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Poésie - Page 3

  • Bribes de poésie alsacienne

    Bribes de poésie alsacienne

     

    Le sous-bois est recouvert d’herbes et d’anémones

    et les bouleaux portent tous une couronne

    vert pâle faite de jeunes feuilles scintillantes.

    Réveillés par les cloches, les merisiers

    ont revêtu des aubes de communiantes

    pour éparpiller leur floraison 

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    Ah ! comme alors tout est simple dans ta vie :

    ici un chemin en lisière des bois, là un prunellier

    avec ses petites baies bleues, un pierre pas loin, 

    des papillons qui survolent les trèfles

    et sur l’eau des fossés de petites feuilles qui dérivent 

    comme s’en vont tes soucis et tes maux terrestres.

     

     

    Il neige

    Penché par-dessus les montagnes et les vergers

    le soir avec ses troupeaux de nuages

    se prosterne

    et c’est comme s’il dispensait la paix

    sur la terre.

     

     

    L’auteur : Alsacien qui fit le choix d’écrire dans son dialecte, imperméable à la comédie sociale et qui n’avait d’autre joie que de courir les forêts et les prés. Son frère maire de Guebwiller fut décalré « juste parmi les nations ». Il appartint à une génération qui vit deux guerres mondiales et il changea de nationalité. 

     

     

    Le livre : Par les fossés et par les haies - Emile Storck - Editions Arfuyen

  • Bribes d'Anne Périer

     

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    Le Grenadier

     

    Lorsque dans la pénombre du feuillage

    Il allume ses fleurs écarlates

    Le temps retient son souffle

     

     

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                                  © Chrystale17

     

     

    Le Tamaris

     

    Léger léger

    Sur le front de la mer

    Comme pour en chasser 

    D’un doigt tendre les rides

     

     

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    L’if

     

    Gardien d’éternité

    Il rend grâce aux martinets

    Qui chaque soir dans l’air tremblant

    Cousent le ciel à la terre

     

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    Le livre : La voie nomade - Anne Perrier - Editions l’Escampette

  • Bribes d'Hubert Voignier

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    Aussi je m’en vais par les routes pluvieuses ou ensoleillées d’avril, bordées d’orties vivaces et d’ombelles géantes, dont les petites grappes de fleurs blanches gravitent comme dans galaxies dans l’espace poudreux des talus et des fossés, à la recherche de ces champs d’herbe haute rehaussés de fleurs — faisant ressurgir en moi le souvenir d’enfance de vertes prairies constellées de narcisses au parfum amer sur le plateau d’Hauteville. 

     

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    © ivredelivres

     

    Aller à la découverte des hautes herbes, au détour des paysages repeints aux couleurs de la reverdie annuelle, est un bonheur comparable à celui de se lever tôt pour constater que le soleil règne en maitre absolu sur la campagne, avant que ses rayons ne frappant de plein fouet les yeux du promeneur matinal, à peine éveillé, ne le jettent , l’esprit à moitié sonné, sur le carreau éblouissant des routes.....

     

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    Le livre : Les Hautes herbes - Hubert Voignier - Cheyne Editeur

  • Les Cygnes sauvages - Kenneth White

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    Paysage d'Hokkaïdo

    Après pas mal d’années passées à Annecy, les cygnes font partie de votre paysage. Le titre du livre de Kenneth White a donc attiré mon regard, puis ma main, puis ….

    Récit d’un voyage au Japon, vers le nord du Japon et ses chemins, ses lacs, ses cygnes sauvages.

    Pour Kenneth White il s’agit d’un pèlerinage géopoétique dans les pas de Bashô pour « rendre hommage aux choses précieuses et précaires » mais aussi pouvoir observer les fameux « cygnes sauvages venus de Sibérie s’abattre avec leurs cris d’outre-terre sur les lacs du Nord où ils viennent hiverner » 

     

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                                 Lac Biwa 

     

    Le type même de livre qui vous laisse un souvenir magique, la nature, la poésie, des clins d’oeil vers la philosophie zen, tout le voyage est sous le signe de l’érudition, de celle qui vous donne envie d’ouvrir d’autres livres, de faire d’autres voyages virtuels ou bien réels.

     

    Après un petit tour à Tokyo au marché des libraires où les livres s’entassent partout, un peu comme Alan Booth, c’est un Japon profond que propose Kenneth White, petit ryokan, rencontres hasardeuses, saké et poisson.

    ll en profite pour nous faire faire connaissance avec des auteurs japonais inconnus comme Nagai Kafû ou des peintres comme Kobayashi Kiyochika.

     

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                   Pont sur la Sumida Katsushika Hokusaï 

     

    Mais Bashô me direz-vous, et bien il emplit tout le livre, une même perception de la beauté, un goût certain pour le voyage, l’amour des paysages de la Sumida, partout Bashô est présent et Kenneth White nous invite à nous « laisser aller avec les feuilles et le vent » sur cette ’île d’Hokkaido, île aux  paysages enchanteurs.

     

     

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    « L’automne se changeait en hiver, le jaune-rouge en blanc, la feuille en flocon, à mesure que je gravissais les pentes du Daisetsuzan »

     

    On se promène dans les paysages d’Hiroshige « Je me sens vraiment dans le vieux Japon du nord, je sens toute la conjugaison du riz et de la glace, la présence des maisons aux épais toits de chaume du pays de neige »

     

    Il s’enfonce de plus en plus vers le nord, longtemps considéré comme le pays des Aïnous, il va aborder un lac où sa patiente sera récompensée. 

    « Un miroitement et un frémissement sur les eaux bleu sombre, le vent dans les herbes dorées… (…) Je restais tapis au milieu des roseaux, à les regarder, à les écouter — Puis l’un deux s’est levé dans l’air (…) Je les ai

    suivi des yeux et de l’esprit » 

     

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    Sur lac vide

    Ce matin du monde 

    Les cygnes sauvages

     

    J’ai aimé ce livre alliance de poésie et de récit de voyage qui ouvre vers des espaces infinis. Un livre qui incite au rêve.

     

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    Le livre : Les cygnes sauvages - Kenneth White - Traduction Marie-Claude White - Editions Le Mot et le Reste 

     
  • Le Chemin étroit vers les contrées du Nord - Bashô

     

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    Dans les années cinquante Nicolas Bouvier passa plusieurs mois au Japon, quelques Vingt années plus tard il entreprit la traduction du journal de voyage  Oku no hosomichi  de Matsuo Bashô.

     

    ll n’est pas étonnant que le poète voyageur soit traduit par un des maîtres du récit de voyage. Leur marche n’est certes pas la même mais l’un comme l’autre ont l’oeil et l’esprit bien ouvert pendant leur vagabondage. Un périple de cinq mois et quelques 2000 km sans carte aucune, 

    Bashô est déjà un poète reconnu quand il prend Le chemin étroit vers les contrées du nord, il a envie de laisser là une vie devenue trop citadine à son goût.

     

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    ll va pouvoir faire l’expérience même de la poésie à travers la marche. ll veut atteindre la « terre du bout des routes » 

    Manifestement il y a connivence entre Bashô et sont traducteur.

     

     

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    Le récit du voyage est ponctué de haïkus, certains très célèbres d’autres beaucoup moins. Le récit lui même est d’un grande poésie jugez-en :

     

     

    « Tandis que nous nous reposions au creux d’un rocher, j’eus l’oeil tiré par un petit cerisier, à quelques pieds de nous, qui commençait juste à fleurir. Penser que ce gringalet qui passe tout l’hiver sous la neige n’oublie pas de fleurir quand le printemps atteint ces hautes pentes ! »

     

    Evocations de sites célèbres, de rencontres, de temps pour la méditation.

     

    Ce texte de Bashô a été plusieurs fois traduit aussi pour vous que vous puissiez juger de la version qui vous plait le plus voici le début du voyage dans trois traductions différentes et vous noterez que les différences sont malgré tout importantes 

     

    * «  Les jours et les mois s’égrènent, passants fugaces. Les années qui surviennent et s’en vont voyagent elles aussi. Notre vie même est un voyage; quant à ceux qui la passent à naviguer, ou ceux dont les cheveux blanchissent à mener leur attelage, la route n’est-elle pas leur véritable demeure ? Sans oublier les poètes d’autrefois qui, nombreux trouvèrent la mort au cours d’une longue errance. Pour moi aussi un jour vint où la liberté des nuages chassés par le vent m’incita à partir pour aller vagabonder le long des côtes sauvages »

     

    ** « De l’éternité, jours et mois sont hôtes de passage et, de même, l’an qui fuit, l’an qui vient sont voyageurs. Qu’il mène une vie nomade, en bateau ou à cheval, l’homme accueille la vieillesse, le voyage quotidien est sa demeure. Nombreux sont les poètes d’autrefois qui sont morts en chemin, et moi, comme eux, depuis je ne sais quand, à l’invite du vent dans les nuages en lambeaux, je ne peux réfréner mon désir d’errance. »

     

    *** « Mois et jours sont passants perpétuels, les ans qui se relaient, pareillement sont voyageurs. Celui qui sur une barque vogue sa vie entière, celui qui la main au mors d’un cheval s’en va au-devant de la vieillesse, jour après jour voyage, du voyage fait son gîte. Des anciens du reste nombreux furent ceux qui en voyage moururent. Et moi-même, depuis je ne sais quelle année, lambeau de nuage cédant à l’invite du vent, je n’avais cessé de nourrir des pensers vagabonds.»

     

    Pour en lire plus sur Nicolas Bouvier c'est chez Tania 

     

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    Les livres

    *  Le chemin étroit vers les contrées du Nord - Traduction Nicolas Bouvier - Editions Heros-limite 

    ** L’Ermitage d’llusion - Traduction Jacques Bussy - Editions La Délirante ( avec le journal de Saga et l’ermitage d’illusion) 

    *** Bashô journaux de voyage - Traduction René Sieffert - Editions POF ( le plus complet rassemblent des notes de voyage à Kashima à Sarashina et le carnet de la hotte) 

  • 25 Poètes islandais d'aujourd'hui - Thór Stefánsson

    Le pays de la poésie

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    L’Islande est terre de poésie depuis toujours. Depuis les poètes scaldiques jusqu’à aujourd’hui

    Pour vous appâter un peu voici quelques poèmes qui peut être vous donneront envie d’en savoir plus

    C’est un poésie parfois très réaliste, parfois fortement influencée par les poètes anciens. 

     

    Steinunn Sigurdardóttir  Poète à retrouver sur le site de France culture   

     

    Quand les gens meurent ce ne sont pas que les gens qui meurent 

    Meure avec eux un univers

    de façon de faire, de travailler, de nuances de voix, de sagesse, de stupidité.

    Meurent un rire particulier, un sourire particulier.

     

     

    Thór Stefánsson  le traducteur et le compositeur de ce recueil

     

    Ciel bleu - Nuages blanc

    Laquelle est la couleur de l’innocence ?

     

    Yeux bleus - Cheveux blancs

    Laquelle est la couleur de l’expérience ?

     

    Peur bleue - Magie blanche

    Laquelle est la couleur du risque ?

     

    Dénuement bleu - Or blanc

    Laquelle est la couleur de la richesse ?

     

    Mer bleue - Brisants blancs

    Laquelle est la couleur du calme ?

     

    Montagnes bleues - Cimes blanches 

    Laquelle est la couleur de la distance ?

     

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    Einar Mar Gudmundsson

     

    Voici le pays 

    Où les continents s’écrivent

    dans leur quête de silence, de pierre.

     

    Regarde le glacier,

    Il se dandine dans le bleu

    Comme un ours blanc qui traverse le monde

     

    Dans le rêve une porte s’ouvre

    et l’obscurité déferle

    larme dans le sommeil.

     

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    Óskar Árni Óskarsson

    Bonsoir à la lune

     

    Approche Curieuse vagabonde

    Approche et regarde

    Ici t’attend

    Du pain du vin

    Une chaise une table

    Un bol rempli de pommes bleues

     

     

     

    « Thór Stefánsson en a choisi les poèmes et les auteurs, a tenté de conserver, malgré la diversité des voix, un ensemble cohérent et accessible, aux lecteurs qui ne sont pas familiers avec l'histoire, la littérature ou la géographie islandaises. »

     

    Cette anthologie est riche avec des poètes très différents les uns des autres. Une petite notice biographique en fin de volume pour aider à mieux les connaitre.

     

    D’autres poètes à découvrir : Isaak Harðarson, Nina Björk Árnadóttir, Ágústina Jónsdóttir, Einar Benediktsson 

     

     

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    Le livre : 25 poètes islandais d’aujourd’hui - Traduction - Le Temps des cerises éditeur