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J’aime lire dans un fauteuil, dans un lit, dans un train, dans un avion, au bord de la mer, à la montagne, à la campagne et même autrefois j’ai beaucoup lu en marchant (mais je ne cacherais pas que c’est un rien dangereux) j’ai lu en cuisinant (parfois la béchamel n’a pas résisté)
J’aime les petits livres rares et les gros pavés
J’aime relire, même les pavés, cependant dans mes relectures il m’arrive de faire seulement des incursions vers mes pages préférées, retrouvé un passage, un héros, un lieu.
Mais alors je suis reprise par l’envie de relire tout depuis le début et vlan me revoilà avec un gros bouquin sur les bras
J’aime lire les classiques,
La parole est à Italo Calvino « Un classique est un livre qui n’a jamais finit de dire ce qu’il a à dire » et surtout parce que « Les classiques sont des livres qui, quand ils nous parviennent, portent en eux la trace des lectures qui ont précédé la nôtre et traînent derrière eux la trace qu’ils ont laissée dans la ou les cultures qu’ils ont traversées. »
J’aime relire les classiques « Toute relecture d’un classique est une découverte, comme la première lecture. »
J’aime lire les récits de voyage depuis mes premières lectures à 7 ans de la découverte des Pôles, l’amour de l’aventure voyageuse de m’a plus quittée.
J’aime lire les livres d’histoire, qu’ils soient savants ou purs romans, peu importe, j’aime me balader au temps de Shakespeare, entendre le canon de la guerre, me faufiler dans les palais de Saint Pétersbourg, tenter de comprendre les horreurs d’un régime, saisir le profil d’un homme d’exception, retrouver nos très lointains ancêtres. Bref la petite et la grande histoire.
J’aime lire les livres de sciences même si parfois l’auteur me perd en route, j’aime la découverte, je crois n’avoir pas perdu la curiosité de mes 7 ans, le big bang, les forêts, les libellules
J’aime lire les livres d’art même si hélas leur prix me freine un rien, leur prix et parfois leur poids. Ma collection s'est enrichie à noël pour mon plus grand plaisir
J’aime lire la poésie parce qu’on peut la lire toujours et partout, sans rien avant, sans rien après juste pour avoir un éclair de joie pure
J’aime ranger mes 4 bibliothèques, je peux décider sur un coup de tête d’en changer complètement le classement, ça me prend au moins deux jours mais quel plaisir
J’aime lire et parler de livres mais pas du tout les prêter
J’aime partager une lecture avec la même ferveur que quand j’avais 12 ans et que j’ai lu Le Journal d’Anne Franck, sans doute la lecture qui m’a fait entrer dans le monde des adultes.
C’est le second livre que je lis dans le cadre de la Lecture commune pour l’Holocauste et plus encore que Goetz et Meyer ce livre fut un choc de lecture La littérature croate ne tient pas beaucoup de place sur les présentoirs des librairies hélas et on a un peu honte qu’un tel livre soit passé un peu inaperçu.
C’est à la fois un regard et une écriture, brutale, dérangeante. Des mots qui interpellent, mettent en cause, alertent, on ne sait pas comment qualifier ce qui se passe pour le lecteur tout au long de ce roman documentaire comme le nomme l’auteur et l’éditeur.
Gorizia aujourd'hui
Le récit se déroule dans La ville de Gorizia, proche de Trieste, dont le nom se décline selon les langues en Görz, Gorica, Gurize. C’est souvent le cas pour ces villes où le vent de l’histoire à baptisé les lieux chaque fois que la frontière se modifiait.
Ville qui évolue de son attachement à l’Empire austro-hongrois à l’appartenance à l’Italie annexée à l’Axe durant la guerre.
L’héroïne de ce roman Haya Tedeschi est une femme âgée et depuis 1944 elle attend…elle attend ainsi depuis soixante-deux ans. « À ses pieds, une immense corbeille rouge remplie de photos, de coupures de presse, de documents divers. Son attente, au début du roman, est « notre attente ».
Haya est née à Gorizia et a grandit dans unefamille juive qui va hésiter et pencher curieusement vers le fascisme à l’arrivée de Mussolini, espérant peut être l’impunité grâce cela.
Haya peut ainsi se croire à l’abri mais l’histoire avance et l’on s’achemine vers le temps des massacres. La famille Tedeschi semble ignorer ces faits car ils détournent la tête regardent ailleurs, les voisins ne disparaissent pas « ils déménagent » ils ne sont pas expulsés ils « semblent ne plus ouvrir leur magasins »
Le récit s’étend géographiquement et dans le temps, on approche de l’inhumain Haya est amoureuse d'un allemand qui est venu un jour acheter des pellicules photo dans sa boutique.
Treblinka
C’ est Kurt Franz, celui qui à Treblinka « se promène, monte à cheval, court le matin, chante (…) plante des fleurs » Treblinka est fermé il a été muté !! Elle se retrouve seule lorsque, fin de la guerre oblige, il quitte Trieste. C’est le début de l’attente pour Haya.
le bon dieu sans confession
Personnage symbolique, Haya est là pour nous rappeler ce que vécurent ces hommes et ces femmes, certains broyés immédiatement, d’autres se transformant en bourreaux.
Après la guerre les yeux d’Haya s’ouvrent petit à petit, elle lit des témoignages, ses souvenirs prennent une autre teinte, elle suit les procès qui sont faits aux criminels de guerre
Rizerie de San Sabba
En 1976 commence le procès des criminels de guerre de San Sabba. Dans cette rizerie de Trieste, on a assassiné des Juifs, des Tsiganes, des résistants. Un four crématoire avait été construit par Erwin Lambert, ingénieur qui a fait ses preuves en Allemagne et en Pologne en éliminant des malades mentaux et des handicapés.
Erwin Lambert un bon père de famille
L’auteure ne vous donnera la clé de cette attente qu’en toute fin du livre mais on pressent tout au longque ce qui sortira de la quête ne sera ni joyeux, ni consolant. C’est un quête pour savoir et comprendre, pour éclairer cet événement violent et inimaginable que fut la déportation et l’extermination des juifs en Europe.
Si ce roman m’a tellement marqué c’est par la façon dont Daša Drndić parle de l’histoire, mêle les faits avec ce qui sort de son imagination.
Le récit n’est jamais linéaire ce qui parfois rend la lecture difficile, exigeante, mais c’est un peu comme si l’on inventoriait tout le contenu du panier rouge d’Haya et que l’on sortait tous les papiers, photos, coupures de presse, tout un par un.
Nous ne sommes pas les derniers - Zoran Mušič
Ainsi on croise Boris Pahor, Paul Celan, Zoran Mušič, Umberto Saba, Danilo Kiš, Claudio Magris …et surtout ce qui pour moi fut une rencontre forte le philosophe Carlo Michelstaedter dont la soeur disparue à Ravensbrück, je l’avais lu il y a environ 20 ans et il s’est à nouveau imposé à moi grâce à ce roman.
La littérature, la philosophie, la poésie, la peinture sont-elles plus à même de dire la douleur, l’horreur, la souffrance ?
Carlo Michelstaedter
Le roman est interrompu pendant 80 pages et nous trouvons la liste des 9000 juifs qui ont perdus la vie dans les camps, les transports ou les territoires occupés. C’est comme une reconnaissance, un hommage, une stèle de papier.
Daša Drndića ainsi redonné un visage à l’histoire refusant que l’individu soit résumé à une « note en bas de page de l’Histoire »
Réquisitoire très puissant contre les nazis bien entendu mais aussi envers tous ceux qui ont fermés les yeux ou tournés la tête : la Croix-Rouge qui aide les nazis à blanchir l’argent des victimes déportées, le Vatican qui aidera à cacher les criminels de guerre, ou plus simplement par exemple ….un chef d’orchestre : « En 1955 Karajan est nommé chef à vie de l’Orchestre philharmonique de Berlin (…) la terre absorbe le passé comme la pluie disparait dans ses entrailles » En 1935 il avait adhéré au parti Nazi et joué pour Hitler.
Et pourquoi ne pas diriger l'Ode à la Joie ?
Sonnenschein est un roman parfaitement documenté, on a envie d’ajouter hélas ! Car les protagonistes ont réellement vécu et fait ce dont on les accuse. Des photos, des compte-rendus des procès, les retranscriptions d’interrogatoires, tout atteste de la réalité des faits. La folie meurtrière du nazisme, la circulation des trains, les camps,les exécutions,le Lebensborn
C’est comme un monument pour sauver de l’oubli des hommes et des femmes qui un jour ont vécu, aimé, travaillé, parce que « tout nom cache une histoire »
La construction du livre rend le lecteur témoin, il est interpellé par les faits qui redonnent vie aux victimes anonymes etqui sont un réquisitoire sans appel pour les bourreaux qui voudraient faire croire à leur petite vie de fonctionnaires obéissants.
Daša Drndić multiplie sans arrêt les points de vue, les documents, les cartes, les dates, jusqu’à parfois rendre le lecteur un peu hagard, un peu noyé par ce chaos effrayant.
Pourtant l'auteur parvient à donner une cohérence à tout ça et c’est ce qui fait la force du livre, sans doute un des grands livres sur l’Holocauste.
Le livre : Sonnenschein - Daša Drndić - Traduit par Gojko Lukić - Editions Gallimard
Voilà un roman à la fois passionnant et déroutant lu dans le cadre de la lecture commune proposée par Passage à l'Est et Si on bouquinait.
Un roman passionnant sur le fond, l’Holocauste et le problème de la responsabilité, la question torturante du bien et du mal. Un roman déroutant par sa forme qui flirte avec l’humour noir, une ironie dévastatrice et même le ridicule.
Un texte provocant chez le lecteur une quasi apnée, un quasi étouffement par la particularité de l’écriture et par le choix d’un paragraphe qui court sur plus de 100 pages.
Belgrade après l'invasion allemande
Le roman se situe à Belgrade, dans un passé assez proche mais non daté.
Le narrateur un juif professeur de lettre dont pratiquement toute la famille a disparu dans les camps, est amené à faire des recherches sur son passé et celui de sa famille.
Ses recherches dans les archives sont décevantes mais il a trouvé un petit fil rouge, deux SS envoyés d’Allemagne pour leur compétence particulière, conduire et faire fonctionner un camion transformé en chambre à gaz. Ils sont mutés à Belgrade pour leur « savoir faire »
Un camion à gaz utilisé en Pologne
Goetz et Meyer, deux SS que David Albahari transforme en une seule entité « Goetz et Meyer »
Le narrateur tente de comprendre ce qui s’est passé, de comprendre qui étaient ces deux hommes qui ont participé à l’élimination de sa famille et à celle decinq mille juifs de Serbie.
Cette enquête tourne à l’obsession et le narrateur frôle parfois la folie par la difficulté a retrouver trace de sa famille et au fur et à mesure qu’il découvre les faits, les noms, les chiffres.
Déportations en ex-Yougoslavie
Pourquoi « Goetz et Meyer » ont-ils participé au Génocide ? Comment ont-ils fait pour supporter cela ?Voir des femmes, des enfants, des vieillards, monter dans ce camion, leur sourire, faire « comme si » il s’agissait d’un petit voyage anodin puis débarrasser le camion des corps, nettoyer le tout et … recommencer. Sont ils inconscients ? Sont ils des modèles d’obéissance ? Sont-ils des monstres ?
A la lecture de tous les livres sur l’Holocauste, les questions lancinantes sont toujours les mêmes : pourquoi, quel homme peut faire cela, qu’est-ce qui me différencie de tels hommes, qu’aurais je fais dans les mêmes circonstances …
Que reste-t-il aux survivants ? J’ai pensé à plusieurs reprises au livre de W.G. Sebald Les émigrants, en lisant ce roman.
David Albahari livre ici un roman d’une très grande force qui ouvre la porte aux interrogations, à l’incompréhensible, à l’inhumain.
J’ai été bouleversée par ce roman. Tout d’abord parce qu’il évoque, ce que j’ignorais totalement, l’existence de camps en Serbie, et parce que quand on dit Holocauste on ne pense pas forcément à ce pays.
Staro Sajmiste Camp de concentration Serbe
Un roman sombre bien entendu mais qui palpite pourtant de vie, une vie douloureuse certes mais la vie « malgré tout ». Il plonge le lecteur dans un magma brûlant le contraignant à courir devant les coulées de lave qui déferlent. Sa façon de transformer ces deux hommes en une seule entité « Goetz et Meyer » les liant définitivement car ils sont les « rouages d’un vaste mécanisme »
Les témoins de l’Holocauste sont en train de disparaitre et il est indispensable que des voix reprennent ce récit, empêchent l’oubli.
Un grand et beau roman qui date déjà de 2002, alors un grand merci à Passage à l’Est qui me l’a fait connaitre et qui a initié cette lecture commune avec Patrice.
Le livre : Goetz et Meyer - David Albahari - Traduit par Gabriel Iaculli et Gojko Lukic- Editions Gallimard
Après le livre de Tomasz Kizny qui manifestement vous a touché j’ai choisi de vous faire faire le tour de mes étagères sur le Goulag et le Stalinisme, cette part de l’histoire longtemps occultée, du moins du temps de ma jeunesse.
J’ai eu la chance d’avoir un père socialiste dans l’âme mais très très très méfiant quant à toute forme de tyrannie, d’oppression, et qui a souhaité comme l’on dit « aller y voir »
Se balader en Allemagne de l’est, Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie en un temps où c’était difficile d’y aller et d’y circuler laisse un fort souvenir. Et forcément l’on en revient convaincu !!!
Bon ce n’était pas Gide évidement mais sa réflexion, sa volonté de savoir et de vérifier m’a conduit à lire beaucoup sur le sujet et à me faire ma propre opinion dès mes quinze ans.
C’est pourquoi ma bibliothèque est largement remplie et j’espère qu’elle vous inspirera des lectures salutaires car si le stalinisme est mort la tyrannie et l’oppression elles sont toujours d’actualité.
Les plus évidents ?
Alexandre Soljenitsyne même si sur la fin de sa vie il dérivait un peu.
Je vous conseille Le courage d’écrire et bien évidement la somme que représente l’Archipel du Goulag, difficile à lire ne nous le cachons pas mais tellement indispensable
Varlam Chalamov c’est par lui que j’ai commencé ma lecture, à l’époque seul un petit livre de poche rassemblait quelques uns de ses récits de la Kolyma. Plus tard l’éditions complète chez Verdier a ét un choc important, j’aime aussi son témoignage sur ses lectures, de celles qui l’ont aidé lors de ses années Goulag :Mes bibliothèques
Pour ces deux auteurs j’ai luLa Route de la Kolymade Nicolas Werthcar ils empruntèrent cette route , celle qui montre ce que furent les souffrances de ces hommes et femmes arrêtés, enfermés, punis pour des fautes imaginaires puis relégués au fin fond de la Sibérie
Lorsque l’individu qui devrait être laminé par un système cela donne Voyage au pays des Ze-Ka -de Julius Margolinou Proust contre la déchéance - Joseph Czapski.
Ces livres qui montrent la lutte pour la survie mais bien au-delà pour l’honneur et la dignité et ainsi prouver que l’on peut se dresser face au système.
Le parcours si particulier d’un homme de scienceLe météorologue d’Olivier Rolin, une histoire qui pourrait être magnifique si elle n’était pas si dure.
Mais il y a aussi le destin d’individus exceptionnels comme Ossip Mandelstam, sa biographie est précieuse pour moi mêlant histoire, politique mais surtout PoésieMon temps, mon fauve -de Ralph Dutli
Par delà les destins individuels il y a l’analyse d’un système : Goulag une histoire - Anne Applebaum - Une somme, un profond travail d’historienne, sans doute le livre le plus complet sur le sujet.
Et il y a les témoignages comme ceux recueillis par Svetlana Alexievitch qui même s’ils ne sont pas directement des témoignages autour du Goulag, permettent d’élucider ce qui a conduit un peuple tout entier à obéir, à pratiquer la délation, à participer à l’entreprise du Stalinisme
Creusement du Canal de la mer Blanche ou Belomorkanal
La folie meurtrière d’un régime qui fait travailler les prisonniers jusqu’à la mortpour construire un canal qui ne servira pratiquement jamais.Les eaux glacées du Belomorkanal - Anne Brunswic -
On peut pour élucider ce que fut le régime et son dévoiement en lisant des romans
Parmi les plus importants il y a bien sûr Vie et destin de Vassili, Grossman, ce livre qui faisait si peur que le NKVD finit par décider d'arrêter ...le livre. IL qui n’apparait pas ici car je l’ai lu bien avant de tenir ce blog mais il a évidement sa place dans ma bibliothèque
Ce qui m’a poussé à lire un autre roman de Vassili Grossman nettement moins connu alors qu’il dit tout des camps, des dénonciations, de la culpabilité, du retour à la vie dite normale : Tout passe- Vassili Grossman
J’ai luUne Saga Moscovite - Vassili Axionov qui trace d’une façon parfaite ce que furent les destinées de ces russes malaxés par l’appareil stalinien . J’ai lu plus récemment Les Patriotes - Sana Krasikov dont j’ai aimé la construction
C’est une bibliothèque incomplète forcément mais dont je suis fière, j’espère qu’elle vous inspirera des lectures à venir
La question se posait déjà dans le livre de Nicolas Werth à la lecture des témoignages : Quel regard porte la Russie d’aujourd’hui sur l’histoire du Goulag, pas de repentir affiché, une histoire à peine effleurée dans les livres d’école, tout un peuple qui semble faire l’impasse sur une réalité effrayante, à peine croyable.
C’est un photographepolonaisqui l’a fait grâce à deux livres, et c’est le deuxième livre dont je veux aujourd’hui vous parler.
Entre 1937 et 1938 en l’espace de seize mois 750 000 personnes furent assassinées, exécutées sur ordre deStaline, du Politburo et des potentats locaux du NKVD.
Les instigateurs : Staline, Vorochilov, Iejov
En étroit lien avec l'association Memorial Tomasz Kizny a eu accès aux archives de cette période.
Il a réalisé un travail à la fois extraordinaire et bouleversant.
Les photos en disent plus que des mots parfois et les photosde T Kizny sont d’une puissance rare.
Des dizaine de portraits d’hommes, de femmes et parfois d’adolescents, qui sont photographiés alors que le verdict de mort ne leur a pas été annoncé.
Ici les nombres prennent des visages, il ne s’agit plus de ….victimes, non c’est Alekseï Grigorievitch, c'est Evdokia Arkhipova, ce ne sont pas des noms sur une liste c’est une personne, un visage...
C’est une forme de réparation que Tomasz Kizny leur offre.
On peut lire avec chacun de cesportraits qui étaient les victimes : des artisans, des paysans, des ingénieurs, des personnes que le régime a voulu purement et simplement effacer.
Ivan Alexeïevitch Belokachkine
Tous n’étaient pas russes loin de là, polonais, allemands, finlandais ont fait l’objet de la même répression aveugle.
Condamnés pour être des ennemis du peuple, des espions, des saboteurs ou simplement des « nuisibles » . Pour la plupart réhabilités après la mort de Staline.
Nicolas Werth a également contribué à ce livre en ajoutant les explications de l’historien sur ce massacre longtemps ignoré, caché, que les familles des victimes elles-mêmes tenaient secret.
Pour lui « Vingt ans après la grande révolution socialiste d'Octobre, le régime soviétique perpétra le plus grand massacre jamais mis en oeuvre en Europe en temps de paix.»
Une seconde grande partie du livre est constituée par les lieux de massacre et d’exécutions, lieux où parfois les familles ont voulu marquer le souvenir en nouant un foulard ou en accrochant une photo sur un arbre, en plantant une croix.
Certains de ces lieux ont livré leur secret mais tous n’ont pas été identifiés. Ces lieux de mémoire sont le travail de l’association Mémorial, la carte qui existe aujourd’hui sur le site des archives du Goulag donne un aperçu de l’ampleur du travail fait. Sur le site vous pouvez aussi écouter des témoignages, tous ne sont pas traduits en français hélas.
Vous l’avez compris c’est un livreremarquable et indispensable pour conserver le témoignage d’une barbarie d’état.
« Sur le long chemin menant du dévoilement à la compréhension de ce crime de masse, le présent ouvrage de Tomasz Kizny constitue un jalon capital. » dit Nicolas Werth.
Ce livre permet que ces hommes et ces femmes ne soient pas condamnés à l’oubli définitif, il empêche l’amnésie de tout un peuple, c’est tout l’honneur de ce livre.
Le livre: La Grande Terreur - Tomasz Kizny - Editions Noir sur Blanc