Sur les chemins du Japon

Je m'étais déjà baladé au Japon et je viens de récidiver grâce à un poète et aux réédition de ses livres
L'un m'a donné envie de relire l'autre.
C’est parti donc pour quelques livres et haïkus
Ici dès demain
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Sur les chemins du Japon

Je m'étais déjà baladé au Japon et je viens de récidiver grâce à un poète et aux réédition de ses livres
L'un m'a donné envie de relire l'autre.
C’est parti donc pour quelques livres et haïkus
Ici dès demain
« L’humidité du bois, l’odeur de la terre humifère, les couleurs des feuilles de hêtre, de sorbier, du saule des chèvres, de l’aulne blanc tranchant sur le vert sombre des sapins et la splendeur flamboyante d’un merisier ; lui avec son chien ; et le silence amplifié par les brefs appels des oiseaux de passage, par le battement d’ailes d’une grive, par le tintement argentin du grelot attaché au collier de son chien. Marcher comme ça pendant toute la vie. Toujours. »

« La couverture sur la tête, on marchait en silence ; en sortant de la bouche le souffle gelait sur la barbe et sur les moustaches. Mais l’air, la neige et les étoiles aussi semblaient soudés ensemble par le froid. La couverture tirée sur la tête, on continuait à marcher en silence. On s’arrêta, peut-être parce qu’on ne savait pas où aller. Le temps et les étoiles passaient au-dessus de nous, étendus sur la neige. »
Asiago le pays de Mario Rigoni Stern
Bribe de : Hommes bois abeilles - Mario Rigoni Stern - Editions la Fosse aux ours

Il ne m’a pas fallu moins de trois livres pour rendre compte de cette femme hors du commun.
Elle est comme bien des poètes de son temps, fille de la Révolution et fille de la répression qui s’abattit sur nombre d’entre eux.
Insurgée dit Troyat, c’est certain, une femme, un poète qui toute sa vie refusa de se plier aux règles communes, règles politiques, règles familiales. Elle refusa le rôle de la bonne épouse, de la bonne mère.
Marina en 1916
Née avant la Révolution dans un famille aisée, son parcours l’emporte vite par provocation, par choix vers l’opposition.
Elle vit l’intolérable pauvreté au moment de la guerre de 14, une des ses filles paiera cela de sa vie. Une fois les bolcheviques au pouvoir elle refuse les diktats et ses poèmes sont refusés, censurés, elle ne trouve aucun travail digne, obligée de mendier la nourriture, de mendier un abri à ses amis. Elle devient nomade entre Moscou et la Crimée.
Marina avec son mari sa fille Ariadna et son fils Mour
Les fléaux qui s’abattent sur elle comme sur son mari, ne l’anéantissent pas, elle résiste, elle écrit, elle a la plume en main tout au long des jours. Son soutien principal pendant des années seront la poésie et les poètes, Mandelstam dont elle tombe amoureuse, Pasternak avec qui elle entretien une correspondance littéraire et amoureuse, Rilke qui forme avec Pasternak et Marina un triangle amoureux, ces lettres sont souvent évoquées dans sa poésie « lambeau de chiffon » mais surtout bonheur fou.
Contrainte de quitter la Russie, elle prend le chemin de l’exil, l’Allemagne, Prague puis Paris. En France elle ne trouve pas auprès des immigrés le soutien qu’elle pourrait attendre, trop révolutionnaire pour eux, trop contestataire pour le régime soviétique ! Elle dit avec un humour noir « En Russie, je suis un poète sans livres, ici un poète sans lecteurs. »
Boris Pasternak et Marina Tsvetaeva © Lena Levin
La mort de Rilke, le quasi reniement de Pasternak lui seront une douleur vive dont elle ne se remettra pas. Elle est à bout et sous la pression elle fera le choix du retour en URSS, son mari a été fusillé, elle s’enfonce en Russie fuyant l’avancée des allemands pour faire finalement le choix du suicide. On trouvera près d'elle des carnets de poèmes et « pardon de n'avoir pas supporté ».
Toute sa vie elle a été « contre », toute sa vie elle a scandalisé par ses amours tumultueuses, ses coups de foudre, ses amours scandaleuses avec une femme, elle qui choisit d’épouser un juif !! Une vie toute de passion, toute de tension, bercée par les soubresauts de l’Histoire.
Pour faire votre choix entre ces trois livres : le petit livre de Linda Lê est celui qui rend le mieux compte de la poésie de Marina Tsvetaeva, Celui d’Henri Troyat est une belle biographie qui rend bien le parcours familial, personnel mais où je n’ai pas perçu la passion pour la femme.
Mon préféré et de loin est celui de Rauda Jamis conseillé par Nadejda, que j’ai trouvé d’occasion sans difficulté. L’auteur parvient totalement à faire aimer la femme, à nous donner l’envie de lire sa poésie. Elle fait revivre à merveille cette femme exceptionnelle.
Mandelstam disait que les oeuvres se partagent en deux groupes « celles qui sont permises et celles qui sont écrites sans permission comme on dérobe un peu d’air » c’est le cas de toutes l’oeuvre de Marina Tsvetaeva.
Quelques vers de Marina
Si vous saviez, passants, attirés par d’autres regards charmants que le mien
que de feu j’ai brûlé, que de vie j’ai vécu pour rien.
*************
Et je dirai - console-moi,
Mon coeur blessé se tord,
Et je dirai - le vent est frais,
Le ciel brûle d’étoiles.
*************
L’un est fait de pierre, l’autre d’argile,
Et moi je m’argente, je brasille,
Varier est mon affaire, Marina mon nom,
Moi périssable écume de mer.
Les livres
Comment ça va la vie - Linda Lê - editions Jean Michel Place 2002
L’espérance est violente - Rauda Jamis - Nil Editions
Marine Tsvetaeva l’éternelle insurgée - Henri Troyat - Editions Grasset
© merci Marie pour cette photo
Rencontrer l’auteur et le traducteur d’un roman avant sa lecture attise l’envie de lire et procure un petit supplément d'âme.
Il y a quelques semaines j’ai passé ainsi une excellente soirée, excellente parce qu’entre amies, excellente parce que l’auteur Ioànna Bourazopoùlou a su nous faire découvrir son livre et enfin parce que cela m’a permis de faire connaissance avec Michel Volkovitch dont je connaissais déjà le nom, traducteur incontournable de la littérature grecque, et que cette rencontre fut sous le signe de l’intelligence, de l’humour et du bonheur de lire.
Et me voilà embarquée dans un livre curieux, dérangeant mais surtout passionnant.
Bon il va vous falloir accepter certaines petites choses extravagantes : une bonne partie de l’Europe est sous l’eau, une faille s’est creusée dans la Mer Morte, les relations entres les pays et les hommes sont pour le moins devenues terrifiantes. La « Compagnie des soixante-quinze » détient tous les pouvoirs, elle s’est enrichie grâce à un mystérieux sel violet qui sourd de la Mer Morte. Elle applique la loi du profit maximum et de la liberté minimum, elle manipule les hommes et s’enrichit à leurs dépends.
Une colonie s’est crée loin de toute terre pour exploiter le sel, une colonie digne de celle de Kafka avec des personnages violents, « rapaces » adeptes du mensonge mais habités par la peur et la culpabilité. Ils vivent coupés de tout, hors du temps. Ils ont créé ainsi une nouvelle société avec ses représentants, le prêtre, le médecin, le juge, le commandant, la femme du gouverneur et le gouverneur lui même, un monde où l’on se déchire à belles dents. Ils sont les bouffons de la farce. Lorsque le gouverneur disparait tout vacille.

La Compagnie va devoir étudier le problème de la colonie et pour cela faire appel à Philéas Book qui vit à Paris, seul survivant de sa famille après le grand Débordement et qui gagne sa vie en réalisant des « lettres croisées » pour le Times. Je vous laisse découvrir ce que sont ces lettres.
Ne croyez pas à un livre simple, les personnages sont nombreux, roman épistolaire pour une part, le récit est exigeant et l’écriture de Ioànna Bourazopoùlou est riche. Elle entretient volontairement le mystère et l’ambiguité autour de ses personnages. L’auteur vous manipule un peu aussi et lorsque l’angle de vue change vous découvrez que ce que vous aviez compris est ...faux. Attention car vous êtes comme la femme de Loth en grand danger .......
Fable, parabole, roman d’après l’apocalypse, livre de mise en garde, ce livre est tout cela à la fois. Une belle entrée en littérature !
Un grand merci à Michèle qui m'a ouvert les portes de ce livre

Le livre : Qu’a-t-elle vu la femme de Loth ? - Ioànna Bourazopoùlou - Traduction de Michel Volkovitch - Editions Ginkgo

Les cinq livres que j'ai découvert chez vous et qui se sont révélés des plaisirs de lecture, un clic pour trouver l'identité de celle qui m'a fait ce cadeau
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C'est l'occasion de dire merci, je serai fidèle à vos recommandations à venir soyez en sûrs.
L'année de lecture commence en Grèce et c'est ici dans très peu de temps

Pour clore le festival étoilé les cinq meilleurs romans de ces cinq dernières années ........
Ce ne sont pas tous des livres récents, le choix s'est fait au gré de mes lectures.
C'est le choix le plus difficile car il y eut de belles découvertes.
bon allez je me lance un clic sur les couvertures pour plus d'infos
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Et vous quel serait votre choix ? attention de ne pas tricher c'est sur 5 années de lecture !!