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Littérature française et francophone - Page 8

  • Un Tableau un livre Monsieur Courbet

    « Je retrouvais un pays »

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    Vue d’Ornans

     

    « En s’approchant on distingue un chemin de campagne ombragé par quelques arbres fruitiers, peut-être des cerisiers, ainsi que deux femmes, deux demoiselles de village, deux petites silhouettes sous leurs ombrelles jaunes et rouges, qui marchent sur ce chemin. »

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    Paysage à Ornans

    « Je connais ce chemin je l’ai déjà emprunté : d’Ornans, il mène à ce vallon reculé ; peut-être suffit-il d’une demi-heure à peine pour arriver jusque là ; l’ombre, la fraîcheur de l’ombre sous les cerisiers, je l’ai déjà respiré comme la chaleur – son bruit sourd – de cette après-midi d’été. »

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    « Je me souviens d’une sensation verte, formidablement verte. L’étendue verte d’un champ qui scintille au soleil. »

    « Mais, ce vert je le comprends aujourd’hui, possède encore la valeur d’un Petit pan de mur jaune.
    C’est ainsi que je devrais écrire (…) C’est ainsi toujours que le ciel devrait éclairer la terre, la vie, l’écriture. »

     

    Le Tableau : Paysage à Ornans-Musées royaux des Beaux-arts de Bruxelles.
    Le Livre : Bonjour Monsieur Courbet – Jean-Pierre Ferrini – Éditions L’un et l’autre Gallimard

  • Bribes d'hiver

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    Je m’en retourne à mes jardins d’hiver.

    « L’hiver est une maison de verre. On ne voit plus briller dans les arbres ce vieil or, cet oranger et ces bruns chauds, ce jaune vif et ce rouge d’automne qui accrochaient encore aux branches un peu du soleil et des désirs de l’été, quelque chose comme la lumière tardive de l’amour »

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    « À présent, le grand tilleul est d’un noir nu : un tronc et quelques branches, de pauvres raisons d’être. Mais il y a encore, jusqu’au cœur de l’hiver, dans les nids déserts des oiseaux, les brindilles de leur chant et la mémoire de leurs envols. Désormais, il faut s’obstiner à chercher dans les mots un peu de chaleur, puisque c’est par là que passent les choses humaines, les joies et nos affaires de cœur »

    Le livre : Le Jardin sous la neige – Jean-Michel Maulpoix- Éditions Mercure de France

  • Bribes autour des livres

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    « S’asseoir dans une vénérable bibliothèque, à une place qu’on souhaite toujours la même, tant lire est une activité cérémonielle qui exige le respect d’un rituel. Savourer la paix, le silence et la clôture qui, l’espace de quelques heures, vous soustraient au vacarme d’un monde agité, attendre les ombres bienveillantes qui déposent devant vous, comme la promesse du jour, les livres en pile. On peut y voir une image assez ressemblante du bonheur. »

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    Hume     Heine    James

    « La France est une civilisation de la volupté. Elle est une langue et une littérature, le pays où tout, selon Mallarmé, doit aboutir à un livre, et elle est un sexe. Michel Del Castillo s’inscrit dans la longue cohorte de ces écrivains venus d’ailleurs, de Hume à Henry James, en passant par Heinrich Heine, pour lesquels la France est femme, une terre que le long commerce entre les sexes a façonnée et polie. » (Mona Ozouf à propos du livre de Michel Del Castillo : Colette une certaine France)

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    Le Livre : La Cause des livres – Mona Ozouf – Editions Folio Gallimard

     

     

     

     

  • Des voyages extraordinaires

     

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    J’ai relu cet été un peu de Jules Verne et un essai de Julien Gracq sur l’auteur.

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    Cela m’a donné envie de modifier ma chronique écrite il y a 4 ans sur un livre de Jean-Yves Tadié que j’avais beaucoup aimé.

    Un auteur que Jean-Yves Tadié a lu « en entier entre dix et treize ans » Julien Gracq, lui, a lu Jules Verne enfant mais en bibliothèque et il attend l’âge adulte et la parution en poche de l’œuvre pour tout racheter et tout relire.

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    Un auteur qui aimait et admirait Edgar Poe ou Hoffman mais aussi Chateaubriand et Stendhal. 
    Les romans de Jules Verne sont épiques, humoristiques, techniques mais par-dessus tout c’est « une merveilleuse invitation à regarder le monde ».
    Un titre ou deux ou trois ... Cinq semaines en ballon, Voyage au centre de la terre, le Château des Carpates ou Vingt mille lieues sous les mers.

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    Jules Verne a dit « Je crois vraiment que c’est ma passion des cartes et des grands explorateurs du monde entier qui m’a amené à rédiger le premier d’une longue série de romans géographiques. » Il trouvait ses sources chez Elisée Reclus, les noms de ses personnages en imitant Dickens.

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    En plusieurs courts chapitres J-Y Tadié inventorie les romans avec des thèmes comme le train, la mer, les navires, le volcan d’or ou la ville flottante.
    Il nous montre un Jules Verne toujours tourné vers l’avenir, ses personnages ne ruminent jamais, ils regardent droit devant eux.
    Saviez-vous qu’il imagina une ville flottante, du genre de celles que les urbanistes prévoient aujourd’hui pour faire face à la montée des océans ! Sacré bonhomme ! 
    Les voyages et les découvertes furent ses sujets de prédilection ainsi que l’affrontement de l’homme à la nature : le pôle, les volcans, la lune, les fonds sous-marins...

    Julien Gracq lui nous livre ses souvenirs de lecture
    « Je voudrais vous dire pourquoi ces retrouvailles m’ont tellement frappé. La lecture de Jules Verne avait donné naissance pour moi à deux objets véritablement fétiches qui m’ont fasciné très longtemps. Il y a le boomerang (titre d’un roman) et puis l’autre c’est dans Mathias Sandorf et la grille qui permet de crypter un message. »

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    Le petit livre de Tadié est tout à fait passionnant pour qui a lu dans son enfance ou plus tard les romans de Jules Verne. Loin de la biographie il nous dit surtout son émerveillement, sa passion pour ces aventures, sa peur parfois et voilà ce qu’il confie :
    « Je suis atteint d’une étrange maladie, qui remonte à une enfance où je crains d’avoir fait une considérable provision de tristesse : je coïncide avec l’histoire que je lis au point de m’y transporter, d’éprouver les sentiments des personnages, d’être gai ou triste avec eux. C’est pourquoi je souhaite que leur histoire finisse bien. Comme les producteurs américains d’autrefois, j’exige un happy end. Quand on vieillit, ce n’est pas raisonnable. »

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    Julien Gracq lui évoque l'émerveillement de sa découverte, enfant, des Voyages extraordinaires, analyse les vertus littéraires et montre l'aspect géographique de l'œuvre.
    Gracq atteste bien de sa fidélité à l’émotion ressentie la « première fois » 

    L’essai sur Jules Verne aujourd’hui contient aussi les textes de Michel Serres et Régis Debray mais j’avoue que je n’ai pas trouvé plaisir ou intérêt à les lire hélas.

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    Les livres :
    Regarde de tous tes yeux, regarde ! - Jean-Yves Tadié - Éditions Gallimard l’un et l’autre
    Jules Verne aujourd’hui – Julien Gracq - Michel Serres -Régis Debray
    Éditions Le Pommier

     

  • Un Tableau un livre Poussin au paradis

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    « Pour peindre le Paradis terrestre, Poussin a figuré des arbres touffus. C’est une toile qui ne se révèle que d’assez près : alors on y pénètre et on est ravi – et dans ce dernier sentiment il y a celui d’une réalité essentielle dévoilée par le peintre. »

    Le Livre : Au jour le jour - Paul de Roux - Editions le Bruit du temps
    Le Tableau : Le Paradis terrestre – Nicolas Poussin - Musée du Louvre

  • bribes d'îles japonaises

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    « À courte distance au nord de Kyoto, on m’avait convaincu d’aller voir un classique du paysage japonais : le lac Biwa. J’en parle ici car je l’ai imaginé comme une île d’eau en terres. Biwa fut célébré par le poète Basho et par celui qui se baptisa lui-même le « vieillard fou de peinture (Hokusai) »  

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    « J’ai décidé que la saison défavorable s’ajoutait au climat répulsif. J’ai tourné le dos à mon île d’eau et, les pieds trempés, me suis embarqué pour Kyoto par le train du soir. Adieu, Biwa. »

    Le livre : Promesses d’îles – Alain Hervé – Éditions Arthaud