
Petit roman ou grande nouvelle, ce récit est celui par lequel l’auteur s’est fait connaître en France.
C’est Manou qui m’a donné envie de lire ce roman dont Aragon disait que c’était la plus belle histoire d’amour qui soit. Avec un laisser passer comme celui-là le succès est assuré.

Rendez-vous au Kirghizistan en temps de guerre.
Voilà le village,l'aïl, entre la Chine et le Tadjikistan.
Ce que j’ai le plus aimé dans ce roman et bien ce n’est pas le lien qui unit Djamilia et Daniiar , les amoureux non c’est le pays où ils vivent, la steppe qu’ils traversent, la nature qui les entoure et qui momentanément peut leur faire oublier la guerre et ses dangers.

Le film tiré du livre
On y entend la voix des vieux restés au pays, des jeunes partis loin de leurs champs de leur ferme.
Djamilia est mariée et son époux Sadyk est au front. Elle prend sa place dans le transport des denrées qu’ils doivent envoyer au front et Daniiar le frère de son mari va l’accompagner dans cette mission épuisante et dangereuse.
Daniiar est fier, blessé au début du conflit, c’est un taiseux, il porte un regard aigu sur toutes choses, derrière ce vernis un peu hautain il cache orgueil, fierté et sens du devoir.
Profitons-en pour jeter un petit coup d’œil sur la steppe, sur la nature qui tressaille.
Tout cela donne à Daniiar l’envie de chanter.
Les chants qu’il entonne font vibrer les cœurs, à travers eux c’est la vie nomade qu’il se rappelle, l’exaltation transmises par les ancêtres, le bonheur de suivre les chemins, de s’inventer un ailleurs.

Dans ce pays de traditions, l'intrigue amoureuse n'arrive pas d'emblée et prend du temps à s'installer.
Djamilia est une femme fière et forte, pleine d’énergie, qui sait se faire obéir. Son grand-père lui a appris à conduire les troupeaux de chevaux sauvages, elle excelle, Djamilia est belle avec ses nattes, sa peau burinée par le vent et le soleil quand Djamilia sourit elle dit tout de son ardeur, de sa joie de vivre.
Djamilia est seule et petit à petit le nouveau venu s’impose à elle.
L’auteur avec beaucoup d’astuce nous raconte cet amour débutant par l’intermédiaire du frère Seït qui veille sur Djamilia sa Djéné ( sa belle sœur).

Le frère observe tout mais ne comprend pas immédiatement ce qui se passe. N’oublions pas qu’on est en pays musulman et le divorce est totalement tabou. Djamilia va se révéler et Seït va lui aussi suivre une voie que l’on n’attendait pas en se tournant vers le dessin et la peinture, le couple amoureux vivra-t-il à travers l’art de Seït.
J’ai beaucoup aimé la langue de Tchinguiz Aïtmatov, les tournures de phrases parfois surprenantes, ses descriptions de la rudesse des hommes et femmes, de la dureté du pays.

Le Livre : Djamilia - Tchinguiz Aïtmatov – Éditions Folio