et bouleversant.

    Les photos en disent plus que des mots parfois et les photos de T Kizny sont d’une puissance rare. 

    Des dizaine de portraits d’hommes, de femmes et parfois d’adolescents, qui sont photographiés alors que le verdict de mort ne leur a pas été annoncé.

    VISUEL-WEB_STALINE-635x635.jpg

                     Montage des photos d'identité © Tomasz Kizny

     

    Ici les nombres prennent des visages, il ne s’agit plus de ….victimes, non c’est Alekseï Grigorievitch, c'est Evdokia Arkhipova, ce ne sont pas des noms sur une liste c’est une personne, un visage...

    C’est une forme de réparation que Tomasz Kizny leur offre.

    On peut lire avec chacun de ces portraits qui étaient les victimes : des artisans, des paysans, des ingénieurs, des personnes que le régime a voulu purement et simplement effacer.

     

    photo 2.JPG

                               Ivan Alexeïevitch Belokachkine

     

    Tous n’étaient pas russes loin de là, polonais, allemands, finlandais ont fait l’objet de la même répression aveugle.

    Condamnés pour être des ennemis du peuple, des espions, des saboteurs ou simplement des « nuisibles » . Pour la plupart réhabilités après la mort de Staline. 

    Nicolas Werth a également contribué à ce livre en ajoutant les explications de l’historien sur ce massacre longtemps ignoré, caché, que les familles des victimes elles-mêmes tenaient secret.

    Pour lui « Vingt ans après la grande révolution socialiste d'Octobre, le régime soviétique perpétra le plus grand massacre jamais mis en oeuvre en Europe en temps de paix

     

    web_condamnes russes--672x359.jpg

                                         © Tomasz Kizny

     

    Une seconde grande partie du livre est constituée par les lieux de massacre et d’exécutions, lieux où parfois les familles ont voulu marquer le souvenir  en nouant un foulard ou en accrochant une photo sur un arbre, en plantant une croix.

    Certains de ces lieux ont livré leur secret mais tous n’ont pas été identifiés. Ces lieux de mémoire sont le travail de l’association Mémorial, la carte qui existe aujourd’hui sur le site des archives du Goulag donne un aperçu de l’ampleur du travail fait. Sur le site vous pouvez aussi écouter des témoignages, tous ne sont pas traduits en français hélas. 

     

    1843668_6_d6ef_carte-situant-les-camps-du-goulag-et-les-zones_579d222ac5f2da5d2bcccdd38b993e32.png

    carte des camps et des lieux d'exécution © Le Monde

     

    Vous l’avez compris c’est un livre remarquable et indispensable pour conserver le témoignage d’une barbarie d’état.

    « Sur le long chemin menant du dévoilement à la compréhension de ce crime de masse, le présent ouvrage de Tomasz Kizny constitue un jalon capital. » dit Nicolas Werth.

    Ce livre permet que ces hommes et ces femmes ne soient pas condamnés à l’oubli définitif, il empêche l’amnésie de tout un peuple, c’est tout l’honneur de ce livre.

     

    9782882503039FS.gif

     Le livre : La Grande Terreur - Tomasz Kizny - Editions Noir sur Blanc 

  • Le noël des rois mages

    oui je sais je suis un peu en retard !

     

    Ils sont venus, ils sont tous là 

    noel

    Donc, Balthazar, Melchior et Gaspard, les Rois Mages,

    Chargés de nefs d’argent, de vermeil et d’émaux

    Et suivis d’un très long cortège de chameaux,

    S’avancent, tels qu’ils sont dans les vieilles images.

    noel

    De l’Orient lointain, ils portent leurs hommages

    Aux pieds du fils de Dieu, né pour guérir les maux

    Que souffrent ici-bas l’homme et les animaux ;

    Un page noir soutient leurs robes à ramages.

    noel

    Sur le seuil de l’étable où veille saint Joseph,

    Ils ôtent humblement la couronne du chef

    Pour saluer l’Enfant qui rit et les admire.

    C’est ainsi qu’autrefois, sous Augustus César,

    Sont venus, présentant l’or, l’encens et la myrrhe,

    Les Rois Mages Gaspard, Melchior et Balthazar.

     

    Le Livre : Les Trophées - José Maria de Heredia

  • Une maille à l'endroit une maille à l'envers

    Vous m’avez cru disparue corps et bien ?  Non non me revoilà 

    shermix.jpg

    Depuis des semaines voire quelques mois la lecture m’a laissé en plan alors je m’occupe un peu différemment.

    Rassurez vous je ne vais pas transformer ce blog en blog culinaire, si vous aviez déjà mangé chez moi vous seriez certains que c’est pas mon truc, mais un  billet tourné vers des livres pratiques.

    Il y en a déjà eu sur ce blog alors je récidive. 

    Depuis quelques mois c’est le tricot qui a ma préférence avec écoute de livres audio en parallèle.

    echantillon-tricot-pourquoi-comment-faire-1-1024x683.jpg

    Je n’avais pas tricoté depuis des lustres, dans mes années jeune maman j’ai beaucoup tricoté, de tout, et surtout du jacquard car j’adorais ça. 

    Mais les techniques ont évoluées, les modèles aussi donc je me suis refais une petite bibliothèque tricot et je vais la partager avec vous. 

    IMG-0082.jpg

    Bible or not to bible

    Beaucoup de livres de tricot osent le terme Bible  ouah !!! Ridicule alors qu’aujourd’hui il est simple de tapoter sur youtube pour avoir les explications de mille et un points de tricot mais …c’est assez pratique néanmoins d’avoir sur papier un minimum d'explications.

    Voici mes deux livres de références l’un très simple que je recommande à toutes les personnes qui veulent se mettre ou se remettre au tricot, le livre de Lise Tailor, en plus il est très abordable en prix et vraiment parfait.

    L’autre plus spécialisé sur les points dentelle, une technique que j’apprécie beaucoup et ce livre est vraiment réussi en la matière, il est fait par une anglaise car le tricot est devenu très très british au fil des années 

    DSC_0042.JPG

    une oeuvre d'ivre de livres eh oui !!

    Après il y a bien entendu des choses plus spéciales comme …..les chaussettes, c’est revenu très à la mode de tricoter des chaussettes pour toute la famille, chaussettes simples ou un peu comme des chaussons bien chauds c’est parfait quand comme moi on a un carrelage très froid   brrrrrr 

    DSC_0040.JPG

    bon si je veux être franche je vous en montre une seule la deuxème fut un désastre 

    Voila mes préférés,  vous pouvez voir des marques pages pour les meilleurs modèles 

    IMG-0084.jpg

    Deux livres sur les châles et étoles en point dentelle je dois dire que cela devient un peu ma passion et les modèles sont magnifiques vraiment, ils peuvent être très très chauds et donc vous tenir compagnie l’hiver avec votre tasse de thé et un bon livre

    IMG-0085.jpg

    Enfin un must pour le tricot des pulls marins d’outre manche, des îles d’Aran, d’Ecosse bref de chez nos voisins et néanmoins ennemis les britishs

    Ce livre est tout simplement parfait avec quantité de modèles et de points tous plus distingués les uns que les autres et pour la plupart majoritairement faisables par un ou une adepte du tricot même débutant. Si vous voulez faire un pull ou une écharpe très classe à votre amoureux bingo c'est ce livre qu'il vous faut.

    IMG-0086.jpg

    Une fois le tricot en route, le diagramme élucidé vogue la galère il n’y a plus qu’à enclencher le livre audio. 

    Au fil de ces derniers mois j’ai donc écouté et réécouté bon nombre de mes auteurs favoris.
    Tolstoï et Dostoïevski parce que je les aime et que ça dure bien le temps d’un châle. 
    Dumas à peu près pour les mêmes raisons.

    Mais aussi Au bonheur des dames parce que somme toute j’étais dans les travaux de dames

    Et puis tout Giono en audio parce que ça a mis du soleil dans mes journées

    Enfin les derniers venus : Le prince des marées parce que c’était un très bon souvenir de lecture, Le Guépard qui emporte au soleil,  et bien sûr bien sûr Autant en emporte le vent 

    A vos aiguilles mesdames et messieurs ( si si en Finlande en Islande ce sont les messieurs qui tricotent !!)

    Les Livres
    Je me mets au tricot - Lise Tailor - Editions Eyrolles 
    Dentelle au tricot - Lynne Watterson - Editions tutti frutti ( en français)
    Tricot mosaik les chaussettes - Sylvie Rasch - Editions Neva
    25 modèles de chaussettes à tricoter - Editions Marie Claire Bergère de France
    Tricoter ses chaussettes - Wendy Johnson - Editions Eyrolles
    Dentelle Shetland au tricot - Toshiyuki Shimada - Editions de Saxe
    Châles étoles ajourés au tricot - Janina Kallio - Editions de Saxe
    Tricot dentelle - Viviane Deroover - Editions Charpentier
    Tricots et pulls marins - Luce Smits - Editions de la Martinière