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A sauts et à gambades - Page 172

  • Voyages - William Bartram

    Le père de Franklinia Alatamaha

     

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    Une partie de ma famille est allée vivre en Caroline du Sud, cela rend immédiatement curieux d’un territoire.

    Coïncidence : Je croise dans un livre récent le nom d’un naturaliste qui a arpenté ces terres là et double coïncidence une nouvelle collection chez Corti nous offre la traduction des voyages de ce naturaliste !!!

    Ma curiosité bien réveillée j’ouvre le livre de William Bartram.

     

    Plus jeune qu’Audubon, William Bartram vit en Amérique avant que ce soient les Etats-Unis. 

    Fils de quaker, son père botaniste du roi l’initie à la botanique, à l’entomologie, à la zoologie alors qu’il est encore en culottes courtes.

    Mais le père n’a pas le talent du fils pour conter ses voyages et il va falloir attendre 1791 pour que William publie ses pérégrinations en Caroline, Géorgie, en Alabama, Mississipi, Louisiane jusqu’en Floride.

     

    Il a fait un périple qui l’a emmené des Appalaches à la Floride juste avant la Guerre d'indépendance et son livre devint très vite non seulement un classique américain mais inspira aussi les européens, en particulier le Vicomte de Chateaubriand qui l’a beaucoup lu (Les Natchez lui doivent beaucoup) et a fortement influencé les romantiques anglais comme Wordworth et Coleridge.

     

    Il s’embarque en 1773 pour un voyage qui va duré 4 ans pendant lesquels il va observer, décrire, dessiner des plantes.

     

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     « L’élégant palmier de Floride, le superbe Magnolia, empreint de magnificence et de dignité »  

     

     

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    Le Turdus migratorius qui  « se lance d’une tourelle avec la célérité d’une flèche, comme s’il tentait de rattraper son âme qu’il aurait rendu à la dernière note d’un chant aigu »

     

    Véritable scientifique qui a lu Linné, il va répertorié et nommé tout ce qu’il voit. La liste en fin de volume est impressionnante.

    C’est le défenseur des beautés de la nature, « Infinie variété de scènes animées, indiciblement belle et agréable » , il rapporta de ses voyages multiples spécimens tous exceptionnels

     

    Au passage il donnera son nom à quantité de plante et en particulier au Franklinia Alatamaha une plante magnifique qui ne survécut que grâce à la collecte des graines que fit le naturaliste.

     

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                                 Franklinia Alatamaha

     

    Il est l’ancêtre des protecteurs de la nature mais bien avant cela de la protection et du respect des indiens Creek, Choctaws, Cherokees ou Séminoles car en fervent Quaker il est respectueux de toutes les créatures rappelant par là Montaigne 

    « Ayant beaucoup dans mes voyages fréquenté les Indiens de l’Amérique, j’ai pu juger pour moi-même s’ils méritaient les critiques sévères que leur adressent les blancs. »

     

    Il a le savoir écrire des hommes instruits de son temps et c’est un plaisir que de lire ses pages. Il nous gratifie parfois d’envolées lyriques qui ont du plaire à Chateaubriand, mais qui ont la haute tenue scientifique des écrits d’un Buffon.

    Le naturaliste a exploré le Sud avant la guerre d’indépendance et ainsi laissé son voyage en héritage à la toute jeune nation américaine.

     

    Aujourd’hui encore on peut suivre ses traces sur le Bartram Trail 

     

     

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    Le livre : Voyages - William Bartram - Editions José Corti

  • Ma vie dans les Appalaches - Thomas Rain Crowe

    Pour amateurs de nature writing

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                                      ©Chatree Maknual

     

    Si vous avez lu et aimé Walden, si vous avez lu et aimé Solitudes australes, si vous êtes fan du journal de Rick Bass alors le livre de Thomas Rain Crowe est fait pour vous.

     

    1980 Thomas Rain Crowe prend la décision de vivre loin des villes, au coeur des Appalaches de son enfance en Caroline du Nord

     

    Seconde décision : vivre en autarcie, être capable de cultiver, pêcher, chasser ce dont il a besoin pour vivre.

    Première étape : construire une cabane rudimentaire « en bordure du champ de Zoro » son ami,  pas d’eau courante, pas d’électricité mais un pays où « le cerf et la colombe vivent leur vie au même rythme »

    Sa décision le classe immédiatement dans la case « émule de Thoreau » , il apprend à couper et à stocker son bois, planter ses légumes, faire son pain, élever des abeilles et aussi, car il faut bien vivre joyeusement, fabriquer sa bière. 

     

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                     Les appalaches en Caroline du nord

     

    Les objets quotidiens prennent une énorme place, la faux, la scie deviennent des compagnes dont il faut prendre soin, créer et soigner un « potager de montagne » est un art difficile qui demande réflexion, la pêche vous incite à « penser comme le poisson que l’on pêche » bref on est pas loin du paradis.

    Echapper à la société de consommation oui mais sans couper les ponts avec la civilisation et les amis. Lorsque la solitude se fait pesante 

     

     

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    Ce retour aux sources se lit avec bonheur, les mots coulent, la poésie est présente mais aussi le réalisme lié à une vie parfois dure. 

    Dans un chapitre qui m’a beaucoup intéressé il parle des « nouveaux naturalistes » des écrivains, des scientifiques qui ont oeuvré pour la protection environnementale. L’un deux a attiré mon attention et je vous en parlerai prochainement. 

    Mes deux chapitres préférés Sous la neige et Une marche en forêt.

    Pour vous convaincre :

    « Presque trente centimètres de neige sont tombés pendant la nuit. Une fois que le feu a repris et réchauffé la maison, j’entrouvre les fenêtres et je peux ainsi entendre, en stéréo, les bruits des oiseaux en train de manger dans la neige - un choeur animé de pépiements, de trilles et de cris perçants. Une symphonie, en fait, au vu de leur état d’anxiété, plus proche d’un combat que d’un cocktail mondain. Quand les montagnes sont couvertes de neige et de glace, les oiseaux doivent toujours manger, par jour, l’équivalent de leur poids en nourriture, mais comme leurs aliments habituels ont disparu, se nourrir prend un tour bien plus sérieux. »

     

     

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    Chaque chapitre nous fournit une citation de ses auteurs préférés : Snyder, Emerson, Thoreau bien sûr et Whitman et chaque chapitre se termine par un poème, certains m’ont infiniment plu.

     

    En un temps secret une fleur

    de velours lisse peut devenir côtelée

    Pleurer ou s’accrocher

    à la lumière pour s’assécher

    Etre du nectar brillant sur la peau

    Un ciel où pêcher le miel

    Dans un breuvage d’étoiles

     

    L’auteur est un ami d’Allen Ginsberg et de Gary Snyder et des poètes de la Beat Génération. Publié aux Etats-Unis en 2005 c’est une excellent idée des éditions Phébus de nous offrir cette traduction.

    Aujourd’hui Thomas Rain Crowe a quitté sa cabane des Appalaches, il continue à travailler pour des revues écologiques, le poète c’est fait traducteur.

     

    L'avis de Pierre Assouline

     

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    Le livre :  Ma vie dans les Appalaches - Thomas Rain Crowe - Traduit par Mathias de Breyne - Editions Phébus 

     

     

  • Ecrivains Randonneurs - Antoine de Baecque

    Promenade ou randonnée

     

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    Après deux récits qui vous ont emmené aux pays des Miquelots et des Jacquaires voila un livre qui donne une furieuse envie de marcher ET de Lire

    Disons le tout de suite, pour les fanatiques de livres sur la marche, qu'il peut être parfois un peu redondant, mais pas tant que ça.

    On y trouve des pointures comme N Bouvier, JC Bourlès, ou Jim Harrison, des amateurs plus récents dont j’ai eu l’occasion de vous parler ici : JL Hue ou F Gros sans oublier nos classiques de Thoreau à Emerson en passant par Jean Jacques.

     

     

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                    Annie vous emmène dans les forêts du Maine avec Thoreau

     

    Mais surprise j’ai trouvé là des noms inconnus, des références oubliées et des extraits de livres aujourd’hui introuvables hors des archives des bibliothèques.

    Ce sont ces textes là qui ont fait mon bonheur et je vais tout faire pour vous allécher.

    Pétrarque par exemple qui n’a pas fait que gravir le Mont Ventoux, ou allez Hazlitt, ce nom ne vous dit rien ? alors c’est que vous n’avez pas lu Helen Hanff et ce sera votre premier oubli à rattraper.

    Ou alors Agricol Perdiguier, rien que le nom donne envie d’en savoir plus, cet avignonnais va faire son Tour de compagnon du Devoir et son tour de France a une sacrée saveur.

    Rimbaud, oui oui le marcheur du désert, oui mais pas que….le voilà faisant la traversée du Gothard où il trouve la neige qui l’oblige à trouver refuge à l’hospice du lieu. 

     

     

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                   Avec Rimbaud

     

    Et ces récits du Pèlerin Russe tout empreints de mystique, lui qui n’a dans son sac qu’ « une Bible, du pain et c’est tout »

    Piquons parmi les romantiques, il n’y a pas que Chateaubriand ou Lamartine, Goethe est aussi un grand marcheur, mais aussi bien moins connu Etienne Pivert de Sénancour qui « n’imagine rien hors de la nature ».

    Plus près de nous Julien Gracq et ses Carnets du grand chemin

    Et ça c’est sans compter sur les montagneux et leurs multiples voyages dans les Alpes qui sont parfois d’une « sublime horreur » pour le dire comme Victor Hugo.

     

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                             avec Walser © Pierre Assouline

     

    Là je vous sens accrochés et prêts à me suivre sur ces chemins et sentiers, en promenade avec Walser ou à la découverte du monde.

    « A travers ces textes, la marche apparaît comme la meilleure façon d'appréhender le monde, à vitesse humaine, au rythme de sa propre introspection... » 

    Il parait qu’il y a six millions de français qui partage cette façon là d’appréhender le monde ! Vous en faites peut être partie ?

     

     

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    Le livre : Ecrivains Randonneurs - Présenté par Antoine de Baecque - Editions Omnibus

     

  • Immortelle randonnée - Jean Christophe Ruffin

    Les chemins Jacquaires

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    Après les chemins de Normandie voici le plus classique Chemin de Compostelle.

    Ma bibliothèque du chemin est déjà bien garnie et j’y ai ajouté il y a peu la version numérique du livre de Christophe Ruffin

    J’y ai pris un peu plus de plaisir qu’avec le livre de Bernard Ollivier.

     

    Qu’est-ce qui m’a plu ? Tout d’abord le choix de l’itinéraire, aucune de mes lectures ne m’avaient fait emprunter le chemin du nord , le plus beau et le plus isolé dit l’auteur, et ce fut donc une découverte de nouveaux paysages, de nouvelles étapes.

     

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                             Le chemin du nord

     

    Plus classiques les remarques sur l’ à côté de la randonnée, tous les petits avatars qui prêtent parfois à sourire (mais pas toujours) se perdre, les gîtes surchargés, les marcheurs grognons ou donneurs de leçons, les obsessionnels des ampoules, les ronflements insupportables,  brefs la vie comme elle va.

     Ruffin n’est pas un mystique dans l’âme et ce qui l’a le plus fasciné c’est plutôt l’apprentissage du délestage que l’on fait en marchant, délestage des objets inutiles, délestage des soucis bien terre à terre, indifférence à l’apparence physique lorsque le marcheur se fait un peu crasseux, quand « l’immortel » devient un peu « clochard céleste » dépouillement de l’homme connu devenu simple marcheur.

     

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                                devenir un marcheur anonyme

     

    Je me suis amusée car il n’aime pas les dortoirs collectifs, la promiscuité, et préfère sa tente.

     

    « En partant pour Saint-Jacques je ne cherchais rien et je l'ai trouvé » Il a fait une pause dans sa vie d’écrivain et d’homme public mais il manque une pointe de passion à son récit pour en faire un vrai et grand récit du chemin comme ceux de Jean-Claude Bourlès ou Edith de la Héronnière.

     

    Le livre de Jean Christophe Ruffin est un vrai succès et vous pouvez le retrouver chez Aifelle ou Saxaoul qui sont plus enthousiastes que moi.

     

     

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    Le livre : Immortelle randonnée - Jean Christophe Ruffin - Editions Guérin numérique

  • Sur le chemin des Ducs - Bernard Ollivier

    Chemins de Miquelots

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    les marcheurs vers le Mont © Maltese

    Un livre qui propose une randonnée sur les chemins de Normandie, je me suis dit : c’est pour moi.

    Bernard Ollivier est un marcheur avec qui j’ai déjà traversé l’Asie et Kayaker sur la Loire alors j’y suis allée de confiance.

     

    Hélas hélas les livres se suivent et ne se ressemblent pas. 

    En 2011 Bernard Ollivier est repris par la fringale de la marche « J'avais envie de retrouver les bonheurs de la randonnée, les rencontres, les bonnes fatigues, les minuscules et merveilleuses surprises que procure la marche lente » 

    L’itinéraire était attirant : de Rouen au Mont Saint Michel par le chemin des Ducs de Normandie.  Chemin qui a vu le jour en 1999 date à laquelle sa réhabilitation a commencé.

    C’est une région qu’il connait bien puisqu’il y habite et je m’attendais à une promenade intime et pleine de réflexions personnelles,  alors pourquoi transformer cette marche en simple guide touristique

    Je n’ai perçu aucune passion, aucune chaleur dans ce récit. Peut être est-ce dû au fait que cette marche s’est en réalité déroulé sur une année, j’ai trouvé beaucoup de commentaires très sarcastiques sur les villages traversés, il croise beaucoup de personnes peu amènes voire revêches, les hôtels lui refusent un lit, où est passé son esprit d’ouverture, sa curiosité ? 

     

    On peut deviner le pourquoi de ce livre lorsqu’on apprend les difficultés que rencontre son association « Seuil », il n’y a rien de déshonorant à écrire pour gagner un peu d’argent mais hélas cela fait un livre de commande qui m’a laissé sur ma faim.

    Malgré tout il y a quelque chose à sauver, quelque chose que j’offre à JEA dont c’est la spécialité : les noms de lieux

     « Les noms se dégustent comme des petits bonbons: la Vespierre, la Vermondière, l’Hortodière, la Besnardière, le Bois des Mille, les Eteux, les Mânis, la Focarderie, Pondevie, le Pré-Ballot, la Sousse ou la Duvelière, sans compter l’humour: ici la Cosnerie, plus loin la Morale ou Saint Aubin le Vertueux. » 

     

    Si vous voulez en savoir plus sur ce chemin : le miquelot du web

     

     

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    Le livre : Sur le chemin des Ducs - Bernard Ollivier - Editions Phébus

     

  • Série noire mais en couleur

     

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    Gilda Piersanti est une italienne auteur de polars qui écrit en français, quatre romans sous le signe de la couleur, une lectrice qui a une jolie façon de prononcer l’italien et qui vous donne l’impression d’être dans les rues de Rome… 

    Quatre romans sous le signe du dépaysement, quatre romans féministes à souhait puisque l’on a au fil des histoires une puis deux enquêtrices pour mener la danse à la recherche des coupables.

     

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    Quelques mots des quatre intrigues :

     

    Rouge abattoir Ttrois jeunes filles assassinées entre noël et la fin de l’année, le commissaire D’Innocenzo se voit attribuer de l’aide en la personne de Mariella De Luca une jeune femme qui a des idées bien à elle et qui n’hésite pas à le faire savoir.

    Bleu Catacombes 

    En pleine canicule il peut apparaitre plaisant de se réfugier dans la catacombes pour trouver de la fraîcheur mais si en prime on vous offre une tête coupée puis plusieurs, là rien ne va plus, l’été sera chaud chaud chaud

    Jaune Caravage 

    En plein automne Rome fête la nuit blanche, il y a foule dans les rues, à l’aube on retrouve Eva une adolescente assassinée sur les bords du Tibre. Les ados cachent parfois bien des mystères et Mariella De Luca va devoir faire preuve de beaucoup de doigté pour enquêter, et autant vous le dire ce n’est pas son fort

    Vert Palatino

    Une disparition d’enfant va occuper largement Mariella et son acolyte Sylvia, sur fond de bagarre architecturale et footbalistique ! Viva Italia !!

     

    C’est ultra classique, mais assez divertissant pour me faire passer quelques nuits tout à fait passionnantes, j’ai bien aimé les personnages, la visite guidée de Rome et les coups de gueule de Mariella 

     

     

    Les livres audio : Gilda Piersanti  à télécharger chez Sixtrid