14.02.2011

Je suis bien d'accord avec vous !

Je garde le cap.................

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Ce que j’aime retrouver dans vos blogs ce sont des livres que je n’ai pas lus, des découvertes que j’ai ratées, ce que je n’aime pas ce sont des billets redondants jusqu’à l’écoeurement et à la perte d’envie de lire un livre.
Alors il me faut être un peu cohérente avec mes impressions et donc de temps en temps je ferai un billet Je suis bien d’accord avec vous  où je ne rajouterai rien à ce que vous avez déjà très bien dit, juste quelques mots pour confirmer et faire écho à vos chroniques.

heures.gifC’est parti avec les éditions Autrement qui souvent dénichent des petits trésors
Les heures silencieuses c’est grâce à  La marche aux pages que j’ai lu ce livre. J’aime les livres qui parle de tableaux et la peinture flammande est celle que je vais voir quand je suis au Louvre alors ...
J’ai aimé ce récit bref, tout en finesse où la peinture n’est qu’un prétexte pour parler de soi, délicat, habile, une jolie évocation à la fois d’une période où les navires partaient pour des horizons lointains et où dans le même temps les femmes ne pouvaient pas encore imposer leur présence et leurs dons. 
Lisez aussi le billet de  Chaplum qui aime et ne regrette que la brièveté du roman

 

signal.gifDeuxième choix (après mon ras le bol absolu de Sukkwan Island) j’ai craqué pour : Le Signal de Ron Carlson
Si j’ai aimé ? ben oui évidemment, dès qu’il s’agit de grands espaces je craque, là où je suis moins convaincue c’est sur le scénario policier, comme vous d’une certaine façon, Keisha dit « Les amateurs de thrillers purs et durs risquent d'être surpris »  ben oui c’est plutôt pour amateurs de Nature Writing.
Je me suis bien fait plaisir dans ces endroits où je n'irais jamais! dit Nathalie,  on n'en sort pas avant la dernière page dit Cuné
Un très bon cru pour les amateurs du genre dit Aifelle et elle a bien raison


05.01.2011

Les Ambassadeurs - Henry James

Je vous propose un retour aux classiques

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L’occasion d’une nouvelle et magnifique traduction de jean Pavans, d’une belle édition, le tout associé à quelques jours de vacances et voilà l’occasion de savourer un des grands romans, avec La Coupe d’or et Les Ailes de la Colombre, d' Henry James  qu'il considérait comme son meilleur roman.

La trame du roman
Lewis Lambert Strether est un américain de cinquante cinq ans, issu de la meilleure société de Woollett petite ville de la côte est. Il vient en Europe à la demande expresse de Mme Newsome, une riche veuve, pour ramener à bon port Chadwick, son fils promis à un brillant avenir et à une non moins éclatante fortune, qui s’est laissé séduire par Paris et une femme qui ne peut être qu’une redoutable intrigante et  une vile corruptrice.
Strether compte pour parvenir à son but sur l’aide de son ami Waymarsh et de Maria Gostrey une américaine vivant en Europe et connaissant parfaitement la société et les moeurs parisiennes.
Lambert Strether tient beaucoup à la réussite de sa mission car à son retour, si le voyage est couronné de succès, il épousera Mme Newsome
Il parvient après bien des atermoiements à faire la connaissance de Madame de Vionnet, qui se révèle être bien différente du portrait qu’il avait imaginé. Ses rapports écrits prennent chaque soir le chemin de Woollett, ses propos volontairement rassurants " on avait imaginé des horreurs "  finalement ce n’est pas une mauvaise femme ! ses propos finissent par intriguer puis par contrarier fortement Mme Newsome et c’est bientôt un deuxième  train d’ambassadeurs qui prend le chemin de Paris pour rétablir la situation.

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Le Paris d'Henry James - Camille Pissaro - L'avenue de l'Opéra


Les personnages
Lambert Strether, directeur de revue littéraire à Woollett, revue qu’il signe mais dont Mme Newsome tient les finances bien serrées.
Il n’a vécu que pour son devoir, ne s’est jamais laissé emporté par ses sentiments, un homme raisonnable en tous points.
Maria Gostrey est d’une fine intelligence, un peu rouée et sachant écouter comme personne, elle se qualifie " d’agent de rapatriement " Mais elle n’est pas dénuée de charme et même de sensualité lorsqu’elle  reçoit Strether autour d’ " une petit table où les bougies allumées projetaient des ombres rosées "
Chadwick est un jeune homme " brun, massif et vigoureux" plein de charme, de prévenance et de distinction et prêt, on en jurerait, à obéir en tout à Strether.  Il va suffire à se dernier de parler d’une voix ferme pour que tout rentre dans l’ordre. Mais il se révèle avoir " le comportement, l’allure et les propos d’un homme assez pesamment, peut-être même un peu sombrement, mais néanmoins fondamentalement et confortablement libre". Ce qui ne fait pas l'affaire de Lambert Strether
Enfin, enfin il y a Mme de Vionnet , la femme, qui donne " une impression de légèreté de de transparence "  qui est "extrêmement blonde"  merveilleusement aimable "magnifique — Strether fit une pause —  le mari est mort ?  — Mon Dieu non ! Vivant "  Tout est dit !.

Paris est le dernier personnage du roman, Strether est conquis " Il descendit au soleil la rue de la Paix et, traversant les Tuileries et la Seine, il s’accorda plus d’une fois — comme avec une soudaine détermination — un arrêt devant les bouquinistes de l’autre rive."
Il est littéralement absorbé par Paris, pour la première fois il vit "Dans les jardins du Luxembourg, il s’arrêta ; là du moins il trouva son recoin, et là, sur une chaise de louage en face de quoi les terrasses, les allées, les fontaines, les trouées, les petits arbustes en pots verts, les petites femmes en bonnets blancs et les petites filles piailleuses composaient un tableau ensoleillé, il passa une heure durant laquelle la coupe de ses impressions sembla vraiment déborder."
Il va même (magnifique chapitre XII) s’aventurer hors de Paris, au bord de l’eau, dans une guinguette qui pourrait appartenir à un tableau de Monet, de Pissaro ou de Renoir. A nouveau il va jouir d’un bien être inconnu jusqu’alors "La confiance qui s’était établie en lui s’intensifia avec le clapotis de l’eau, les reflets en surface, le bruissement des roseaux sur l’autre rive, la petite fraîcheur diffuse et le léger balencement des deux barques arrimées à un embarcadère sommaire tout proche."

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Claude Monet - La Grenouillère

L’art d’Henry James est totalement envoûtant, la finesse des portraits psychologiques, le choix du monologue,  l’ambiguïté qu’il entretient tout au long du roman, la sensation permanente pour le lecteur d’être proche de comprendre les sentiments, les émotions des personnages.
L’opposition entre le monde neuf de l’Amérique et la civilisation policée de la vieille Europe est superbement rendue, James parle à propos de l’expérience de son héros de " profond chaos émotionnel " provoqué par le séjour parisien. Paris est une révélation pour Strether, à l’égal de James lui-même, son trouble intérieur va le faire basculer du côté de Chadwick, de Mme de Vionnet, de Paris.

La lecture n’est pas toujours aisée, Henry James aime les phrases à tiroirs, les contournements, les expressions précieuses. Il faut apprivoiser cette langue et ne pas se presser. James aime les évocations plutôt que les dévoilements, il aime laisser le lecteur dans l’incertitude. A travers le personnage de Strether le lecteur mesure à quel point sa perspicacité est prise en défaut. Avec quel art l'auteur parvient à laisser entendre le changement de point de vue du héros, arrivé pour "pourfendre" le vice et qui se rallie au " Carpe Diem" des anciens. Une belle et exigeante lecture.

Faites une place à ce livre dans votre bibliothèque


Le Livre : Les ambassadeurs - Henry James - Traduction et préface de Jean Pavans - Editions Le Bruit du temps- 2010
En fin de volume : Notes préparatoires de Henry James et préface de celui-ci à l’édition de 1909.

 



18.12.2010

Cadeau pour amateur de courts récits

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Pour lecteur qui refuse de lire des pavés, qui préfèrent le court, le vite lu MAIS qui aime les récits sensibles.
Je vous propose un mixte : Livre et CD, avec deux récits qui sont un peu de la même famille, plus versant humour  pour l’un, versant doux souvenirs pour l’autre.............

canadeche.gifL’oiseau canadèche - Jim Dodge - Editions Cambourakis
Livre léger et court mais oh combien attachant, Jim Dodge c’est un nom qui ne dit rien et je ne l’aurais jamais lu sans le billet de Claude.
Faites connaissance avec un trio improbable et hilarant :
Titou, de son vrai nom Jonathan Adler Makhurst II, confié à son grand-père après la disparition de ses parents, Jake le grand-père littéralement confit dans l’alcool, et Canadèche un volatil obèse.
Pépé se serait bien passé d’un petit-fils, son activité de bouilleur de cru lui suffit, d’autant qu’il détient une recette de Whisky qui lui permet de rêver à l’immortalité. Titou en grandissant va devenir lui aussi spécialiste mais d’un tout autre genre, lui ce sont les clôtures, faire des trous, y planter des piquets, voilà sa passion. Grâce à lui le ranch peut résister à n’importe quel assaut.
Et Canadèche me direz-vous, là je vous laisse découvrir ses nombreux dons mais sachez que cela a à voir avec les échecs et les sports de combat.
Ah j’allais oublier il y a encore un personnage dans l’histoire : Cloué-Legroin  mais là je n’en dirais rien sachez seulement que c’est un méchant, très très méchant et l’ennemi juré du trio.
Du burlesque, du loufoque, du déjanté, en quelques 100 pages on s’offre une lecture très très réjouissante que vous pouvez en ces temps de fête accompagner d’un petit verre de quelques chose c'est Jake qui vous l'offre.


eteindien.jpgL’été indien - Truman Capote - Editions Frémeaux et associés
Encore une histoire de grand-père, nous sommes en Virginie, c’est l’automne avec toutes ses couleurs « les feuilles d’un vert sans éclat se mettaient à flamber dans des tons orangés, rouges, jaunes et cramoisis ».
Bobby doit quitter tout cela, il doit déménager, il va habiter la ville et ainsi s’éloigner des ses grand-parents. C’est une vraie déchirure pour le petit garçon qui à un profond attachement pour son grand-père.
C’est une nouvelle courte, avec un sujet simple mais traitée avec un grande délicatesse. Le monde bénit de l’enfance et ses blessures secrètes, les fils qui relient les êtres et qui peuvent être si facilement rompus, tout cela est rendu avec beaucoup de justesse.
C’est une nouvelle pleine de charme et de nostalgie à laquelle la voix chaude de Jean Claude Rey apporte toute la tendresse nécessaire.

Deux plaisirs différents, deux cadeaux pour faire deux heureux ou un seul mais doublement comblé !

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21.10.2010

Damnés Français - Mark Twain

damnésfrancais.gifDamnés Français - Mark Twain - Traduit par Frédéric Chaleil - Editions de Paris Max Chaleil
Si vous êtes chauvin alors passé votre chemin car voilà un livre dans lequel notre orgueil en prend un rude coup.
Mark Twain ne nous aimait pas beaucoup mais faut-il le prendre au sérieux alors qu’il fit plusieurs séjours en France ? Il fit un grand tour d’Europe et résida quelques mois à Paris où il eu faim et froid " Paris la glaciale, Paris la pluvieuse, Paris la détestable " Et ben voilà c’est dit !
Sauf que ...l’humour vient tout sauver dans ce recueil d’articles variés rassemblant aussi bien des notes sur Paris, qu’un récit sur un séjour thermal à Aix les Bains.

Il nous accuse de tout " Le passe-temps des Français, depuis toujours, consiste à s’exterminer mutuellement par le fer et par le feu" il remonte carrément à la Saint-Barthélémy oubliant un peu vite que sa nation sort tout juste d’une guerre civile !  Matiné d’un humour féroce il nous compare aux Comanches et bien sûr ce n’est pas à notre avantage.
Dans un bref récit il raconte de façon savoureuse un duel qui eu réellement lieu entre Gambetta et un dénommé Fourtou avec Clémenceau comme témoin. Le duel se termine bien et " Les deux gladiateurs se tombèrent dans les bras, avec des torrents de larmes fières et heureuses "
Son voyage en France est une occasion pour moquer les Marseillais qui ne se lavent pas eux mêmes avec leur savon, qui se nourrissent de "Bouchées d’escargots " alors que lui " Préfère les sauterelles" .
Il fait une visite au Château d’If pour rire de nous à travers l'un des personnages de Dumas " C’est là que le courageux abbé a écrit un livre avec son propre sang, d’une plume faite d’un morceau de fer (...) Quel dommage que tant de semaines de travail fastidieux n’ait finalement servi à rien"
expo1889paris2.jpgDe temps à autre il laisse échapper un compliment " Quel pays envoûtant ! " mais il se reprend bien vite lorsqu’il fait le récit de sa visite à l’Exposition Universelle derrière un guide sans scrupules. Versailles l’impressionne mais ..." j’ai toujours pensé du mal des gens qui chez nous taillent leurs arbustes en pyramides, en cubes, en flèches et en toutes sortes de formes artificielles " Donc nos jardins à la Française vous devinez ce qu'il en pense.

Le coup de grâce est donné au parisien qui " voyage fort peu. Il ne connait d’autre langue que la sienne et ne lit pareillement aucune autre littérature; par conséquent il est assez étroit d’esprit et très suffisant "

Il termine son voyage par une cure thermale à Aix les Bains, est-ce le miracle de l’eau ? d’un seul coup Mark Twain exulte, parle d’un lieu enchanteur mais pour aussitôt se plaindre du nombre de clochers et horloges qui sonnent sans arrêt " Ainsi une horloge sonne les heures, puis elle recommence pour confirmation "
La cure au moins a-telle démontrée son efficacité ? Je vous laisse juge !
" J’étais venu ici vierge de toute maladie, mais trois semaines de bains avaient, fait sortir de moi tous les maux connus de la science médicale, ainsi que d’autres plus considérables entièrement nouveaux "

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Ce livre est une compilation de textes, d’articles disséminés et réunis ici. Un livre pour jours moroses et gris. Je me suis amusée à cette lecture, on retrouve tout l’humour de l’auteur qui fait ici preuve d’une mauvaise foi ...toute française.

 

26.09.2010

Un bol de nature

Quelques extraits de livres, de ceux que je ne prête pas, de ceux qui me sont précieux et que je peux ouvrir à n’importe quelle page et y trouver un grand plaisir de lecture. Des livres riches et magnifiques, poétiques et sensibles. Certains sont épuisés chez l'éditeur mais la persévérance fait des miracles.

Tout cela a commencé, voici quinze ans déjà, par un pique-nique à la pointe orientale de l’île d’Orléans, là où l’accès au fleuve est rendu hasardeux, en juillet par une immense batture chargée de joncs, de foin de mer et de riz sauvage. Le lieu où nous nous trouvions était paisible, préservé.(...) Dans l’après-midi, au cours d’une promenade au bord du fleuve, j’aperçus cachée dans les arbres et à demi enfouie sous les hautes herbes, une petite cabane rouge qui servait de camp de chasse. Je ne savais pas encore que cette maisonnette de bois rond allait devenir un des lieux importants de ma vie.
Pierre Morency - L’oeil américain - Boréal

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Une batture

Chaque année, après les tempêtes de neige du coeur de l’hiver, survient une nuit de dégel où le tintement de l’eau qui goutte traverse le pays, réveillant sur son passage les créatures assoupies pour la nuit et d’autres qui dormaient depuis le début de l’hiver. La mouffette roulée en boule au fond de sa tanière déplie ses membres et risque une sortie dans cet univers humide, en traînant son ventre dans la neige. La trace de la mouffette marque l’un des premiers événements repérables de ce cycle de fins et de commencements qu’on appelle une année
Aldo Leopold - Almanach d’un comté des sables

 

 

Dans l’herbe autour du chalet, les abeilles sont très occupées à butiner les pissenlits dorés, et ne prêtent aucune attentions aux houstonies et aux violettes. Les violettes pourpres, bleues et blanches, poussent à telle profusion que l’air est embaumé de leur parfum. La brise apporte l’odeur sucrée des fleurs de pruniers sauvages qui poussent dans les bois sur la colline. Les abeilles aiment les fleurs des pruniers sauvages et moi aussi.
Sue Hubbell - Une année à la campagne

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Tinker Creek

Il y a dans ce monde sept ou huit catégories de phénomènes qui valent la peine qu’on en parle, et l’une d’entre elles, c’est le temps qu’il fait. Si, d’aventure, l’envie vous prenait de sauter dans votre voiture, de traverser tout le pays, et de franchir les montagnes pour arriver dans notre vallée, et là, de traverser Tinker Creek, de monter la route qui mène à la maison, et si par hasard, vos pas vous faisaient traverser la cour, frapper à la porte et demander à entrer, et que, vous vous mettiez à parler du temps qu’il fait, alors, vous seriez le bienvenu.
Annie Dillard - Pèlerinage à Tinker Creek



22.09.2010

Walden - Henry Thoreau

walden.gifWalden - Henry D.Thoreau - Traduit par Brice Matthieussent - Editions Le Mot et le reste
Il est tout jauni, il craque, des pages risquent de s’envoler ...bref il est dans un état pitoyable, si je le feuillette mes annotations ponctuent les pages mais elles sont devenues illisibles, la traduction date de 1922 alors .....
Alors j’ai franchi le pas et j’ai profité d’une réédition qui rassemble le gratin : Jim Harrison en préfacier et Brice Matthieussent en traducteur, deux bonnes raisons de racheter  Walden et de reprendre un peu de Thoreau.
Diable d’homme et diable de livre car si on a le malheur de l’ouvrir, toc on est harponné pour un bon moment, comment résister à :
« je vivais seul au milieu des bois »

« Ce petit lac était un voisin précieux entre deux légères averses orageuses d’août quand, l’air et l’eau demeurant parfaitement immobiles, et le ciel couvert, le milieu d’après-midi avait toute la sérénité du soir et la grive des bois qui chantait à la cantonnade se faisait entendre d’une rive à l’autre »

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La cabane de Thoreau

« Quand un seul invité franchissait ma porte, il partageait parfois mon repas frugal, et notre conversation n’était guère interrompue par la préparation d’un pudding à la bouillie de maïs ou par l’observation d’une miche de pain en train de lever et de cuire parmi les cendres »

« Je me demande ce que fait le monde en ce moment. Voilà trois heures que je n’ai même pas entendu la moindre sauterelle dans les fougères. »

Dans sa préface Jim Harrison dit qu’il entretient de profondes affinités avec Thoreau et que cela remonte à l’enfance, lui même a possédé un chalet isolé mais que son amour pour Thoreau est lié au fait que c’est « Un étudiant assidu tant de la littérature que de la nature » et qu’il est dangereux pour l’esprit !
Il ajoute « Le XIX ème siècle nous a donné trois géants, Thoreau, Whitman et Melville »
Peut être êtes vous capables de résister à ça... moi pas du tout alors que vous invite à "sucer la moëlle de la vie"

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01.09.2010

Sanctuaires ardents - Katherine Mosby

sanctuaires ardents.gifSanctuaires ardents - Katherine Mosby - Traduit de l’américain par Cécile Arnaud - Editions Quai Voltaire
Dans une petite ville de Virginie, une ville du vieux Sud, celui de Scarlett, de Scout et Atticus, celui qui jouit de la plus grande considération c’est bien Willard Daniels, propriétaire des « Hauts » le plus beau domaine de Winsville.
Il revient là avec sa belle épouse, Vienna, belle et cultivée elle suscite beaucoup de curiosités et cancans. Excentrique, libre, farouchement attachée à son indépendance, la belle Vienna va de thé en cocktails se mettre toute la gente féminine à dos. Les hommes eux la croient simplement folle surtout quand il la voit promener son cheval en laisse et on disait même "qu'elle était socialiste, peut-être communiste, qu'elle aimait les Nègres et fumait des cigarettes" et puis n’a-t-elle pas fait fleurir une deuxième fois la glycine ?
Malgré la naissance de deux enfants, Willard Daniels un beau jour quitte Winsville pour ne plus revenir, Vienna va devoir faire face à l’éducation de Willa et Elliott.
Elliott petit lutin passionné par les oiseaux, Willa déjà libre et indocile comme sa mère. Plusieurs personnages vont venir prendre place autour d’eux, John Aimes le voisin, le médecin de famille capable aussi bien de vous accoucher que de soigner discrètement une blessure par balle, Gray l’étudiant de passage féru de latin, Vienna enfin qui vit au milieu des livres la tête parfois dans les étoiles.

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"Puis elle avait peint la grange en bleu. Elle était entrée à la quincaillerie Henshaw en demandant de la peintre couleur lapis-lazuli. Il avait fallu cinq questions et quatre personnes pour découvrir ce qu'était le lapis-lazuli — Tout ça pour une grange ! "

 

Un très beau portrait de femme qui fait des choix personnels et une belle évocation du sud encore tourmenté par la ségrégation et une morale qui craque aux coutures. Les descriptions d’une nature luxuriante, d’une ivresse permanente tant la vie peut être don et plénitude, sont superbes.
Les failles pourtant ont commencé, la volonté de Vienna d’afficher sa différence va avoir des conséquences.
Lisez ce livre, vous ne serez pas déçu, c’est le roman dans toute sa splendeur, du souffle, de la tendresse, de l’émotion, du suspense.
Si vous avez aimer Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ou l’héroïne du film Loin du paradis, lisez ce livre, vous ne serez pas déçu, c’est le roman dans toute sa splendeur, du souffle, de la tendresse, de l’émotion, du suspense.

katherinemosby.jpgL’auteur
Katherine Mosby enseigne à l'université de Columbia et collabore au New Yorker et à Vogue.
Poète, elle est l'auteur de quatre romans. Sous le charme de Lillian Dawes a figuré dans la sélection pour le National Book Award et pour le prix Pulitzer.  

26.12.2009

L'Art de voir les choses - John Burroughs

L’art de voir les choses - John Burroughs - Traduit de l’anglais par Joël Cornuault - Editions Fédérop
art de voir les choses.gifVoilà bien une lecture par ricochet, ayant lu récemment La maison en chantier, j’ai été intrigué par les passages faisant référence à un écrivain américain « à la Thoreau », écrivain dont je n’avais jamais entendu le nom.
Lorsque ces choses là me titillent je suis mon idée jusqu’au bout, après avoir tapoter sur le clavier, fais le tour de ce que je pouvais trouver en bibliothèque, je me suis résolue à commander ce livre.
Quel plaisir ! la couverture d’abord, superbe et empruntée à Audubon, c’est une petite anthologie de textes, choisis par le traducteur, précédés d’une présentation du traducteur très éclairante et suivie d’une biographie en fin de volume.
John Burroughs est décrit comme un " écrivain très populaire, personnage bonhomme et pittoresque" dont les livres se sont vendus à des millions d’exemplaires et qui était célèbre à l’égal de H D Thoreau et de John Muir.

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Le Bureau de John Burroughs dans sa maison des Catskill (photo Gurney journey)


Amoureux de la nature et de l’observation de celle-ci, il possède un oeil à mi chemin entre " l’oeil du savant et l’oeil du poète "
Il aime la vie simple " car c’est celle que j’ai vécu et je l’ai trouvé bonne. " dit-il. C’est un naturaliste précis et riche dans ses observations des oiseaux, des plantes, mais qui se passionne aussi pour la pêche à la truite ou le chant de la colompbe Il nous invite à être un observateur attentif qui " déchiffre les signes subtils du temps, les étoiles lui prédisent le lendemain, les nuages du soir et du matin sont des présages."
C’est un redoutable marcheur comme Thoreau, il nous convie à " en rabattre un peu avec notre fierté de citadin des grandes villes" et à prendre notre bâton de marche. Il a parcouru les Adirondacks, les forêts du Maine avant de poser sa maison dans les Catskill.

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Thomas Cole "View on the Catskil Early Autumn - The Metropolitan Museum of Art, New York


"Partir à pied sur la grand-route c’est prendre enfin un bon départ dans la vie » alors n’hésitez pas à le suivre car « le piéton se réjouit toujours, allant revigoré, renouvelé, le coeur dans la main et la main disponible"
A vous " les pommes sur le bord de la route, et les baies, et la source et l’abri accueillant" N’hésitez plus, mettez vos pas dans les pas de John Burroughs.
Vous avez compris que j’ai beaucoup aimé ce livre, j’ai parfois pensé à Jean Henri Fabre en le lisant, il va trouver place dans ma bibliothèque à côté de Walden et des Souvenirs entomologiques.

L’auteur
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John Burroughs est né en 1837, instituteur de campagne il abandonne l’enseignement en 1846 pour un emploi au ministère des finances, il rencontre Walt Whitman à qui il consacre son premier livre, en 1873 il fuit la ville, s’installe dans les Catskill. Ses écrits rencontrent immédiatement le succès, il voyage aux Etats Unis dans la dernière partie de sa vie. (source Joël Cornuault)

25.11.2009

Exit le fantôme - Philip Roth

Exit le fantôme - Philip Roth - Traduit de l’anglais par Marie-Claire Pasquier - Editions Gallimard
exitlefantome.gifUne boucle se ferme dans ce roman, pour les lecteurs de P Roth voici le temps d’une dernière danse avec Nathan Zuckerman l’alter ego fictionnel de Philip Roth.
Nathan Zuckerman, écrivain célèbre, vit à la campagne depuis des années, depuis en fait qu’il a reçu des menaces de mort, rien de tel pour vous faire aimer la solitude.
L’homme a vieilli, plutôt difficilement, il est atteint d’un cancer de la prostate et pour faire bonne mesure d’impuissance et d’incontinence, même sa mémoire fou le camp. C’est pour se soigner qu’il revient à New York alors que la campagne présidentielle bat son plein.
Décidé à échanger sa maison contre un appartement à NY, il fait la connaissance de Jamie jeune romancière dont il tombe amoureux fou comme seul peut l’être un homme au crépuscule de sa vie.
Pour faire plaisir à la jeune femme il rencontre un journaliste qui s’apprête à publier une biographie qui révèle des détails scabreux de la vie d’un écrivain que Nathan a bien connu : Lonoff
ll a été dans le passé un témoin privilégié de la vie  d’ Amy Bellette la maitresse de Lonoff. Aujourd’hui Lonoff est mort et Amy est atteinte d’une tumeur au cerveau. Zuckerman est révulsé par ce déballage, par les secrets sordides qui n’ajoutent ni ne retranchent rien au talent d’un homme et il va tenter de faire échouer le projet.
C’est une lutte contre la mort que mène Nathan Zuckerman en réalité, Lonoff lui a déjà perdu, Amy Bellette va lâcher la rampe, notre héros ne se résout pas à abdiquer. Il veut encore plaire, séduire une dernière fois même si ce n’est qu’en rêve.

Voilà posé l’histoire que nous raconte Philip Roth dans ce livre.
philiproth.jpgIl y règle par avance quelques comptes avec les soit disant biographes qui seraient tentés d’écrire sur lui. Son livre plein de colère contre la déchéance physique, plein de rage contre la perte du désir, nous montre un homme qui doit faire le deuil de sa puissance aussi bien physique que créatrice. Le combat de Zuckerman est le sien. 
Parcouru par une ironie noire, ce livre testament est le salut d’un artiste à son public avant que le rideau ne tombe,  une dernière parade brillante et désespérée pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.

Un billet très positif sur Les routes de l'imaginaire

L'avis de nos cousins du Québec dans Voir
" La conclusion exceptionnelle de l'un des cycles romanesques marquants de l'histoire littéraire américaine"

Une interview de l'écrivain sur Télérama