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A sauts et à gambades - Page 171

  • La Vallée seule - André Bucher

    Un temps de neige

     

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                      village sous la neige 

     

    Un sixième roman, mais pour moi une troisième lecture. 

    Je vous ai présenté il y a quelques mois André Bucher et je vous ai dit tout le bien que je pensais de son précédent roman Fée d’hiver. Avertie par les éditions du Mot et le reste de la parution prochaine d’un nouveau livre, je guettais.

     

    Dès les premières lignes je sais que je vais aimer ce livre, même s’il devance un peu l’appel en nous emportant dès maintenant dans un paysage de neige :

    « Dans toutes les régions montagneuses, la neige est auréolée d’un grand prestige. Elle décide du sort des récoltes, de la survie des arbres ainsi que de la santé des sources. Chaque année sur le point d’envahir le pays, elle consulte la rose des vents pour se souvenir du paysage qui s’endort sous elle et se réveillera à son départ »

     

     

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    Nous retrouvons la montagne et la vallée chers au coeur d’André Bucher.

    Une multitude de personnages qui habitent le village ou les pentes de la montagne, sont pris dans les mailles des saisons, certains vont mourir, d’autres connaitre des épreuves et enfin certains vont trouver la force de revivre. 

    Les personnages sont tous des êtres hors normes, le couple de marionnettistes, le garde chasse qui est venu là oublier un passé douloureux, Martha et Ludovic encore tout environnés de la grâce de l’enfance. lls sont tous un peu à part et ne peuvent qu’accepter le destin, que celui-ci soit tendre avec eux ou qu’il soit terrible.

     

     

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    Mais le vrai personnage du roman c’est le cerf, un cerf majestueux qui tout au long du récit se cache, se protège, évite les hommes et déjoue leurs pièges. 

    « ll avait assimilé comment se comporter avec ceux qui le chassaient. ll connaissait leurs habitudes, leur pas, leur odeur »

    Un récit qui prend parfois les accents d'une parabole dans une nature par qui tout se fait, grâce à elle ou contre elle. 

     

    Roman mélancolique, doux-amer mais porté par l’écriture d’André Bucher qui lui donne une force qui fait fi du froid, du malheur, et dont la langue râpeuse est dédiée au Dieu Pan.

     

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    Le livre : La Vallée seule - André Bucher - Editions Le Mot et le Reste 2013

  • Dans la lumière - Barbara Kingsolver

     Embrasement dans les Appalaches

     

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    Une belle lecture de fin d’été qui m’a emporté à nouveau dans les Appalaches, décidément c’est une région que j’aurais fréquenté plusieurs fois cette année.

    En plein coeur de la forêt une jeune femme grimpe, sa tête est emplie des soucis du jours, de ses questions, de ses envies. Elle est terrifiée par ce qu’elle va faire, elle fuit un monde dont elle ne veut plus.

    Mais sa course éperdue va tout à coup se heurter à une étrange vision, la forêt, la montagne lui semblent en feu, les arbres frémissent, tremblent, ils sont couverts de papillons orangés qui les embrasent. 

    Dellarobia Turnbow, c’est son nom abandonne tout projet de fuite et bouleversée par sa vision, elle que l’on regarde toujours avec un peu de méfiance en raison de sa chevelure de feu, reprend le chemin de sa maison en gardant pour un temps son secret

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    Bien vite la ville va être au courant et les plus religieux, dont font partie le mari et les beaux-parents de Dellarobia, voient là la main de Dieu d’autant que l’année a été exceptionnellement pluvieuse ce qui a entrainé vers la faillité nombre d’agriculteurs. 

    ll ne faut pas longtemps pour que la presse et les médias s’emparent de l’affaire, très vite Dellarobia se trouve prise dans les rets de la notoriété.

    Impossible de poursuivre la vie comme avant, de ne se consacrer qu’aux enfants, qu’au troupeau et à l’agnelage. Elle qui vit dans un carcan familial et religieux depuis des années va sentir craquer cette peau qui la retient prisonnière. 

     

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    Une équipe de scientifiques dirigée par le charismatique Ovide Byron (avec un nom pareil tout est permis!) vient étudier le phénomène et Dellarobia va participer au travail sur place. Elle qui n’a jamais fait d’études, qui est toujours regardée avec condescendance par sa famille, va se révéler non seulement utile mais bien vite un maillon essentiel pour l’équipe sur le terrain.

    Tout le monde va devoir remettre en cause ses certitudes, écologistes, biologistes, agriculteurs. Les changements climatiques sont sans doute à l’origine du phénomène, mais poser le problème n’est pas le résoudre et les intérêts des uns et des autres vont se télescoper.

     

    Bouleversement écologique, bouleversement dans la vie d’une femme qui tout à coup s’émancipe, Barbara Kingsolver n’est jamais meilleure que quand elle parvient à nouer les fils de plusieurs histoires, de plusieurs destins. Les histoires individuelles et celles de la planète.

    Depuis longtemps elle milite pour le respect de la nature mais j’ai apprécié que son combat ne soit en rien manichéen et que les arguments économiques et le respect de ceux qui pensent autrement ne soient pas foulés aux pieds. 

     

    Si vous faites partie de ceux et celles qui ont aimé Un été prodigue, vous allez prendre plaisir à la lecture de ce roman.

     

     

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    Le livre : Dans la lumière - Barbara Kingsolver - Traduit par Martine Aubert - Editions Rivages

  • Ecouter la Recherche

     

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    Grâce à Cathe j’écoute chaque jour « Un été avec Proust » qui présente Proust et sa Recherche sous toutes ses facettes.

     

    Depuis quelques années je me régale de la Recherche lue par les plus grandes voix du théâtre.

    André Dussollier, Lambert Wilson, Robin Renucci, Guillaume Gallienne, Denis Podalydès et Michaël Lonsdale :

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    C’est un parcours superbe qu’il faut faire à son rythme et par forcément dans l’ordre d’ailleurs. 

    Après on a ses préférés, pour moi c’est le Combray du Côté de chez Swann, la rencontre avec Elstir ou le Temps retrouvé. 

     

    Aujourd’hui la série des Editions Thélème est dans toutes les bonnes médiathèques et sinon réclamez là, cent ans ça se fête non ? 

     

    Ecoutez des passages ici 

  • Madame Proust - Evelyne Bloch-Dano

    Longtemps je me suis couché de bonne heure.......

     

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    Des personnages se détachent de La Recherche.

    Comme dans un jeu des sept familles  je demande la mère, bonne pioche pour moi d’avoir lu le livre d’Evelyne Bloch-Dano.  

    Il était sur mon Ipad depuis quelques semaines mais je ne sentais aucune urgence, à écouter Antoine Compagnon et son été avec Proust c’est devenu une envie forte.

     

    C’est une biographie de la mère de l’écrivain qui se lit pftt comme un roman.

    Jeanne Weil nait en 1849 dans une famille juive de a haute bourgeoisie parisienne mais cette biographie nous fait découvrir une foule de personnages qui vont graviter autour d'elle.

    Une famille tenant le haut du pavé parmi les familles de la grande bourgeoisie juive, un père décoré de la Légion d’honneur, un oncle ministre. 

    Dans la famille c’est la première à se marier hors de la communauté, son père voyait là l’occasion de renforcer leur intégration à la bonne société de l’époque, Adrien Proust était déjà un médecin respecté et tenait une place enviable dans le système de santé de l’époque. 

    Epouser un catholique c’était franchir un échelon de plus vers l’assimilation sans jamais renier ses origines et par exemple sans jamais se convertir.

     

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    C’est un portrait très attachant que brode Evelyne Bloch-Dano, Jeanne Proust est une bourgeoise cultivée, soucieuse en permanence d’être une épouse irréprochable qui sert les intérêts de son mari. Elle reçoit le tout Paris à la fois artistique et scientifique.

    Voilà pour l’aspect mondain de Jeanne Proust, maintenant l’autre facette c’est cette relation unique avec un de ses fils qui ne prendra fin qu’à son décès.

    Jeanne Proust fut une mère très attentive à la grande émotivité de Marcel, elle tâcha à la fois de le réconforter et de l’aguerrir mais en vain. Plus tard elle admis ses penchants sans jamais pourtant être capable d’en parler avec lui, le carcan moral est encore bien présent.

     

    Cette amour fusionnel est largement décrit et commenté par Evelyne Bloch-Dano et elle ne cache rien des heurts qui parfois découlèrent de cette relation, heurts avec le père ou le frère.

     

     

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                                  Mère et fils

     

    Ardente dreyfusarde Jeanne eut là le courage de tenir tête à son époux qui par ailleurs ne dédaignait pas les petites demoiselles de l’Opéra.

     

     

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    Les débuts littéraires de Marcel lui doivent beaucoup. C'est une femme cultivée qui lit énormément, qui admire et sans doute se retrouve dans Mme de Sévigné. Elle a également un passion pour la musique.  Sa connaissance de l'anglais lui permit d'assurer avec son fils la traduction de Ruskin qui le fit connaître dans le monde littéraire.

     

     

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                 un montage amusant de Proust et de Ruskin

     

    L’auteur ajoute un cahier photographique pour compléter cette biographie de la Maman du petit Marcel …….

    Elle ne vit jamais la revanche éclatante que son fils pris et ne connut jamais l’hommage magnifique que son fils lui rendit à travers son oeuvre. 

    Les passages dans la Recherche du Temps Perdu concernant la mère sont parmi les plus mémorables du roman. 

     

    Une belle biographie qui obtint le Prix Renaudot de l’essai et que j’invite les amateurs de Proust à mettre dans leur bibliothèque

     

    Le livre : Madame Proust - Evelyne Bloch-Dano - Editions Grasset numérique 

  • Proust à Illiers Combray - Christophe Pradeau

     

    Quelle meilleure façon de fêter les cent ans de l'édition de la Recherche du temps perdu qu'avec des livres ? 

    J'ai sorti de ma bibliothèque quelques uns de ceux qui m'ont raconté le petit Marcel enfant, le Proust mondain, le promeneur de Combray, le jeune homme de Balbec.

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    Je vous recommande ces 4 livres qui font un joli tour d'horizon de la recherche, ses lieux, ses personnages. 

    Le dernier en date est signé Christophe Pradeau, un auteur que j'ai déjà croisé à l'occasion d'un roman de cet originaire du Périgord
    Ici c'est son amour pour Proust et de la Recherche qui lui a fait commettre ce petit livre : Proust à Illiers-Combray.

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    « Combray n’est pas seulement un nom de lieu, c’est le nom d’un âge de la vie, celui de l’enfance, des verts paradis, l’île ensoleillée de souvenirs »

     

    On pourrait croire que Marcel Proust a passé un temps fort long à Illiers puisque l’on a rebaptisé la petite ville Illiers-Combray afin de l’attacher définitivement à l’oeuvre et à l’écrivain.

    Pourtant ce ne sont guère que quelques été et courtes vacances que le petit Marcel passa ici. Mais la force de l’évocation dans son roman est telle que pour tout lecteur de la Recherche Illiers et Combray ne font qu’un.

     

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                            La maison des souvenirs

     

    J’ai appris avec intérêt (et à ma grande honte cela ne m’avait pas frappé à la lecture de la recherche) que Proust changea la localisation de Combray et transporta la ville en Champagne afin de la voir détruite au moment de la guerre !! Si cela doit prouver quelque chose c’est que « la vérité d’un roman est moins dans la lettre du texte que dans le souvenir qu’il laisse en nous ».

    Je ne me sens pas trop honteuse quand j’ai découvert que Giono plaçait Combray en Normandie….

     

     

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                      Le père peu présent dans le roman

     

    Christophe Pradeau arpente les rues d’Illiers et c’est l’occasion pour lui de nous rappeler que cette ville est sous le signe des Proust mais surtout sous celui d’Adrien Proust, le père, le médecin, l’ennemi juré du choléra et de la peste. Il est certain que pour cette ville endormie en début du XXème siècle c’était un souvenir moins sulfureux que celui de Marcel Proust trainant derrière lui des relents de scandale.

    A sa suite on pénètre dans la maison de Tante Léonie, tante qui n’a jamais existé, on fait un « tour de jardin »derrière la grand-mère du narrateur « par tous les temps, même quand la pluie faisait rage et que Françoise avait précipitamment rentré les précieux fauteuils d’osier »

     

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                                         Le pré Catelan 

     

    C’est un pèlerinage littéraire que l’on fait, il y a peu de lieu qui font autant corps avec un auteur au point de se confondre avec lui et faire qu’un lieu imaginaire s’incarne aussi fortement dans le réel. Je ne vois par comparaison que le Château d’If où les visiteurs tiennent à voir le trou creuser par Edmond Dantès dans sa cellule.

     

     

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               Les nymphéas de la Vivonne

     

    Si vous êtes un amoureux de Proust alors ajoutez ce livre à votre bibliothèque et prenez le temps d’aller flâner au Pré Catelan et tremper vos mains dans la Vivonne.

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    Le livre : Proust à Illiers-Combray - Christophe Pradeau - Editions Belin

  • Lettres à Théo - Vincent Van Gogh

     

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    Ma dernière visite au musée Van Gogh d’Amsterdam remonte à une quinzaine d’année. 

    Depuis longtemps je voulais lire une biographie du peintre en parallèle avec sa correspondance.

    C’est chose faite et j’en suis ressortie plus amoureuse que jamais de cette peinture et de ce peintre.

     

     

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                              © Luuk Kramer/Van Gogh Museum

     

    Jusqu’ici j’avais picoré ces Lettres à Théo mais cette fois en parallèle de la biographie j’ai fait une lecture suivie et cela s’est révélé passionnant.

     

    Dès les premières lettres on est accroché, une famille qui n’est pas riche mais vit dans une certaine aisance, un père pasteur qui va à la fois servir de modèle permanent et d’objet de haine à la façon d’un Kafka. Vincent pourrait comme Kafka écrire sa lettre au père.

     

    Des études pas vraiment glorieuses et pas vraiment terminées, et un début de la vie d’adulte difficile.

    Un départ pour l’Angleterre où il va connaitre ses premières amours et se révéler doué pour les langues, plus tard il ajoutera le français à la panoplie au point d’écrire une partie des ses lettres en français.

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                    Les premières oeuvres  1882 

     

    D’échec en échec le voilà quasi missionnaire auprès des mineurs du Borinage, c’est pour lui une période mystique pendant laquelle il découvre le travail sordide, la faim, ses dessins en portent la trace, ils ont la noirceur de la mine et la dureté du travail. Plus tard lisant Zola il se reconnaitra dans Germinal.

     

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                  Les mangeurs de pommes de terre 1885

     

    Les lettres sont pleines de ses doutes, de ses souffrances mais aussi de ses lectures, c’est un lecteur passionné et attentif. ll admire Hugo, Balzac et par dessus tout Zola. Rien à voir avec les lettres d’un fou, même si de temps à autre le ton change, l’exaltation le tient, que ce soit pour une femme, pour la Bible ou pour la peinture.

     

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                          Arles 1888 

     

    Nous n’avons pas les réponses de son frère mais l’on sent très bien son rôle modérateur, complice.

    Le départ pour Arles apparait comme une chance mais très vite les démons reviennent. Alcool, hallucinations, la misère matérielle détruit sa santé, son corps le lâche et son esprit va suivre ce qui le conduit vers l’hôpital psychiatrique où il trouve un certain repos.

     

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                  A Saint Rémy de Provence  la nuit étoilée 1889

     

    Théo a essayé de le faire connaitre, d’organiser des expositions de ses oeuvres mais Vincent s’y oppose le plus souvent. On le suit à travers ses lettres jusqu’à la cassure finale.

     

     

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                      A Auvers sur Oise 1890

     

    Ces lettres sont profondément touchantes et désespérantes car on le voit s’enfoncer dans la folie tout en essayant de tenir la tête hors de l’eau grâce à la peinture. ll cultive les ruptures, régulièrement avec Théo quand celui ci renâcle à le soutenir, ruptures avec des femmes, rupture avec Gauguin

    Pourtant c’est à Théo qu’il envoie tout, ses dessins, ses premiers tableaux, les toiles qu’il peint frénétiquement à Arles, cette frénésie se poursuit lorsqu’il est interné à Saint Rémy de Provence : imaginez il peint en un temps très court 200 toiles et parmi elles ses toiles les plus célèbres.

     

     

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                Hôpital Saint Paul de Mausole © Ivredelivres

     

    J’ai vraiment été accroché par ces lettres, Van Gogh y apparait dans toute sa nudité et sa faiblesse mais aussi dans toute sa passion pour la peinture, exutoire à la folie qu’il sent poindre. 

     

    Vous pouvez aussi écouter ces lettres lues par Denis Lavant.

    Un site existe mais en VO

     

    La biographie permet de replacer ces lettres dans leur contexte.

    Mon seul regret c’est de n’avoir pas en parallèle les oeuvres pour en suivre l’évolution.

    Une édition existe aujourd’hui chez Actes Sud en six volumes qui permet cela mais son prix est carrément prohibitif (380€)

     

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    Les livres : 

    Lettres à Théo - Vincent Van Gogh - Editions Gallimard

    Van Gogh - David Haziot - Editions Gallimard Folio