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A sauts et à gambades - Page 175

  • Le Grand guide de Venise - Alain Vircondelet

    Villes mythiques : Venise 

     

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    Parmi les villes mythiques Venise tient le haut du pavé. 

    J’ai trop lu sur Venise et je ne m’y suis pas assez promenée hélas. Je suis à l’affût de tous les livres qui peuvent me procurer un voyage immobile. 

    Alain Vircondelet mêle peinture et photos de façon habile et ainsi nous fait parcourir toutes les rues, tous les quartiers, tous les ponts et toutes les églises.

    En douze promenades le lecteur part sur les pas de Canaletto et de Guardi.

     

    On peut donc lire se livre en trois temps.

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     «  Au premier plan les embarcations se pressent dans le Canal au risque de chavirer. C’est sans compter sans l’agilité des gondoliers que Canaletto croque avec finesse et humour » 

    Un temps pour la peinture et les maîtres vénitiens sont d’une grande richesse, vous pouvez explorer Venise sous toutes ces facettes, profiter de l’analyse et des détails d’une vingtaine de tableaux parmi les plus célèbres.

     

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    « Canaletto veut élargir l'espace lumineux du motif, retranscrire la qualité atmosphérique de Venise, accueillir sa lumière. »

     

    Un temps pour la Venise d’aujourd’hui. La mise en parallèle des tableaux et des photos est réjouissante, on retrouve les mêmes places, les mêmes ponts, jusqu’aux couleurs qui sont les mêmes. J’ai aimé parcourir les rues avec lui, entrer dans des palais parfois fermé au public. Découvrir des jardins cachés.

     

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    « Venise est une ville où l’on marche. Où l’on entends les pas de ses visiteurs. C’est aussi une ville qui se donne à voir. »
     

    Un temps pour votre voyage de demain avec des parcours détaillés par quartier, plus de douze circuits et 150 lieux à visiter, à admirer. Vous pourrez choisir votre itinéraire, découvrir des campi secrets et mettre une croix sur votre plan pour prévoir une glace chez Nico la gelateria près des Gesuati histoire de faire une pause.

     

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    Ce qui m’a plu : les échanges entre hier et aujourd’hui, les détails d’un tableau et le même lieu en photo qui par la magie du cadrage semble se confondre avec hier. 

    Mais Alain Vircondelet n’est pas dupe des changements, alors que les travaux pour protéger Venise ont commencé, la photo qui présente un luxueux et ENORME paquebot de croisière empruntant le Grand Canal est proprement terrifiante !! 

     

     

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                                        Voilà qui fait peur

     

    et voilà pourquoi je préfère cela :

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    «  Le tableau joue sur le liquide et le solide. La pierre et l'eau. Les nuages irisent le ciel auquel Guardi a consacré la majeure partie du tableau. Venise est ouverte sur la mer.»

     

    La littérature est là aussi et vous pourrez flâner avec Rilke, peut être apercevoir l’Altana d’Henri de Régnier ou aller vous recueillir sur la tombe de Diaghilev ou évidemment partager un verre au  Harry’s bar avec Hemingway.

     

    Si vous êtes amoureux de Venise ce livre va se révéler un puits de souvenirs et va  trouver place dans votre bibliothèque.

     

    Le livre : Le Grand guide de Venise - Alain Vircondelet - Photos de Marco Cecchi - Editions Eyrolles

     

    L’auteur : Alain Vircondelet enseigne la littérature des XVIIIe et XXe siècles à l'Université. Il devient maître de conférence à la faculté des lettres de l'Institut Catholique de Paris. Il a écrit de nombreuses biographies de Camus à Saint Exupéry. Il est aussi un spécialiste de Venise à laquelle il a consacré plusieurs ouvrages.

     

     

  • Les Démons de Berlin - Ignacio del Valle

    L'apocalypse

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                Les quatre cavaliers de l'apocalypse : A Dürer

     

    J’avais particulièrement bien accroché à son roman précédent alors je me suis laissée tentée cette fois encore par un roman d’Ignacio del Valle et du coup je passe du Berlin de 1933 à celui de 1945

     

    J’avais laissé le héros, Arturo Andrade avec la Division Azul dans le froid de l’hiver Russe. 

    Les Allemands ont fait retraite et le voilà dans Berlin qui ne va pas tarder d’être assiégé par les Russes. Le Reich vit ses dernières heures et c’est à une peinture de l’apocalypse que l’auteur nous convie.

    Sujet difficile qui pourrait être même scabreux sans le talent d’Ignacio del Valle

     

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                                      Berlin mai 1945 

     

    Berlin 1945, chacun cherche à survivre, le commandement allemand se délite et le danger est partout. Un chercheur allemand E Von Kleist a été trouvé assassiné. Arturo Andrade est sollicité pour expliquer ce meurtre et mettre la main sur son auteur. 

    Très habilement on voit émerger le programme de recherche allemand vers l’arme atomique et la bataille des alliés pour le récupérer et mettre la main sur les savants qui en sont à l’origine.

    Arturo va devoir piloter à vue pour éviter tous les pièges. Toutes ses recherches se font alors que les alliés sont aux portes de la ville et qu’Hitler vit enfermé dans son bunker. 

    « Les Anglais progressaient vers Hambourg, les Américains avançaient vers la Bavière, les Français étaient arrivés dans le haut Danube, les Russes cernaient Berlin et menaçaient Vienne » 

     

    C’est habile, intelligent, le tableau de la ville et de ses dernières heures est saisissant et j’y ai pris le même intérêt que dans le polar précédent. 

    J’ai aimé les clins d’oeil littéraires comme celui là « A l’instar des familles heureuses, toutes les armées en déroute se ressemblent » qui permettent d’esquisser un sourire alors que l’atmosphère est lourd.

    je vous recommande le dernier chapitre qui est assez somptueux, un mélange de terreur et de beauté. 

     

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    Le livre : Les Démons de Berlin - Ignacio del Valle - Traduit par Karine Louesdon - Editions Phébus Libretto

     

     

  • Dans le jardin de la bête - Erick Larson

    Berlin 1933

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    Depuis très longtemps je lis autour de la Seconde Guerre mondiale, que ce soit des biographies, des romans ou des essais historiques. 

    Dans ses « voyages dans le Reich » Oliver Lubrich avait évoqué le témoignage d’une fille d’ambassadeur qui avait attisé ma curiosité.

    Le livre d’Erik Larson a été la façon parfait d’en savoir un peu plus sur les débuts du nazisme et surtout sur le regard porté sur le phénomène par les américains.

     

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    1933 William Dodd est nommé ambassadeur à Berlin, il y restera jusqu’en 1937. Il n’est pas du tout issu de la classe politique dirigeante, c’est un universitaire tranquille, historien de formation, sa parfaite connaissance de la langue allemande à joué en sa faveur mais disons le il devient diplomate par hasard et au pire moment. 

    Il part à Berlin avec sa femme, son fils et sa fille Martha, une belle jeune femme de 28 ans.

    Le livre d’Erik Larson va nous restituer l’ambiance qui règne alors dans l’entourage de Roosevelt où l’antisémitisme n’est pas absent. Il va nous brosser un tableau qui s’assombrit au fil du temps des relations entre le personnel de l’ambassade américaine et les dignitaires nazis

    L’évolution va être lente pour William Dodd, tout d’abord sceptique quant aux exactions allemandes il reste d’une neutralité et même d’une grande bienveillance envers les nazis.

    Il a beaucoup de mal à croire aux rapports qui s’accumulent sur sa table de travail. 

    Martha, elle, est totalement séduite par ce nouveau régime, elle s’affiche en compagnie de Rudolph Diels alors chef de la Gestapo.

     

     

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    Autodafé  Mai 1933

    Ce gros livre se lit comme un roman policier, on a peine à croire à l’aveuglement dont on sait pourtant aujourd’hui toute la réalité.

    Au crédit de William Dodd mettons que ses yeux se désillent après la Nuit des longs couteaux, ses messages à la Maison Blanche sont de plus en plus pressants et de moins en moins complaisants. Il alerte sur les intentions d’Hitler de sans doute se débarrasser de tous les juifs. 

    Roosvelt et le gouvernement américain font la sourde oreille et acceptent sous la pression des allemands de rappeler l'ambassadeur.

     

    Erik Larson a réussi un excellent livre basé sur un important travail de recherche. Les notes envoyées par l’ambassadeur, le journal tenu par Martha ont été largement utilisés. Il parvient à nous faire pénétrer au plus près de ceux qui auraient pu encore à ce moment là éviter le pire à l'Europe. 

    Le contraste est saisissant entre William Dodd, homme de principes, droit, qui peu à peu perd ses illusions, et sa fille qui papillonne d’amants en amants jusqu’à tomber dans les bras d’un espion soviétique.

    L’atmosphère du Berlin de cette époque est parfaitement restitué,  de l’insécurité régnant dans les rues, de la peur qui monte même parmi l’élite, à la vie trépidante et joyeuse des  des nazis en place.

     

    C’est un livre passionnant et utile que je vais ranger aux côtés de celui d’Oliver Lubrich et d’Erika Mann.

    Pour finir de vous convaincre lisez les billet de Keisha ou Clara 

    Faites une place à ce livre dans votre bibliothèque 

     

     

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    Le livre : Dans le jardin de la bête - Erik Larson - Traduit par Edith Ochs - Editions du Cherche midi

  • La douceur de l'ombre - Alain Corbin

    Une sieste à l'ombre 

     

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               Ils sont parfois millénaires

     

    Si vous êtes sensible à la lumière à travers les frondaisons, si le parfum des pins vous transporte, s’il vous est arrivé d’enlacer un arbre ……..alors alors ce livre est fait pour vous.

    Le titre est déjà tout un programme : la douceur de l’ombre.

     

    Bon maintenant attention c’est un livre tout à fait sérieux mais qui vous porte de branche en branche et tel le Baron perché vous n’aurez peut être plus envie de redescendre.

     

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                       Ne plus jamais descendre

     

    Alain Corbin va vous faire parcourir les plaines et les monts, l’antiquité et la Renaissance, la poésie et la peinture. 

    Car l’arbre enchante l’homme depuis toujours. Il lui a parfois rendu un culte comme à une divinité, Platon en a fait le lieu d’élection de son Académie, Virgile l’a chanté avec ses plus beaux vers.

    Objet parfois de superstitions ou d’effroi, l’arbre est le compagnon de toujours, fournissant l’abri, la chaleur, les fruits.

    Alain Corbin passe tout en revue et s’appuie sur un nombre de citations ahurissant que l’on note au fil des pages pour ne plus les oublier.

     

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                  Souvenirs de Mortefontaine Camille Corot

     

    Si l’on suit un peu le courant de l’histoire nous voici avec Ronsard mais très vite avec les romantiques, et là c’est un peu l’apothéose : Lamartine et les Cèdres du Liban, Chateaubriand et les frondaisons américaines et bien entendu Hugo !! 

    j’ai découvert que Bernardin de Saint Pierre était un fervent des arbres, l’auteur m’a confirmé l’amour absolu de Thoreau pour « la feuille, l’humus et l’arbre sauvage », l’intérêt des savants pour les arbres, Darwin et Elisée Reclus sont au rendez-vous. Voilà déjà un livre riche et l’on n’a pas encore envisagé la peinture !!

     

    Bref un livre à garder par devers soi tout l’été, pour le feuilleter, pour réciter les poèmes que l’on y trouve et enfin pour comprendre comment nous  avons fait de l’arbre notre confident, une source d’émotion ou de sagesse.

    Un livre sérieux et complet tout de vert vêtu et qui vous procurera beaucoup de plaisir.

     

    et pour satisfaire votre curiosité le site des Arbres remarquables

     

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     Le livre : La douceur de l'ombre - Alain Corbin - Editions fayard 2013

     

     

  • Retour à Yvetot - Annie Ernaux

     

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    J’ai découvert Annie Ernaux lors de la parution de La femme gelée,  le roman se déroule à Annecy ville où je vivais alors, enthousiaste j’ai ensuite suivi le tracé naturel de ses parutions. 

    J’ai pratiquement lu tous ses livres et je les ai tous aimés. J’aime son écriture, son questionnement sur l’enfance, sur l'amour, sa passion des livres, sa langue verte parfois, j’ai compris sa rupture avec son milieu d’origine et la honte et les scrupules qui s’en suivirent. 

    Son roman le plus abouti  Les Années est un livre superbe que j’ai lu et relu. 

     

    Tout naturellement le billet de Margotte m’a immédiatement fait de l’oeil et j’ai commandé aussitôt  Retour à Yvetot qui sans être un récit, nous en apprend beaucoup sur l’auteur.

    Est-ce que j’ai aimé ? oui j’ai aimé le ton simple et la pudeur qui s’en dégagent. J’ai aimé ce retour publique toujours repoussé jusque là sur les lieux de l’enfance. 

    Il ne s’agit donc pas d’un roman mais du texte de la conférence qu’Annie Ernaux donna à Yvetot, sa ville natale son «  lieu de (ma ) mémoire la plus essentielle, celle de mes années d’enfance et de formation » avoue-t-elle.

     

    Ce retour aux sources est à la fois intéressant et émouvant. La petite fille revient sur La place  de son enfance et nous faisons connaissance avec son passé à travers une série de photos.

    Toujours un peu hantée par la honte de sa condition de fille de cabaretier, toujours souffrant des humiliations ressenties on retrouve ici l’auteur sans fard aucun, et j’ai aimé la simplicité de ce retour. Si vous n’avez jamais lu ses romans ce livre perdra peut être un peu de son intérêt mais il pourrait aussi vous inviter à ouvrir les romans d’Annie Ernaux.

     

     

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    Je lis peu la littérature française mais Annie Ernaux à une place à part dans ma bibliothèque et ce petit livre va se faufiler sur l’étagère.

     

    Le livre : retour à Yvetot - Annie Ernaux - Editions Mauconduit

  • Un Verger au Pakistan - Peter Hobbs

    Encore une lecture numérique qui m’a emporté loin des mes petits soucis et qui je dois le dire m’a fait passer un moment de lecture excellent.

     

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     Un homme jeune a trouvé asile dans une famille dont il partage la vie simple. Sa santé est chancelante mais dès que ses forces le lui permettent il va participer à la vie de la communauté : récolter les fruits, préparer le repas. 

    Mais il faut que je vous le présente, il est jeune, juste 30 ans mais il vient de passer les quinze dernières années dans des geôles sordides, torturé, maltraité, affamé. A quinze ans, un bonheur et un malheur lui sont advenus.

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    Il est tombé amoureux de Saba, une jeune fille magnifique, lui le pauvre qui travaille au verger de son père a osé poser les yeux sur la fille d’un potentat local, et le « ver de terre amoureux d’une étoile » s’est retrouvé roué de coups et emprisonné

    « On m'avait jeté en prison non pas pour que je sois puni, mais oublié ».

     

     

     

     

     

     

     

    hafez.jpgNous le retrouvons 15 ans plus tard, brisé physiquement et moralement. Abbas le poète et le sage lui a ouvert sa maison. Il doit retrouver le fil de sa vie, réapprendre les gestes de la vie quotidienne, ne plus avoir peur. En prison il n’a eu aucune nouvelle de sa famille et encore moins de l’élue de son coeur.

    Il va tout réapprendre, la vie du village, le marché, mais aussi lire, écrire, savourer une grenade, respirer les parfums du verger de son père où il va en cachette comme en pèlerinage. 

    La guerre est passée par là et il voit que le monde a changé, les biens de sa famille ont été confisqués, les traditions ne sont plus, remplacées par la Charia.

    Il va écrire pour sa bien aimée le récit de sa vie.

     

    Pour nous tracer ce chemin de résilience l’auteur utilise une langue simple, poétique et très évocatrice. La maison d’Abbas, le verger, ont la couleur des miniatures arabes et le charme de la poésie persane.

    Cette histoire d’amour est de tous les temps et de tous la pays. Un très beau roman fait de douleur et de bonheur simple. 

     

    L’avis de Clara sur ce livre 

     

     

    Le livre : Un verger au Pakistan - Peter Hobbs - Traduit par Julie Sibony - Editions Christian Bourgois numérique