10.07.2011
Le Bal - Irène Némirovski
Laissez vous emporter par la musique des mots
" un mélange confus de folle musique, de parfum enivrant, de toilettes éclatantes, de paroles amoureuses chuchotées dans un boudoir écarté, obscur et frais comme une alcôve"
Lu, relu, offert, ce livre est dans ma bibliothèque depuis une vingtaine d’années, j’ai appris récemment avec désolation (pardon par avance à tous les profs) que ce livre est aujourd’hui étudié en classe, j'espère qu'il ne perd pas ainsi son pouvoir recouvert en quelque sorte par le voile de la lecture obligée.
Si vous n’avez jamais lu ce livre, écoutez-le avec la voix d’Irène Jacobs
Vous apprendrez comment la famille Kampf est en train de s’installer dans l’opulence après avoir grimpé les marches de l’ascension sociale. Voyez la préparer LE bal qui va définitivement la faire entrer dans le paradis des riches et leur permettra de regarder de haut le reste de la famille. Ce moment de gloire préparer dans le moindre détail met Antoinette, la fille de la maison, dans un état de fureur et de tristesse mêlés car malgré toutes ses demandes, ses supplications, elle n’assistera pas à ce bal.
Parfois le hasard fait bien les choses, quelques minutes de retard lors d’une leçon de piano, un coup de vent malencontreux...et les événements tournent d’une façoninattendue et délectable.
Ecoutez un extrait ici

Un petit chef d’oeuvre dont j’aime l’acidité, la cruauté, la joyeuse perfidie.
Un tableau plein de fiel de la famille, méchamment moqueur d’où s’échappent pourtant des étincelles d’émotion.
Le CD audio : Le Bal - Irène Némirovski - Editions Audiolib
05:39 Publié dans A Voix haute, Littérature Française, Livres d'été | Lien permanent | Commentaires (50) | Envoyer cette note
17.01.2011
L'Assommoir - Emile Zola
Je sais que c'est la rentrée littéraire de Janvier mais tant pis je continue mon parcours chez Zola car loin d'être une obligation c'est surtout un très grand plaisir de lecture

Ce septième roman de la saga des Rougon est le plus dur, le plus noir, le plus désespéré. Je l’ai lu il y a très longtemps et plutôt que de le relire j’ai préféré l’écouter.
Gervaise est l’héroïne de ce roman, arrivée de Plassans depuis quelques mois elle a échoué dans une chambre sordide du quartier de la Goutte d’Or, elle vit là avec ses deux fils Claude et Etienne.
Son compagnon, Auguste Lantier chapelier de son état est plus occupé à « courir la gueuse » qu’à faire bouillir la marmite. Gervaise abandonnée par Lantier trouve du travail comme blanchisseuse. Courtisée par Coupeau un ouvrier couvreur elle finit par accepter de l’épouser. La noce est mémorable, Coupeau a du travail, bientôt arrive une enfant surnommée Nana, il ne manque plus à Gervaise pour réaliser son rêve que pouvoir ouvrir sa propre blanchisserie.
Gervaise le film avec Maria Schell
Mais la fatalité frappe les petits plus durement que les grands et lorsque Coupeau tombe d’un toit c’est la dégringolade. Le chômage, la fonte des économies, les dettes.
Coupeau passe désormais ses journées à l’Assomoir et devient ami avec Lantier. La vie devient impossible entre ces deux hommes et Gervaise trouve elle aussi refuge dans l’alcool.
Les enfants s’enfuient : Claude vers sa vie d’artiste raté, Etienne part travailler dans le nord, Nana devient fleuriste mais pour combien de temps ?

L'absinthe - Edgar Degas
Zola voulait frapper avec ce roman, il voulait que son livre soit « le premier roman sur le peuple, qui ne mente pas et qui ait l'odeur du peuple ». C’est réussi et cela provoque le scandale.
C’est la première fois que l’on ose faire une peinture aussi réaliste de la déchéance humaine, de la pauvreté sordide, de la misère, de la crasse. Cette description choque, elle choquait à l’époque et elle choque encore aujourd’hui.
Un roman dénonçant la pauvreté, les terribles ravages de l’alcoolisme : Les scènes du délirium de Coupeau sont particulièrement fortes et reflètent bien le travail préparatoire énorme de Zola dans ses fameux Carnets d’enquête.
Un mot sur le livre audio: pour la première fois je n’ai pas aimé la voix qui lit le texte, le rythme trop haché de la lecture, la voix monocorde, tout cela m’a gêné et du coup j’ai ressorti mon ebook pour terminer le récit. Dommage.
Vous pouvez retrouver les autres romans déjà chroniqués des Rougon Macquart sur ce blog
La Bête humaine La Fortune des Rougon La Curée Le Ventre de Paris
La conquête de Plassans Son excellence Eugène Rougon La Faute de l'abbé Mouret
Vous pouvez aussi retrouver d'autres critiques sur le site Lecture/Ecriture et chez Cuné
03:30 Publié dans A Voix haute, Littérature Française | Lien permanent | Commentaires (46) | Envoyer cette note
18.12.2010
Cadeau pour amateur de courts récits

Pour lecteur qui refuse de lire des pavés, qui préfèrent le court, le vite lu MAIS qui aime les récits sensibles.
Je vous propose un mixte : Livre et CD, avec deux récits qui sont un peu de la même famille, plus versant humour pour l’un, versant doux souvenirs pour l’autre.............
L’oiseau canadèche - Jim Dodge - Editions Cambourakis
Livre léger et court mais oh combien attachant, Jim Dodge c’est un nom qui ne dit rien et je ne l’aurais jamais lu sans le billet de Claude.
Faites connaissance avec un trio improbable et hilarant :
Titou, de son vrai nom Jonathan Adler Makhurst II, confié à son grand-père après la disparition de ses parents, Jake le grand-père littéralement confit dans l’alcool, et Canadèche un volatil obèse.
Pépé se serait bien passé d’un petit-fils, son activité de bouilleur de cru lui suffit, d’autant qu’il détient une recette de Whisky qui lui permet de rêver à l’immortalité. Titou en grandissant va devenir lui aussi spécialiste mais d’un tout autre genre, lui ce sont les clôtures, faire des trous, y planter des piquets, voilà sa passion. Grâce à lui le ranch peut résister à n’importe quel assaut.
Et Canadèche me direz-vous, là je vous laisse découvrir ses nombreux dons mais sachez que cela a à voir avec les échecs et les sports de combat.
Ah j’allais oublier il y a encore un personnage dans l’histoire : Cloué-Legroin mais là je n’en dirais rien sachez seulement que c’est un méchant, très très méchant et l’ennemi juré du trio.
Du burlesque, du loufoque, du déjanté, en quelques 100 pages on s’offre une lecture très très réjouissante que vous pouvez en ces temps de fête accompagner d’un petit verre de quelques chose c'est Jake qui vous l'offre.
L’été indien - Truman Capote - Editions Frémeaux et associés
Encore une histoire de grand-père, nous sommes en Virginie, c’est l’automne avec toutes ses couleurs « les feuilles d’un vert sans éclat se mettaient à flamber dans des tons orangés, rouges, jaunes et cramoisis ».
Bobby doit quitter tout cela, il doit déménager, il va habiter la ville et ainsi s’éloigner des ses grand-parents. C’est une vraie déchirure pour le petit garçon qui à un profond attachement pour son grand-père.
C’est une nouvelle courte, avec un sujet simple mais traitée avec un grande délicatesse. Le monde bénit de l’enfance et ses blessures secrètes, les fils qui relient les êtres et qui peuvent être si facilement rompus, tout cela est rendu avec beaucoup de justesse.
C’est une nouvelle pleine de charme et de nostalgie à laquelle la voix chaude de Jean Claude Rey apporte toute la tendresse nécessaire.
Deux plaisirs différents, deux cadeaux pour faire deux heureux ou un seul mais doublement comblé !

05:00 Publié dans A Voix haute, Hotte de Noël, Littérature Américaine | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
12.12.2010
Du livre au CD il n'y a qu'un pas

Pour ceux qui aiment les histoires mais pas la lecture, pour ceux qui sont sensibles à la voix, pour ceux qui aiment retrouver leurs héros favoris.......
Ecouter un texte c’est un plaisir particulier, vous ne vous confrontez plus à un texte, il vient à vous.
Votre esprit peut vagabonder pendant l’écoute, c’est un moment privilégié. L’auteur d’un seul coup se fait entendre, son rythme, sa mélodie, ses mots résonnent ...
La voix donne une vie nouvelle au texte, le comédien qui lit apporte un souffle aux mots, les fait grandir, vibrer.
J’ai découvert en « écoutant » Dostoievski, Zola, Proust, la musique de leurs textes qui apporte un sens nouveau et a augmenter mon plaisir de lectrice.
Trois propositions de trois textes connus à découvrir ou redécouvrir
L’ami retrouvé - Fred Uhlman - Ecoutez lire Gallimard
Un classique que vous pouvez offrir à un ado qui lirait bien mais ....
Lui faire découvrir l’amitié qui lie Hans et Conrad, le fossé qui sépare l’enfant juif et le fils d’une grande famille aristocratique en ces temps de montée du nazisme. Forcé à l’exil Hans un jour sera remis en présence de son passé.
Robin Renucci donne vie à Hans et à Conrad, il fait vivre l’amitié naissante, les joies partagées et la douleur de la séparation, une interprétation très chaleureuse qui ajoute encore de la force au texte.
La jeune fille à la perle - Tracy Chevalier - Ecoutez lire Gallimard
Inutile de présenter l’histoire et vous avez sans doute également aimé le film
A l’écoute de ce CD vous replongez dans les rues de Delf et vous entrez dans l’atelier de Vermeer accompagné par la voix d’Isabelle Carré qui vous fait vivre l’éblouissement de Griet devant un univers inconnu, elle sait à merveille vous communiquer le trouble qui s’empare de la jeune fille devant le maître et la douleur qui s’ensuit.
La petite dame en son jardin de Bruges - Charles Bertin - Editions Autrement dit
Un magnifique récit consacré à sa grand-mère où il rend un hommage émouvant à cette femme qui a illuminé son enfance.
Ce petit bout de femme qui lui fait arpenter Bruges, faire des concours de châteaux de sable, filer à bicyclette pour découvrir la mer du Nord. Cette Thérèse Augustine qui savait si bien souffler dans son bugle pour annoncer son anniversaire.
La voix d’Alain Carré fait vibrer le texte et toute la magie de l’enfance vous assaille.
Pour vos achats des Sites spécialisés il vous reste juste le temps
Livraphone le livre qui parle la librairie sonore

11:22 Publié dans A Voix haute, Hotte de Noël | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
27.06.2010
La Gloire de mon père
La Gloire de mon père - Lu par Marcel Pagnol - Editions La Librairie sonore Frémeaux et associés
« Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers » Lorsque la voix de Marcel Pagnol entame le récit de son enfance, c’est toute la Provence qui s’invite. Les plus beaux passages du livre sont dans toutes les mémoires : Joseph le petit instituteur si fier de son fils, l’amour filiale de Marcel pour Augustine la jolie couturière, l’oncle Jules fameux propriétaire du parc Borély, le déboutonnage de Tante Rose et surtout surtout l’arrivée à la Bastide Neuve dressée au milieu d’un « désert de garrigues »
Ecouter Pagnol lire « La Gloire de mon père » c’est pendant un moment être transporté au pays de l’enfance heureuse, retrouvé le petit Paul qui « abordait le soir dans son lit, la philosophie des Pieds Nickelés. » , c’est partir en escapade avec Lili des Bellons.
Tous les personnages sont extraordinairement vivants auréolés des souvenirs de nos lectures, on ressent au fond de soi la fierté du fils pour son père bouliste amateur et on est impatient de refaire avec Joseph le magnifique doublé de bartavelles.

Même si vous l’avez lu de nombreuses fois, laissez vous séduire par la voix de Pagnol qui dit Patrick Frémeaux « nous révèle un imaginaire intemporel qui est l’un des plus beaux chants d’amour à la Provence de notre patrimoine littéraire; un véritable hymne à la vie devenu l’un des fleurons de la mémoire collective des Français de toutes générations."
Retrouver le livre chez Bénédicte
19:25 Publié dans A Voix haute, Littérature Française | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
17.05.2010
La Peste - Albert Camus
La Peste - Albert Camus - Interprété par Christian Gonon - Gallimard audio
Bon je vais pas vous le faire "fiche de lecture" pour préparer le bac de français donc un court billet.
Publié en 1947 c’est le premier succès pour Camus, on sort de la guerre, de six années d’enfermement et Camus nous dit tout sur ce livre dans ses carnets " je veux exprimer au moyen de la peste l’étouffement dont nous avons souffert et l’atmosphère de menace et d’exil dans laquelle nous avons vécu. Je veux du même coup étendre cette interprétation à la notion d’existence en général. "
Oran, ville sur laquelle va s’abattre "la peste" et qui s’installe dans l’isolement et la peur. Les habitants, les autorités tout le monde est concerné " la peste fut notre affaire à tous"
Il faut lutter contre le fléau " et ne pas se mettre à genoux". Le comportement de tous devient symbolique, chacun incarne qui le courage, qui la lâcheté, qui la démission. Ils se retrouvent tous lorsque le péril s’éloigne, lorsque la peste est éradiquée les habitants n’oublient pas l’épreuve " qui les a confronté à l'absurdité de leur existence et à la précarité de la condition humaine."

La Peste d'Astod - Nicolas Poussin
En cette année Camus, j’ai préféré écouter ce texte plutôt que le relire. Il a été lu à la radio par Christian Gonon qui prête sa voix à ce livre audio et dont Mango nous parle dans son billet.
Je laisse la parole pour finir à l’ami de toujours :
" L’histoire, qui se veut réaliste aussi bien dans son décor, ses péripéties, la description clinique de la maladie et la variété des personnages, raconte comment la peste se déclare non dans une cité imaginaire, mais à Oran, comment la ville sera coupée du monde et livrée à son malheur, et comment quelques hommes sauront, par leur révolte, opposer au mal la seule attitude possible."
Jean Grenier in Albert Camus soleil et ombre
07:47 Publié dans A Voix haute, Littérature Française | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
09.04.2010
Rosa la vie - Rosa Luxemburg
Rosa, la vie - Lettres de Rosa Luxemburg - Traduites par Laure Bernardi et Anouk Grinberg - Editions de l’Atelier
Le livre est accompagné d’un CD dans lequel Anouk Grinberg lit 9 lettres de Rosa Luxemburg.
C’est un vrai coup de coeur que j’ai eu pour ce livre, les éditions de l’Atelier ont publié un livre ET un CD audio en complément, ainsi à l’intérêt de la lecture s’ajoute le plaisir du texte lu.
Une belle couverture rouge qui attire le regard le nom de Rosa Luxemburg. Un nom croisé au gré des lectures, plus spécialement dans " Le Troisième Reich" de William Shirer, une femme dont je ne savais quasiment rien, juste une curiosité pour cette Rosa la rouge comme on l’avait surnommé, pour ce destin hors du commun, au début du XXème siècle être à la fois femme, juive, socialiste et pacifiste ne prédisposait pas à une vie simple.
Une brève (très brève) biographie) mais je me promet d’en lire une très bientôt.
Rosa Luxemburg est née en en 1871 en Pologne, des études d’économie politique à Varsovie, militante du parti socialiste polonais et membre de l’Internationale Socialiste elle est contrainte de s’exilée en Suisse, en 1898 elle devient citoyenne allemande et milite dans le parti socialiste allemand SPD dont elle est exclue en raison de ses positions pacifistes, elle crée avec Karl Liebknecht et Clara Zetkin le mouvement spartakiste. Entre 1914 et 1918 elle alterne périodes de liberté et emprisonnement en forteresse. C’est de prison que sont écrites les lettres rassemblées dans ce livre, prison d’où elle ne cessera jamais d’écrire.
Tout juste libérée, elle est assassinée en janvier 1919 lors de la répression de la révolte spartakiste de Berlin. Assassinat qui est le prélude à des années de barbarie.

Les lettres rassemblées ont été écrites pendans ses années d’incarcération et sont adressées à ses amis politiques : Clara Zetkin, Luise Kautsky, Sonia Liebknecht, à ses proches et Leo Jogiches son compagnon et grand amour.
On découvre une femme authentique et forte qui laisse parfois percer son découragement et sa solitude "Hier j’étais prête à abandonner d’un seul coup toute cette politique maudite" Mais très vite le courage revient et elle s’évade par les mots et songe aux voyages qu’elle fera une fois libérée "Je projette de vous traîner en Corse. C’est encore plus beau que l’Italie (...) Imaginez un paysage ample et héroïque, avec des montagnes et des vallées aux lignes austères, en haut, rien que la roche nue, d’un gris plein de noblesse : en bas, des oliviers luxuriants, des lauriers-cerise et des châtaigniers séculaires."
Elle trouve de l’aide dans la lecture des livres que lui envoient ses amis et qui parviennent jusqu’à elle quand ses geôliers le permettent. La poésie mémorisée lui apporte aussi parfois réconfort et évasion "J’étais debout devant ma fenêtre à barreaux et je me récitais mon poème préféré de Mörike.
J’entre dans un village avenant,
Les rues sont rouges du soleil couchant :
A travers une multitude de fleurs
On entend tinter une clochette d’or........... "
Toujours elle s’inquiète pour ses amis incarcérés ou ceux qui sont au combat et cherche à leur insuffler du courage et de l’espoir, elle écrit ainsi à Hans Diefenbach en se remémorant ses années en Suisse "Mon Dieu, comme le monde est beau, comme la vie est belle ! "
Ce qui se dégage de ces lettres c’est avant tout un courage magnifique, une volonté de résister inentamée même si parfois elle est prête de l’effondrement " Il suffit malheureusement de la plus petite ombre qui passe sur moi pour faire voler en éclats mon équilibre et ma béatitude : j’éprouve alors une souffrance indicible "

La révolte Spartakiste à Berlin
Cette femme capable de manier la polémique est ici avant tout une femme qui lutte, qui se rassemble pour supporter l’isolement, la mort de ses amis, l’emprisonnement de ces compagnons et qui nous donne une extraordinaire leçon de vie et d’espoir.
" N’oubliez pas, même si vous êtes occupés, même si vous traversez la cour à la hâte, absorbés par vos tâches urgentes, n’oubliez pas de lever la tête un instant et de jeter un oeil à ces immenses nuages argentés et au paisible océan bleu dans lequel ils nagent."
J’ai immédiatement été happée par ses lettres, par l’émotion et la profonde humanité qui s’en dégagent.
Une belle préface à ce livre par Edwy Plenel journaliste qui dit " Les écrits épistoliers de la prisonnière Rosa Luxemburg ont ceci d’irremplaçables qu’ils donnent à voir et à comprendre la vérité de cette forme d’engagement total pour la cause des opprimés, des exploités et des démunis "
La voix si particulière, l’émotion si juste que fait entendre Anouk Grinberg qui dans une courte présentation dit à quel point sa rencontre avec Rosa Luxemburg l’a marqué et est inoubliable pour elle
Ce qui fut un spectacle créé au théâtre de l’Atelier, est devenu livre et disque pour nous faire partager les mots de Rosa la rouge.
Une vidéo sur le spectacle d’Anouk Grinbert
09:04 Publié dans A Voix haute, Histoire | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
07.02.2010
Maître et Serviteur - Léon Tolstoï
Maître et serviteur - Léon Tosltoï - Editions Frémeaux et Associés
Tolstoï a été toute sa vie en proie aux tourments, il a traversé une crise morale et religieuse, n’arrivant pas à vivre sa foi ni à réaliser son idéal de pauvreté.
L’histoire qu’il conte ici en est l’illustration, il traduit l’idée qu’il se fait d’une vie réussie, bénéfique, de l’importance du don de soi.
Le récit se situe dans un milieu modeste, le marchand Brékhounov se dispose " à se rendre chez un propriétaire du voisinage pour lui acheter une forêt" S’enrichir, faire des affaires, amasser des biens, devenir millionnaire, voilà sa préoccupation première.

Le dégel - Fiodor Alexandrovitch Vassiliev - Galerie Trétiakov Moscou
Nikita son valet va le conduire, il est connu pour son coeur à l'ouvrage, sa bonté, son adresse. Son maître l'exploite honteusement tout en se persuadant qu'il est le bienfaiteur de Nikita. Ils vont entreprendre un voyage en pleine tempête, bientôt perdus dans un univers sans repairs le danger les guette. Les pensées de Brekhounov sont alors bien éloignées des biens matériels, la peur, la terreur l'envahissent " Il sentait qu'il allait périr au milieu de cet affreux désert de neige mais ne voyait aucun moyen de salut"
Véritable parabole sur la mort ce récit haletant s'écoute avec bonheur.
Georges Haldas grand connaisseur de Tolstoï dit " C’est la face visible, humaine, d’une angoisse infiniment riche et féconde à la fois."
Je suis certaine que comme moi vous écouterez (ou lirez) ce récit avec passion.
Claude Lesko issu du théâtre lyonnais prête sa voix à Brékounov et à Tolstoï
00:19 Publié dans A Voix haute, Littérature Russe | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
28.11.2009
Premier amour - Ivan Tourgueniev
Premier amour - Ivan Tourgueniev - Lu par Stéphane Freiss - Editions Naïve
J’ai lu très peu de choses de Tourgueniev et la sortie de ce livre audio m’a décidé à faire plus ample connaissance.
L’histoire est simple, Vladimir est un adolescent de 16 ans et il va tomber amoureux fou de Zinaïda qui en a vingt et un et vit dans le domaine d'à côté.
Lui est encore d’une timidité maladive, elle, connaît déjà la vie, elle est belle et sulfureuse et tous les hommes sont à ses pieds.
Ce n’est pas une histoire romantique et un peu guimauve, Vladimir éprouve des sentiments violents, une jalousie sans bornes attisée par la belle Zinaïda volage, coquette et cruelle.C’est une vraie tragédie familiale dont le cadre est la Russie du XIXième siècle.J’ai beaucoup aimé ce récit d’amour contrarié tendre et délicat mais sans mièvrerie, la lecture de Stéphane Freiss est parfaite.
Du coup j'ai fait un petit tour sur la biographie de Tourgueniev par Henri Troyat et il semble que cette histoire soit en grande partie autobiographique.
Le livre a largement été chroniqué sur la blogosphère : un billet chez Lecture/Ecriture

09:16 Publié dans A Voix haute, Littérature Russe | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note






















































































































































































































































