Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

A sauts et à gambades - Page 3

  • bribes de ciel

    finistère ciel d'orage.jpg

    «  Ô cette grâce inouïe que la terre possède de me donner le ciel ! Non pas seulement comme une récompense, mais comme un compagnon ; non pas comme un étranger, mais comme un autochtone. 

    finistère.jpg

    Car le ciel même, le grand ciel caravanier qui passe est natif de la terre, comme sa floraison, comme sa fenaison, comme sa frondaison.

    orage.jpg

    De même âge, de même lignage, de même humeur, de même allure que la terre qu’il foule, dans la poursuite assidue d’une même harmonie, dans la résolution d’un même accord, dans la composition d’un même nuancier. »

    Le livre : Cantique de l’Infinistère - François Cassingena-Trévedy - Editions Desclée de Brouwer

     

  • Bribes d'information

     

    eliot frederic william burton national g.jpg

    George Eliot par F W Burton  National Gallery 

    Vous savez quoi ? Parfois quand rien ne va il y a pourtant des petits moments jouissifs, tenez par exemple Gallimard vient de faire entrer George Eliot en pléiade.

    Alors si vous voulez faire plaisir à un amateur de littérature anglaise ou pourquoi pas VOUS faire plaisir c’est moment c’est l’instant 

    9782072789335-475x500-1.jpg

    Deux de ses plus grands romans Middlemarch et Le Moulin sur la Floss, avec en prime deux essais de Mona Ozouf pour votre plus grand plaisir je vous le certifie 

    IMG-0065.jpg

    Et puis il y a l’édition en livre audio des 2 tomes d’Autant en emporte le vent lu par Caroline Maillard dans la nouvelle traduction de Josette Chicheportiche 

    Elle est pas belle la vie ?

  • Blog en confinement

    file-20200406-96658-1uw7e80.jpg

    Je suis un peu en panne de lecture à partager avec vous en ce moment.Aussi je vais mettre le blog en confinement. 

    NOV NDM FACEBOOK SPOT FIXE TEXTE 1200x630.jpg

    Mais aujourd’hui avant de fermer mes écoutilles pour quelques jours je vous propose de participer avec moi à la nuit européenne des Musées 

    Vous avez pour cela un pass spécial qui va vous donner accès à des lieux très divers et vous pouvez trouver le programme ici 

    Le virtuel est aux commandes et votre choix est vaste, du Palais du facteur Cheval au musée Guimet, du musée Rodin à la maison de Balzac.  Attention il y a des horaires à respecter ! 

    Bonne visite  

  • Mémoires des terres de sang - Inara Verzemnieks

    La Lettonie en fait partie de ce que Timothy Snyder appelle les Terres de sang et l’histoire de la famille d’Inara Verzemnieks est tout à fait emblématique du destin de ces hommes et femmes.

    LETTONIE.jpg

    L’auteure vit aux USA, elle a grandit à Tacoma dans l’état de Washington. Elle a été élevée par ses grands-parents, entourée des fantômes du passé sans que rien ne lui soit jamais raconté.

    Toute son enfance est marquée par cette Lettonie perdue, le drapeau, les chants, des gestes qu’elle peine à comprendre comme ceux de disperser sur les cercueils du sable de Lettonie.

    folklore.jpg

    A la mort de sa grand-mère elle va tenter de refaire à l’envers le chemin de l’exil jusqu’à cette ferme familiale où durant la seconde guerre mondiale la famille s’est littéralement décomposée.

    Elle commence son travail de journaliste  en se rendant sur les lieux. Le lent travail de compréhension commence 
    « La porte de la petite maison s'ouvre et je vois ma grand-mère. Bien sûr, à ce moment-là, ma grand-mère, la femme qui m'a élevé, est morte depuis près de cinq ans. »

    C’est Ausma la soeur de sa grand-mère.

    ferme.jpg

    Et le fil de l’histoire familiale va se dévider. Livija et Ausma ont été séparées, Livija a fuit le conflit à l’entrée des troupes russes en Lettonie et est devenue une réfugiée tandis que son mari, le grand-père d’Inara a rejoint les rangs de la  Légion de Lettonie.
    Ainsi il a combattu pour l’Allemagne sur sa terre où presque tous les 70 000 Juifs de Lettonie ont été assassinés.

    Son grand-père a-t-il participé directement aux pogroms ?  Inara sait qu’il portait l’uniforme. Il a dû au minimum être témoin et voir ses voisins disparaître. 

    legion.jpg

    De l’autre côté de l’histoire familiale il y Ausma qui elle va suivre sa mère et son frère exilés en Sibérie par le régime stalinien.Les deux soeurs ne se sont pas revues durant plus de cinquante ans.

    enfants.jpg

    Enfants de déportés en Sibérie

    Aujourd’hui est-elle prête à raconter l’histoire du pays et de la famille, histoire marquée par le malheur, les migrations, les guerres, la culpabilité et la honte ? 

    C’est un beau témoignage de vies marquées par l’exil, le désir de survie et la résilience. 
    Un texte bouleversant, un pays où ces hommes et femmes étaient 
    « comme des poissons pris au piège sous la glace de la rivière en hiver » et tentent de tisser à nouveau des liens par delà les générations.

    Le livre va trouver place dans ma bibliothèque aux côtés de Purge, Ames Baltes de Jan Brokken et du livre de Sandra Kalniete.

    9782842307042-475x500-1.jpg

    Le livre : Mémoires des terres de sang - Inara Verzemnieks - Traduit par Alexandra Maillard - Editions Hoëbeke

     

  • Bribes d'enfance

    petite-enfance-visuel.jpg

    Bien souvent je revois sous mes paupières closes,

    La nuit, mon vieux Moulin bâti de briques roses,

    Les cours tout embaumés par la fleur du tilleul,

    Ce vieux pont de granit bâti par mon aïeul,

    Nos fontaines, les champs, les bois, les chères tombes,

    Le ciel de mon enfance où volent des colombes,

    Les larges tapis d’herbe où l’on m’a promené

    Tout petit, la maison riante où je suis né

    Et les chemins touffus, creusés comme des gorges,

    Qui mènent si gaiement vers ma belle Font-Georges,

    À qui mes souvenirs les plus doux sont liés.

    vieux moulin 2.jpg

    Lorsque ma soeur et moi, dans les forêts profondes,

    Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux,

    En nous baisant au front tu nous appelais fous,

    Après avoir maudit nos courses vagabondes.

    foret.jpg

    Puis, comme un vent d’été confond les fraîches ondes

    De deux petits ruisseaux sur un lit calme et doux,

    Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux,

    Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.

    gettyimages-1183096942-612x612.jpg

    Le doux parfum de l'enfance vu par Théodore de Banville ami de Baudelaire

     

     

     

  • Laisse aller ton serviteur - Simon Berger

    bach

    Imaginez Bach à 20 ans ! Oui je sais c’est un peu difficile. 

    Il est organiste à Arnstadt en Thuringe

    bach

    « Arnstadt une ville glaciale en hiver »

    Il est connu, respecté, obéissant. « Il jouait son rôle avec ferveur et discrétion »
    Le hasard le met en contact avec une partition de Dietrich Buxtehude, sept cantates, il savoure cette partition, elle l’exalte.
    L’urgence lui apparait de percer le mystère de cette partition, de rencontrer le créateur de cette oeuvre incroyable.

    bach

    Il obtient un congé de 4 semaines du Consistoire, congé qu’il va allonger à sa guise. 
    Il prend la route en plein hiver et va abattre les 400 km qui le séparent de Lübeck pour rencontrer le Maitre, la partition serrée contre son coeur.

    Son voyage est tout de solitude et de silence.
    Rien ne lui importe, le froid de gueux, les voleurs qui le détroussent au passage, il n’a en tête que le Maître Buxtehude et sa musique parce que la musique est tout :

    « On lit la musique comme on entre au couvent. On lit la musique pour entendre une autre voix que la sienne, plus profonde, plus sérieuse. Pour lire la musique, il faut être disponible à cette voix des profondeurs, à cet appel du silence, rugissant. »

    bach

    Les Orgues d'Arnstadt 

    On a envie de dire qu’il fait une fugue, mais bon je vous l’accorde c’est un rien facile.

    C’est plutôt un pèlerinage initiatique, sa foi en Dieu l’accompagne, celle que l’on va retrouver dans l’Oratorio, dans les Messes et les Cantates. Le récit est d’ailleurs émaillé de références bibliques.

    bach

    Statue de Bach à Arnstadt 

     

    Simon Berger nous fait vivre ce voyage :

    « Les haleurs passent devant Bach. Lui regarde, heureux d’être étranger à leur labeur, honteux de ne pas les aider. De la musique plein la tête, il est à peine gêné par leur chant. On entend que Dieu est ma tour, que Dieu est ma forteresse. On ne sait pas qui chante. On devine à peine que quelqu’un chante. Tout parle d’une voix qui se met à chanter, sans que l’on sache quand, exactement. Les arbres, les haleurs, le silence chantent. C’est la musique qui commence. Ce n’est pas qu’elle emplit tout, c’est que tout subitement la connaît. La musique est devenue la couleur du monde. »

    Est-ce ce voyage qui a transformé Johann Sebastian en Bach tout court ? 

    Un récit qui se déroule avec le temps de la musique pour le rythmer.
    D’ailleurs cela n’est peut-être jamais arrivé. Mais quelle importance ?
    On n’a l’impression de voir éclore le musicien, de le voir prendre son envol.

    La rencontre avec Buxtehude va avoir lieu,reflet de la rencontre de l’auteur avec Johann Sebastian Bach « cet homme qui tutoie Dieu avec sa musique. »

    Ce texte est un petit bijou, de ceux dont on regrette qu’il soit si court. Simon Berger est inspiré par Bach et nous sert un texte plein d’ardeur et de douceur mêlées, de musicalité.

    Retrouvez dans ce roman la complicité manifeste qui unit l’écrivain et le musicien.
    Il sait mettre en mots les bonheurs et la plénitude de la musique et vous n’aurez qu’une envie c’est d’accompagner cette lecture par une cantate, une fugue, là où va votre préférence.

    bach

    Photo © Editions Corti

    Un petit mot sur l’auteur car c’est un tout jeune homme qui étudie la philo à Normale Sup et c’est son premier roman. Chapeau bas !

    bach

    Le livre : Laisse aller ton serviteur - Simon Berger - Editions Corti