17.02.2011
Traduire la poésie
Juste après avoir lu la biographie de Shakespeare j’ai lu la nouvelle traduction des sonnets parue chez P.O.L, dans le même temps j’ai lu chez BOL un poème de Francisco de Quevedo que j’aime particulièrement mais qui dans mon exemplaire est assez différent.....alors je vous propose une petite expérience


Deux exemples, chaque fois après la langue originale les deux traductions avec le nom du traducteur et l’année de la traduction.
Les choix sont différents, il y a ou non respect total de la forme.
Je suis frappée par la différence qui se dégage dans chaque exemple, cela confirme quel art difficile est celui de la traduction et que dire de la traduction de poèmes !
L’original en Espagnol
"¡Ah de la vida!"... ¿Nadie me responde?
¡Aquí de los antaños que he vivido!
La Fortuna mis tiempos ha mordido;
las Horas mi locura las esconde.
Jacques Ancet 2011
"Hé là ! la vie !" ... Personne ne m´entend ?
À moi, les autrefois que j´ai vécus !
Dans mes années, la Fortune a mordu;
Les Heures, ma folie leur fait écran.
Bernard Pons 2003
« Holà, vivants ! »....Personne qui réponde ?
A moi jadis et antans de ma vie !
La Fortune dans mes jours a mordu ;
Les Heures, ma folie me les dérobe
Et pour la langue anglaise
Un sonnet fameux qui a fait les beaux jours du cinéma
les quatre premiers vers du poème et la chute en deux vers
Let me not to the marriage of true minds
Admit impediments, love is not love
Which alters when it alteration finds,
Or bends with the remover to remove.
If this be error and upon me proved,
I never writ, nor no man ever loved.
Frédéric Boyer 2010
non pour moi un mariage d’amour
ne connaît pas d’obstacle amour
n’est pas l’amour s’il change pour changer
ou suit le premier à quitter la place
si j’ai tord et qu’on me le prouve alors
jamais je n’ai écrit jamais personne n’a aimé
Henri Thomas 1994
Non, je n’admettrai pas d’obstacle au mariage
Des coeurs sincères. Cet amour n’est pas l’amour,
Qui change quand il trouve ailleurs un changement,
Ou se détourne dès que l’autre se détourne,
Si c’est erreur, s’il est prouvé qu’elle soit mienne,
Je n’ai jamais écrit, nul n’a jamais aimé.
Où vont vos préférences ?
Les livres :
Sonnets de Francisco de Quevedo - Edition bilingue José Corti 2003
Les Furies et les peines - Editions Gallimard Poésie 2011
Sonnets de William Shakespeare - Editions Le Temps qu’il fait 1994
Sonnets de William Shakespeare - Editions P.O.L 2010
05:54 Publié dans Littérature Anglaise, Littérature Espagnole, Poésie | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
16.12.2010
Pour amoureux de poésie

Vous avez autour de vous des passionnés de la Russie, de son histoire, de ses écrivains, et de ses poètes.
Pour terminer cette année dédiée à ce pays regarder fleurir l’églantier avec Anna Akhmatova.
L’églantier fleurit et autres poèmes - Anna Akhmatova - Traduits par Marion Graf et José-Flore Tappy - Editions La Dogana
Une trajectoire de poète qui commence en 1912 avec son premier livre à 1966 l’année de sa mort. Elle est l’ami de Mandelstam, de Joseph Brodsky.
Elle traverse deux guerres et une révolution, témoin et victime d’une histoire violente et cruelle, elle chante son pays de tilleuls et de bouleaux, son pays parfois rouge de sang. Elle chante son amour pour un absent le poète Goumiliov, son amour pour sa patrie et la liberté à jamais perdue.
Les tonalités de ses poèmes sont très variées
De l’espoir
Bien du bonheur est dévolu
A qui suit librement sa route
A l’amour de la vie
Je fais des vers joyeux
Sur la vie éphémère, éphémère et superbe
A l’amour de son pays
C’est le mélilot et l’abeille
Poussière, ombre et canicule.
Les rivières bleues
Les saules d’argent
La merveille des tilleuls
A son bien aimé. Son amour perdu avec qui elle ne pourra plus rien partager
Un amour toujours présent, amour jusqu’à la douleur, même quand vient la peur, l’horreur « dans un sanglot sans fin »
Il aimait trois choses au monde :
Le chant des vêpres, les paons blancs
Et les vieilles cartes d’Amérique.
Mais nous vivrons d’un seul amour
Elle est intolérable
La douleur du silence amoureux
Tout est fini ...Et ma chanson résonne
Dans la nuit vide où tu n’es plus.
Automne triste comme une veuve
Vêtue de noir, embrume tous les coeurs

Blog Terres de femmes - Image, G.AdC
La plainte parfois s'élève, cri de souffrance d’une femme et de tout un peuple
Trois ans sans fermer l’oeil
Et chaque matin s’enquérir
De ceux qui sont morts dans la nuit
A l'heure où s'écroulent les mondes
... ma bouche suppliciée
Par laquelle crie un peuple de cent millions d’âmes.
J’étais alors avec mon peuple
Là où mon peuple était pour son malheur
Et continuer d’écrire, continuer de vivre
Il faut changer mon âme en pierre,
Il faut réapprendre à vivre
Une édition bilingue de neuf courts recueils, du très connu « Requiem » à celui qui donne son titre à l’ensemble « L’églantier refleurit ».
Un livre qui rend un bel hommage à Anna Akhmatova, une très belle traduction et une élégante présentation font de ce livre un cadeau pour tout amateur de poésie.

04:47 Publié dans Hotte de Noël, Littérature Russe, Poésie | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
24.09.2010
Pour une amie
Aujourd’hui je n’ai pas envie de parler de livre mais plutôt d’envoyer un message. Un billet destiné à une amie, de celle que l’on dit virtuelle et pourtant avant tout une amie.
Je lui dédie ces petits bouts de poésie pour lui tenir compagnie et lui insuffler courage et patience.
Que vienne la moisson
Que tombent les fruits mûrs
Sous les arbres profonds
Le temps saute le mur
Rassemble les saisons
Sonne la trompette royale
J’écoute au loin la houle des vallons
Les grands troupeaux qui vont
s’abreuver aux étoiles
Anne Perrier - La Voie nomade

Le Moulin Drocourt sur la sensée, Jean Baptiste Camille Corot.
La sagesse a des doigts de lavande, elle parfume les armoires,
Elle cueille au jardin les fruits et préfère les fruits aux fleurs,
Elle ne coupe pas les fleurs et ne les met pas dans des vases
La sagesse a des des yeux de chat, car elle voit mieux dans le noir,
son sommeil est épris du monde et l’univers est sa maison,
la sagesse chérit les blés et sait le prix de la patience
La sagesse a des mains de fier courage et tout révèle sa tendresse,
elle est la fille du silex, servante et maîtresse à la fois.
La sagesse avance masquée, sachant qu’un dieu parle en nos songes.
Jean-Yves Masson - Neuvains du sommeil et de la sagesse

Merveille prise ici
Une lampe sous un abat-jour, un store qui ondule,
Le tic-tac lointain d’une horloge à un autre étage:
Entrent en scène - pourvus d’ailes, d’antennes et de piquants-
Un faucheux, un papillon de nuit et un scarabée
Cependant que sur ma page se tient, oisive
Une mouche ensommeillée qui se frotte les pattes...
Ainsi nous nous rencontrons tous les cinq
Dans cet endroit tranquille
En ce point du temps, en ce point de l’espace,
Mes hôtes barbouillent la ligne que je viens d’écrire,
Ou se heurtent à la lampe et tombent sur le dos
« Les plus humbles créatures de Dieu! » me dis-je en rêvassant.
Pourquoi donc ?
Eux connaissent des secrets de la Terre que moi, je ne connais pas.
Thomas Hardy - Cent poèmes
De courts bonheurs pour terminer
05:00 Publié dans Bribes et Brindilles, Poésie | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
11.09.2010
Du ciel dans l'eau - Maurice Carême
Du ciel dans l’eau - Maurice Carême - Editions l’âge d’homme (2010)
Je ne peux pas m’empêcher de vous dire le nom de la collection dans laquelle parait ce livre : La Petite Belgique. Du coup me voilà tapotant sur google car Maurice Carême belge ? celui dont mes cahiers d’écolière étaient pleins ? et toc j’ai eu confirmation, « Maurice Carême est né le 12 mai 1899 à Wavre, d'un père peintre en bâtiment et d'une mère épicière » mais poète de langue française, ah bon !
C’est en souvenir de tous les poèmes appris par coeur que j’ai acheté ce petit recueil, de très bons souvenirs, j’en sais encore plusieurs par coeur mais je n’avais pas compris à l’époque que Carême est le poète du temps qui passe, des heures qui s’écoulent, des saisons qui s’égrènent
Un petit florilège pour vous emporter au pays des souvenirs
Je joue avec ma vie
Ma vie joue avec moi.
Je sais qui gagnera,
Mais toujours je l’oublie

Suis-je fais pour être un homme ?
Je commence à en douter
J’ai un naturel de pomme
Qui se nourrit de clarté
Il y a encore mille vers chauds, porteurs d’espoir, de " déluges d’étoiles"
Des vers qui disent la couleur du ciel "Le ciel était bleu à crier - Un ciel à se croire éternel"
Des poèmes qui parlent des menuisiers qui rêvent d’être mariniers, des guêpes énervées et d'un poète qui regarde par la fenêtre "lorsque les choses deviennent roses" et que " les lis sont éteints "
Une poésie pour retrouver son émerveillement d’enfant vous avez bien une petite place pour elle sur vos rayons
Quelques poèmes de Maurice Carême ICI
Pour rester un peu du côté de la Belgique retrouvez Le journal d'un petit belge et élargir vers la Flandre le blog de la littérature des Flandres et de Hollande
11:03 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
23.08.2010
Hommage à Philippe Jaccottet
Le Combat inégal - Philippe Jaccottet - Editions La Dogana
Le 13 mai 2010 Philippe Jaccottet a reçu le Grand Prix Schiller, ce prix qui vient couronné l’oeuvre du poète a été l’occasion de l’édition d’un livre hommage.
Symbole du travail de traducteur de Jaccottet le livre est composé de trois hommages rendus dans les trois langues : Italien, Allemand et Français (Traductions en vis à vis) par ses traducteurs.
« Lorsque voici quinze ans j’ouvris pour la première fois un livre de Philippe Jaccottet (...) quelqu’un n’y décrivait guère autre chose que des tâches de lumière sur des sommets montagneux, des fleurs sur la terre, des pierres dans l’eau, et je me sentais léger et neuf et libre et comblé comme rarement je l’avais été. »
Et il ajoute
« Depuis je ne cesse de revenir aux passages que je préfère, pareil à un collectionneur de pierres précieuses qui revient à ses joyaux favoris. »
En réponse à ces éloges Philippe Jaccottet dit de la poésie
« Rilke, Rimbaud, Mallarmé, Ramuz, Claudel, bientôt Hölderlin, cette révélation que la poésie pouvait être non pas même la quête, mais plus simplement l’accueil de certains signes, venus du dehors, par surprise, mais reçus au plus profond de soi, comme les flèches de l’amour ; signes précieux entre tous, dès lors qu’ils semblaient donner à notre monde, et à notre vie dans ce monde, contre tout espoir, une espèce de sens... »

Philippe Jaccottet, Grignan (Photo: Yvonne Böhler)
Mon premier livre de Philippe Jaccottet remonte à 1987 et je me suis retrouvée dans les propos admiratifs tenus dans ce livre. C’est une invitation à aller lire la Promenade sous les arbres ou Ce peu de bruit, je vous souhaite d’y éprouver autant de plaisir et d’émotion que j’ai pu en ressentir
Ce petit livre est accompagné d’un CD où Philippe Jaccottet lit plusieurs de ses textes
05:10 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
28.04.2010
La Vie - Fabrice Caravaca
La vie - Fabrice Caravaca - Editions Les Fondeurs de briques
De temps en temps on lit un texte et on ressent une envie urgente d’en parler. J’aime la poésie qu’elle soit en vers ou en prose.
Je viens de refermer ce petit livre et je veux vous faire partager mon enthousiasme et mon émotion.
Il est parfois difficile de dire ce qui plaît dans un livre, une écriture, mais avec la poésie c’est encore plus compliqué car cela touche au plus intime, au plus personnel mais je vais essayer.
Des textes écrits à la première personne du pluriel, c’est surprenant, d’habitude le poète dit Je, mais là non, c’est Nous et du coup on se sent tout de suite partie prenante " Nous nous sommes avancés dans la nuit "
Je fais partie d’un groupe, d’une collectivité, celle des hommes et je me suis reconnue dans cette fraternité. Car c’est de fraternité qu’il est question, une fraternité conquérante " Nous allons changé le monde "
On se sent comme embrassé par le texte, comme porté par une espérance possible " Nous sommes ivres déjà de beauté " et Fabrice Caravaca à la façon des taoïstes et autres maîtres de l’instant, nous invite à profiter de l’ici et du maintenant.
" C’est de lumière tout le long du jour dont nous avons besoin. Et de petites choses. Une main sur une tasse. Un bouton de chemise qui se défait. Une mèche de cheveux. A l’infini. Petites choses à l’infini qui forment une éternité. Qui sont notre salut. "

Une grande joie et une grande sérénité se dégagent de ces textes et une invitation à combattre pacifiquement pour la vie
C’est magnifique et généreux.
" Nous avons du souffle et nous sommes fidèles. Nous nous sentons frères et nous sommes du parti des accolades et des baisers. Nous sommes vraiment vivants et dans chaque seconde de nos éternités nous palpitons. "
Emouvant et reconnaissant.
" Nous voulons célébrer le monde. Nous avons en nous tous les mots des poèmes lus et entendus. Ils vibrent et sont lumière. Ils déchirent le voile posé sur les choses. Nous sortons d’une longue nuit. "
Faites une place à ce livre dans votre bibliothèque, véritable cadeau poétique car dans un livre de poésie " C’est le coeur de l’homme qui rayonne " Vous pouvez trouvez un autre billet et quelques extraits chez Claude
18:01 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
11.03.2010
Les Femmes du braconnier - Claude Pujade-Renaud
Les Femmes du braconnier - Claude Pujade-Renaud - Editions Actes Sud
Les hasards de l’édition font qu’en peu de temps deux livres d’un même auteur m’ont comblés.
Deux poètes majeurs du siècle, un couple, deux créateurs exaltés et avides de vivre : Sylvia Plath et Ted Hughes liés par leur amour commun de la poésie "Nous étions en écriture comme on est en prière " *, par un amour charnel puissant " fils de fer tirés entre nous ".
Ils vont s’affronter, se détruire l’un l’autre mais c’est elle qui en paiera le prix. Car comment avoir tout ? comment conjuguer une vie de poète et la vie tout court, comment assumer grossesses, naissances, comment supporter d’être une femme trompée ? La violence, la colère permettent un temps béni de création poétique mais ne suffisent pas pour résister au désespoir et la folie guette.
Ted Hugues est avide des mots, avide de poésie, avide de femmes. Amoureux de la nature, des animaux qui tiennent la première place dans sa poésie, il est le " braconnier ", le prédateur qui aime la chasse et en jouit.
Assia Wevill, la deuxième femme du braconnier, poète elle aussi, deuxième proie consentante, le suicide de Sylvia Plath et les déchirements du couple l’entraîneront elle aussi vers la mort.
L’auteure a fait le choix d’un roman polyphonique pour tracer le portraits de deux femmes, les deux épouses de Ted Hughes et son portrait à lui en filigrane, lui le braconnier. Claude Pujade-Renaud n’accable pas, ne cherche pas de coupable. A travers des chapitres courts et très rythmés elle fait entendre les voix des poètes mais aussi des amis, frère, soeur, mère. Par les voix alternées des acteurs et des témoins elle multiplies les points de vue sur les trois personnages, elle les enrichit, les comprends. Elle étudie d’une plume élégante les passions sauvages, les interprète, et fait naître un récit d’une grande intensité.
Pour vous donner envie de découvrir la poésie de Sylvia Plath et de Ted Hughes
Crow **
Il s’emplit de toute sa force, brilla de tous ses feux.
Il ébouriffa sa rage, griffes et plumes.
Il pointa le bec droit au coeur du soleil.
Il se fendit d’un rire jusqu’au centre de lui-même.
Il attaqua.
Son cri de bataille fit vieillir les arbres d’un coup,
s’aplatir les ombres.

Le Braconnier ***
Et nous étions, lui, moi, liés aussi -
Fils de fer tirés entre nous,
Piquets trop enfoncés pour pouvoir s’arracher,
Esprit comme un anneau
Coulissant soudain sur un long corps souple
Et la contraction m’étranglant d’un coup.
* Ted Hughes Birthday Letters - Gallimard
** Ted Hugues - Poésies - Gallimard
** Sylvia Plath - Poésies - Gallimard
11:49 Publié dans Littérature Française, Poésie | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
08.03.2010
Le Printemps des poètes

Quatre femmes à l’honneur pour fêter ce printemps de la poésie, des jeunes et des moins jeunes certaines venues d’ailleurs
Prenez un bol de poésie c’est souverain à la fin de l’ hiver.

Photo Véronique blog Voir ou Regarder
Transparent et léger
à son départ le monde
alentour Il se tait
fait se lever le chant
Rien d’irrévocable
le même ciel encore
un buisson qui se penche
et l’oeil et l’oiseau
dans la confiance
Absence-éternité

Olivier et lavandin Blog Aiguebrun
Aller mourir là-bas
Où veille l’olivier
Entre les herbes odorantes
Suivre l’étroit chemin
Qui mène aux sources du silence
Et dans l’ombre tremblante
A tous les parfums de la terre
Au soleil à la mer
Au champ d’or de nos jours
Dire adieu comme on chante

Je suis l’alouette
J’ai nom secret sous les plumes
Et coeur allé
Du matin qui s’avance je suis l’alouette
Dans mon aujourd’hui il y a de la nuit
Qui lentement s’achemine
Pour moi j’ai nom secret
Et je chuchote « non ! »
Non ! dis-je dans toutes les volières de roi
Ne laissez pas s’éteindre les grandes soifs
Ni notre antique envie de sel
Il y a encore de jeunes femmes
Qui chaque matin font d’incroyables efforts
Pour articuler les lambeaux de leurs rêves

Photo Ossiane Blog l'Oeil ouvert
on écrit comme on boit
on ne sent pas le froid
le temps ou la faim
on veut saisir toute la lumière
qui entre par la fenêtre, sentir
le printemps avant qu’il soit là,
découvrir les secrets
lire dans les lignes de la main
ouvrir, diviser
on écrit comme on boit
pour ne pas être seule
Dans l’ordre des poèmes
Rouge Eternité - Geneviève Raphanel - Editions Rougerie
La voie nomade - Anne Perrier - Editions l’Escampette
Récits librement inspirés de ma vie d’oiseau - Marie Huot - Editions Le temps qu’il fait
Le lien entre les jours - Miriam Van Hee - Le Castor Astral
05:20 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
20.01.2010
Vraie lumière née de vraie nuit - François Cheng
Vraie lumière née de vraie nuit - François cheng et Kim En Joong - Editions du Cerf
Depuis ses premiers poèmes édités chez Encre Marine je suis attentive aux parutions de François Cheng.
Ce recueil est comme les précédents, magnifique.
Les poèmes sont accompagnés par 8 lithographies de Kim En Joong
J’ai retrouvé dans ce volume François Cheng se tenant toujours en tension entre deux mondes et poursuivant sa quête « du vrai et du beau »
La Chine est toujours présente
Nous aurons toujours souvenance des rizières sans âge
Où se mirent, tutélaires, les bleues montagnes :
Des plants de riz levant leurs mains d’accueil
Vers les nuées de passage

Une invitation au dialogue, au lien entre les hommes auquel il nous invite à nous soumettre
A chaque étoile perdue dans la nuit
A chaque larme séchée dans la nuit
A chaque nuit d’une vie,
A chaque minute
D’une unique nuit,
Où se réunit
Tout ce qui se relie
A la vie privée d’oubli,
A la mort abolie.

Lithographie Kim En Joong
Un très beau poème offert à Jacqueline de Romilly qui commence ainsi :
Parfois la vie daigne te faire un signe,
Un bruit, une senteur,
Une voix, un éclair

Lithographie Kim En Joong
04:03 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note





















































































































































































































































