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Lettres à Théo - Vincent Van Gogh

 

Portret van Theo van Gogh1887.jpg

     

Ma dernière visite au musée Van Gogh d’Amsterdam remonte à une quinzaine d’année. 

Depuis longtemps je voulais lire une biographie du peintre en parallèle avec sa correspondance.

C’est chose faite et j’en suis ressortie plus amoureuse que jamais de cette peinture et de ce peintre.

 

 

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                          © Luuk Kramer/Van Gogh Museum

 

Jusqu’ici j’avais picoré ces Lettres à Théo mais cette fois en parallèle de la biographie j’ai fait une lecture suivie et cela s’est révélé passionnant.

 

Dès les premières lettres on est accroché, une famille qui n’est pas riche mais vit dans une certaine aisance, un père pasteur qui va à la fois servir de modèle permanent et d’objet de haine à la façon d’un Kafka. Vincent pourrait comme Kafka écrire sa lettre au père.

 

Des études pas vraiment glorieuses et pas vraiment terminées, et un début de la vie d’adulte difficile.

Un départ pour l’Angleterre où il va connaitre ses premières amours et se révéler doué pour les langues, plus tard il ajoutera le français à la panoplie au point d’écrire une partie des ses lettres en français.

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                Les premières oeuvres  1882 

 

D’échec en échec le voilà quasi missionnaire auprès des mineurs du Borinage, c’est pour lui une période mystique pendant laquelle il découvre le travail sordide, la faim, ses dessins en portent la trace, ils ont la noirceur de la mine et la dureté du travail. Plus tard lisant Zola il se reconnaitra dans Germinal.

 

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              Les mangeurs de pommes de terre 1885

 

Les lettres sont pleines de ses doutes, de ses souffrances mais aussi de ses lectures, c’est un lecteur passionné et attentif. ll admire Hugo, Balzac et par dessus tout Zola. Rien à voir avec les lettres d’un fou, même si de temps à autre le ton change, l’exaltation le tient, que ce soit pour une femme, pour la Bible ou pour la peinture.

 

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                      Arles 1888 

 

Nous n’avons pas les réponses de son frère mais l’on sent très bien son rôle modérateur, complice.

Le départ pour Arles apparait comme une chance mais très vite les démons reviennent. Alcool, hallucinations, la misère matérielle détruit sa santé, son corps le lâche et son esprit va suivre ce qui le conduit vers l’hôpital psychiatrique où il trouve un certain repos.

 

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              A Saint Rémy de Provence  la nuit étoilée 1889

 

Théo a essayé de le faire connaitre, d’organiser des expositions de ses oeuvres mais Vincent s’y oppose le plus souvent. On le suit à travers ses lettres jusqu’à la cassure finale.

 

 

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                  A Auvers sur Oise 1890

 

Ces lettres sont profondément touchantes et désespérantes car on le voit s’enfoncer dans la folie tout en essayant de tenir la tête hors de l’eau grâce à la peinture. ll cultive les ruptures, régulièrement avec Théo quand celui ci renâcle à le soutenir, ruptures avec des femmes, rupture avec Gauguin

Pourtant c’est à Théo qu’il envoie tout, ses dessins, ses premiers tableaux, les toiles qu’il peint frénétiquement à Arles, cette frénésie se poursuit lorsqu’il est interné à Saint Rémy de Provence : imaginez il peint en un temps très court 200 toiles et parmi elles ses toiles les plus célèbres.

 

 

Cloitre de Saint Paul de Mausole mai 2006.jpg

            Hôpital Saint Paul de Mausole © Ivredelivres

 

J’ai vraiment été accroché par ces lettres, Van Gogh y apparait dans toute sa nudité et sa faiblesse mais aussi dans toute sa passion pour la peinture, exutoire à la folie qu’il sent poindre. 

 

Vous pouvez aussi écouter ces lettres lues par Denis Lavant.

Un site existe mais en VO

 

La biographie permet de replacer ces lettres dans leur contexte.

Mon seul regret c’est de n’avoir pas en parallèle les oeuvres pour en suivre l’évolution.

Une édition existe aujourd’hui chez Actes Sud en six volumes qui permet cela mais son prix est carrément prohibitif (380€)

 

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Les livres : 

Lettres à Théo - Vincent Van Gogh - Editions Gallimard

Van Gogh - David Haziot - Editions Gallimard Folio

 

Commentaires

  • Tirage limité chez Actes Sud ? Au prix de La pléiade !

    La vie de Van Gogh m'a été racontée par un professeur de dessin, en humanités, et elle reste un de mes plus beaux souvenirs de classe.

  • @ christw : oui le prix est sans doute justifié par le travail éditorial mais vraiment pas à la portée de tous

  • Cela fait partie d'une de mes (nombreuses) envies de lectures, ces lettres ! (comme celles de Kafka, d'ailleurs) Je m'y mettrai un jour, l'idée de lire sa biographie en parallèle me plaît bien !

  • @ Kathel : depuis longtemps je picorais les lettres mais les lire en totalité est vraiment une expérience passionnante

  • Je me laisserais bien tenter par le CD avec Denis Lavant. Je n'ai lu que des extraits des lettres, dans la continuité ce doit être bien plus captivant.

  • @ airelle : oui la lecture dans la continuité prend tout son sens, je te la recommande
    La voix de Denis l'avant passe très bien

  • As-tu lu le magnifique livre de Antonin ARtaud consacré à Van Gogh ? "Le suicidé de la société" ?

  • @ Hélène. J'ai lu le texte d'Antonin Artaud qui est un véritable brûlot , très émouvant très fort , rien que le titre est parlant : Van Gogh le suicidé de la société

  • Je les ai lu pour la première fois à 20 ans et relu plusieurs fois depuis. Non seulement elles nous relient à sa peinture mais elles sont bouleversantes et Van Gogh s'y révèle comme un poète. Et quelles souffrances cet homme a-t-il dû supporté pour nous offrir toute la force et la beauté solaire de ses tableaux !!!

  • @ Nadejda : l'impression de bouleversement est très forte en effet

  • Avez-vous cette précieuse mais pas chère édition de Paul Gaugin et Vincent Van Gogh 1887 - 1888, éditée par Victor Merlhès aux éditions Avant et Après, Tavarao, Tahiti 1989 ?
    Lettres en fac simile de l'un et de l'autre avec des reproduction des toiles de l'un et de l'autre aussi :
    http://jacbayle.perso.neuf.fr/livres/Merlhes.html
    Votre très intéressant article me fait y replonger avec délice et passion.
    Merci!
    Il suffit quelquefois d'un livre pour vous faire aimer l’œuvre entière, peintures et écrits.

  • @ Versus : non non je ne connaissais pas cette édition
    Je vais la chercher sur les sites d'occasion
    Merci pour la référence

  • @ Versus : non non je ne connaissais pas cette édition
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  • @ Versus : non non je ne connaissais pas cette édition
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    Merci pour la référence

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  • Cet ouvrage est toujours disponible en librairie.
    Merci pour le commentaire

  • authentique : en séjour prolongé à Amsterdam, ayant posé le vélo de service à l'entrée du Musée, je m'imprégnais des Van Gogh, sans montre au poignet, assis sur un divan pour ne me relever qu'à marée basse du public
    au bout d'une semaine, un gardien, en fait le gardien, c'était toujours le même, me fait signe, me demande pourquoi je reviens ainsi et après ma réponse en Néerlandais bancal, débranche une alarme, retourne un crayon sur carton de Van Gogh (époque Borinage), et sur l'autre face de ce carton : un autre crayon !!!

  • @ JEA : il n'y a que vous pour nous proposer des anecdotes comme celle là

  • j avais une très bonne édition des lettres de Vincent à Théo , je l'ai égaré et l'édition de poche est moins complète.
    J ai voulu relire ses lettres à la suite de la visite d'Auvers sur Oise et d'un déjeuner à l'Auberge Ravoux .
    J avais vu un petit documentaire sur le travail de restauration de Jansens et j'ai voulu me rendre compte par moi-même.
    Son travail est très critiqué par l'intelligentsia culturelle parisienne , moi j'ai beaucoup aimé on se rend très bien compte des derniers moments de la vie de cet homme qui comme toi me fascine.
    Et comme souvent il est paradoxal de voir tout un village s'enorgueillir de la présence d'un homme que les habitants avaient si peu apprécié à l'époque
    Luocine

  • @. Luocine : tu es chanceuse d'avoir pu te rendre compte par toi même du travail fait

  • J'ai lu une biographie par Viviane Forrester, si je me souviens bien. J'ai aussi découvert Vincent et les impressionnistes grâce à une prof, et cet amour ne m'a jamais quittée.

  • @ Anne : le ne connais pas cette bio là celle que j'ai lu est de bonne tenue mais sans plus

  • @ Anne : le ne connais pas cette bio là celle que j'ai lu est de bonne tenue mais sans plus

  • Encore un livre que j'ai très envie de lire! mais quand je vais rentrer à la maison ce sera la Rentrée des Classes, et mon temps me sera bien compté

  • @ Miriam : franchement cette lecture là est tout à fait supérieur à bien des livres de cette fichue rentrée littéraire

  • Tu sais que le musée d'Amsterdam a été entièrement refait
    J'ai Correspondance Générale de Van Gogh dans la collection Biblos en trois volumes dans laquelle les lettres à Théo sont incluses
    Cela fait partie des lectures dont je dis que je les picore
    Bonne fin de journée

  • @ Aloïs : oui oui j'ai vu la rénovation totale du Rijkmuseum, le musée Van Gogh lui est plus récent

  • J'ignore si je lirais cette correspondance, mais j'admire les tableaux... tourmentés, on le comprend mieux.

  • @ Keisha : la correspondance met en lumière la genèse des tableaux d'où mon envie de lire les lettres tableaux à portée de main si l'on peut dire

  • Bel article et belles images. Il faut absolument que je lise ces lettres !

  • @ lewerentz : tu ne le regretteras pas

  • Tu me donnes envie d'écouter le CD mais sans les photos des tableaux, est-ce suffisant ?

  • @ Enitram : on peut écouter ou lire les lettres sans les tableaux car V G ne parle que très peu de ses œuvres, il parle des couleurs. De ce qu'il voit mais dénigre systématiquement son travail
    Avoir les œuvres sous la main aide à en comprendre l'évolution en parallèle

  • Avant les lettres ( qui doivent être effectivement aussi passionnantes qu'émouvantes ), la biographie, que je découvre par ton billet, une édition folio, aucune raison de s'en priver.

  • @ Marilyne : j'aime bien les bio de Gallimard elles sont en général de bonne qualité

  • J'avais démarré la lecture des ces lettres, sans l'achever. Le musée est très agréable à visiter, malgré l'affluence, j'ai ramené plusieurs reproductions, dont celle des mangeurs de pomme de terre.

    L'endroit que j'ai préféré visiter est l'Abbaye de Montmajour, V Van Gogh s'y rendait à pied d'Arles pour peindre, il n' y a aucune toile de Van Gogh à cet endroit, juste pour admirer la vue et les endroit qu'il a peint.
    D'autres endroits valent le coup d'œil sur Arles et sa région :)

  • @ Nathalie : Montmajourest un lieu plein de grandeur et de charme dont je garde un bon souvenir et qq belles photos , en effet le lieu est évoqué par V V dans ses lettres

  • J'avoue ne pas être passionnée par la peinture de Van Gogh, seuls ses arbres en fleurs me "parlent", en revanche ses écrits pour mieux comprendre les tourments qui l'habitent me touchent particulièrement. Raison, déraison : le chemin de la folie est sombre et lumineux à la fois, on ne peut y rester insensible. Bises Dominique, beau week end. brigitte

  • @ Plumes d' anges : je ne succombe pas à tous les tableaux, je garde une impression très forte des dessins et de qq tableaux peu connus que j'ai eu la chance de voir à Martigny il y a quelques années

  • Beau billet, à lire et à contempler ;-) Bon we à toi !

  • @ Margotte : contente de te voir ici, fini les vacances ?

  • Bonjour, c'est vrai que les lettres de Theo à Vincent n'existe plus? Il semble que parfois Theo était dur avec son frère mais cette relation fraternelle est très touchante. Quels destins tragiques pour les deux morts à 6 mois d'intervalle, l'un à 37 ans et l'autre à 33 ans. Bon dimanche.

  • @ dasola : les lettres de Theo ont disparu effectivement mais on devine ses réponses entre les lignes

  • J'ai toujours aimé ses "nuits étoilés". Quand aux "lettres", ça fait longtemps que j'ai le projet de les lire. Mais pourquoi donc ces grands artistes ont toujours des destins tellement tragiques ??!!

  • @ l'or des chambres : bonne question qui interroge depuis .... Faut-il être fou pour être un génie ?

  • J'ai réservé le CD!!!

  • @. Enitram bonne écouté par avance

  • Je les ai trouvé très belles, ces lettres d'un artiste et d'un homme de cœur, très émouvantes. Une lecture indispensable à qui aime celui qui signait Vincent.

  • @ Tania : un homme qui attire la sympathie et l'admiration

  • Quel génie, ce peintre. Une vie intense emplie de doute, de misère, de travail acharné... lire sa correspondance doit être aussi passionnant que bouleversant.

  • J'ai rencontré Théo dans le livre sur la maison du docteur Blanche de Laure Murat. Un tragique destin pour ces deux frères.

  • Cette correspondance est un régal.
    Avez-vous lu le livre "Vincent Van Gogh à Auvers" aux Editions Chêne. Vous devriez aimer aussi.Un très très beau livre!

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