Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

A sauts et à gambades - Page 167

  • La Robe de bure - Gabriella Baracchi

    Sans feu ni lieu

     

    enfant-malade-884.jpg

     

    Une enfant de sept ans est condamnée à la mort de sa mère à vivre ou plutôt survivre auprès d’un père sans amour qui distribue plus de coups que de caresses dans l'Italie de la fin de la guerre.

    La quête d’une seconde femme par le père va précipiter encore le malheur de l’enfant, c’est la haine qui s’invite alors. 

    La vie passe de refuge en ferme abandonnée seul abri que le père lui procure, la faim au ventre, les paroles blessantes, les gestes proches du viol. Une misère noire que seule la présence intermittente d’une soeur jumelle va un peu soulager.

     

    masure 2.jpg

    " J'avais cependant des moments de grand bonheur. Le soir, j'aimais m'asseoir dans le pré à côté de la ferme. il s'en dégageait un parfum intense d'herbe, de fleurs fauchées, la nuit venait tout doucement et les lucioles se mettaient à voler"

     

    Ce livre minuscule dit tout de la souffrance d’une enfant, plus encore que la coups ou la faim c’est la solitude qui lui fut douleur. L’auteur grâce à une écriture très concise, très sobre parvient parfois à nous faire sourire, elle tente vent debout de survivre, de se donner un peu bon temps, parfois en fuguant parfois en chapardant. Et miracle en rencontrant parfois une main amie qui ne frappe pas, qui ne viole pas mais qui apporte un peu de baume sur les blessures.

    Les arbres, les étoiles, les travaux des champs, l’école, la lecture,  apparaissent parfois comme des échappatoires et seront peut être les seuls souvenirs heureux. On ne sort pas de ce livre abattu car il a en germe la force qui permettra à Gabriella Baracchi de tracer son chemin.

     

    Livre autobiographique. Livre d’une dignité totale et d’une lucidité qui donne parfois le vertige, d’une recherche de l’amour jusqu’à l’épuisement. 

     

     

    Un grand merci à Pascale qui m’a soufflé le titre de ce livre

     

    9782922868326FS.gif

    Le livre : La robe de bure - Gabriella Baracchi - Traduit par Danièle Valin - Editions Les Allusifs 

  • L'appel du coucou - Robert Galbraith

    Le détective m'a séduit 

    privé.jpg

     

    Bon ne riez pas, je de vais être la seule mais j’ignorais totalement qui était l’auteur de ce polar.

    C’est plutôt une bonne chose parce que je n’ai pas du tout aimé ses autres livres même si tout le monde a crié au chef d’oeuvre, je n’ai jamais accroché alors si j'avais su j'aurais passé mon chemin.

    Et bien avec l’appel du coucou j’ai marché à fond et avec plaisir.

     

     

    mannequins-Victoria-secret.jpg

                    Un monde à part ......

     

    Un bref aperçu de l’histoire : une histoire de privé, de détective privé veux-je dire, celui là a pas mal bourlingué et l’Afghanistan l’a privé d’une de ses jambes, donc vous voyez le genre, un peu dépressif mais très très résistant à la douleur, il a aussi la carrure de l’emploi. Voilà le portrait de Cormoran Strike.

    Comme tout bon privé il a une secrétaire, non non n’allez rien imaginer c’est une intérimaire qui rêve de trouver un vrai job mais qui va tout doucettement prendre goût à jouer la détective. Là c’est Robin, mignonne et délurée.

     

     

    34159085_p.jpg

                                 Robin la secrétaire parfaite

     

    Ah oui j’oubliais bien entendu il y a un cadavre, enfin pas vraiment car la mort d’une jeune mannequin remonte déjà à pas mal de temps mais son frère John Bristow est persuadé que Lula Landry ne s’est pas suicidée comme la police l’affirme. 

    Et nous voilà embarqué dans le monde impitoyable de la presse, des médias et de l’argent pas toujours très propre. 

     

     

     

    Du classique pur sucre mais avec juste ce qu’il faut de quiproquos, de mensonges, de pièges pour vous faire avancer au triple galop. 

    C’est bien mené, on éprouve un brin de compassion pour Cormoran et sa fichue prothèse, on a envie de dire à Robin qu’elle ne doit pas chercher un autre job ou alors que vous êtes prêtes à prendre sa place !

    Mme JK Rowling vous avez mis dans le mille avec ce premier polar !

     

    9782246809043FS.gif

     

    Le livre : L’appel du coucou - Robert Galbraith - Traduction François Rosso - Editions Grasset Version numérique

  • Doña Gracia Nasi - Cecil Roth

    Une banquière en terre d'Islam

     

    PHOeb9e98a0-37f7-11e3-837d-6500372d5a47-805x453.jpg

                       illustrations de l'émission © Jean-Jacques Prunès

     

    Arte vient de diffuser en 4 épisodes un documentaire passionnant sur les relations entre juifs et musulmans. J’ai vu les deux premiers et à la fin du second il est question de l’Empire Ottoman qui après l’expulsion des juifs d’Espagne et du Portugal à la fin du XVème siècle, accueillit les juifs avec intérêt car le Sultan les voyait comme une source de richesse.

     

    Dans l’été j’ai lu un petit livre sur une femme tout à fait extraordinaire qui sut asseoir sa fortune et celle de sa famille dans ce contexte.

    Doña Gracia Nasi est née à Lisbonne et a grandi dans une famille juive, elle a épousé Francisco Mendes, à la mort de son mari elle va gérer l’empire commercial de la famille Mendes.

     

     

    la-senora-4.jpg

     

    Quand je dis empire le mot n’est pas trop fort puisque ces puissants négociants avaient des agents à travers toute l’Europe et tout autour de la Méditerranée. 

    Une femme était pour la première fois en position d’influencer les rois et les papes.

    Quels étaient ses « clients » ? rien moins qu’ Henri II en France, Henri VIII en Angleterre, Charles Quint, les Princes du Saint Empire et le pape Paul III. Ajoutez à ça Soliman le Magnifique !!

     

     

    Ghetto_le_mur.jpg

                                     Venise quartier du Ghetto 

     

    Le livre nous montre les pérégrinations de Dona Gracia Nasi pour fuir l’inquisition, d’abord vers Anvers, puis Venise, puis Ferrare où le Duc d’Este souhaite l’accueillir, mais la pression de l’Eglise Catholique va contraindre la famille à se réfugier à Constantinople dans le quartier de Galata.

    Cette femme est une personnalité tout à fait extraordinaire du monde séfarade du XVI ème siècle, avisée, enrichie par le commerce des épices, elle mettra sa fortune à la disposition des juifs qui fuient les persécutions et on peut supposer qu’elle continua à suivre les préceptes de sa religion malgré sa conversion de façade. A Venise elle va aider les juifs du ghetto surpeuplé et très insalubre. 

    Elle fera appliqué un boycott de la ville d’Ancône où des juifs avaient été massacrés.

     

     Femme de culture elle soutiendra l’activité littéraire et l’imprimerie dans les villes où elle résidera. Elle soutint la traduction en espagnol de la Bible hébraïque. Elle finança la création d’écoles talmudiques et de synagogues dans tout l’Empire Ottoman ainsi que d’hôpitaux. Elle occupa une place important à la cour de Soliman Ier.

    Enfin Gracia Nasi tenta de soutenir un projet d’installation d’une colonie sur le site de Tibériade en Terre Sainte qui pourrait servir de refuge aux juifs fuyant l’inquisition.

    Une personnalité légendaire grâce à qui on peut avoir une meilleure connaissance de la personnalité des monarques chrétiens et musulmans de l'époque.

     

    Un petit livre très riche en information et tout à fait surprenant.

     

    Une vidéo en anglais 

     

     

     

    9782867464386FS.gif

     

     Le livre : Doña Gracia Nasi - Cecil Roth - Editions Liana Levi - Version numérique

     

  • Bravo Monsieur Saladin

    Si vous me lisez régulièrement vous savez que j'ai un faible pour Erasme.

    Un billet sur sa biographie par Zweig que j'aime beaucoup et surtout SURTOUT les Adages publiés récemment aux Belles Lettres

    Une édition époustouflante sous la direction de Jean-Christophe Saladin.

    1456.gif


    Non content d'avoir dirigé la traduction des Adages, il vient de s'attaquer à l'Eloge de la folie qui est publiée chez Diane de Sellier, un joli cadeau à faire pour noël !

     

    livre_affiche_56.jpg

    Si vous voulez tout savoir de la Renaissance, de l'humanisme, des conflits Erasme/Luther écoutez le chez Frédéric Lenoir et Leili Anvar  et les Racines du ciel

     

    Equipe-Lenoir.jpg

  • Pietra Viva -Léonor de Recondo

    LaPieta-MichelAnge.jpg

      « la dernière fois qu'il est venu à Carrare, il a trouvé le bloc de sa pietà de Rome »

     

    Si l’on cherche bien au milieu de toutes les publications de la rentrée on finit par tomber sur des petites pépites et en voilà une.

     

    Imaginez vous au temps de la Renaissance, Michel-Ange l’artiste en vogue du moment, protégé des princes et des papes vient de réaliser une magnifique Pietà et le Pape Jule II lui commande son tombeau.

    Michel-Ange qui vient de voir mourir Andréa un moine qu’il aimait particulièrement « la beauté à l’état pur », profite de la commande du Pape pour fuir Rome et prendre la route de Carrare avec « Pétrarque dans sa besace ».

     

    crbst_Copie_20de_20lizzatura.gif

                              le travail dangereux des carriers

     

     

    Nous faisons route avec lui pour atteindre le saint des saints. Il doit choisir pour son oeuvre future les plus beaux blocs de marbre et les faire convoyer jusqu’à Rome.

    « Les carriers sont âpres en affaire » mais il a en poche les ducats du Pape et il n’hésite  jamais à marchander avec opiniâtreté pour obtenir les meilleurs prix.

    Michel-Ange était réputé pour son très mauvais caractère, ici il apparait aussi en homme fragilisé par une enfance qui a laissé des traces, par le chagrin éprouvé à la mort du jeune moine.

    C’est le roman de la création artistique avec tout ce qu’elle contient de puissance, de don, mais aussi de colère, de ressentiment car pour créer il faut être un homme qui sait ressentir dans sa chair toutes les émotions. La ferveur envers la matière première du travail, les obsessions personnelles qui viennent hanter les nuit de l’artiste et qui vont aussi donner vie à ses sculptures  « Le matin, il est le premier dans la carrière à observer les montagnes qui se défont pour qu’il puisse leur insuffler ses formes à lui, leur redonner vie à sa manière. Imaginer, sculpter, créer, afin que sa volonté se fasse sur la pierre »

    Et parfois le miracle se produit « Et, soudain, il imagine un homme prisonnier d’un bloc. Un personnage qui hésiterait à sortir du marbre ou y rester et qui, troublé par la dualité de ses sentiments, aurait le visage inondé de souffrance et de plaisir » alors les ciseaux se mettent à danser.

     

    6a00d83451b18369e200e54f4ed6b68834-640wi.jpg

                                         Le Moïse du tombeau

     

    C’est un récit très sensuel, on a envie de caresser ce marbre, de sentir sous nos doigts la poussière, les aspérités. Le roman palpite d’une vie sourde qui explose parfois emportée par le caractère colérique du sculpteur. Sa façon de vivre dans le village est dérangeante, il n’a que peu de respect et peu de sentiments pour les plus humbles jusqu’à ce que remonte à lui ses souvenirs d’enfance, et là l’homme brutal se fait agneau.

     

    J’ai aimé voir cet homme se perdre dans le travail pour oublier la mort qui lui est si proche, mort de sa mère toujours vive, mort d’un moine et mort encore puisque l’oeuvre qu’il doit réaliser est un tombeau. Il dessine pour conjurer le sort et pour rendre la pierre vivante, pour extraire la vie du marbre blanc, pour la façonner à sa convenance.

    C’est cette alchimie particulière entre un homme en proie aux souvenirs, au chagrin, et l’homme sûr de lui, certain de son génie, c’est ce mélange qui rend le livre si attachant et si réussit.

    Il y a de la beauté, du désir et  de la violence dans ce superbe roman.

    Léonor de Récondo fait elle aussi oeuvre de création en nous livrant ce Michel Ange, l’écriture est belle et parfaitement accordée au sujet. 

     

    Vous pouvez lire l’avis de Jostein  

     

    9782848051529FS.gif

     

    Le livre :  Pietra Viva - Léonor de Récondo - Sabine Wespieser Editeur

  • Fallir être flingué - Céline Minard

    usa_ranch_montana_cheval_leservoisier026.jpg

                      ça pourrait se passer là.........

     

    J’avoue j’ai toujours eu un faible pour les westerns, les bons évidement, mais moi que voulez-vous quand j’entends Dean Martin dans Rio bravo je fonds totalement et je peux rester coller à l’écran pour voir Redford Jeremiah avancer dans les neiges du grand ouest américain.

    Une faiblesse bien sûr mais qui ne m’a pas quitté, alors voyez un peu ma joie et mon excitation après les dix premières pages du roman de Céline Minard.

     

    Je fais acte de contrition, je râle fréquemment contre le peu d’imagination et de souffle des écrivains français, et bien là chapeau bas (de cow-boy) Madame Minard.

     

     

    cowboy2.jpg

    Bon je vous la fait courte car vous avez dû déjà lire cela dix fois.

    Nous voilà dans une grande plaine mais avec juste les montagnes à main droite, genre le Wyoming ou le Montana

    Des migrants avancent péniblement, chariots, hommes et bêtes, bien portants et mourants, à quelques pas de là des indiens, des hommes en fuite, des voleurs, des grigous et d’autres au grand coeur. 

     

    Pour faire bonne mesure il y a la quête de nourriture, la chasse, la recherche d’un abri pour la nuit, la traversée des rivières..........

    Si vous êtes comme moi ces mots là ont dû faire apparaitre des images oubliées, de piste suivi par les troupeaux, de campements sous la lune, de danger dans l’ombre.

     

    Hunters' Supper Frederic Remington.jpg

                                  Hunters' Supper Frederic Remington

     

    Allons un peu plus avant, une ville vient de se créer, sa quincaillerie, son saloon au piano mécanique, ses filles et la tenancière derrière le bar. Il y a le barbier qui fait la peau douce, et celui qui loue tout (ouais ça existait déjà). 

    Que ce passe t-il lorsque les uns rencontrent les autres, des duels au pistolet ? des verres de whisky échangés ? ou des plaies recousues ........

    Voilà je n’irai pas plus loin, si vous hésitez à lire ce livre, regardez Règlement de compte à OK Corral ou alors Eldorado et ouvrez le livre, vous y êtes ..........

     

     

    duke_a24.jpg

    vous le reconnaissez le saloon ?

     

    Ici il faut que je remercie Clémence qui m’a donné envie de lire ce livre lors du dernier club lecture de la Médiathèque.

     

    Si vous voulez avoir des détails plus précis c’est chez Lecturissime ou Sibylline et pour avoir un avis masculin allez voir Jérôme

     

    9782743625832FS.gif

     

    Le livre : Faillir être flingué - Céline Minar - Editions Payot Rivages version numérique