
Je suis depuis toujours fan de littérature étrangère si vous tapotez sur les livres du blog vous pourrez le constater.
Par contre j’ai eu parfois des agacements ou des découragements quant à la traduction de certains livres.
Je ne jette pas la pierre aux traductrices et traducteurs c’est vraiment selon les auteurs une tâche hyper difficile.

Les spécialistes de la traduction estiment qu’un texte doit suivre l’évolution de la langue et pour ne pas vieillir trop, pour ne pas perdre en acuité demande à être retraduit une ou deux fois par …siècle.

Il y a un autre avantage aux retraductions. Savez-vous que Kafka en son temps fut vraiment malmené, traductions approximatives, erreurs importantes. Une mauvaise compréhension en résulte et dénature parfois le sens.

Enfin il y a parfois un avantage auquel on ne pense pas immédiatement, lors d’une première parution dans les pays totalitaires il n’est pas rare que la censure modifie à l’envi le texte, saute les passages gênants, ajoute ou supprime des phrases entières.
La retraduction restaure un texte fidèle et non tronqué.

Un exemple de livre malmené par la censure
Enfin dernière mode : retraduire pour effacer les à priori, les fautes qui aujourd’hui heurtent certains lecteurs, certains mots sont éliminés, les travers de l’auteur sont gommés, mais est-ce bien de la retraduction ou tout simplement de la manipulation de lecteurs pour non pas respecter l’éthique mais surtout pour remplir les caisses de l’éditeur.
Si le sujet vous intéresse je vous invite à lire et/ou écouter Laure Murat qui s’est emparé avec bonheur du sujet.

Lisez Toutes les époques sont dégeulasses chez Verdier ou écoutez là dans le Book Club de France Culture
Et si vous pensez que les retraductions sont rares voici une liste des dernières en date qui ont trouvé place dans ma bibliothèque :

Dix petits nègres d’Agatha Christie
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Le Docteur Jivago de Boris Pasternak

Les Buddenbrook de Thomas Mann

Le Bruit et la fureur de William Faulkner

Et dernier en date dans ma bibliothèque : Les frères Karamazov de F Dostoïevski chez Zulma avec une magnifique traduction de Sophie Benech


