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Biographie Correspondance journaux - Page 2

  • Les Soeurs Brontë la force d'exister - Laura El Makki

    Si comme moi vous avez déjà suivi Laura El Makki pendant les étés de France Inter, vous serez sans doute intéressé par ce livre.

    J’aime la façon qu’elle a de présenter les choses, son regard, son questionnement par rapport aux écrivains et j’ai aimé la suivre sur les landes du Yorkshire et dans le presbytère d’Haworth à la recherche de ces trois femmes hors du commun que furent les soeurs Brontë.

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    Le presbytère d'Haworth

    En juillet prochain on fêtera le bicentenaire de la naissance d’Emily Brontë, cette année devrait voir éclore pas mal de livre à leur sujet.

     

    Laura El Makki restitue la vie des trois soeurs et bien entendu du frère qui, si il n’est jamais nommé, est pourtant partout en filigrane. 
    L’auteur restitue parfaitement cette vie dans ce qu’elle a d’ordinaire, une vie sous l’oeil du père, un homme sévère mais pas du tout la caricature que l’on a bien voulu longtemps faire de lui.
    Car après tout c’est lui qui a transmis à ses enfants l’envie et l’ambition de se réaliser dans l’art ou l’écriture.

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    Les trois soeurs peintes par Branwell

    Les trois jeunes femmes sont pleines de vie et parfois font preuve d’une révolte inattendue. Elles se sont à la fois soutenues mais elles ont aussi été en compétition les unes avec les autres. 
    Le frère ici est le moins intéressant des personnages, autant le père est réhabilité autant Branwell apparait veule et faible malgré des dons indéniables.

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    vues par le cinéma 

    A la lecture des différents romans des soeurs Brontë on les imagine privées de tout, sombres, mais Laura El Makki balaye cette image et nous les présente plutôt comme assoiffées de vivre, de savoir, d’envie d’écrire.
    Sans détailler la vie des trois soeurs au jour le jour, j’ai appris pas mal de détails que j’ignorais et qui éclairent bien les portraits que l’on se fait d’elles.
    J’ai aimé en particulier les jeux de l’enfance avec les histoires imaginaires composées pour occupées les soirs d’ennui. 
    J’ai apprécié aussi de pouvoir croiser mes lectures avec la vie réelle, en particulier les expériences de Charlotte à Bruxelles ou d’Anne comme gouvernante.

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    la dernière adaptation que j'ai bien aimé

    Le succès n’a profité réellement qu’à Charlotte et encore très peu de temps. La disparition successive de Branwell, Emily et Anne est assez saisissante, au final ce sera un père qui restera seul alors qu’est né un véritable mythe littéraire.

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    l'exemplaire de ma première lecture 

    Si vous n’avez jamais lu de biographie ou si comme moi vous vous étiez contenté des films sur le sujet, ce livre est parfait.
    Simple, bien documenté, clair et qu’on ne peut que recommander aux lecteurs et qui donne bien entendu une furieuse envie de lire et relire les romans de ces soeurs exceptionnelles.

    Annie a lu les Lettres des soeurs Brontë

     

    Le livre : Les soeurs Brontë, la force d’exister - Laura El Makki - Editions Tallandier

  • Là-bas août est un mois d'automne - Bruno Pellegrino

    Pourquoi vous proposer un livre dont peut-être vous n’avez pas entendu parler ?
    Et bien d’abord parce que mars est le mois de la poésie, le mois du Printemps des poètes.
    Ensuite parce que j’aime Gustave Roud et sa poésie, une raison quasi suffisante non ?
    Enfin parce que c’est l’occasion de parler ici de poésie ce que je ne fais pas suffisamment souvent.

    Un billet pour deux livres : l’un est un portrait sensible, l’autre un recueil de poésie pour faire connaissance avec le poète.

     

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    Gustave Roud j’ai fait connaissance avec lui grâce à Philippe Jaccottet qui m’a incité à le lire.
    Lorsque j’ai vu paraitre le roman de Bruno Pellegrino j’ai été ravie et je l’ai lu avec émotion. Il trace le quotidien de Gustave et Madeleine, le frère et la soeur qui ont toujours vécu sous le même toit. 

    Il nous livre dix années de vie, de 1962 à 1972

    Il fait leur portrait, il décrit leur quotidien dans la maison de famille à Carrouge, une « maison massive , d’un seul bloc, en équilibre entre la cour, à l’est, et le verger à l’ouest » dans un village vaudois.

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    Maison de Carrouge

    Derrière Bruno Pellegrino on accède au jardin qui a parfois des « allures de jungle ».

    L’une, Madeleine, est une passionnée par l’espace, l’autre est un fou de photos et de poésie. 

    Ils ne sont mariés ni l’un ni l’autre. « Leur tâche, pour les années à venir, est de perpétuer ce qui peut l’être ».

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    On les connait bien dans le village « le frère et la soeur, enfin on la connaît surtout elle, qu’on voit à l’église, parce que lui c’est un peu un drôle d’oiseau. »

    La ferme est témoin du temps qui passe, «  Les hivers, après coup, sonnent comme un conte : de la neige à outrance et pour la déblayer, des traîneaux tirés par des chevaux. »

    L’été est court dans ces contrées « Les matins sont frais, le soir on ne s’attarde plus sans châle ou couverture sur le banc devant la maison ; au verger, certains arbres tirent déjà sur le jaune… »

    Des passions exigeantes, parfois dérangeantes comme celle de Gustave qui photographie inlassablement « des hommes presque nus », une époque où il était très difficile de s’assumer homosexuel.

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    Pour elle une bibliothèque riche et surprenante «  Madeleine suit du doigts le dos des livres, en arrive aux traités de mathématiques et de vulgarisation. Une biographie de Copernic aux pages cornées. Un atlas céleste »

     

    Mais il y a aussi la vie simple, humble : l’une fait des confitures, l’autre est « un monsieur qui a fait des études et passe à la radio » 

    Bruno Pellegrino sait mettre en avant ce déroulement lent du temps qui permet au poète « d’éprouver l’épaisseur des jours… »

    Curieusement on pourrait les croire hors du temps mais de fait c’est le contraire, ils sont tous deux les deux pieds dans la terre, vivant au rythme des saisons.

    D’un côté un homme simple, un homme de la terre, de l’autre un poète reconnu qui pour ses soixante ans déambule en Italie à l’invitation de son éditeur.
    Ce roman est une belle et pudique façon de faire connaissance avec Gustave Roud.

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    Après la lecture de ce livre sensible j’ai eu envie de retrouver la poésie de Gustave Roud, le recueil Les Fleurs et les saisons est parfait pour faire connaissance.

    C’est un petit recueil  qui rassemble des textes épars de l’écrivain-poète écrits entre 1935 et 1942, ce livre a vu le jour sous l’impulsion de Philippe Jaccottet et il est illustré par des photographies en noir et blanc prises par l’auteur.

    C’est un joli manifeste du poète, les fleurs ont un langage, les saisons se déroulent « des labours à la défaite de l’hiver » la poésie est là pour nous délivrer leur message. 

    Les saisons s’égrènent dans un paysage de collines mais «  ne se succèdent pas selon le simple appel du calendrier. Elles s’accompagnent et se quittent au gré de leurs caprices.»  que le poète découvre lors de ses balades sur le plateau du Jorat, son pays. 

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    Plateau du Jorat pays de transhumance

    Les Saisons

    « Toute arrivée humaine dans un jardin d’aube, par exemple, ne peut être qu’une intrusion et rompt aussitôt mille colloques de fleurs »

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    « L’été glisse parfois de longues journées chaleureuses, et l’hiver dont on voudrait peindre ici la défaite abrite, dès de début de l’an nouveau, un printemps secret qui s’amuse à donner au regards anxieux des hommes, las de la cruelle blancheur du paysage, milles signes furtifs de sa présence. »

    Les Fleurs et les fruits

     

    « La rose ronde et nue, la rose rose, la rose de toujours. L’antique rosier des jardins paysans qui buissonne, renaît sans relâche au long des siècles »

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    « J’ai choisi l’appel de cette campanule solitaire comme un cheminement vers quelque chose de plus mystérieux encore. »                                               

    « C’est une très haute campanule des bois couverte de cloches et de feuilles à demi flétries, la suppliante au nom de cette forêt qui halète de soif, tout près de périr elle-même, guetteur d’un impossible orage, véhément porte-parole au seuil du bois torturé. »

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    « Capucine, soeur du feu, mais qui se défend en magicienne généreuse contre l’eau même, pluie ou rosée. »

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    « Ce nom, ce « ne m’oubliez pas », c’est lui qui l’a dicté aux hommes, depuis des siècles, depuis qu’on a pu lire confusément sa prière à chaque printemps recommencé. 

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    Les livres

    Là-bas août est un mois d’automne - Bruno Pellegrino - Editions ZOE
    Les Fleurs et les saisons - Gustave Roud - Editions La Dogana

  • Hokusai le fou de dessin - Henri-Alexis Baatsch

    Après Proust et son herbier, Monet et son jardin voici le fou de dessin

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    Hokusai Autoportrait  Musée du Louvre

    Je sortais juste de chez Monet où les murs sont couverts d'estampes japonaises et comme je n'ai pas eu l'occasion de voir l'expo dédiée au peintre au Grand Palais, j'ai décidé de me consoler avec ce livre superbe et abordable ce qui n'est pas rien pour un livre d'art

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    Un mot de l'aspect du livre : il est magnifique, une belle couverture irisée, une double reliure qui rend le livre beau et maniable, enfin des pages doublées comme dans certains livres chinois rendant les feuilles souples et douces à la fois. 

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    série Cent poètes et cent poèmes 

    Entrons dans le vif du sujet, deux grands chapitres : une biographie de Hokusai Katsushika qui vécu jusqu'à l'âge canonique de 89 ans. 
    C'est lui même qui s'est donné le nom de Fou de dessin « autrefois Hokusai, aujourd’hui Gakyo Rojin, le vieillard fou de dessin » 

    Il fut un peintre et un dessinateur spécialiste de ce que les japonais appellent l'ukiyo-e  浮世絵  (c'est trop beau en japonais) c'est à dire Image d'un monde flottant, faites de scènes de la vie quotidienne, de portrait d'acteur du théâtre kabuki

    Au Japon les artistes appartenaient à des ateliers et réalisaient indéfiniment les mêmes genres de dessins ou peintures, Hokusaï lui va sortir du chemin tracé.

    L'artiste va se révéler et devenir non seulement le plus connu des artistes japonais, mais va durablement influencer les peintres européens comme Monet ou Van Gogh.

    En fait l'essentiel de son oeuvre il l'a réalisé entre 40 et 89 ans !

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    Cinq beautés - Musée de Kyoto

    En 1820 alors qu'il a déjà cinquante ans il réalise les 36 vues du Mont Fuji 

    hokusai

    qui bientôt deviendront les 100 vues du Mont Fuji 

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    Vue du Mont Fuji - British Muséum

    On estime qu'il a réalisé pas moins de trente mille dessins et estampes ou peintures et des carnets de croquis appelés …manga

    On a la chance en France d'avoir plusieurs de ses oeuvres au Musée Guimet à Paris.

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    Estampes du Musée Guimet à Paris ©

    Dans un second chapitre H A Baatsch présente les oeuvres d'Hokusaï, les reproductions sont vraiment belles, les doubles pages souvent utilisées pour donner des reproductions de très belle qualité. 

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    Maison de thé

    Certaines oeuvres m'ont fait rire, Hokusaï n'hésite pas à peindre ses semblables dans des postures ridicules, de marquer la maladresse des hommes, il le fait avec humour et ses caricatures sont drôles et émouvantes à la fois.

    J'aime aussi certains portraits de femmes, le dessin est raffiné, précis, élégant. 

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    Mais là où j'aime vraiment Hokusai c'est dans la peinture et les dessins de paysages. Il peint l'espace si ample et l'homme parfois bien petit.

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    Il fut l'un des premiers japonais à utiliser le bleu de Prusse qui était entré sans doute en fraude, venu d'occident. 

    hokusai

    Série miroir de la poésie japonaise et chinoise

    Les séries du Mont Fuji, les cascades, la série des ponts, dans ces séries il se rapproche d'Hiroshige qui vécu à la même période. 

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    vue de pont dans les provinces 

     C'est le troisième livre de peintures et dessins du Japon qui entre dans ma bibliothèque et les trois sont de parfaits petits bijoux, à feuilleter indéfiniment

     

    Le livre : Hokusai Le fou de dessin - Henri-Alexis Baatsch - Editions Hazan

  • Le bon coeur - Michel Bernard

    Il fallait tout le talent de Michel Bernard pour me faire entrer dans ce roman. Autant vous le dire, Jeanne d'Arc, oui c'est d'elle qu'il s'agit, ce n'est pas vraiment mon héroïne de prédilection, tout ce qui tourne autour de cette femme m'agace ou me fait rire, la pucelle et la sainte, l'image de la frêle jeune femme sauvant la nation, pour moi une illuminée mystique et ça sans compter sur les couronnes tressées par la famille Le Pen.

    Bref vous avez compris que je déteste, enfin... je détestais.

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    Magie des livres et des mots, je ne comprends toujours pas comment Michel Bernard m'a embarqué mais je peux vous dire que je l'ai suivi sur les routes pieds et poings liés. 

    Tout d'abord j'ai aimé le portrait  « Grande, carrée d'épaules, bien campée sur ses jambes, le visage ouvre, les yeux vifs, le regard profond, intense »

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    Un peu comme celle de Luc Besson

    Je me suis amusée d'entendre son entourage la soutenir, la défendre, l'admirer « Elle aurait du prêcher à la place du curé », j'ai aimé la jeune fille qui va river son clou au Duc de Lorraine, qui vêtu en écuyer enfourche un vieux cheval saluant la foule qui lui fait escorte. 

    La geste de Jeanne commence…….

    Bon je ne vais pas me couvrir de ridicule et vous raconter la suite, non, je vais vous dire : lisez ce livre, que vous soyez ou non amateur d'histoire, que vous aimiez ou non Jeanne d'Arc

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    Siège d'Orléans

    J'ai aimé le portrait que trace Michel Bernard de Jeanne, portrait qui commence par une gifle magistrale,  mais aussi les portraits de tous les personnages qui gravitent autour d'elle et autour du roi. 

    On entre aperçoit Charles d'Orléans prisonnier et s'occupant à faire des vers, on croise Gille de Rais, et bien entendu un certains nombres de « mangeurs de viande bouillie »

    J'ai aimé surtout la langue de Michel Bernard, une savante alliance entre poésie et réalisme, entre la beauté des paysages 

    « Ils marchaient à pas lents. Sur les claies d'osier le chèvrefeuille avait repris sa croissance. Sous les tonnelles pointaient, violettes, les pousses de la vigne. Entre les murs du château attiédis, dans la terre, ameublie et fumée, l'hiver avait cessé de mordre »

    et le sang des champs de bataille

    « Chaque cavalier laissait derrière lui un sillage sanglant et gémissant. Les soldats à pied qui suivaient en trottinant achevaient les blessés et rattrapaient les ennemis qui avaient échappé à la grande faux de la cavalerie »

    Sa Jeanne est magnifique jusque dans la défaite, elle a, dit-il, ce qui manque à la France de ce temps là « la foi, la confiance et l'autorité »

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    Ingrid Bergman dans Jeanne au bûcher 

    J'ai beaucoup aimé les pages sur le procès et la captivité, sobres, parfois cinglantes, émouvantes aussi car on oublie l'héroïne pour ne voir plus qu'une jeune femme contrainte, enfermée, terrorisée. 

    Un beau et bon roman qui début bien mon année de lecture

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    Le livre : Le bon coeur - Michel Bernard - Editions de la Table Ronde

  • Un jour avec Claude Monet à Giverny - Adrien Goetz

    « Mon plus beau chef d’œuvre, c’est mon jardin »

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    Qui n'aime pas Claude Monet ! J'ai un très beau livre sur l'expo qui s'est tenue à Paris et je le feuillète souvent. 

    Ici c'est pour la découverte d'un univers intime que j'ai cédé à la tentation d'acquérir ce livre. Enfin quand je dis intime …j'oublie les millions de touristes qui sont venus l'admirer, le photographier. 

    J'ai lu ce livre immédiatement après l'Herbier de Marcel Proust aussi ai-je eu l'impression de poursuivre un parcours parmi les fleurs : iris, hortensias, violettes, tulipes, capucines ……

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    Le livre alterne savamment et avec justesse les photos d'époque, celles d'aujourd'hui, les photos du jardin et celles de l'intérieur de la maison.

    Je ne connaissais pas du tout le village de Giverny mais avec ce livre on a envie de traverser ce village, d'arpenter les ruelles en espérant tomber sur un peintre chevalet sous le bras et on voudrait suivre ce chemin ombragé qui va de Vernon à Giverny.
    C'est plus qu'un charmant petit village, au gré des pages on a un peu l'impression d'entrer dans un tableau. 

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    L'entrée de Giverny en hiver

    Je connais l'oeuvre de Monet mais pas du tout sa vie, aussi ai-je beaucoup appris grâce aux photos et aux extraits de livres écrits sur lui par ses amis, de sa correspondance.

    La maison, Claude Monet s'y installe en 1883, l'ancien pressoir va petit à petit devenir une maison où la lumière est magnifique et où se retrouvaient les amis du peintre.
    J'ai souri aux photos de personnalités venues là pour honorer le peintre ou par amitié comme les photos de Monet et Clemenceau, l'art et la politique bras dessus bras dessous.

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    L'art et la politique

    Les photos de l'intérieur de la maison nous font entrer chez Monet, découvrir sa collection d'estampes japonaises qui ornent magnifiquement une belle salle à manger

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    « La pièce est ensoleillée, les murs tapissés de jaune citron sont décorés uniquement d'estampes japonaises que Monet nous dit avoir achetées autrefois en paquets pour quelques francs en Hollande » Jacques Salomon

    j'ai aimé le bleu de Delft de la cuisine et le salon atelier où des reproductions des oeuvres que Monet aimait le plus sont exposées simplement, sans ordre et sans cadre.

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    Mais le clou du spectacle c'est le jardin, le plus beau chef-d'oeuvre du maître, une invitation pleine de couleurs et de lumière

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    « Le spectateur n'est plus devant un tableau encadré, il est au centre de l'œuvre d'art. Le regard se perd non pas dans une image du réel mais dans un espace clos qui est un monde en soi, hors du temps. » 

    Claude Monet organisait le jardin et les plantations en fonction des couleurs et de la course du soleil qui venait illuminer les fleurs aux différentes heures de la journée. 

    La longue  maison aux volets verts, toute crépie de rose est assez majestueuse, on sent à travers les photos l'harmonie voulue par le peintre, la joie qui devait être la sienne mais aussi le labeur de tous ceux qui l'entouraient car l'homme avait semble t-il un caractère un rien difficile.
    Le côté japonais du jardin, l'étang et ses nymphéas  rappelle aussitôt les nymphéas de la Vivonne.

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    Je sais que parmi vous il y a des chanceuses qui font des visites régulières à ce jardin, je ne sais si j'irai un jour mais je viens de combler une de mes envies grâce à ce livre bourré d'anecdotes.

    J'aime  Adrien Goetz quand il se fait passeur comme ici ou comme dans les émissions sur Marcel Proust.
    Il a réussi là ce qu'il souhaitait : mettre en cohérence maison et jardin, fondation et musée. 

    C'est un beau livre, présenté dans un joli boîtier, les photographies de Francis Hammond sont superbes, les reproductions des oeuvres de Monet sont bien choisies.

    Découvrez vite Giverny et le plus célèbre de ses habitants.

    Pour le côté pratique tapez www.claude-monet-giverny.fr 

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    Le livre : Un jour avec Claude Monet à Giverny - Adrien Goetz - photographies Francis Hammond - Editions Flammarion

  • Le monde de Charles Dickens - Angus Wilson

    Le plus anglais des écrivains anglais

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    Noël est le moment parfait pour proposer un livre sur Dickens 

    Il y a plusieurs biographies accessibles de Charles Dickens, depuis celle en Folio de Jean-Pierre Ohl au pavé de Peter Ackroyd.
    Oui mais voilà si ces biographies sont tout à fait satisfaisantes quant à la vie de l’auteur, leur analyse de l’oeuvre pèche par insuffisance à mon goût.

    Alors vers quoi se tourner ? Je vous propose l’essai biographique d’un anglais, Angus Wilson, paru en France il y a longtemps mais toujours disponible.

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    Ce livre a en tout premier lieu le mérite de vous pousser à ouvrir, lire ou relire les romans de Dickens. Chaque chapitre de la vie de Dickens est bien sûr illustré par des extraits de correspondance, de critique d’époque, de détails historiques mais surtout vous voyez naitre à travers les pages les personnages qui seront quelques années plus tard les héros de feuilletons attendus par des milliers de personnes.

    Période par période sont analysées les oeuvres au fur et à mesure de leur parution. Trame romanesque, personnages, construction du récit.

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    Oliver Twist

     Angus Wison est parfois sévère avec Dickens mais jamais gravement, il nous dessine un styliste éblouissant, voyez par exemple le premier chapitre des Grandes Espérances ! Il nous rappelle l’anecdote racontée par Giono de ce cancre de collège qui un beau jour se métamorphosa par la grâce de la lecture du roman, entrainant derrière lui la classe entière vers de Grandes espérances

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    Les Grandes espérances

    j’ai aimé la façon dont Angus Wilson dessine un à un les personnages de Dickens, s’attache à nous expliquer le pourquoi du comment de l’absolue empathie du romancier pour les gens ordinaires mais aussi les limites de cette démarche.
    Son extraordinaire aptitude à créer des personnages inoubliables dont le nom nous est parvenu par delà les années. Pour chacun il y a une anecdote qui lui est attachée, un fait simple mais qui ancre à jamais le personnage dans notre mémoire.

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    Le magasin d'antiquités

    Angus Wilson n’est jamais complaisant envers le plus anglais des écrivains anglais. Il met superbement en avant la profondeur humaine de l’homme sans nier ses piètres talents de père de famille et de mari. 

    Il illustre ses propos de maints exemples, voyez Churchill plongé dans les Pickwick PapersSes analyses des principaux romans sont fines, admiratives mais sans concessions quand il faut souligner quelques imperfections dans un récit. 

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    Christmas Carol

    Allant à contre courant Angus Wilson relativise les déboires de l’enfance de Dickens, mais il met l’accent sur le fait qu’il ne parvint jamais à les oublier mais que son le talent de romancier lui permit de transformer son expérience personnelle pour lui conférer la puissance d’un mythe

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    Les personnages de la Maison d'âpre vent

    J’ai aimé la description réjouissante des lectures publiques de Dickens, même si l’on sait qu’elles ont largement contribué à sa fatigue à la fin de sa vie. Il était pendant les lectures tous ses personnages à la fois, Sam Weller et Peggoty, Nell et Oliver.

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    Le rêve de Charles Dickens - Robert William Buss - Musée Dickens

    Une biographe de Dickens, Claire Tomalin dit « il a laissé une trainée comme un météore » si vous souhaitez mieux connaitre la vie et l’oeuvre de Charles Dickens ce livre est celui qu’il vous faut. 

      

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    Le Livre : Le Monde de Charles Dickens - Angus Wilson - Gallimard Tell 1972