Une chanson peut elle influencer la vie ?
1988
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Une chanson peut elle influencer la vie ?
1988
Le roman d’une descente aux enfers.

Le jugement dernier Hans Memling
Un roman puissant, sulfureux, qui demande une lecture très très attentive ou, peut-être comme je l’ai fait, deux lectures à quelques semaines d’intervalle.
Je vous propose d'élucider ce qui dans ce roman, l’emporte : la pitié et la compassion pour Temple Drake l'héroïne, la colère et l’effroi envers Popeye ?
Ou par dessus tout comme pour moi : l’admiration pour la construction tordue et maléfique du récit.

Popeye est un gangster froid, cruel, un gringalet dangereux sa silhouette a « la méchante minceur de l’étain embouti », rien de normal en lui, c’est la malveillance faite homme.
Popeye va commettre l’irréparable, Temple Drake va en faire les frais.
Temple elle c’est une jeune fille de bonne famille « Mon père est juge » répète t-elle à satiété, mais c'est une jeune fille qui aime s’encanailler.
Horace Benbow l’avocat va lui aussi croiser la route de Temple, lui c’est la lâcheté personnifiée et son portrait dit à peu près tout ce que Faulkner pense de la justice.

Temple Drake va passer très vite de « il va m’arriver quelque chose ? » à « il m’arrive quelque chose » Ruby Lamar, l’ancienne prostituée tente de protéger Temple, de l’avertir mais elle est sans illusion sur ce qui va arriver. Temple Drake a mis le doigt dans la spirale du mal.
Faulkner nous fait la liste de toutes les turpitudes : le viol, le meurtre et l’arrestation d’un innocent.

W Faulkner © Frassonetto Le temps
Faulkner ne décrit jamais les scènes les plus violentes mais il les suggère et c'est bien pire. Il laisse le lecteur les imaginer, on touche le mal du doigt, c’est un puit sans fond.
Tout homme a ses propres ténèbres, l’auteur les décline une à une.
On est hanté par la chaleur du Mississippi, par la puissance maléfique de Popeye, le récit est pétri d’allusions bibliques et chacun sait que les récits bibliques ne sont pas des parcours de douceur et de bonté.

L’auteur fait suivre de fausses pistes à son lecteur, il faut attendre la fin du roman pour connaitre l’histoire dans son entier. Il arrache les masques, il nous fait toucher du doigt la violence du désir, les abîmes du mal.
Un roman où la place du traducteur est très importante (clic)
Camus disait que ce roman était un chef-d’oeuvre.
Malraux que « Sanctuaire, c'est l'intrusion de la tragédie grecque dans le roman policier.»
André Gide lui a « pensé devenir fou d'horreur et de détresse en lisant Sanctuaire.»
Parfois, parfois, l’on voudrait n’avoir jamais commencé ce roman. Pourtant je vous invite à lui faire une place dans votre bibliothèque car comme le dit un de ses commentateurs « l’œuvre vaut mieux que sa sulfureuse et tapageuse réputation »
Lisez l'avis de Nathalie dont le billet recoupe bien celui ci

Le livre : Sanctuaire - Oeuvres I - William Faulkner - traduit par Maurice-Edgar Coindreau - Editions Gallimard Pléiade ou Folio

Joaquin Phoenix dans le rôle dans Walk the line
Douze ans après son premier enregistrement, Cash interprète Folsom Prison Blues dans l’enceinte même de la prison, devant un parterre de détenus (et de surveillants), le 13 janvier 1968. C’est d’ailleurs cette version live de Folsom Prison Blues que les radios passeront après 1968 et jusqu’à aujourd’hui.
Il faut dire que Johnny Cash y réalise l’une de ses meilleures performances. Tout y est : de la rage, de la joie… Une leçon pour tous les « jeunots du rock » en pleine période Peace and Love.
Johnny Cash, lui, est (momentanément) débarrassé de ses problèmes d’addictions et à l’heure de l’amour libre et bohème, il préfère (enfin) épouser son grand amour, June Carter. De sa prestation à Folsom sortira un album (At Folsom Prison) quelques semaines plus tard. L’opus se classe au sommet des charts américains. La carrière de Johnny Cash est relancée, grandement aidée par ce monument du rock qu’est, pour l’éternité, Folsom Prison Blues.

Johnny et June
Le livre : Petit dictionnaire des chansons rock - François Grimpet - Editions Camion Blanc
Pause estivale

Avec la chaleur tout est au ralenti, la lecture, les blogs…
Alors une pause farniente est indispensable après un hiver et un printemps un peu rock’n roll

Rendez vous fin août avec un plein de lectures.
Si j’en crois Antony le libraire d’Au Bonheur des ogres ce sera une rentrée exceptionnelle
On prend le pari ?
En attendant repos et lectures obligatoires

Les dames du Sud sont magnifiques

Carson McCullers
« Il y a un fort, dans le Sud, où il y a quelques années un meurtre fut commis. Les acteurs de ce drame étaient deux officiers, un soldat, deux femmes, un Philippin et un cheval. »
Les Premiers mots du roman, voilà si vous vous attendiez à un suspense c’est raté.
L’auteure va nous faire suivre ces personnages, le cheval en moins, leurs attaches, leurs liens qui vont inexorablement s’entremêler.

Nous sommes dans le Sud, là où le racisme est non seulement banal mais aussi parfaitement admis.
Le capitaine Penderton a une femme volage, Leonora, elle ne brille pas par son intelligence et elle a pris un amant.
L’amant est le commandant Langdon; le supérieur du mari de la dame ! Mais le commandant a aussi une femme, Alison, qui elle souffre de la trahison de son mari et de la perte récente d’un enfant. Seul son serviteur Anacleto la comprend.
Mais ce que peut penser le commandant d’un serviteur philippin …. qui s'en soucie ?

Quelle affiche !
Penderton éprouve de la haine envers sa femme, parce qu’elle a la fâcheuse tendance à prendre pour amant des hommes dont il tombe amoureux, comme ce soldat Williams qui entre la nuit dans la chambre de Leonora pour l’observer. Tordu, vous avez dit tordu ?

1966 Elizabeth Taylor et Marlon Brando dans l’adaptation de John Huston
« sa fascination à l'égard de la sensuelle femme du capitaine est bien là, tandis qu'elle-même l'ignore et ne le voit pas, à l'inverse de son mari »
Mais la beauté de femme mûre laisse de marbre le mari.
Le mari et l’amant on connait de longue date, sauf que Carson McCullers pousse l’étude de moeurs au plus loin.

Ce huit-clos dans une garnison et un roman à la fois beau, envoûtant mais cruel et glaçant au point qu’aucun personnage n’attire la sympathie, même les victimes. La tension monte, les obsessions de chacun sont examinées à la loupe et l’on devine une fin tragique.
Les protagonistes de ce roman sont tous incapables d’être heureux , leur sensualité doit être cachée, la morale leur interdit de l’exprimer.

Il fallait du courage à Carson McCullers pour en découdre avec les conventions et choisir de traiter le racisme, l’homosexualité et l’adultère et montrer que désirs et les pulsions sont plus forts que toute morale.

Le livre : Reflet dans un oeil d’or - Carson McCullers - Traduit par Pierre Nordon - Editions La Pochothèque

« Les Beatles ont écrit plus de bonnes chansons en huit ans que les Stones en presque soixante. »

« Le riff de « Satisfaction » vaut à lui seul tous les albums des Beatles ! »

« Peut-on aimer à la fois Beatles et Stones sans être suspect ? »
« En temps de guerre musicale, il faut choisir son camp. On est conservateur ou rebelle, sage ou turbulent, déluré ou taciturne, pop ou rock. Pas de place pour le compromis. »

« La controverse Beatles vs. Rolling Stones est durable parce qu’elle est à hauteur de l’empreinte dont ils ont marqué leur temps, par leur talent, leurs succès commerciaux et surtout l’engouement qu’ils ont suscité »
Et vous où va votre préférence ?
Le livre : Beatlestones un duel un vainqueur - Yves Delmas et Charles Gancel - Editions Le Mot et le reste 2020