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A sauts et à gambades - Page 3

  • La Grenardière - Honoré de Balzac

    Il y a les études de moeurs, les romans à intrigues, les nouvelles au parfum de politique ou de fantastique et puis et puis il y a cette nouvelle que j’ai beaucoup aimé et qui a un petit parfum romantique. 

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    La Grenardière

    Le titre tout d’abord, il s’agit du nom d’une maison que Balzac occupa avec Laure de Berny, elle existe vraiment cette maison à Saint Cyr sur Loire. 

    Balzac y a placé une nouvelle mélodramatique. 

    Voyez plutôt :  Augusta Willemsens, comtesse de Brandon loue la Grenardière. Elle y vit seule avec ses deux enfants Louis-Gaston l’aîné et son frère Marie-Gaston.

    C’est une très belle femme, elle s’est retirée à la campagne peut-être pour échapper à quelqu’un, peut-être pour faire face à un destin tragique.

    On sent dès le début du récit que cette femme va vers une échéance inéluctable et qu’elle subit le sort des femmes abandonnées.

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    « Il n’existe nulle part au monde ce parfum, cette paix, cette douceur, ces superbes points de vue plongeant au plus loin du regard tant la lumière y est transparente. »

     

    Pourtant tout pourrait être idyllique, la maison d’abord, havre de paix avec un jardin qui en fait un petit éden. 

    « Elle est, au cœur de la Touraine, une petite Touraine où toutes les fleurs, tous les fruits, toutes les beautés de ce pays sont complètement représentées. »

    Mme Willemsens vit sans attirer l’attention

    « La maison fut meublée très simplement, mais avec goût ; il n’y eut rien d’inutile, ni rien qui sentit le luxe »

    Sa seule exigence est pour ses enfants et leur éducation. Elle impose une vraie discipline d’apprentissage que les enfants acceptent facilement. Elle veut les protéger et les préparer à une vie qui ne sera pas facile.

    « Ils baignaient dans une vie d’ordre régulière et simple qui convient à l’éducation des enfants. » 

     

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    la version aquarelle

    Comme d’habitude je m’arrête pour ne pas vous priver du plaisir de voir vivre cette famille. 

    Balzac a très bien rendu tout ce qui tourne autour de l’éducation des enfants, et lui qui n’a jamais connu l’amour d’une mère, sait nous faire vibrer avec cette femme qui ne peut compter que sur elle même pour mener ses enfants jusqu’à la vie d’adulte. Rousseau n'est jamais loin.

    Balzac est tout à fait lyrique lorsqu’il nous peint la Touraine qu’il aime tant.

    Il y a de la fraîcheur et de l’émotion dans cette nouvelle,Balzac regarde la femme avec compassion et la mère avec indulgence.

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    Le livre : La Grenardière - Honoré de Balzac - Edition numérique Arvensa

  • fleur de saison

    morency

    « Chandelle du curé, soleil, fleur du tonnerre, minou, mimi voyageur, doudou, soufflet, souffle de la vierge, ventoux, vol au vent, voyageur et voyageuse, bonne nouvelle, fleur horloge » 

    « Voilà autant de noms colorés que le peuple s’est donnés, dans les pays de langue française, pour nommer la fleur du pissenlit quand les fruits mûrs forment la célèbre boule d’aigrettes soyeuses. »

    morency

     

    Le livre : L’oeil américain - Pierre Morency - Editions Boréal 

     

  • Volia Volnaïa - Victor Remizov

    A la rentrée je me suis régalée avec le roman d’Andreï Makine, c’était malgré de dures péripéties, un roman chaleureux avec un arrière fond d’espérance. Avec Remizov vous pouvez ranger toute espérance au placard. 

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    Cabanes dans l'immensité Russe

    La nature sauvage des fins fonds de la Russie est la toile de fond de ce récit, la taïga, la forêt habitée par les ours, elle est habitée cette nature par des hommes et des femmes qui lui sont pour certains viscéralement attachés. Bon on est pas dans la nature genre petits oiseaux et petites fleurs, non là c’est la pêche au saumon pour les oeufs, c’est  la chasse à la zibeline seul moyen de gagner décemment sa vie, ajouter par là-dessus des litres et des litres de vodka et vous aurez l’ambiance.

     

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    « Dans la taïga court la libre zibeline. On la chasse, pour sa fourrure, pour l’argent qu’on en retire. On lui tend des pièges. Et tandis qu'il en suit la trace à travers la sauvage taïga, le fusil à l'épaule, l’homme ne cesse de crier sa puissance et sa liberté »

    Pour gagner péniblement sa vie tout le monde se livre au marché noir, le trafic organisé avec la complaisance des autorités. Qui rêve d’une datcha au bord de la mer noire, qui espère remplir son congélateur d’oeufs précieux. Et il y a de quoi trafiquer car le terrain est vaste, chacun a sa cabane de chasse où il oublie les contraintes, les règles et se gave de solitude. 

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    L'ïle de Rybatchi

    Oui mais voilà un jour un accident, trois fois rien, va mettre le feu aux poudres à cette presqu’île de Rybatchi. La police locale va se mettre à jouer sérieusement, les petits dicateurs locaux se prennent au jeu et d’un seul coup s’organise une chasse à l’homme.

    Stepane Kobiakov, chasseur redouté ridiculise la milice locale qui va alors se déchainer, on fait appel à un corps d’élite et les choses se gâtent. En arrière fond sonore si vous tendez l’oreille vous entendrez le chant des partisans : Volia Volnaïa.

    Un roman où le dépaysement est garanti, où vous vous direz « ben elle est vraiment pourrie la Russie de Poutine », lâcheté et courage mais aussi corruption et brigandage sont au programme.
    J’ai aimé les personnages : Oncle Sacha, Stepane mais surtout Balabane capable de fredonner le Requiem de Mozart lui dont la « voix s’épanouissait, l’immensité de la vie se déployait devant ses auditeurs » 

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    « Sa force et sa magie ne tiennent pas à la présence d'arbres gigantesques ni à la profondeur de son silence sépulcral, mais au fait que seuls les oiseaux migrateurs en connaissent les limites. » Anton Tchekhov 

     

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    Le livre : Volia Volnaïa - Victor Remizov - Traduit par Luba Jurgenson - Editions Belfond

     

  • Forêt à perte de vue

    Et si nous restions encore un peu dans la forêt ? Mais une forêt plus lointaine, plus sauvage, voilà ce qu’en disait Tchékhov

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    « Sa force et sa magie ne tiennent pas à la présence d'arbres gigantesques ni à la profondeur de son silence sépulcral, mais au fait que seuls les oiseaux migrateurs en connaissent les limites. » 

     En route pour la Taïga où ce n’est pas encore le printemps c'est ici dès demain

  • La vie secrète des arbres - Peter Wohlleben

    « Suivez-moi, partageons ensemble le bonheur que les arbres peuvent nous donner. Qui sait, lors d’une prochaine promenade en forêt, peut-être découvrirez vous à votre tour quelque petit ou grand miracle. »

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    Suivez le guide

    C’est l’invitation que fait Peter Wohlleben dans les premières pages de son livre, je l’ai pris au mot et je l’ai suivi.

    J’ai découvert grâce à lui l’organisation d’une forêt, pas celle voulue par l’ONF, non celle que les arbres eux-mêmes créent, suivent, préparent pour grandir, pour se reproduire, pour se protéger, pour être dans le livre des records par la taille, pour maintenir des relations de bon voisinage. 

    J’avais lu avec plaisir et étonnement Une année dans la vie d’une forêt  ici l’auteur qui est un forestier se concentre sur les arbres qui agissent de façon concertée, je suis certaine qu’après ce livre vous ne regarderez plus les arbres de la même façon. 

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    C’est le livre d’un raconteur d’histoires comme je les aime, il nous dit que les arbres peuvent nous donner des leçons en terme de communication réussie, et dieu sait si en ce moment la communication va bon train, et bien imaginez un réseau de filaments au tissage complexe qui a un petit air de web je dois le dire et qui permet aux arbres d’échanger des infos météo, d’alerter sur des attaques de parasites bref de vivre ensemble. Des envois de signaux d’alerte en somme.

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    la forêt de Peter Wolhleben 

    Savez-vous comment fait un arbre pour protéger ses rejetons ? Saviez-vous les arbres capables de produire leur propre anti-parasite et parfois sous forme de gaz, un arbre en difficulté voit ses congénères lui apporter le minimum vital par le réseau des racines. 

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    « Pour se débarrasser de ses prédateurs, les acacias augmentent en quelques minutes la teneur en substances toxiques de leurs feuilles. Les mêmes acacias émettent aussi un gaz avertisseur -de l’éthylène- pour informer les arbres voisins d’une agression imminente ». 

    Les arbres ont ceci de commun avec nous, ils ont besoin de l’autre pour grandir, pour survivre, ils peuvent faire preuve de solidarité, jolie leçon non ?

    Ce sont des experts climatiques et météorologiques qui se protègent des journées trop chaudes, des nuits trop froides et ça sans cartes ni satellite météo. Vous apprendrez que les arbres savent compter ! si je vous assure ou comment ils se protègent du poids de la neige avec astuce.

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    J’ai aimé infiniment ces explications tout à fait scientifiques mais teintées de passion, j’ai aimé les titres des chapitres qui parlent d’eux-mêmes : Echange de bons procédés, éloge de la lenteur, le temps des amours ou irriguer le monde.

    J’ai aimé suive la vie d’un arbre de ses graines à son houppier et si vous trouvez là un rien d’anthropomorphisme et bien Peter Wohlleben assume, ne dit-il pas

    « Quand on sait qu’un arbre est sensible à la douleur et a une mémoire, que des parents-arbres vivent avec leurs enfants, on ne peut plus les abattre sans réfléchir, ni ravager leur environnement en lançant des bulldozers à l’assaut des sous-bois »

     

    Vous avez deviné que j’ai aimé ce livre qui va trouver sa place à côté de celui de David Haskell tout près de la libellule d’Alain Cugno.

    L’avis de Patrice qui vous apportera des détails techniques que je n’ai pas répétés dans mon billet 

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     Le livre : La Vie secrète des arbres - Peter Wohlleben - Traduit par Corinne Tresca - Editions Les Arènes

  • La météo se joue de nous

    La météo se joue de nous en ce moment, mais où est passé le printemps ? 

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    © ivre de livres

    «  Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais deux huppes amoureuses, deux levrauts dans un buisson, une bergeronnette qui court sur la route, deux écureuils qui grimpent aux branches d’un sapin, le font assurément.

    Si, par ailleurs,  on remarque un frelon bruyant, un papillon appelé aria, un ver de terre, si on entend chanter un chardonneret, c’est bien le printemps même si le lendemain il neige. »

     

    Le Livre : Les Saisons - Mario Rigoni Stern - Traduction Marie Hélène Angélini - Editions La Fosse aux ours