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Les grands classiques - Page 3

  • Regarde de tous tes yeux, regarde ! - Jean-Yves Tadié

    verne

    Une collection que j’aime énormément et dont j’ai une petite dizaine de livres dans ma bibliothèque.
    Celui-là je l’ai emprunté dans ma médiathèque pour participer activement à notre prochain club lecture.
    Un auteur qui écrit sur les voyages, je dirai même sur les voyages extraordinaires ! ça y est vous y êtes ? 

    verne

    Un auteur que Jean-Yves Tadié a lu « en entier entre dix et treize ans »
    Un auteur qui aimait et admirait Edgar Poe ou Hoffman mais aussi Chateaubriand et Stendhal. 
    Voilà je crois que vous avez trouvé. Ses romans sont épiques, humoristiques, techniques mais par dessus tout c’est « une merveilleuse invitation à regarder le monde ».
    Un titre ou deux ou trois ... Cinq semaines en ballon, Voyage au centre de la terre, le Château des Carpates ou Vingt mille lieues sous les mers.

    verne

    Jules Verne à dit « Je crois vraiment que c’est ma passion des cartes et des grands explorateurs du monde entier qui m’a amené à rédiger le premier d’une longue série de romans géographiques.» Il trouvait ses sources chez Elisée Reclus, les noms de ses personnages en imitant Dickens.

    verne

    En plusieurs courts chapitres J-Y Tadié inventorie les romans avec des thèmes comme le train, la mer, les navires, le volcan d’or ou la ville flottante.
    Il nous montre un Jules Verne toujours tourné vers l’avenir, ses personnages ne ruminent jamais, ils regardent droit devant eux.
    Saviez-vous qu’il imagina une ville flottante, du genre de celles que les urbanistes prévoient aujourd’hui pour faire face à la montée des océans ! Sacré bonhomme ! 
    Les voyages et les découvertes furent ses sujets de prédilection ainsi que l’affrontement de l’homme à la nature : le pôle, les volcans, la lune, les fonds sous-marins...

    verne

    C’est un petit livre tout à fait passionnant pour qui a lu dans son enfance ou ..plus tard les romans de Jules Verne. Loin de la biographie Jean-Yves Tadié nous dit surtout son émerveillement, sa passion pour ces aventures, sa peur parfois et voilà ce qu’il confie :
    « Je suis atteint d’une étrange maladie, qui remonte à une enfance où je crains d’avoir fait une considérable provision de tristesse : je coïncide avec l’histoire que je lis au point de m’y transporter, d’éprouver les sentiments des personnages, d’être gai ou triste avec eux. C’est pourquoi je souhaite que leur histoire finisse bien. Comme les producteurs américains d’autrefois, j’exige un happy end. Quand on vieillit, ce n’est pas raisonnable. »

    J’ai pris un vif plaisir à cette lecture et en prévision du partage prévu dans quelques jours j’ai relu deux romans de Jules Verne.
    La suite donc au prochain épisode.

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    Le livre : Regarde de tous tes yeux, regarde ! - Jean-Yves Tadié - Editions Gallimard l’un et l’autre

  • Middlemarch - George Eliot

    Il y a un côté jouissif à s’attaquer à un pavé. D’abord arrivera-t-on au bout ? Le temps passé vaudra-t-il la peine ? Je réponds oui aux deux questions. 
    Bien sûr il m’a fallu quelques jours de lecture pour parvenir au bout de ce roman, mais qu’importe quand on est tout à fait subjugué par la lecture le temps ne parait pas long du tout.

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    Je n’avais jamais rien lu de George Eliot, je me le promettais depuis longtemps mais l’occasion ne s’était pas trouvée.
    Trois temps : j’ai commandé, j’ai reçu et j’ai lu, tout cela dans la foulée sans effort aucun mais avec un vrai grand plaisir.

    Un petit préalable pour dire que je connaissais déjà le traducteur Sylvère Monod comme tous les lecteurs de Dickens, j’étais déjà certaine de la qualité de la traduction et c’est vraiment très important pour un livre aussi long dont il est important de saisir non seulement le contenu mais aussi toutes les nuances.

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    Illustration de la British library

    George Eliot se rapproche de Jane Austen en cela qu’elle aime brosser la vie d’un village, de ses habitants, des liens qui les unissent, des histoires drôles ou sordides qui les lient.

    Sa fresque, parce qu’il faut bien parler ici de fresque plutôt que de tableau qui aurait un air un peu trop restrictif, sa fresque est de l’avis de Virginia Woolf « Un des rares romans anglais écrits pour grandes personnes »

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    Dorothea vue par la BBC

    Les personnages qui vont apparaitre sur la fresque de la petite ville de Middlemarch : Dorothea Brooke qui très vite épouse pour son malheur un ecclésiastique froid, raide, à la réputation largement usurpée. Lydgate le médecin ambitieux qui va se fourvoyer dans un mariage raté, Peter Vincy qui court après un amour impossible et est un rien incapable de s’engager véritablement dans une carrière professionnelle lui assurant un avenir, le pasteur Casaubon qui court lui après la gloire universitaire mais ne va rencontrer qu’échec et humiliation après une expérience ratée de mariage avec Dorothea, enfin le jeune Will Ladislaw qui représente l’avenir. 

    Autour d’eux tout un monde qui vient croiser le destin de chacun pour le bien ou pour le mal. Les imbroglios des relations familiales reposant sur des mensonges, les caractères des personnages allant de l’inconséquence absolue à l’abnégation totale comme Mary Garth
    George Eliot à l’art du masque et un même personnage est tour à tour nimbé d’admiration pour passer aussitôt à l’opprobre sociale.

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    George Eliot

    Vous allez me dire que je ne vous parle pas de l’intrigue du roman, tout simplement parce qu’il n’y en a pas vraiment.
    Certes il y a des péripéties, des imbroglios, mais l’important c’est la peinture de cette société où l’auteur passe du destin individuel au tableau plus large de la vie d’un pays : épidémies, réformes politiques, changements techniques comme l’arrivée du chemin de fer.

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    Les débuts du chemin de fer

    Cette alternance George Eliot en a la maitrise parfaite et les épisodes avec une large vision et ceux centrés sur un personnage, se mêlent avec une grande habileté. Il y a à la fois de la sévérité dans les portraits qu’elle trace mais en même temps beaucoup de lucidité.

    On a tout : le rôle de l’argent, du pouvoir, les faiblesses des êtres humains au prise avec l’ambition, la soif de l’argent, le désir, la haine ou l’amour.
    Il y a un souffle puissant dans ce roman, la société anglaise de l’époque est analysée avec finesse, acuité, ironie et brio.

    Un roman habile et riche qui mérite totalement l’effort de la lecture.

     

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    Le livre : Middlemarch - George Eliot - traduit par Sylvère Monod - Editions Gallimard Folio

     

  • Emma - Jane Austen

    Après un essai de lecture désastreux j’ai retrouvé dans cette version le plaisir de la lecture, celle que l’on savoure doucement en prenant son temps. 
    L’appareil critique est parfait comme toujours en Pléiade

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    L’histoire m’était connue, un rien parasitée par les adaptations de la BBC, c’est une petite frustration mais aussi l’occasion de se centrer sur l’écriture, les ressorts du récit sans s’inquiéter des péripéties ou du dénouement, finalement j’ai apprécié cette liberté totale.
    Je dois dire que la richesse du roman est sans commune mesure avec les adaptations aussi soignées soient-elles. 

    1815 dans la petite ville anglaise d’Highbury, Emma Woodhouse jeune, riche et belle jeune fille occupe son temps à jouer les entremetteuses entre ses amis et relations.
    Elle estime avoir habilement manoeuvré pour faire épouser sa gouvernante par un très bon parti alors pourquoi ne pas tenter d’autres mélanges ? 
    C’est un peu mince pour un roman et pourtant Jane Austen sous une apparente légèreté livre un roman subtil et riche. 

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    Dès le début du roman les pointes acerbes ou moqueuses fusent, le père d’Emma Mr Woodhouse est présenté comme « très porté sur les remarques banales et les bavardages inoffensifs ».

    L’auteur nous parle t-elle de l’éducation des jeunes filles qu’elle s'empresse d' ajouter :
    « L’on prétend en longues phrases ronflantes et creuses combiner une éducation libérale et une morale de bon ton » Dieu que ces choses là sont dites avec aisance et ironie.

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    Collection Getty -  Dans le ton de l'époque

    Emma évolue dans un microcosme composé de deux catégories de personnes, les petits nobliaux et les autres, convenables certes mais ne faisant pas partie de la gentry.

    Prenez Miss Smith qu’Emma a pris sous son aile pour la marier et bien
    « elle montre une déférence si convenable, si seyante et une reconnaissance si agréable » que c’est un plaisir de la manipuler.

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    Le Pique nique

    L’histoire est racontée en grande partie par Emma, elle mène la danse avec parfois des maladresses évidentes dont elle s’excuse à peine tant est grande son assurance, Mr Knightley l’ami de toujours dit d’elle avec une certaine sévérité
    « Elle ne s’imposera jamais rien qui exige du travail et de la patience et qui soumette l’imagination à la règle du jugement » autant dire qu’elle est un brin écervelée, égoïste et vaniteuse. 

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    Prenez son attitude avec Jane Fairfax qui va être contrainte faute de fortune de se faire gouvernante, voyez ses paroles vexantes avec la pauvre Mme Bates dont le bavardage incessant l’insupporte.

    Ses manigances ne vont pas avoir les résultats escomptés avec Mr Elton le pasteur, Miss Smith ou le fringant Frank Churchill, qui vont tour à tour lui causer bien des tourments.
    Le lecteur est mis dans la confidence des erreurs d’Emma, il peut choisir de s’en agacer, de s’en attrister ou tout simplement en rire comme je l’ai fait. 

      

    Quel tableau superbe de cette micro société, Jane Austen alterne entre ironie, humour, analyse sévère, ses remarques sont parfois le reflet de sa pensée et à d’autres moments des coups d’épingle comme par exemple cette description d’un dîner

    « Il se tint quelques propos intelligents, d’autres tout à fait stupides, la plupart n’étant ni l’un ni l’autre. Au pire des remarques banales, des répétitions fastidieuses, des nouvelles rebattues et de lourdes plaisanteries » et toc ...

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    Cueillette des fraises

    C’est un roman brillant avec un petit vernis moralisateur. Le récit avance lentement puis s’accélère par à coups. 

    Les portraits multiples tiennent de l’art de la miniature, tous les personnages et tous les paysages passent par le filtre d’Emma, elle qui ne connait ni Londres ni Bath et qui n’a même jamais vu la mer. 

    C’est une jolie comédie des erreurs, un marivaudage involontaire parfois, et l’auteur se fait tout à tour grinçante ou moqueuse, sage ou clairvoyante par la bouche de Mr Knightley. 

    J’ai des passages préférés : la cueillette des fraises par exemple ou le pique nique à Box Hill.

    J’ai vraiment pris un grand plaisir à cette lecture et sa notoriété n'est pas surfaite.

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    Le livre : Emma - Jane Austen - Traduit par - Editions Gallimard Pléiade

  • L'intrus - William Faulkner

    Qu’arrivait-il dans les années vingt dans le Mississipi à un noir arrêté arme en main avec à ses pieds le corps d’un blanc abattu d’une balle dans le dos ?

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    Le lynchage de Thomas Shipp et Abram Smith, 7 août 1930 à Marion, Indiana

    Surtout quand la victime est de la tribue des Gowrie. Toute la ville s’attend à un lynchage, une pendaison ou même l’utilisation d’un simple bidon d’essence. Heureusement pour Lucas Beauchamp demain c’est le sabbat et il gagne quelques heures de vie.

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    Le film tiré du roman

    Quand Charlie avait 12 ans Lucas lui a sauvé la mise, il était passé à travers la glace d’une rivière gelée. Charlie sentant une dette peser sur sa conscience a eu un peu plus tard un geste qu’aujourd’hui encore il regrette, faisant ce qu’on attend d’un blanc vis à vis d’un noir.
    Aussi aujourd’hui quand Lucas Beauchamp dit ne pas être l’auteur du meurtre et que pour le prouver il lui demande d’aller tout simplement déterrer la victime, Charlie se sent obligé d’obéir.

    Il va trouver de l’aide auprès de la vieille Miss Habersham qui fournit véhicule, pelle et pioche ! 

    Lucas Beauchamp n’est pas un noir ordinaire et avec ce personnage c’est tout le talent de Faulkner qui s’impose.

    Lucas est le prototype du nègre qui ne s’incline pas devant les blancs, qui n’enlève pas son chapeau, ne remercie pas, ne plie pas le genou, cela même de l’avis des autres noirs qui eux font ce que l’on attend d’eux c'est à dire endurer et survivre.

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    Lucas Beauchamp

     L’intrigue est on ne peut plus simple mais elle est magnifiée par le talent de Faulkner et comme moi je pense vous serez admiratif du retournement qui se produit entre la première scène, celle du sauvetage de Charlie Mollison et la scène finale.

    Dès le début on se perd dans ses digressions, ses parenthèses, ses incises. On suit le monologue intérieur de Charlie, fil rouge du roman, son sentiment de culpabilité, son besoin de payer sa dette, il est intelligent et fier mais sait déjà que les blancs, les petits fermiers autour de lui, se font une autre idée de la justice et du droit et Gavin Stevens son oncle juge et attorney n’est pas exempt des mêmes préjugés.

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    Oxford Mississipi la ville de Faulkner

     

    Si vous aimez Virginia Woolf vous êtes déjà initié au flux de conscience, Faulkner est dans le même registre avec une dureté beaucoup plus prégnante et une permanence parfois déroutante. Les retours en arrière ne sont pas signalés alors on se perd parfois en route mais un coup de rétroviseur et l’on retrouve le bon chemin.

    Ce roman initiatique splendide que Faulkner écrit à la veille d’être couronné par le Nobel est une bonne façon d’entrer dans son univers pas toujours simple d’accès, beaucoup plus facilement que ses grands romans qui peuvent décourager plus d’un lecteur. 

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    Le livre : L’intrus - William Faulkner - Traduit par RN Rimbauld et Michel Gresset - Editions Gallimard Folio

     

  • Dictionnaire amoureux de Shakespeare - François Laroque

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    Entre débat constitutionnel et crise paysanne avez vous remarqué que cette année est une année Shakespeare ? David Cameron, après son chantage à l’Europe, a lancé les festivités et les éditions Plon nous gratifient d’un de leurs dictionnaires.

    C’est l’anniversaire de sa mort : le 23 avril 1616, enfin on suppose car vous savez que tous les biographes s’accordent à peu près pour dire que l’on ne sait pas grand chose de sa vie ! On a même des doutes sur son existence... 

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    Alors ? et bien le dictionnaire nous balade de pièce en pièce, vous pourrez participer au casting de certaines comédies et tragédies, tous les acteurs ne sont pas au top !

    Au gré des pages on retrouve ses admirateurs, Hugo par exemple,  mais aussi ses opposants n’est-ce pas Monsieur Voltaire ?

    Déjà égrener les 38 pièces prend du temps, il y a les oubliées et celles qui sont le sommet de l’oeuvre, François Laroque vote pour Le Roi Lear, pour ma part je préfère Hamlet.
    Le choix est ouvert et au delà des pièces il a laissé des personnages universels : Falstaff le bouffon, Prospero, Juliette ou Desdémone.

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    Un balcon à Vérone © ivredelivres

    Il y bien sûr une entrée Montaigne car «  Il semble que Shakespeare en ait été un lecteur attentif, pour ne pas dire avide, tant il y fait allusion dans les pièces comme Hamlet, Mesure pour mesure, le Roi Lear ou la Tempête.»

    Plus surprenant une entrée Machiavel, je n’avais jamais remarqué que Richard III parle du « sanguinaire Machiavel »

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    J Fiennes dans Shakespeare in love

    Je vous laisse découvrir à quel point le grand Will est obsédé par les abécédaires, les miroirs, le cheval ...

    Bien entendu ce dictionnaire est truffé de citations, de comparaisons et aussi pour les pauvres comme moi qui pâtissent avec la langue de Shakespeare vous avez des explications savantes par exemple sur Nothing «  Cette négation est sans doute la plus riche de sens dans l’oeuvre du barde » on la trouve partout jusque dans les Sonnets.

    On mesure à quel point fantômes et spectres font partie du monde shakespearien. Je note aussi un rien de misogynie « Sur les quelque mille six cents personnages dénombrés dans l’oeuvre de Shakespeare, on ne compte que deux cent femmes. » Tant pis cela ne m’empêche pas d’aimer la Mégère apprivoisée !

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       The Royal Shakespeare Theatre and The Swan Theatre on the River Avon.

    Beaucoup de détails aussi sur le théâtre de l’époque, les acteurs, leurs liens avec la cour, leurs déboires, leurs succès. Vous vérifierez que le Barde n’était pas antisémite malgré le personnage de Shylock. 

    Je vous fais grâce de la liste de tous ceux qu’il a influencés, de Dickens à Goethe en passant par Leonard Bernstein, quant à Verdi il en fit son fond de commerce.

    Pour les fans vous avez cela

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    pour des infos détaillées sur les pièces c’est chez Claudialucia qu’il faut aller, elle en a plein sa corbeille ou chez Lecture/Ecriture

    Et je vous recommande les chroniques d'Eeguab qui a passé une partie de l'été avec Shakespeare au cinéma

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    J'ai oublié de mentionner les chroniques d'Eeguab qui a passé une partie de l'été avec Shakespeare au cinéma

     Le livre : Dictionnaire amoureux de Shakespeare - François Laroque - Editions Plon

  • Le Colonel Chabert - Honoré de Balzac

    Jean-Paul Kauffmann a su me convaincre de relire Le Colonel Chabert. Il faut dire que je l’ai lu bien trop tôt ce roman, profitant vers douze ans de la bibliothèque du collège ouverte pendant la cantine, vous savez ses longues heures d’ennui ! je piochais n’importe quoi car il n’y avait personne pour nous diriger.

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    Raimu dans le rôle

    Je me souviens uniquement de ma stupéfaction devant la fin du roman, ma colère de l’époque car à 12 ans on n’accepte pas l’injustice, on ne l’imagine même pas. 

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    J’ai pris un vrai et grand plaisir à cette relecture. Je peux dire lecture car ma première fois était vraiment bien loin.

    Je suppose que vous l’avez tous lu ou alors vu le film d’Yves Angelo aussi je ne vais pas m’attarder sur l’histoire elle-même.

    Je veux plutôt vous dire mon plaisir, Balzac n’est jamais aussi bon qu’en observateur patient et critique de la société de son temps, il brosse à merveille le système judiciaire qui va broyer Chabert

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    Sur les lieux de la Bataille

    Mais où il est vraiment parfait c’est dans le dessin du paria, dans le tableau de cette société hypocrite qui n’hésite pas à dépouiller de tout un homme qui a combattu pendant des années sur les champs de bataille de l’Empire. 

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    J’aurai voulu secouer Derville l’avoué et obtenir qu’il ferraille un peu plus pour son protégé, qu’il se fasse un peu plus justicier. 

    J’ai aimé ces portraits d’hommes et de femmes qui ont fait des bassesses pour obtenir titres et prébendes et qui ne savent pas s’en souvenir.

    Il m’est infiniment sympathique ce colonel « vieux débris de la Grande Armée » et on voudrait le soustraire à un monde cruel lui qui dit « J’ai été enterré sous des morts, maintenant je suis enterré sous des vivants, sous des actes, sous des faits, sous la société tout entière, qui veut me faire rentrer sous terre » 

    Je vous recommande l’évocation de la bataille d'Eylau et du sauvetage de Chabert, un vrai morceau d’anthologie.

    Autant parfois Balzac paraît un rien trop bavard, un rien trop amateur de descriptions à n’en plus finir, autant là le récit est resserré, clair, dense. L’intrigue est simple et dépouillée. Un roman sombre mais éclairé par la bonne tête du Colonel Chabert tirant sur sa pipe.

    Un autre avis sur Lecture/Ecriture

    Et si vous voulez connaitre la véritable histoire du Colonel c'est ici

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    Le livre : Le Colonel Chabert - Honoré de Balzac - Editions Classiques Garnier