Si vous venez régulièrement sur ce blog vous connaissez l’auteur.
J’aime les sujets de ses romans, j’aime son écriture même quand elle est un rien difficile.
Je ne l’avais pas lu depuis ses romans sur Jeanne d’Arc j’étais heureuse de le retrouver.
On fait un bond en arrière car nous voilà au temps des premiers hommes. Enfin pas tout à fait les premiers, le feu est déjà là, l’agriculture commence, les voyages se développent.

Faisons connaissance avec deux protagonistes dont nous ne connaitrons jamais le nom.
Il y a une vieille chamane et celui dont elle doit faire son successeur. Il sera son disciple il doit être formé.

Au fil des pages se fait l’initiation du jeune homme, il apprend à respecter la nature, à desceller les signes annonciateurs de nourriture ou de danger, ceux indiquant la présence d’autres hommes.
Sa charge sera lourde « Je ne devrais pas à l'avenir uniquement me préoccuper de la santé des gens, mais aussi de tout ce qui existe et nous entoure, en particulier de ces animaux qui depuis des temps immémoriaux assurent la survie de notre peuple, et avec qui, désormais, nous sommes pour ainsi dire en parenté. »
La vieille chamane lui confie une mission tu dois « caresser le monde ».
« Et je sentis alors monter dans mon cœur et dans tout mon corps, et bien sûr dans mon esprit, une grande allégresse. »
Ils entreprennent un long voyage. Lui découvre la mer, il développe son rôle protecteur en construisant un radeau, un abri où trouve refuge une enfant prise son aile, Nuage une enfant silencieuse. Le duo devient trio.

La vie sauvage n’est jamais loin « Les loups se déployèrent en un cercle presque parfait et entamèrent en jappant une ronde autour d'elle »
La prêtresse va passer le flambeau à celui qui n’a pas de nom.

J’aime l’écriture de Marc Graciano, des chapitres courts, le choix des mots et la poésie qui passe par là.
« Le matin, au jusant, dans une lumière blême, avant que l'astre radieux ait réapparu par-dessus la pinède qui s'étendait derrière le cordon dunaire, et que ses rayons soient passés par-dessus la dune pour éclairer les flots, mais alors, à la différence du couchant, d'une lumière rose plutôt que rouge, Grande-Rivière, qui se retirait, laissait derrière elle une surface plate de sable humide et frais. »
Des répétitions nous disent l’apprentissage avec une cadence pleine d’énergie.
La langue est parfois émaillée de tournures rares et parfois très anciennes.
J’ai pris un grand plaisir à cette lecture.

Le livre : Celle-qui-sait-les-herbes – Marc Graciano – Editions du Tripode
