Une longue blessure
L’enfance n’est pas toujours un vert paradis, la mémoire doit faire son lent et laborieux travail pour faire affleurer les souvenirs douloureux, pour les dire, pour s’en délivrer.
Retour au début du livre, c’est sur une femme vieillit « une toute petite chose. Rétrécie. » que s’ouvre le récit. C’est le bout de la route pour elle, le corps est devenu « corps de bois »
L’enfant, le narrateur revient en arrière et se souvient.
Il fut pendant un temps « un trésor » pour cette femme qui n’était pas sa mère. C’était avant le remariage, avant les fleurs, avant le banquet.
Une fois dans la place la belle-mère va très vite effacer les traces de l’ancienne épouse, faire disparaître la photo. Et l’enfant se retrouve doublement orphelin.
Quand l’enfant fait une bêtise il fallait « qu’il demande pardon à genoux » et le père ne dit mot et s’enfonce dans le silence.
De nouveaux frères et soeurs sont prêts à prendre la place.
Aucune chaleur dans cette maison « creuse comme une coque » aucune caresse jamais, tout se passe à l’abri des regards, la haine, les coups.....Cette femme lui en veut d’avoir un jour été aimé et elle lui fait peur « Il la craint plus que l’orage » et il apprend « l’art de serrer les dents ».
Nous ne saurons jamais le prénom du narrateur, fille ou garçon ? il n’est plus qu’une ombre, il reste sans mots, « la pièce s’invente sans lui ».
Ne cherchez ici aucune douceur, aucune concession, le récit est âpre et Danielle Bassez nous livre une part d’enfance douloureuse.
Une écriture rageuse, acérée, des portraits au couteau et la haine qui sourd par tous les bouts de ce récit.
Pour ceux ou celles qui s’interrogeaient sur mon coup de griffe au roman de Nicolas Clément Sauf les fleurs, je ne peux que conseiller de lire ce livre ci et de mesurer l’écart entre les deux.
Retrouvez l’auteur avec un livre précédent.

Le livre : Aucune chanson n’est douce - Danielle Bassez - Editions du Cheyne
























