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Les grands classiques - Page 2

  • Un médecin de campagne - Honoré de Balzac

    L’acquisition pour quelques euros des oeuvres complètes de Balzac en numérique et la lecture d'Alain (je vous en parle dans mon prochain billet) m’ont donné envie de fouiller parmi les oeuvres multiples jamais lues, peu connues ou oubliées.

    Tous les romans de Balzac ne sont pas des grands romans mais tous sont intéressants, Balzac écrit un Médecin de campagne alors qu’il a 33 ans et qu’il n’a pas encore vraiment connu le succès.

    L’action se situe dans une vallée reculée des Alpes, ces pays perdus où l’on rencontrait encore des êtres frustres que l’on qualifiait alors de crétins des Alpes. Paysans pauvres atteint par le manque d’iode qui provoquait chez eux une atteinte caractérisée par une apathie, une somnolence et un retard intellectuel et un énorme goître.

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    C’est là un choix curieux de Balzac pour situer son récit. 

    Le commandant Génestas qui fut de toutes les campagnes napoléoniennes recherche le docteur Benassis, il veut le consulter pour une vieille blessure et finit par le trouver dans un village pour le moins atypique.

    C’est un sacré personnage que ce docteur Benassis, véritable saint laïque il a totalement transformé un village en terrain d’expérience économique. Là où régnait la misère il a apporté la prospérité, il a incité les paysans à moderniser leurs techniques agricoles, il a financé des créations d’activité, aujourd’hui on parlerait de micro entreprises et de micro crédit ! Petit à petit la prospérité s’est installée, des écoles, des routes furent construites, les marais furent asséchés chassant loin du village les fièvres si redoutables. Le crétinisme fut éradiqué. Terminé l’autarcie délétère, vive les échanges commerciaux avec les vallées voisines et même avec Grenoble la grande ville la plus proche. Pour un peu on croirait lire le panégyrique de la mondialisation.

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    Balzac en quelques pages nous fait un véritable cours d’économie libérale, apporte sa vision du développement social et c’est totalement surprenant.

    Même si le prétexte du roman est mince il y a là en germe tous les points forts de Balzac, l’art de la description d’un lieu, des portraits savoureux comme celui de Jacquotte la servante du docteur devenue la maîtresse des lieux et à qui tout le monde obéit y compris le bon docteur.

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    L'épopée Napoléonienne vue par Balzac - Edouard Detaille au Musée d'Orsay

    C’est aussi pour Balzac l’occasion de revenir sur l’épopée napoléonienne, il a eu un moment l’idée de faire un livre sur Napoléon, idée qu’il a finalement abandonné mais il utilise ici ses réflexions à travers le personnage de Génestas et le récit transpire la nostalgie.

    Ce n’est pas encore le Balzac du Père Goriot mais c’est un récit à découvrir.

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    Le livre : Le médecin de campagne - Honoré de Balzac - Editions Arvensa numérique

  • La Bible Quelles histoires - Thomas Römer

    Après avoir parcouru les chemins de l’Exode avec Moïse je vous propose de faire mieux connaissance avec l’auteur, son parcours, la façon dont il a très tôt un peu révolutionner le monde de l’exégèse biblique. 

    Vous pouvez emprunter deux chemins, celui du livre et celui des cours qu’il donne.

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    C’est un livre d’entretien avec une archéologue. Il démarre avec l’aventure personnelle de Thomas Römer et son entrée dans le monde de l’exégèse de la Bible.

    Il est immédiatement passionné et va rapidement se faire un nom. De l’Allemagne à la Suisse puis à la France son parcours est impressionnant.

    Très vite l’on en vient au coeur du travail de Römer, et l’on découvre un homme qui fait des suppositions mais garde une grande humilité et beaucoup de doutes face à un texte que dit-il  « Vous pensez avoir compris quelque chose, vous approfondissez encore et, non, ce n’était pas tout à fait cela. C’est aussi cela qui est fascinant avec la Bible. Dans le fond, c’est un livre qui dérange tout le temps. Il n’est pas fait pour endormir les consciences. »

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    Fresques de la synagogue de Doura Europos 

     

    Il montre combien il est difficile d’être certain de l’origine des écrits, les lieux, les périodes historiques sont sujets à questionnement. Il explore les liens entres l’histoire et la Bible et les danger des sur interprétations et instrumentalisation toujours possibles.

    Son travail a principalement porté sur le Pentateuque où « le thème de l’exil est présent entre toutes les lignes ; il est la clé de lecture qui donne sens à l’édifice rédactionnel.» nous dit-il.

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    Meggido haut lieu des recherches archéologiques © Richard T. Nowitz / Corbis

    C’est un travail de déconstruction pour mieux comprendre, contourner les anachronismes et reconstituer les étapes qui ont conduit à l’écriture définitive. Ses propositions sont parfois surprenantes, souvent inédites et loin de tout dogmatisme.
    C’est un livre riche où l’on croise Abraham et Jacob et qui pousse à reconsidérer la façon que l’on a de lire LE livre.

    A la suite de cette lecture je suis allée suivre une grande partie des cours de Thomas Römer, titulaire de la chaire Milieux bibliques au Collège de France,  il a l’art d’accrocher son auditoire. 

     

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    Le livre : La Bible Quelles histoires - Thomas Römer - Editions Labor et Fides

  • Moïse en version originale - Thomas Römer

    Une des premières questions que l’on se pose en lisant la Bible c’est : Qui l’a écrit, cela est-il historique ? 

    Pour la Genèse très bien Darwin est passé par là mais pour le reste, tenez par exemple Moïse, qui était-il ?  Il a fait l’objet de tableaux, de fresques, de sculptures, célébré comme défenseur des opprimés mais était il un prophète, un libérateur de son peuple ou seulement un homme sectaire et violent ?

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    Celui de Michel - Ange

    Pour cela voilà un essai de Thomas Römer, sans doute le meilleur spécialiste de l’aventure de l’Exode et de Moïse son personnage emblématique.

    Il est le bibliste qui  nous conduit vers la lecture érudite et détaillée des textes. Il enrichit le propos de moults apports philosophiques (Freud et son Moïse) historiques, archéologiques.

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    Moïse sauvé des eaux - Nicolas Poussin - Musée du Louvre

    Les croyances et les récits antérieurs au monde hébreu viennent éclairer le personnage. Sous le nom de Moïse se cachent sans doute de multiples plumes, entrecroisées, parfois redondantes, j’avais souvent été agacée par ces versets répétitifs mais surtout interrogative devant des versets totalement contradictoires mais sans vraiment en comprendre la raison.

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    Passage de la mer rouge Duomo de San Gimignano

    L’apport de Thomas Römer est déterminant, on voit à travers son livre se construire un mythe, une construction collective s’appuyant sur des traditions car la Bible et l’Exode en particulier « n’a pas été mise par écrit d’un seul trait; elle est le résultat de nombreuses relectures et de compilations de documents qui étaient à l’origine indépendants les uns des autres »

    J’ai à sa suite et grâce à son éclairage lu et relu le livre de l’Exode qui raconte la première célébration de la Pâque, la fameuse traversée de la mer Rouge et surtout l’Alliance d’un peuple avec son Dieu.

    C’est fascinant de suivre la recherche du bibliste, son interprétation, ses doutes, ses remises en question, bref à l’opposé des dogmatismes religieux et des intransigeances dangereuses.

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    Passage de la mer rouge Cosimo Rosselli Chapelle Sixtine

    Si comme moi vous avez en tête la scène du film avec Charlton Heston c’est le moment de remiser vos images au placard et de vous plonger dans ce livre riche et stimulant intellectuellement qui demande un peu d’attention mais qui vous fait entrer dans le monde des hébreux armé pour en comprendre les particularités.

    J'avais déjà fait connaissance avec Moïse grâce à Jean Christophe Attias

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    Le Livre

    Moïse en version originale - Thomas Römer - Editions Labor et Fides

  • Le Capitaine et le milliardaire

    Jules Verne fait partie de mes meilleurs souvenirs de lecture d’enfance, livres que j’ai lu dans une collection qui a pris un coup de vieux, celle verte et or d’Hachette
    Mon roman préféré reste Michel Strogoff mais pas que ...
    Et parmi tous les titres, il y en a deux moins connus qui m’ont emporté du Pôle nord aux Etats-Unis.

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    Les aventures du Capitaine Hatteras, j’avais déjà lu les livres d’exploration de l’arctique et de l’antarctique aussi j’ai plongé dans ce roman avec délice. Je viens de le relire pour préparer le club lecture de la médiathèque je peux vous affirmer qu’il tient la route.
    Jules Verne l’a écrit la même année que Voyage au centre de la terre. 
    Le livre est divisé en deux parties Les anglais au pôle nord et  Le désert de glace 

    C’est la grande aventure de la découverte du pôle bien avant Robert Peary, le Forward a embarqué des vivres et du charbon pour plusieurs années mais l’équipage ignore tout de la destination. 
    A bord Shandon le second et le médecin du bord le Dr Clawbonny tout excité à l’idée des découvertes qu’il va pouvoir faire.
    Mais où est le capitaine ? les ordres arrivent par message et nul ne l’a vu, son chien Duk semble l’attendre sans jamais faire ami ami avec l’équipage.
    Mais les choses se gâtent, le brick est menacé par un iceberg, alors surgit le capitaine Hatteras.

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    De l’aventure, des dangers en nombre, le froid en premier lieu, les ours, la faim, le scorbut, l’expédition va tournée au désastre et le navire dérive avec les glaces. 
    Mais Jules Verne n’a pas dit son dernier mot et l’équipage va avoir une énorme surprise en trouvant sur la banquise ...un américain !

    Aujourd’hui encore j’ai pris plaisir à cette lecture.

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    Le second roman est encore moins connu je crois : Le testament d’un excentrique. 

    Là c’est le feuilleton par excellence. Nous sommes à Chicago, un milliardaire, William Hypperbone, a décidé de laisser sa fortune qui est immense, au vainqueur d’une partie d’un jeu qui est sa passion : le jeu de l’oie. Chaque case correspond à un état américain et comme au jeu de l’oie il y a des cases dangereuses, piège, prison, puit ou rançon à payer pour pouvoir quitter une ville...  
    Six participants sont tirés au sort et vont se disputer la partie.

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    Parmi les six joueurs il y a un peintre Max Real, c’est le chic type toujours de bonne humeur, il y a Herman Titbury et son épouse, une caricature de couple, Harris Kymbale l’inévitable journaliste, Hodge Hurricane vieux loup de mer bourru, Tom Crabbe le boxeur, et la jolie Lissy Wag accompagnée d’une amie.
    Mais au dernier moment, juste avant que le départ ne soit donné un septième participant se présente sous le nom de XKZ

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    Et voilà tout ce joli monde livré au hasard des coups de dés. Injures, coups retors, duels et aventure amoureuse se succèdent.
    Les héros font preuve d’une farouche énergie et d’une belle vitalité.
    C’est très réjouissant, les péripéties sont nombreuses et les rebondissements innombrables : c’est tout le territoire américain qui défile, la vie sauvage, les grands espaces, les villes dangereuses...

    Ce n’est pas un roman très connu et pourtant il mériterait de l’être par son côté très amusant.

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    Les livres :  Les aventures du Capitaine Hatteras et Le testament d’un excentrique - Jules Verne - Edition Numérique Arvensa

     

  • Regarde de tous tes yeux, regarde ! - Jean-Yves Tadié

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    Une collection que j’aime énormément et dont j’ai une petite dizaine de livres dans ma bibliothèque.
    Celui-là je l’ai emprunté dans ma médiathèque pour participer activement à notre prochain club lecture.
    Un auteur qui écrit sur les voyages, je dirai même sur les voyages extraordinaires ! ça y est vous y êtes ? 

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    Un auteur que Jean-Yves Tadié a lu « en entier entre dix et treize ans »
    Un auteur qui aimait et admirait Edgar Poe ou Hoffman mais aussi Chateaubriand et Stendhal. 
    Voilà je crois que vous avez trouvé. Ses romans sont épiques, humoristiques, techniques mais par dessus tout c’est « une merveilleuse invitation à regarder le monde ».
    Un titre ou deux ou trois ... Cinq semaines en ballon, Voyage au centre de la terre, le Château des Carpates ou Vingt mille lieues sous les mers.

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    Jules Verne à dit « Je crois vraiment que c’est ma passion des cartes et des grands explorateurs du monde entier qui m’a amené à rédiger le premier d’une longue série de romans géographiques.» Il trouvait ses sources chez Elisée Reclus, les noms de ses personnages en imitant Dickens.

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    En plusieurs courts chapitres J-Y Tadié inventorie les romans avec des thèmes comme le train, la mer, les navires, le volcan d’or ou la ville flottante.
    Il nous montre un Jules Verne toujours tourné vers l’avenir, ses personnages ne ruminent jamais, ils regardent droit devant eux.
    Saviez-vous qu’il imagina une ville flottante, du genre de celles que les urbanistes prévoient aujourd’hui pour faire face à la montée des océans ! Sacré bonhomme ! 
    Les voyages et les découvertes furent ses sujets de prédilection ainsi que l’affrontement de l’homme à la nature : le pôle, les volcans, la lune, les fonds sous-marins...

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    C’est un petit livre tout à fait passionnant pour qui a lu dans son enfance ou ..plus tard les romans de Jules Verne. Loin de la biographie Jean-Yves Tadié nous dit surtout son émerveillement, sa passion pour ces aventures, sa peur parfois et voilà ce qu’il confie :
    « Je suis atteint d’une étrange maladie, qui remonte à une enfance où je crains d’avoir fait une considérable provision de tristesse : je coïncide avec l’histoire que je lis au point de m’y transporter, d’éprouver les sentiments des personnages, d’être gai ou triste avec eux. C’est pourquoi je souhaite que leur histoire finisse bien. Comme les producteurs américains d’autrefois, j’exige un happy end. Quand on vieillit, ce n’est pas raisonnable. »

    J’ai pris un vif plaisir à cette lecture et en prévision du partage prévu dans quelques jours j’ai relu deux romans de Jules Verne.
    La suite donc au prochain épisode.

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    Le livre : Regarde de tous tes yeux, regarde ! - Jean-Yves Tadié - Editions Gallimard l’un et l’autre

  • Middlemarch - George Eliot

    Il y a un côté jouissif à s’attaquer à un pavé. D’abord arrivera-t-on au bout ? Le temps passé vaudra-t-il la peine ? Je réponds oui aux deux questions. 
    Bien sûr il m’a fallu quelques jours de lecture pour parvenir au bout de ce roman, mais qu’importe quand on est tout à fait subjugué par la lecture le temps ne parait pas long du tout.

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    Je n’avais jamais rien lu de George Eliot, je me le promettais depuis longtemps mais l’occasion ne s’était pas trouvée.
    Trois temps : j’ai commandé, j’ai reçu et j’ai lu, tout cela dans la foulée sans effort aucun mais avec un vrai grand plaisir.

    Un petit préalable pour dire que je connaissais déjà le traducteur Sylvère Monod comme tous les lecteurs de Dickens, j’étais déjà certaine de la qualité de la traduction et c’est vraiment très important pour un livre aussi long dont il est important de saisir non seulement le contenu mais aussi toutes les nuances.

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    Illustration de la British library

    George Eliot se rapproche de Jane Austen en cela qu’elle aime brosser la vie d’un village, de ses habitants, des liens qui les unissent, des histoires drôles ou sordides qui les lient.

    Sa fresque, parce qu’il faut bien parler ici de fresque plutôt que de tableau qui aurait un air un peu trop restrictif, sa fresque est de l’avis de Virginia Woolf « Un des rares romans anglais écrits pour grandes personnes »

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    Dorothea vue par la BBC

    Les personnages qui vont apparaitre sur la fresque de la petite ville de Middlemarch : Dorothea Brooke qui très vite épouse pour son malheur un ecclésiastique froid, raide, à la réputation largement usurpée. Lydgate le médecin ambitieux qui va se fourvoyer dans un mariage raté, Peter Vincy qui court après un amour impossible et est un rien incapable de s’engager véritablement dans une carrière professionnelle lui assurant un avenir, le pasteur Casaubon qui court lui après la gloire universitaire mais ne va rencontrer qu’échec et humiliation après une expérience ratée de mariage avec Dorothea, enfin le jeune Will Ladislaw qui représente l’avenir. 

    Autour d’eux tout un monde qui vient croiser le destin de chacun pour le bien ou pour le mal. Les imbroglios des relations familiales reposant sur des mensonges, les caractères des personnages allant de l’inconséquence absolue à l’abnégation totale comme Mary Garth
    George Eliot à l’art du masque et un même personnage est tour à tour nimbé d’admiration pour passer aussitôt à l’opprobre sociale.

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    George Eliot

    Vous allez me dire que je ne vous parle pas de l’intrigue du roman, tout simplement parce qu’il n’y en a pas vraiment.
    Certes il y a des péripéties, des imbroglios, mais l’important c’est la peinture de cette société où l’auteur passe du destin individuel au tableau plus large de la vie d’un pays : épidémies, réformes politiques, changements techniques comme l’arrivée du chemin de fer.

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    Les débuts du chemin de fer

    Cette alternance George Eliot en a la maitrise parfaite et les épisodes avec une large vision et ceux centrés sur un personnage, se mêlent avec une grande habileté. Il y a à la fois de la sévérité dans les portraits qu’elle trace mais en même temps beaucoup de lucidité.

    On a tout : le rôle de l’argent, du pouvoir, les faiblesses des êtres humains au prise avec l’ambition, la soif de l’argent, le désir, la haine ou l’amour.
    Il y a un souffle puissant dans ce roman, la société anglaise de l’époque est analysée avec finesse, acuité, ironie et brio.

    Un roman habile et riche qui mérite totalement l’effort de la lecture.

     

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    Le livre : Middlemarch - George Eliot - traduit par Sylvère Monod - Editions Gallimard Folio