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Les grands classiques - Page 4

  • Bibliothèque idéale du naufragé

    Difficile de reprendre le cours d'un blog après des événements aussi terribles. Ayant participé samedi à un club de lecture j'ai ressenti que partager autour des livres a été salutaire pour tout le groupe alors je vous propose de continuer ici.

     

    Un grand classique « quels sont les trois livres que vous emporteriez sur une île déserte ? »

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    Voilà à force de pagayer avec Françoise Xenakis c’est le naufrage et vous voilà seul au monde. 
    Prévoyant vous avez emporté quelques provisions et je ne parle pas là de nourriture terrestre ! 
    Mais peut être n’avez-vous pas encore mis les pieds sur le bateau et le choix est alors grand : qu’allez-vous emporter ?

     

    François Armanet au fil des années a posé la question à 200 écrivains de tous horizons, il en profite évidement pour nous dresser une liste idéale ou presque.

    Certains choix sont parfaitement attendus, d’autres sont ....bizarres bizarres, et puis il y a l’inévitable Houellebecq qui se refuse à l’exercice sans doute trop simpliste pour ce grand penseur .......

    Vous allez croiser sur votre île des noms attendus « dans l’archipel des recommandations, les maîtres se font la courte échelle : de Shakespeare à Stendhal, de Cervantès à Flaubert, de stendhal à Nietzsche »

     

    Il y ceux qui m’ont donné des idées :  Ludmila Oulitskaïa emporte trois livres dans trois langues qu’elle ne connait pas, bien sûr elle ajoute les dicos ! Ce serait parfait pour moi qui rêve d’apprendre ...euh le russe, le latin, et l’hébreu

    Il y a ceux qui se focalisent sur un auteur : Henry James pour Colm Toibin, remarquez il sait de quoi il parle il a écrit une bio de James 

    Il y a ceux qui choisissent une langue : le chinois et hop emportent Zuang Zi , Lao Tseu et autres taoïstes

    Il y a ceux qui sont d’une belle fidélité : Robert Littell emporterait ...le livre de son fiston 

    Il y a ceux qui vont relire et ceux qui veulent en profiter pour découvrir

    Il y a les fous de pêche qui se tourne vers Moby Dick, les amoureux de Londres qui lorgnent vers Dickens.

    Il y a les malades de théâtre et du grand Will et les fous de religion qui emportent la Bible 

    J’ai un faible pour tous ceux qui ont ajouté de la poésie mais quel dilemme pour faire un choix, ou alors il faut que j’imprime mon anthologie personnelle qui est sur mon ordi : des pages et des pages.

     

    Bref un petit livre délicieux, amusant, inspirant. 

    Pour les très très curieux j’ai fait le classement des cinq livres les plus souvent cités mais je ne livre rien ici, non n’insistez pas même sous la torture je ne parlerai pas mais si vous m’envoyez un mail là je ferai un effort.

    Mais vous pouvez poser vos propositions ici, je les attends 

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    Le livre : Bibliothèque idéale du naufragé - François Armanet - Editions Flammarion

  • Le Moujik Mareï - Fedor Dostoïevski

    Il était temps de renouveler un peu ma bibliothèque russe, constituée par des livres de poche essentiellement et un rien de pléiade. Les poches tombaient en loques alors...

     

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    J’ai choisi pour Dostoïevski les thésaurus publiés par Actes Sud, il manque encore un ou deux volumes à l’appel mais on a déjà le principal.

    Un inconvénient ? oui oui : gros et lourds et mous ....on ne peut pas tout avoir, j’ai privilégié la qualité de la traduction.

     

    Cela a été l’occasion de lire des nouvelles publiées par Dostoïevki dans les journaux et qui ont été ajoutées à ses grands romans.

    D’habitude les nouvelles m’agacent mais je dois dire que j’ai pris à ces deux là un grand plaisir 

     

    Le Garçon à la menotte a été publiée dans le « journal d’un écrivain » et André Markowicz a fait le choix de l’ajouter aux romans publiés entre 1875 et 1880.

     

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    l’expression « à la menotte » signifie qui tend la main, qui mendie.

    Voilà une version noire de « la petite marchande d’alumettes », une histoire qui, même si l’on sait que Dostoïevski avait un penchant pour les larmes, nous touche au plus profond. 

    Un enfant de 5 ou 6 ans contraint de faire la manche, il est maigre, il est à peine vêtu alors que l’hiver est là, il voit des lumières, des dorures, il entend de la musique, aperçoit même de la nourriture, c'est noël....mais rêve ou réalité ? Ses doigts ne peuvent plus guère remuer tant le froid est intense, il se recroqueville tel un tas de chiffon et entend près de lui la voix de sa mère. 

     

    Dostoïevski le dit, c’est une histoire inventée par un écrivain mais tellement réelle et franchement l'on est fortement ému par le récit.

     

    La seconde nouvelle piochée dans ce thésaurus c’est l’histoire du Moujik Mareï. Parue de la même façon que la nouvelle précédente dans « Le journal d’un écrivain » et publiée en 1876.

    C’est un jeu de poupées russes cette nouvelle. l'auteur se souvient du bagne et du souvenir qui au bagne l’a assailli un jour de Pâques, au milieu d’hommes frustres, violents, assassins pour certains. 

     

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    C’est un souvenir d’enfance qui relate la rencontre de l'écrivain avec un moujik.

    « L’été touchait à sa fin » bientôt il faudrait repartir à Moscou et retourner au collège, Fédor profite des derniers jours de liberté en pleine nature. Il observe les insectes, ramasse des hannetons. Lorsqu’il croit entendre « au loup » il est pris de peur et dit « je courus tout droit jusqu’au paysan qui labourait.»

    C’est le moujik Mareï « un homme de quelque cinquante ans, solidement bâti, d’assez haute taille, à la barbe en éventail châtain foncé déjà fortement grisonnante. »

    Celui-ci parvient à calmer la peur de l’enfant par quelques mots simples.

    L’écrivain revoit le bon visage de Mareï, son sourire bienveillant, ses signes de croix pour éloigner le mal, sa voix pleine de sollicitude.

    « Brusquement à présent, vingt ans plus tard en Sibérie, je me souviens de toute cette rencontre »

    Ce n’était qu’un serf et subitement Dostoïevski,  par la grâce du souvenir voit autrement sa chambrée, ses compagnons de bagne  «  j’ai brusquement senti que je pouvais poser sur ces malheureux un regard différent. »  sans doute ce qui lui permit ensuite de faire le récit de ces années là.

     

    Deux nouvelles loin des grands romans mais qui possèdent une force et un charme indéniables 

     

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    Le livre - Fedor Dostoïevski Oeuvres Romanesques 1875-1880 - Traduction André Markowicz - Editions Actes Sud Thesaurus 2014

  • Jude l'obscur - Thomas Hardy

    C’est un parcours passionnant de lire un auteur en totalité (ou presque) et de le retrouver au fil du temps.

    Il me restait deux des grands romans de Thomas Hardy et celui là est peut être le plus connu ou en tout cas celui qui a déclenché la plus vive polémique lors de sa parution.

    Ce livre je ne l’avais jamais lu en entier, pris en bibliothèque une première fois, une bibliothécaire furieuse décréta que ce n’était pas du tout de mon âge ! il faut dire que je devais avoir 13 ans environ. 

    Ma seconde tentative s’est faite chez des amis où j’ai commencé la lecture mais au moment de partir il m’a fallu laisser le livre et il n’est jamais venu à l’idée du propriétaire de me proposer de l’emporter pour le terminer.

    C’était donc ma troisième tentative et ce fut la bonne.

     

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    Le cottage où est né T Hardy

     

    Dans l’Angleterre du XIXème on savait déjà avec Dickens qu’il ne faisait pas bon être pauvre et orphelin. 

    Jude Fawley est les deux, il vit dans le Wessex chez sa tante qu’il l’a recueilli. Jude aime l’école, il rêve de devenir étudiant à l’université voisine de Christminster et pour cela il va tout faire, apprendre seul le latin et le grec, tenté de se cultiver pour être au niveau de l’examen d’entrée.

    Son espoir est fort car son instituteur lui a laissé entrevoir ce paradis.

    Il faut gagner sa vie et il devient tailleur de pierres mais faire des études en parallèle est par trop difficile et puis la vie est là qui l’appelle en la personne d’Arabella. Mariage forcé, mariage raté, la belle l’a pris dans ses filets.

    Lorsque le refus de Christminster tombe : 

     

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    « Vous êtes un ouvrier, je me permets de penser que vous aurez bien plus grande chance de réussir dans la vie en demeurant dans votre sphère et en restant fidèle à votre métier plutôt qu’en adoptant une nouvelle voie. »

    Il lui reste ses livres et beaucoup de colère et de désillusions.

     

    C’est avec sa cousine Sue qu’il va tenté de reconstruire sa vie, elle parait le comprendre, elle partage son amour des livres et de la culture mais elle est aussi quelqu’un qui refuse d’appartenir à un

    homme.

     

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    Christopher Eccleston et Kate Winslet  dans Jude.

     

    Les deux héros sont incapables de s’intégrer dans cette société victorienne prude, rigoriste, intolérante. Leur vie à tous deux est faite de renoncement aux rêves qui doivent plier devant la dureté de l’existence. Ils sont déchirés, victimes de l’opprobre de la société.

    C’est un roman noir qui fut en son temps brûlé en public par les ligues bien pensantes !

    C’est le personnage de Sue que j’ai préféré, elle est l’emblème de la souffrance des femmes de cette époque car coincées entre une volonté forte d’émancipation contrecarrée par la société, et une emprise non moins forte de la religion qui les fait se sentir affreusement coupables. 

    Si aujourd’hui on s’interroge sur les méfaits potentiels des religions lorsqu’elles sont intolérantes et se confondent avec le pouvoir, il est bon de lire et relire ce livre. 

    Thomas Hardy fut tellement agressé à la sortie du livre qu’il n’écrira plus de romans et se consacrera à la poésie. Ajoutez ce livre à votre bibliothèque.

     

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    Le livre : Jude l’Obscur - Thomas Hardy - Traduit par Firmin Roz et Hélène Seyrès - Editions de l’Archipel

  • Résurrection - Leon Tolstoï

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    le film des frères Taviani 

     

    Le troisième et dernier des grands romans de TolstoÏ, Résurrection, est un peu son testament.

    L’histoire que raconte l'écrivain est inspirée d’un fait réel. 

    Katioucha Maslova est une jeune fille élevée par ses tantes, jeune fille séduite et abandonnée, elle a donné naissance à un enfant qui est mort aussitôt. La seule voie qui s’ouvre est la prostitution. Lors d’une sordide affaire de mort violente, elle est arrêtée puis condamnée au bagne. Dans le jury de ce procès il y a le prince Dimitri Nekhlioudov qui n’est autre que celui qui l’a jadis séduite et abandonnée. 

    Sur la voie de la rédemption Dimitri va tenter de soustraire Katioucha à une sentence trop dure, puis va tenter par tous les moyens de se faire pardonner et de l’aider à survivre pendant le long voyage vers la Sibérie.

     

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    Aleksander Sochaczewski

    Rédemption, tel est le thème du roman, pour le prince il importe de mettre en adéquation sa foi et ses actes et ses idées. Il est évident que Tolstoï apparait fortement en filigrane de ce personnage. La quête difficile du prince vers un pardon espéré, vers une libération spirituelle est émouvant, il est honteux de son comportement et est prêt à tout abandonner. Est-ce la bonne façon d’obtenir le pardon ? est-ce suffisant ? 

     

    Certes certains passages sont un peu trop lyriques et emphatiques à mon goût mais j’ai pris un vrai plaisir à la lecture de ce roman, le style est celui de Tolstoï et ça on ne s’en lasse pas, il peut en quelques lignes vous transporter : la scène la plus forte et la plus splendide se déroule durant la fête de Pâques et est magnifiquement évoquée.

    Sa remise en cause d’un certain ordre social, son interrogation sur les privilèges de la noblesse, ses descriptions de l’univers carcéral, des conditions de la mise en oeuvre de la justice sont terrifiantes et expliquent les difficultés qu’il a eu à publier son roman. L’Eglise orthodoxe y a vu blasphème et profanation, moi j’y vois la quête inlassable d’un homme après ses idéaux.

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    Cela m’a rappeler le Tchékhov de l’île de Sakhaline. Il y a dans ce roman un souci d’authenticité très fort qui le rend extrêmement attachant. Un grand roman qui vaut d’être découvert.

     

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    Le Livre : Résurrection - Léon Tolstoï - Traduit par - Gallimard Pléiade

  • La Terre - Emile Zola

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                         La récolte des pommes de terre - Jules Bastien-Lepage

     

    J'arrive au bout de ma lecture des Rougon Macquart et La terre sera celui qui m'a fait l'impression la plus forte avec autrefois Germinal

    Le lien avec le cycle des Rougon c’est Jean Macquart le frère de Gervaise, il est ouvrier agricole chez Hourdequin un riche exploitant de la Beauce qui voudrait rénover les pratiques agricoles et qui se heurte au refus de ses journaliers.

    L’autre versant familial ce sont les Fouan, ils vivent à Rognes un petit village

     

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    « Cette Beauce plate, fertile, d'une culture aisée, mais demandant un effort continu » 

     

    Le vieux Fouan décide de donner ses terres en partage à ses enfants : Fanny, Buteau le coureur de jupons et Jésus-Christ, alcoolique champion de la mauvaise foi et de la couardise, en échange d’une rente versée par chacun des enfants et de l’hébergement.

    Un partage qui ne satisfait personne, les enfants se sentant spolier par cette rente qui peut durer des années, chacun estimant l’autre avantagé par le partage. 

    Avarice, brutalité, cruauté, avidité deviennent le quotidien entre les enfants et cela dument arbitré pour son plus grand intérêt par le notaire local Maître Baillehache (ah ce nom !)

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    C’est Buteau qui le premier refuse de verser la rente, par ailleurs il poursuit de ses assiduités Françoise une cousine devenue riche alors qu’il est marié à Lise. 

    Françoise se rapproche de Jean Macquart au grand dam de la famille. 

     On va au fil du temps voir les manoeuvres, les magouilles, les mensonges fleurirent pour s’approprier le plus possible de terre et respecter le moins possible l’engagement pris. C’est la montée de la haine entre tous les protagonistes, haine et avidité vont conduire au meurtre balayant tout semblant de morale et de liens familiaux. 

     

    Livre épouvantable et magnifique pour lequel le travail de recherche de Zola paie au centuple.

    Caricature ? oui sans doute mais réalisme aussi à une époque où le problème de l’héritage des terres était très prégnant, si Zola force le trait, en même temps il brosse un tableau proche du réel, le temps où pour survivre il fallait une bonne terre et où l’on était prêt à tout pour cela. Le roman montre bien aussi l'avénement de la mécanique dans l'univers agricole. L’époque où la voix des femmes était inexistante. 

    C’est un roman très dur mais que j’ai aimé.

     

    Il me reste deux lectures pour clore mon cycle Zola : Le rêve et le Dr Pascal 

     

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    Le livre : La Terre - Emile Zola - Editions numérique 

  • Les Métamorphoses - Ovide


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    Narcisse - Le Caravage - Rome Galerie Nationale

     

    De temps à autre mon intérêt pour l’antiquité et sa littérature se rappelle à moi, je suis depuis quelques semaines un cycle de conférences sur les Métamorphoses d’Ovide.

    Outre que l’enseignant de l’histoire de l’art qui mène cela est passionnant et drôle, j’ai fureté dans ma bibliothèque pour relire l’essai d’un spécialiste sur l’oeuvre d’Ovide et la petite bio de Lucien d'Azay

    En croisant le tout on parvient à comprendre un peu mieux l’intérêt de cette oeuvre et pourquoi elle connut un succès qui ne s’est pas démenti pendant plusieurs siècles. 

    Succès aussi bien auprès des poètes que des peintres au point de porter le nom de Bible des poètes et Bible des peintres.

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    Vénus et Adonis - Le Titien 

    Ovide est le poète de la disgrâce, un édit d’Auguste l’ envoie mourir à Tomes sur les bords de la mer Noire où il finira sa vie comme exilé, nostalgique de Rome et exprimant sa douleur dans ses derniers écrits : les Tristes et les Pontiques.

    Poète courant toujours après la notoriété qui fut celle de Virgile, son Art d’aimer était célèbre autant pour sa qualité poétique que pour ses passages licencieux.

     

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    Orphée - Mosaïque du Musée de Palerme

    Les Métamorphoses sont sa grande oeuvre avec laquelle il pourra rivaliser avec Virgile. 

    Avec les Métamorphoses Ovide veut déchiffrer le monde, c'est une histoire de l'humanité avec près de 800 personnages.

    Il parvient à donner à son récit une unité en rassemblant tous les récits des mythes en un long poème. Il a relié les diverses fables donnant ainsi l’impression d’une seule narration.

    C’est le livre des pires passions, vengeance, jalousie, incestes, meurtre et trahison, l’émerveillement du début tourne parfois au cauchemar.

    Le monde décrit par Ovide est peuplé d’hommes qui se font serpents ou oiseaux ou encore végétal et parfois en astres qui perdureront dans notre ciel.

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    Diane métamorphose Actéon en cerf - Le Parmesan 

    Ovide a certainement puisé une part importante de ses sources chez des auteurs grecs et chez les poètes, depuis Homère jusque’ à Euripide.

    On dit qu’Ovide était pythagoricien c’est à dire qu’il suivait cette doctrine qui affirme que chaque être vivant subit de nombreuses transformations au cours de son existence. Elle est largement utilisée dans les légendes des Métamorphoses.

     

     

     

    Pierre Maréchaux insiste dans son essai sur l’aspect assez noir de l’oeuvre, la chute et la fin de l’âge d’or étant toujours proche et Ovide

    « laisse entendre que le monde n’est que bouleversement », les différentes métamorphoses subies par l’homme sont  « un constat d’échec de toutes les civilisations et de toutes les cultures »

     

    Ovide est assez éloigné du caractère louangeur et un rien lèche-botte de l’Enéïde, pas question pour lui de faire l’apologie d’Auguste, Pierre Maréchaux le dit ainsi « Ovide peut dire sans dire, louer sans acquiescer, blâmer sans être pesant. »

     

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    La métamorphose de Myrrha et la naisance d'Adonis - M Franceschini 

    Il y a les mythes célèbres  : Actéon, Philémon et Baucis, Echo et Narcisse, le mythe d’Orphée que l’on connait mais sans être parfois capable de retrouver le mythe derrière les noms devenus célèbres.

    C’est dans les vers d’Ovide que peintres et sculpteurs ont directement puisé leur inspiration.

    La beauté des Métamorphoses réside dans la richesse, l’abondance, la variété qui permettent, aux artistes, du Nord comme du Sud de l’Europe les illustrations les plus diverses.

    Récit intemporel que l’on retrouve dans la littérature plus proche de nous :   Alice et sa transformation, Kafka et la métamorphose de Gregor Samsa ou le Mr Hyde de Stevenson

    J’ai beaucoup aimé la traduction en vers d’Olivier Sers.

     

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    Les Livres

    Les Métamorphoses  - Ovide - Traduit par Olivier Sers - Editions Les Belles Lettres

    Enigmes romaines - Pierre Maréchaux - Editions Gallimard Le Promeneur

    Ovide ou l'amour puni - Lucien d'Azay - Les Belles Lettres