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La Grande Sauvagerie - Christophe Pradeau

grandesauvagerie.gifLa Grande Sauvagerie - Christophe Pradeau - Editions Verdier
Récit poétique, récit de voyage, récit de mémoire, c’est un étrange texte inclassable que ce livre , on y entend la flûte du berger, on n’y sent la poussière des vieilles pierres, livre un peu mystérieux et envoûtant.
La narratrice Thérèse Gandalonie est née dans un village du limousin, Saint Léonard, vieux village aux ruelles étroites, aux volets clos. Ce n’est pas un village comme les autres, il est dominé par une lanterne des morts , objet de culte ou phare pour voyageurs égarés, que l’on vient voir de loin, cette lanterne est plantée dans le centre d’un domaine inaccessible car séparé du village par une faille.

Enfant elle aime lire des journées entières mais aussi fureter, parcourir les chemins à bicyclette. Elle connaît tout de ce village, chaque ruelle, chaque pierre. Elle aime découvrir les lieux cachés  et c’est ainsi qu’elle découvre en se perdant dans la végétation d’un mur : « la faille »  qui donne accès à une vue du village toute différente et surtout à une vue sur le domaine de la Grande Sauvagerie. La fascination éprouvée restera et toute sa vie Thérèse tentera de résoudre le mystère de ce lieu.
Devenu adulte elle voyage, enseigne, parcours le monde et un jour elle entend parler d’une autre sauvagerie. C’est dans une bibliothèque américaine qu’elle va rencontrer le personnage central de cette sauvagerie là , un peintre qui a tenu son journal pendant son voyage vers l’ouest, curieusement il est lié à Saint Léonard,  elle va partir à sa recherche.

 

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Une lanterne des morts dans le Périgord

Thérèse par petites touches nous livre son village et sa quête La mémoire tient le premier rôle dans ce roman, de longues phrases ramènent au passé, on s’y perd comme dans un labyrinthe et l’auteur nous donne parfois une impression d’un récit mythologique.

C'est un roman rare que ce livre, envoûtant, captivant et exigeant. L’ écriture est singulière, travaillée, puissante, une langue très belle en longues phrases. Les descriptions sont à la fois précises et empreintes de magie, les mots rares utilisés ajoutent encore au mystère de la nature et de son lien avec l’homme. Une magniique façon d'évoquer un lieu, une géographie , une belle réussite.

Extrait
Contrairement à ce que tout le monde disait, il y avait une ouverture dans la continuité des façades, une échappée par où on pouvait la voir, mais il fallait pour cela reculer, s’éloigner, quitter la presse, l’animation de la Place, gagner le lieu mystérieusement disgracié, où achevaient de rouiller, avec la pesanteur sereine des choses abandonnées à elles-mêmes, des pièces d’attelage, des pots d’échappement, des pare-chocs, tout un embarrassement de ferraille, éternel objet de discorde, de controverses électorales, déversé contre le mur du Parc, falaise de granit recouverte tout entière par l’élasticité poussiéreuse, un peu inquiétante, du lierre ; j’allais pourtant m’y adosser quelquefois, me faisant un point d’honneur de surmonter mes appréhensions, pour le simple plaisir peut-être de braver les recommandations maternelles, troublée aussi de le sentir s’incurver doucement autour de moi, enveloppant à la façon d’un nid.

Si vous aimez vous laisser surprendre par un livre alors celui-ci trouvera place dans votre bibliothèque

Commentaires

  • C'est la première fois que j'entends parler de lanterne des morts et heureusement que tu as mis une photo qui montre combien ça ressemble à un phare miniature! C'es très curieux!

  • Je crois que je vais me laisser tenter, d'autant que ce texte est publié chez Verdier.

  • @ Mango : rassures toi je ne connaissais pas non plus, apparemment il y a en pas mal en Limousin et dans le quercy et périgord

  • Tu as suffisamment attisé ma curiosité, je vais voir ce livre de plus près. Ne pourrais-tu pas faire quelques billet sur des livres que tu n'as pas aimé, histoire de me laisser respirer un peu ?

  • @ Aifelle, j'ai eu dans l'idée de faire ça mais j'ai beaucoup de mal car j'ai la dent dure quand je n'aime pas alors... tu as vu que tu as quelques brindilles pour souffler un peu ( et moi aussi )

  • Je pars randonner dans le Périgord prochainement : une bonne raison pour lire cet ouvrage dont je n'ai pas entendu parler (alors merci pour l'info!) et ce que tu en dis me tente diablement. Les éditions Verdier proposent de beaux textes en général.

  • @ Lapinoursinette : l'intérêt c'est que le livre est léger et donc facile à mettre dans un sac, par contre ce n'est pas le genre de littérature que l'on peut lire en marchant :-)

  • Il me tente bien celui là... J'aime les récits de voyage, mais apparemment il est bien plus que ça !

  • @ L'or des chambres : attention ce n'est pas un récit de voyage, c'est une réflexion sur la géorgraphie des lieux et son influence sur nous et sur les concordances qui existent entre des parcours de vie différents

  • Très "encuriosant" ce livre...

  • @ Christine : oui on peut le dire comme ça , un livre rare, bizarre et excellent

  • J'aime, Dominique, découvrir chez vous des oeuvres rares dans la blogosphère. Prête à me laisser surprendre!

  • Ce livre parle d'une région qui est chère à mon cœur, même si elle n'est pas la seule ! C'est la région de ma famille paternelle et je me souviens, enfant, avoir vu ces "lanternes des morts" qui sont maintenant réhabilitées et entretenues comme des vestiges d'un passé révolu ... En se promenant à la campagne, entre Limousin et Périgord, on peut en trouver au détour d'un chemin, à l'entrée ou à la sortie d'un village. C'est un instant de nostalgie, pour ce qui me concerne !

  • @ Nanne : Apparemment ces lanternes font partie du paysage de la région et C Pradeau en a profité , il y a un article cette semaine sur ce livre dans la quinzaine littéraire très élogieux et intéressant

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