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A sauts et à gambades - Page 98

  • Dans ma bibliothèque

    Comme beaucoup d’entre vous ma passion des livres m’a porté à chercher, fouiner, élaguer pour me constituer une bibliothèque qui réponde à mes goûts et mes passions.

    Je suis tout à fait capable d’avoir un rayon entier consacré à un auteur, son oeuvre et une ou deux biographies ou plus ....

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    Demain je vous embarque pour deux billets, nous prendrons le bateau mais nous ferons aussi une incursion en Suède.

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    Je vous laisser chercher le nom de l’écrivain que vous retrouverez ici dès demain

  • Le rapport de Brodeck - Manu Larcenet

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    Cette BD fut un cadeau et un beau cadeau. J’avais lu le roman de Philippe Claudel en son temps et je l’avais aimé. 

    Les BD j’en lis de temps à autre mais j’ai un problème, soit je m’attache aux dessins, le graphisme, la couleur et je passe un peu à côté du texte, soit je lis la BD comme un livre et je vais de bulle en bulle sans remarquer vraiment les dessins.

    Là je dois dire que j’ai été séduite par l’ensemble, les dessins sont d’une telle force qu’immédiatement ils frappent l’oeil, la pensée et le coeur. Ils sont restés sur ma rétine tout au long de la journée qui a suivi ma lecture.

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    Pour ceux qui n’aurait jamais lu le roman voici en quelques mots la trame du récit. 

    Dans un village enneigé, un village qui sort juste de la guerre, un homme est chargé, on devrait dire contraint, de raconter ce qui s’est passé dans le village qui a entrainé la disparition d’un homme, un étranger de passage : l’Anderer.

    Brodeck transformé en scribe dit  « Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien » 
    Il est revenu des camps où sa capacité à supporter la violence lui a permis de se maintenir en vie.

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    Il écrit Brodeck, il cherche, interroge la peur au ventre car les villageois ne semblent pas prêts à accepter qu’il se défile.

    Je dois dire que l’adaptation est magistrale, le dessin en noir et blanc sert cette histoire de façon fulgurante, les visages noirs de haine, le paysage de tempête, tout respire la violence, le secret, l’hostilité. 

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    « On ne refuse rien à ces gens-là quand ils ont le sang au cerveau. »

    L’adaptation du roman est magnifiquement rendue, on y sent la tension qui s’installe, la peur, le remord, la lâcheté des hommes, la folie de la guerre, la violence collective si facile, la haine de l’autre. La seule BD aussi forte pour moi est Maus.

    C’est une BD pour notre temps lisez la, offrez là 

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    La BD : Le Rapport de Brodeck Tome 1 et 2 - Manu Larcenet - Editions Dargaud

  • Début d'année atypique

    Un début d’année un rien atypique, après la poésie je vous propose une BD

    ll n’y en a pas souvent ici mais là ce fut un coup de coeur total, normal ça se passe en hiver et il y a de la neige.

    C’est pour demain ici si cela vous chante

  • Rouge Vive - Estelle Fenzy

    Rouge vive, déjà le titre m’a plu, puis la forme des poèmes, leur brièveté, des poèmes brefs qui deviennent récit.

    J’ai une hésitation à parler de dépouillement, Estelle Fenzy est proche des comptines de l’enfance, douces et effrayantes à la fois. Mais la bascule se fait vite vers des découvertes moins familières. 

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    Celle qui prend la parole nous dit sa solitude « La solitude / mon manteau / m’accompagne tout le jour.» 

    Elle connait « chaque cicatrice de la pierre / mangée par les racines »

    Elle est né dans un village «  à l’engrais des tempêtes / la forge des orages » 

     

    Dès les premiers vers j’étais séduite par l’« homme silence » et la « mendiante à l’amour »

    Elle est vêtue de  « robe de vent si légère »

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    « j'ai découvert

    les rosiers sauvages »

     

    La poésie se lit à voix haute pour moi et j’ai eu la sensation d’entrer dans un pays de légendes «  au ponton du sommeil » avec des personnages familiers comme l’enfant au cartable déchiré et d’autres plus effrayant comme ce « forceur de femmes »

    J’ai été sensible à cette balade à deux voix pour faire le récit d’une histoire d’amour qui se déroule sur « une vaste terre / de fougères et de pins ».

    Les voix se répondent à travers les poèmes, disent l’amour mais aussi le chagrin de la perte qui est si douloureuse à ce « cœur tissu fragile » 

     

    De beaux dessins accompagnent le recueil qui est placé sous les auspices de Nick Cave et de sa chanson « Where the Wild Roses Grow » c’était une raison supplémentaire pour apprécier Estelle Fenzy

     

    Claudialucia m’a mis sur la piste de ce recueil qu’elle en soit remerciée 

     

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    Le livre : Rouge Vive - Estelle Fenzy - Dessins Karine Rougier - Editions Al Manar

  • Sous le signe de la poésie

    Et si on entamait l’année sous le signe de la poésie ?

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    Une amie blogueuse a su vanter ce recueil avec suffisamment de conviction pour que je me laisse prendre 

    C’est ici dès demain

  • Dans la forêt - Jean Hegland

    Elles sont deux, elles sont soeurs, Nell et Eva dix-sept et dix-huit ans. Elles ne sont pas tout à fait comme les autres, elles ne sont jamais allées à l’école, éduquées par un père un brin iconoclaste et une mère artiste. Elles vivent loin de tout, au bout du bout de la route dans les forêts au nord de la Californie.

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    Pas d’école mais des livres pour l’une et la danse pour l’autre. Aujourd’hui elles sont prêtes à entrer à Harvard et à intégrer le corps de ballet de San Francisco.

    Oui mais voilà rêves et ambition vont en prendre un sacré coup. Autour d’elles le monde se délite : terrorisme, crise économique sans précédent, effondrement des infrastructures, des guerres lointaines mais qui ont un retentissement sur la société entière. d’abord l’électricité est coupée certains jours, puis totalement,  plus de téléphone, plus d’approvisionnement, tout s’arrête....

    Ces changements les deux soeurs et leur père ne les voient pas arriver car la mère malade vient de mourir. Le chagrin prend le pas sur la désolation du pays. Quand le père est victime d’un accident mortel Nell et Eva vont devoir faire face seules. C’est à travers le journal de Nell que nous les découvrons.

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    Pas d’inquiétude, je n’ai trahi aucun secret tout cela on l’apprend dans les trois premières pages. 

    Je le dis tout net je n’aime pas les romans apocalyptiques, j’ai détesté La Route, oui oui je sais vous avez tous et toutes adoré ce roman mais moi je n’ai pas marché. J’ai lu sans déplaisir Vongozero mais sans vraie passion. Alors pourquoi ici me suis-je laissée prendre ? 

    Et bien pour l’écriture (la traduction est parfaite) et la construction du roman. Par touches fines et retours en arrière particulièrement bien menés, on découvre la vie de cette famille, les liens qui les unissaient, la passion de Nell pour le savoir, l’éblouissement d’Eva pour la danse.

    Tout l’art de Jean Hegland est d’instiller doucement le doute, les petites ratées, les changements imperceptibles, bref tout ce que la famille ne voit pas et qui va modifier leur vie de façon brutale et sans retour possible.

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    L'auteur

    C’est magnifiquement évoqué. Une vie pleine et belle, un avenir radieux qui s'annoncent et brusquement l'obligation de vivre autrement, de compter l'une sur l'autre et sur la nature pour survivre.

    C’est un roman très poétique, lyrique, poignant par moment. J’ai aimé ces deux personnages, leurs rêves, leur volonté à survivre. La forêt qui les entoure est un personnage du roman et Jean Hegland en parle magnifiquement. Une belle rentrée pour moi.

     

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    Le livre : Dans la forêt - Jean Hegland - Traduit par Josette Chicheportiche - Editions Gallmeister 2017