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littérature anglaise - Page 9

  • Imposture - Benjamin Markovits

    imposture.gifImposture -  Benjamin Markovits - Traduit de l'anglais par Catherine Richard - Editions Christian Bourgois
    J’ai suivi par la pensée Byron dans un voyage pédestre en Suisse, ce roman me proposant de le retrouver, je n’ai pas résisté.
    En prologue l’auteur raconte avoir reçu un manuscrit d’un de ses anciens collègues dont la personnalité l’a longtemps fasciné, cet enseignant spécialiste des romantiques anglais l’a fait son héritier. Le personnage était ambigu puisqu’il avait reconnu être l’auteur d’un faux. Que raconte ce manuscrit ?
    En 1819 parait dans une revue un texte  le vampire , l’éditeur laisse croire que ce texte anonyme est de Lord Byron. Succès garanti, le public se jette sur le texte qui sent le souffre, Lord Byron est en butte à l’opprobre publique en raison de son divorce houleux. Chacun sait que le parfum de scandale fait vendre...
    L’auteur réel du "vampire" est John Polidori un jeune médecin sans patients, sa soeur Frances, dont il est amoureux, a épousé un monsieur Rossetti qui sera le père du poète et peintre Dante Gabriel Rossetti. Trois ans plus tôt il a accepté contre l’avis de son père, d’être le médecin et le compagnon de voyage de Byron.
    Après la France et une randonnée dans les Alpes Suisses, Byron se fixe à Cologny au bord du Léman dans une magnifique villa qui restera célèbre : la villa Diodati. Là il retrouve le poète Shelley et son épouse Mary.

    Diodati.jpg

    Le séjour a été un calvaire pour Polidori, il a des velléités d’écriture, il est copieusement moqué pour cela. Lord Byron en a fait son souffre-douleur et Shelley ne l’a pas épargné.
    Lors d’une après-midi pluvieuse ils décident tous les quatre d’écrire chacun une nouvelle fantastique, la postérité retiendra celle de Mary  Frankenstein et celle de Polidori Le vampire. Le séjour prend fin amèrement pour Polidori puisqu’il est remercié par Byron.
    Lorsque Polidori voit son oeuvre publiée anonymement il est amer et se sent trompé et il développe une telle rancoeur que lorsque Eliza, jeune femme romantique et à l’imagination fertile, le prend pour Lord Byron, il ne la détrompe pas. L’imposture lui semble normale, n’a-il pas lui aussi du talent ? et puis Byron n’essaie-t-il pas de s’approprier « le vampire » ?

     

    Tout est permis au romancier, y compris de détourné l’histoire à son profit, B Markovits ne s’en prive pas. L’intrigue est riche et somptueuse mais la construction est complexe, les retours en arrière sont nombreux et parfois Markovits s’amuse à nous perdre dans ses digressions. 
    Le thème de l’imposture se prête bien en effet aux ambiguïtés, au jeu de miroirs, la réalité est pliée à la convenance de l’auteur, vrai et faux s’entremêlent et la composition du récit est à facettes multiples. La lecture demande une attention soutenue, le plaisir est à la hauteur de l’effort.
    Ceci est le premier tome d’une future trilogie sur Byron dont Benjamin Markovits est spécialiste, je serai au rendez-vous.


    Pour prolonger votre lecture

    Lord_Byron_coloured_drawing.png

     

    La vie de Byron d’André Maurois - Grasset
    Byron portrait d’un homme libre de Leslie Marchand - Autrement

  • La Reine des lectrices - Alan Bennett

    La reine des lectrices - Alan Bennett - Traduit par Pierre Ménard - Editions Denoël

    la reine.gifUn roman où il s’agit de la Reine avec un R majuscule, celle d’Angleterre, qui au grand dam de son entourage et de son premier ministre, se met à oublier les devoirs de sa charge au profit de quoi je vous le demande ? au profit des livres. Mais comment une telle chose a-t-elle pu arriver ?

    Comme chaque semaine le bibliobus vient apporter la culture aux sujets et serviteurs de sa Majesté, pénétrant pour la première fois dans cette bibliothèque ambulante à la poursuite de ses chiens, la Reine se fait un devoir d’emprunter un livre (elle a décorer l’auteur alors..) puis de le rendre et ....d’en emprunter un second, cela doit vous rappeler quelque chose....de fil en aiguille et de livre en livre voilà sa Majesté complètement accro.

    Elle qui n'a jamais lu que des discours et autres textes obligatoires est parfois en état de manque quand elle oublie son livre sur la banquette du carosse.......Sa vie est totalement bouleversée, elle découvre le bonheur de lire et regrette le temps perdu.

    Elle dévore, prend des notes, et non contente de se faire plaisir, elle impose à son entourage des interrogatoires sur leurs lectures.
    Le protocole est chamboulé, la Reine en oublie ses royales obligations, la monarchie est en danger...

    Si vous voulez savoir comment la lecture change la vie de son Auguste Majesté et la nôtre pauvres lecteurs, si vous voulez vous interroger sur l’aspect subversif et libérateur de la lecture d’une façon légère et très « british » allez y lisez ce bouquin.
    C'est drôle, enlevé, impertinent, léger, une petite gâterie à se faire avec une cup of tea of course .....Je n’ai pas boudé mon plaisir

    La blogosphère littéraire partage cet avis : Cuné, Lou Book , les pros de la critique apprécient aussi

     

    L'Auteur

    Acteur, scénariste et réalisateur de télévision, Alan Bennett est né en 1934 au Royaume Uni

  • Classe à part

    classe à part.gifClasse à part - Joanne Harris - Editions Points Seuil

    Les plaisirs de lecture sont parfois là où on ne les attend pas. Hier contrainte à une attente très longue et particulièrement peu rigolote (genre dentiste vous voyez) je me suis aperçue horreur que j’étais partie sans livre sous le bras, petit détour et me voilà avec un poche qui m’a inspiré, c’est le même auteur que « Chocolat » le film avec Juliette Binoche et Johnny Deep, je n’avais rien lu de l’auteur donc pas d’a priori.
    Et là l’heureuse surprise. Un régal ce bouquin, régal de férocité, de manipulation, d’ humour corrosif. Un suspens jusqu’aux dernières pages ...

    Un rapide résumé qui ne dévoile que l’essentiel pour n’enlever à personne le plaisir de la découverte.
    Saint Oswald un collège pour ados privilégiés «so british » , un concierge qui a un penchant pour la dive bouteille, un enfant fils du dit concierge mort d’envie de faire partie de cette élite scolaire mais qui lui est condamné au collège public du quartier où il est le souffre douleur de ses petits copains. Petit à petit il va s’introduire dans Saint Oswald grâce aux clés de son père, il va se donner l’impression d’appartenir aux groupes d’adolescents, aux riches, réussissant même à tisser une amitié avec un des élèves. Bref il devient un imposteur.
    L’envie, la colère, devant l’injustice de sa situation hantent le gamin, la soif de vengeance l’habite.

    15 ans plus tard , l’enfant est devenu prof, il entre à Saint Oswald par la grande porte. il va se venger de toutes ses frustrations enfantines d’une façon diabolique. Rien d’autre sur l’intrigue ce serait dommage.
    Les portraits sont au vitriol, la salles des profs, les travers des uns et des autres, les petites mesquineries, les bagarres absurdes pour l’occupation d’une salle de cours ....un pur délice de férocité et si parmi vous certains fréquentent les salles de professeurs ils s’en donneront à coeur joie de jouer au portrait. Mon préféré est le prof de latin..

    Le suspens psychologique est magistralement mené, les événements vont se succéder d’abord lentement puis avec une accélération jubilatoire et un final épatant.N'hésitez pas offrez vous ce bouquin.

     

    l’auteur
    Joanne Harris est née à Barnsley en 1964, d’un père anglais et d’une mère française, ce qui explique son rôle de “passeur” entre les deux cultures. Son troisième roman, “Chocolat” (1999) a fait l’objet d’un film avec Juliette Binoche et Johnny Depp et ses romans sont désormais publiés dans 40 pays. Elle aime sonder les faces obscures des hommes, le sordide des situations, la révolte sous toutes ses formes et notamment adolescente

    Le site de l’auteur (en anglais of course)