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A sauts et à gambades - Page 33

  • Bribes de peinture et d'amitié

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    « Ami lecteur, voilà pourquoi l’audace m’est venue de te soumettre quelques aspects de Claude Monet. L’artiste a vécu un moment supérieur de l’art, et, par là même, de la vie. Il ne manquera pas de bons juges pour le dire. Mais c’est l’être humain que je cherche au-delà de l’artiste, l’homme qui, livré tout entier à ses impulsions les plus hautes, a osé regarder en face les problèmes de l’univers » 

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    « Je prends le ciel à témoin qu’un tel accomplissement n’est pas de l’ordinaire. D’où l’idée m’est venue d’ajouter quelques touches au portrait de Monet par lui-même, pour caractériser autant que possible la grande figure d’un homme qui fait honneur à son temps, à son pays, à sa planète. »

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    Monet et Clémenceaux

    « Un jour, je disais à Monet : « C’est humiliant pour moi. Nous ne voyons pas du tout les choses de la même façon.(…) Avec vous, c’est une autre affaire. L’acier de votre rayon visuel brise l’écorce des apparences, et vous pénétrez la substance profonde pour la décomposer en des véhicules de lumières que vous recomposez du pinceau, afin de rétablir subtilement, au plus près de sa vigueur »

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    « Ce qui caractérise Monet, c’est qu’après avoir créé sa manière, il l’a développée, d’un progrès continu, jusqu’au prodige des Nymphéas, c’est-à-dire au-delà même de ce que meules, peupliers, cathédrales, Tamise, permettaient de prévoir. »

    Le livre - Claude Monet - Georges Clémenceau - Editions Parkstone International

  • Courriers des tranchées - Stefan Brijs 

    Jusqu’à quel point le mensonge est-il tolérable ? Est-il plus acceptable si c’est pour le bien des personnes ? 

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    Londres en 1914

    Rendez-vous à Londres en 1914, la guerre vient d’être déclarée et les files s’allongent pour s’engager. Tout le monde est sûr que les soldats seront de retour dans quelques semaines.
    Le pays vit fort d’un optimisme à tout crin et d’une grande colère face aux planqués qui refusent de s’engager. 

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    John Patterson est parmi ceux qui tombent sous la vindicte populaire, il est étudiant et n’a pas l’intention d’interrompre ses études.

    Son père, facteur, s’est sacrifié pour lui payer sa formation au prix de sa bibliothèque dont il met en vente régulièrement un volume de valeur.
    Est-ce de la lâcheté quand autour de lui ses amis s’engagent, Martin Bromley son plus proche copain s’engage avec un mensonge sur son âge et son identité.

    Les premiers morts arrivent, son père distribue les télégramme du commandement pour annoncer les décès.Un autre ami de John est pacifiste et marxiste, il influence un peu le jeune homme et son suicide  perturbe John qui est pacifiste dans l’âme et plus attiré par la poésie de Keats que par la carte des combats.

    John reste très proche de la famille de Martin après son départ pour le front. Il aimerait obtenir l’amour de Mary, la soeur de Martin, mais il se heurte à un refus.

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    L'arrivée du courrier 

    La mort dramatique de son père  fait électrochoc, John découvre que ce dernier utilisait son métier de facteur pour subtiliser des lettres qu’il n’osait pas remettre hanté par tous ces morts.
    Il s’engage et décide de voir cette sordide guerre de près.

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    Un lieu sinistre de la Première Guerre 

    Un livre que j’ai beaucoup apprécié, j’ai aimé le débat sur le refus de s’engager, le courage ou la couardise, la notion de lâcheté que ce soit à l’arrière ou sur le front.

    J’ai aimé les questions que posent ce livre : qu’est-ce que l’héroïsme, la trahison, le refus de se battre ?

    L’auteur dit très bien l’attente du courrier de part et d’autre, le moral qui plonge quand une lettre n’arrive pas, l’inquiétude des mères, des amis, des épouses, le désespoir à l’arrivée du courrier des autorités qui taisent la vérité, enjolive la mort et cache les vraies raisons parfois (suicide, exécution ) 

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    J’ai aimé que le fils après le père soit détenteur de courriers qui annoncent la mort aux familles dissimule la vérité, ment pour ne pas blesser. Tout est là, dans ses propres interrogations, quand une simple lettre peut détruire, réconforter, donner de l'espoir ou l'annihiler. 

    J’ai apprécié l’écriture, simple et élégante, d’une grande sobriété et qui nous fait partager le goût pour la littérature de l’auteur.

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    Au dessus de Londres 

    Le portrait de Londres sous la menace des Zeppelins préfigure ce que sera Londres sous les bombes d’Hitler. Les drames de Poperinge et d'Ypres sont présents dans le récit et invitent à lire un peu à leur propos.

    Lisez ce livre, sans vous presser jusqu’au final très émouvant et comme moi laissez vous émouvoir par John qui part à la recherche de perce-neige et d’anémones des bois au beau milieu d’une guerre.

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    Le livre : Courrier des tranchées - Stefan Brijs  - traduit par Daniel Cunin -Editions Héloise d’Ormesson ou Folio Gallimard

  • Bribes de bois et de cabanes

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    « La nuit dernière, j’ai dormi dans la cabane après être allé nager, dans la soirée, dans l’eau des fossés où les herbes commencent à pousser. Sous la lune presque pleine, la lumière restait si vive qu’on ne pouvait décemment pas parler d’obscurité. À quatre heures moins dix, j’ai été tiré de mon sommeil par une fauvette à tête noire qui sautillait sur le toit. Juste après, elle a lancé le plus somptueux gazouillis dont on puisse rêver, avant d’être rejointe bientôt dans le clair-obscur par d’autres oiseaux. »

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    Fauvette à tête noire 

    « J’ai aussi un wagon de chemin de fer, que j’ai fait transporter dans l’un de mes champs, il y a de cela des années. Y dormir ou y travailler, c’est comme partir en voyage. Un frêne qui pousse juste derrière caresse le toit de ses branches, et joue des airs syncopés sur le tuyau de cheminée quand souffle le vent. » 

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    « Le perce-neige, l’anémone des bois, la primevère, la digitale et l’ail des ours ont tous ce pouvoir d’imprégner les sous-bois d’une teinte par la seule force du nombre. Cependant, la fleur de la jacinthe sauvage a une beauté préraphaélite particulière, elle qui pend la tête en bas en donnant à la tige la forme d’une houlette de berger. »

    Le livre : Wildwood  A travers les forets du monde  -  Roger Deakin -  Traduit par Frédéric le Berre  -  Editions Hoëbeke 

  • Bribes et brindilles américaines

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    « … Je sais quelle heure il est en regardant le soleil, et en quelle saison nous sommes en regardant les écureuils. Aujourd’hui, j’en ai vu un faire provision de noix en haut de l’arbre à côté de l’abri de jardin. Il se hâtait vraiment. Alors je pense que ça annonce un hiver précoce. Et les chenilles ont mis leurs grosses fourrures, et le chèvrefeuille s’entortille. Cela veut dire que je suis tout aussi heureux que si j’avais du bon sens… »

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    Ecureuil américain 

    « Dans le courant de la nuit, un cerf passe près de notre bivouac d’un pas nerveux. J’entends le bruit puis, un peu avant l’aube, lorsque je me lève, je vois ses délicates empreintes en forme de cœur. J’attise le feu et confectionne notre première cafetière de café de cow-boy noir et riche, et dans la solitude j’en bois la première tasse, en me réchauffant les mains sur l’émail brûlant. Les dernières étoiles disparaissent lentement, le ciel s’éclaircit, perçant la lueur verte de l’aube pour éclater dans la splendeur ignée du lever de soleil. »

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    « L’été, la forêt s’étirait en dessous de nous en dix-sept différentes teintes de vert. Il y avait les pins jaunes et les pins pignons, les épicéas bleus et les épicéas d’Engelmann, les sapins du Colorado et les sapins de Douglas, les trembles, des robiniers du Nouveau-Mexique, des genévriers alligators et quatre variétés de chênes. Sur le rebord rocheux de l’escarpement, où remontait l’air chaud des canyons, poussaient du raisin d’ours, des agaves, des acanthes et diverses variétés de cactus – figuiers de barbarie, coussins de belle-mère, cactus hameçon. Tout au fond des canyons, où l’eau coulait, certes pas toujours en surface, nous voyions des sycomores, des aulnes, des peupliers, des noyers, des micocouliers, des cerisiers sauvages et de la vigne vierge. Et cent autres espèces d’arbres, de buissons et de plantes grimpantes que je n’arriverai probablement jamais à identifier nommément. »

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    Aujourd'hui hélas la forêt brûle 

     

    Le livre : En descendant la rivière - Edward Abbey - Editions Gallmeister 

  • L'instant précis où Monet entre dans l'atelier - Jean-Philippe Toussaint

    Comment dit-on lorsque l’on trouve un petit trésor ? Une petite pépite. 

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    Amoureux de Monet, de Giverny et des Nymphéas ce minuscule livre est fait pour vous.
    Comment rendre compte de la création, de cet instant éphémère où la main va réaliser un miracle de beauté ?

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    C’est ce moment que Jean-Philippe Toussaint tente de surprendre pour nous l’offrir.
    « Je veux saisir Monet là, à cet instant précis où il pousse la porte de l’atelier dans le jour naissant encore gris »

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    Nous le suivons dans l’atelier. Ouvrant grand les yeux, pour saisir ce moment où la peinture se transforme en « paysages d'eau et de lumière, fragments de branches inclinées de saules pleureurs, reflets bleutés, ciels, transparences. »

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    Nous sommes à Giverny, c’est un temps de fièvre et de chaos, 1916, et Monet peint des fresques gigantesques, imagine leur placement à l’Orangerie avec l’aide de Clémenceau, La guerre est oubliée pour un instant.
    « Que sont les événements du monde pour l’artiste quand il crée ? Un tourment lointain et invisible. Une rumeur angoissante, entêtante, importune. » 

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    Chaque paragraphe commence par la même phrase et cette litanie qui scande le texte nous invite à nous plonger dans l’univers du peintre, à voir ces interminables retouches de l’oeuvre, une oeuvre en perpétuel recommencement, en éternel inachèvement.
    « Il ne sait rien du grand destin aveugle qui attend les Nymphéas. » 

     

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    « Partout des bleus, des bleus mêlés de rose, des bleus mauves et des bleus plus profonds, des bleus de cobalt, des bleus nocturnes, et ici et là, un bref feu d’or qui contraste, un incendie de jaune » 

     

    En quelques mots JP Toussaint nous dit l’âge qui avance, le corps qui s’affaiblit, la vue qui flanche et l’homme, le peintre « laissant la vie derrière lui, prenant congé du monde »

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    C’est peu dire que j’ai aimé ce texte, alors que, il faut que je le confesse je n’aime pas les autres livres de l’auteur, ben oui désolée !!

    Mais là j’ai lu ce petit opuscule trois fois de suite, j’ai ressorti mon gros livre sur Monet, sa biographie, sa correspondance avec Clémenceau, bref je me suis offert un bain d’impressionisme et rien que pour ça merci Monsieur Toussaint.

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    Le livre : L’instant précis où Monet entre dans l’atelier.- Jean-Philippe Toussaint - Editions de Minuit 

  • Brindilles pompéiennes

    « Salut la Campanie »

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    « Vous marchez sur les traces de Goethe et de Mozart, de Dumas et Gautier, de Nerval et Stendhal, de Freud et de bien d’autres. »

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    «  Il n’est de bonne visite que par sauts et gambades, selon l’envie, l’humeur, les goûts, les états d’âme. »

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    « Sous l’oeil apaisé du Vésuve, vieux lion fatigué qui peut encore rugir et dont les flancs frémissent près du cratère. Mais sans oublier Naples cette belle endormie, avaricieux gardien des trésors pompéiens, échappés au volcan, aux rapaces pilleurs, aux barbares visiteurs. A la furie des Dieux, à la folie des hommes. »

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    Le livre : Pompéi Promenades insolites - Claude Aziza - Editions Les Belles lettres