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Bribes et brindilles - Page 13

  • Une sorcière comme les autres

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    Parfois les choses se télescopent dans l’existence, je venais de mettre en ligne le billet sur le Silence des vaincues qui donnait la parole à celles que l’on entend jamais quand la disparition d’Anne Sylvestre est venue me percuter. 

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    Je me souviens des premières chansons d’elle que j’ai écouté adolescente déjà un rien révoltée et je me suis sentie en pays connu. 

    Cette femme m’a accompagné au fil du temps jusqu’à s’introduire en douce dans ma famille avec ses Fabulettes chantées et répétées par mes trois filles.

    Depuis je l’écoute régulièrement avec bonheur et nostalgie et aujourd’hui je me dis que vraiment elle a toute sa place sur ce blog. Quand j’ai lu et mis en billet Je suis complètement battue de Léonore Mercier ou Je suis interdite d’Anouk Markovits c’est toujours sa voix que je pouvais entrendre, celle d’une femme qui mit en mot le viol, l’avortement à une époque où il était interdit d’en parler. 

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    J’aimerai pouvoir croire qu’un jour ou l’autre je la retrouverai et que j’écouterai une nouvelle fois sa voix 

  • Bribe féministes

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    Adam et Ève au Paradis de  Lucas Cranach

    Une approche toute en subtilité du thème du « fruit défendu ».
    Le titre de son œuvre signifie bien que nous avons sous les yeux une scène de félicité, un instantané de la vie au Paradis, où l'homme et la femme vivent dans l'harmonie d'une nature luxuriante. Les animaux de la Création sont à leurs pieds représentés par le cerf et le lion, ce dernier, protecteur, ne menaçant que ceux qui regardent. Les fruits de la nature poussent en abondance à portée de main, les branches de l'arbre de la connaissance sont lourdes de pommes mûres. Luxe, calme et volupté... avant la tempête. Tous les éléments du drame sont réunis : Ève, Adam, la pomme croquée et, enroulé autour d'une branche, le serpent.

     

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    Dans le tableau de Poussin, Rebecca est entourée d'un aéropage de jeunes femmes, douze en tout. Le peintre, s'il prend soin de les laisser à l'arrière-plan, exerce néanmoins son art immense du détail : chacune d'elles par sa pose spécifique traduit un sentiment particulier, celles de gauche plutôt dans le registre de l'insouciance et/ou de l'indifférence, celles de droite étant plus attentives, concernées, voire dépitée pour celle qui est accoudée. Le grand maître, audacieux coloriste, travaille avec soin les postures, les costumes et les drapés. Il a d'ailleurs pour habitude de fabriquer des figurines qu'il habille et met en scène dans un décor.

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    La femme domine de toute la hauteur de sa robe à l'orangé lumineux protégée par un large tablier dont la blancheur est comme le reflet de la peau de l'homme malade. Elle paraît inébranlable dans son imposante verticalité, pourtant elle n'écrase pas son mari de son mépris, elle penche sa tête vers lui avec une douceur qui contredit ses propos. Le geste de sa main se lit presque comme une caresse tant cette main est proche du front de son époux.
    Les jeux d'ombres et de lumière chers à Georges de La Tour, provoqués par la flamme de la bougie, décuplent l'effet dramatique de la scène. C'est la femme qui tient la bougie

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    Le livre : Les femmes de la Bible dans l’art - Chrisitane Lavaquerie-Klein et Laurence Paix-Rusterholtz  - Editions du Cerf

  • bribes de ciel

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    «  Ô cette grâce inouïe que la terre possède de me donner le ciel ! Non pas seulement comme une récompense, mais comme un compagnon ; non pas comme un étranger, mais comme un autochtone. 

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    Car le ciel même, le grand ciel caravanier qui passe est natif de la terre, comme sa floraison, comme sa fenaison, comme sa frondaison.

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    De même âge, de même lignage, de même humeur, de même allure que la terre qu’il foule, dans la poursuite assidue d’une même harmonie, dans la résolution d’un même accord, dans la composition d’un même nuancier. »

    Le livre : Cantique de l’Infinistère - François Cassingena-Trévedy - Editions Desclée de Brouwer

     

  • Bribes d'information

     

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    George Eliot par F W Burton  National Gallery 

    Vous savez quoi ? Parfois quand rien ne va il y a pourtant des petits moments jouissifs, tenez par exemple Gallimard vient de faire entrer George Eliot en pléiade.

    Alors si vous voulez faire plaisir à un amateur de littérature anglaise ou pourquoi pas VOUS faire plaisir c’est moment c’est l’instant 

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    Deux de ses plus grands romans Middlemarch et Le Moulin sur la Floss, avec en prime deux essais de Mona Ozouf pour votre plus grand plaisir je vous le certifie 

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    Et puis il y a l’édition en livre audio des 2 tomes d’Autant en emporte le vent lu par Caroline Maillard dans la nouvelle traduction de Josette Chicheportiche 

    Elle est pas belle la vie ?

  • Bribes d'enfance

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    Bien souvent je revois sous mes paupières closes,

    La nuit, mon vieux Moulin bâti de briques roses,

    Les cours tout embaumés par la fleur du tilleul,

    Ce vieux pont de granit bâti par mon aïeul,

    Nos fontaines, les champs, les bois, les chères tombes,

    Le ciel de mon enfance où volent des colombes,

    Les larges tapis d’herbe où l’on m’a promené

    Tout petit, la maison riante où je suis né

    Et les chemins touffus, creusés comme des gorges,

    Qui mènent si gaiement vers ma belle Font-Georges,

    À qui mes souvenirs les plus doux sont liés.

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    Lorsque ma soeur et moi, dans les forêts profondes,

    Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux,

    En nous baisant au front tu nous appelais fous,

    Après avoir maudit nos courses vagabondes.

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    Puis, comme un vent d’été confond les fraîches ondes

    De deux petits ruisseaux sur un lit calme et doux,

    Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux,

    Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.

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    Le doux parfum de l'enfance vu par Théodore de Banville ami de Baudelaire

     

     

     

  • Bribes d'histoire de l'art

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    « Ce que nous appelons, avec généralement un léger mouvement de vanité involontaire, « le recul des siècles», nous l’imaginons comme une sorte de longue-vue ou de télescope géant, capable de distinguer tous les détails d’un lointain passé, d’en discerner les mouvements et les révolutions, de les dessiner comme des constellations et d’en éliminer les trous noirs. Nous sommes convaincus que cette « distance » nous permet de comprendre les mouvements de la pensée et de l’art, mieux que ceux qui en étaient les acteurs. » 

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    « Nous nous permettons même de les nommer. Nous appelons ceci «Renaissance», cela «Baroque». On classe, on catalogue, on étiquette, on range. »

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    « Comment faire pour regarder, pour écouter les œuvres du passé avec à la fois cette vue perspective que nous donne la connaissance de l’évolution des choses et avec la candeur de ceux qui découvraient une nouveauté dont auparavant ils n’avaient pas même l’idée, et dont ils ne savaient pas où elle les mènerait? »

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    Le livre : Passages  de la Renaissance au Baroque - Philippe Beaussant - Editions Fayard