Pas vraiment un essai , pas totalement une biographie, un entre deux par un spécialiste de Flaubert.
Dans son dernier roman Philip Roth s’insurge contre les biographes en mal de ragots, de potins et de scandale. Pour lui l’œuvre seule parle pour l’auteur. Pierre-Marc de Biasi s’attache à contredire Roth et Flaubert lui même, il s’attache à nous montrer que si l’auteur n’est pas l’oeuvre, la vie de l’auteur est centrée sur son oeuvre et que les faits marquants de l’existence de l’écrivain ont permis et enrichis la création de celui-ci.
C’est avec une connaissance exceptionnelle et un respect complet que cette biographie est menée.
Pierre-Marc de Biasi explore tour à tour l’enfance, l’adolescence, les péripéties de la vie familiale, la vie à Croisset, les voyages.
Il s’attarde sur les amitiés de Flaubert, celle avec Louis Bouilhet, Alfred Le Poittevin dont la mort le marquera, l’amitié traversée d’orages avec Maxime Du Camp, sur ses amours éphémères, parfois secrètes ou sa longue relation avec Louise Collet.
Il est curieux d’ailleurs que Flaubert qui souhaitait et revendiquait la disparition de la personnalité de l’auteur derrière les écrits, nous ait laissé tous ses brouillons, ses écrits préparatoires et nous ait fait cadeau de milliers de pages de correspondance.

Ce qui reste de la maison de Flaubert à Croisset
C’est Flaubert au travail que nous livre Pierre-Marc de Biasi, il décrit très bien l’entrée en littérature et la puissance de création de Flaubert, précédée toujours d’un long travail d’observation et de recherches.
L’obsession d’effacement de l’auteur est réelle mais il nous montre combien la vie même a donner matière à création à Flaubert
"parce qu’un écrivain ne peut finalement jamais parler d’autre chose que de sa vie". On sait que Flaubert lisait ses textes à haute voix, le fameux gueuloir, l’auteur nous dit que c’est le corps de Flaubert qui bat dans ses phrases, il a livré des accents, une intonation, une scansion dans ses textes comme "une partition offerte au lecteur".
De Madame Bovary il dit que c’est "un roman total dans lequel aucun registre de sensation ni aucun mode d’expression artistique n’est absent: sonorités, bruits, résonances, chant (...) une véritable bande-son"

Une analyse très intéressante est faite des méthodes de recherches de Flaubert et du réinvestissement de ses notes de voyage où il a tout noté " la nature, les ciels, la météorologie, les animaux" il utilise ses observations et "ses notations ressemblent à s’y méprendre à celles d’un peintre attentif à la richesse chromatique de l’environnement".
Je connaissais le Flaubert travailleur infatigable mais Pierre-Marc de Biasi dit de lui qu’il "appartient à la grande famille des écrivains érudits qui comme Montaigne aiment à expérimenter les connaissances et se frotter à toutes les traditions. Il ne lit pas, il dévore tout pour lui "tout est intéressant"
Un érudit ami des plus grands de son époque : Tourgueniev, George Sand pour laquelle il a écrit "un coeur simple" et dont la générosité et l’amour quasi filial permettra la naissance d’un autre écrivain en la personne de Maupassant.
Une analyse passionnante de la "manière spéciale de vivre" de Gustave Flaubert
Gustave Flaubert Une manière de vivre - Pierre-Marc de Biasi - Editions Grasset
Bizarrement j’ai deux souvenirs et je suis incapable de dire lequel est premier, tous les deux à 7 ans
Je prends un joker, unanimement jugé mauvais pour qui ? Et non je n’ai pas honte
Les
Autant en emporte le vent
Quelle roman magnifique, fier et portant haut la noble vie paysanne.
En ce début d’automne pourquoi ne pas vous faire dorer et réchauffer par le soleil de Provence en compagnie de 
C’est toujours un plaisir de retrouver John Harvey, des polars d’un classicisme absolu. C’est du cousu main de grande maison, son écriture est toujours d’une grande élégance, ne comptez pas sur lui pour faire de l’épate, ses intrigues sont toujours efficaces, bref vous aurez compris que j’aime beaucoup 
Au mois de mai, je vous proposais de lire le premier tome d’une trilogie, 