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A sauts et à gambades

  • Les poètes et le printemps

    Bon j'avoue je n'aime pas Michel Houellebecq, je n'aime pas ses romans, je n'aime pas sa voix, bref je bloque.

    Seulement voilà il arrive que l'on fasse fausse route et là je viens de me prendre un mur, ce week-end en lisant le numéro de La Croix j'ai découvert un poème de Houellebecq et je dois dire que ça a fait tilt.

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    Ukraine ©AFP - Aris Messinis / AFP

    Je ne résiste pas à l'envie de vous le faire partager pour que si vous êtes comme moi avec des à priori et bien lisez ce qui suit 

    Nous avons traversé en ombres maladives
    Tous les effondrements d'un monde comdamné
    Nous avons bien souvent regretté d'être nés
    Dans un pays maudit, une époque tardive.

    Nos ancêtres ont failli, n'ont laissé que décombres
    Pour marquer leur passage
    Et nous avons vécu la pauvre vie des ombres
    Sans amour, sans partage.

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    Iran 

     

    Aucun d'entre nous n'a réussi
    A reformer des liens sensibles
    Nos corps écrasés, aplatis,
    Secoués de convulsions pénibles

    Traversent lentement les contrées solitaires,
    De pâles survivants regroupés en factions
    Consentent sans un mot à leur disparition,
    Au terne écrasement d'une mort ordinaire

    Avant de crier de terreur
    Devant l'abîme sans pardon,
    De se voir refuser le don
    D'un dernier instant de bonheur.

     

    Le livre : Combat toujours perdant - Éditions Flammarion 

     

     

  • Loin de Byzance - Joseph Brodsky

    brodsky

    Je connaissais Brodsky le poète et j’ai voulu connaître l’essayiste, celui qui nous livre des essais éclairants ; lumineux, pleins de tendresse envers les auteurs mis sur la sellette.

    Il consacre l’ensemble de ce livre aux auteurs qui nous dit-il l’on fait ce qu’il est. 
    La gamme est large de Cavafy à Mandelstam, d’Auden à Tsvétaïeva, d’Akhmatova à Dostoïevski.

    A part un ou deux textes qui n’ont pas trouvé d’écho chez moi la plupart des chapitres m’ont enchanté.
    Il mêle sa sensibilité à la tradition littéraire ; il rend hommage dans ses textes aux autrices et auteurs bien entendu mais aussi à sa famille, à sa ville natale.

    brodsky

    Brodsky Jeune à Londres

    Ce sont des essais d’une qualité rare, c’est à la fois savant, sophistiqué et pourtant à la portée de lecteurs comme vous et moi , c’est plein d’un charme subtil.
    Il ne semble pas tenir une place énorme en France et c’est bien dommage car c’est un trésor littéraire.
    Ses essais d’une grande richesse mêlent humour, analyse virtuose, érudition.
    Je ne parlerai pas de sa poésie ici car je la connais insuffisamment.
    Ses écrits parfois audacieux sont surtout des hymnes à la liberté, il dit « La poésie est un extraordinaire accélérateur de conscience »

    brodsky

    Lors de son Prix Nobel 

    Le connaître mieux ?  Il est né à Léningrad en 1940, issu d’une famille juive.
    Il exerce des petits métiers tout en se formant à l’anglais, à l’histoire. La poésie l’attire et il fait connaissance avec Anna Akhmatova qui l’encourage à poursuivre dans ce sens. Les pages qu’il lui adresse dans Loin de Byzance sont magnifiques. La mort d’Akhmatova fut pour Brodsky une tragédie personnelle. Sur la photo de ses funérailles, il est à l’extrême droite.

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    Aux obsèques d'Anna Akhmatova

    Il exerça tous les métiers pour survivre : géologue, ouvrier, employé dans une morgue, il fut enfermé et soigné pour des maux imaginaires
    Il était un électron libre et est obligé de s’exiler en but au régime qui le poursuit pour parasitisme social, il part aux Etats-Unis où il enseigne, Il a 32 ans. Il publie des recueils de poésie, des pièces de théâtre et obtient le prix Nobel en 1987. Il fut en son temps le plus jeune Nobel.

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    Le Livre : Loin de Byzance -Joseph Brodsky – Éditions Fayard

  • Un Tableau un livre Le départ de Jacob

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    « Dans ce grand tableau, fantaisie et art rivalisent. La Fantaisie (les divers éléments de la composition) est un défi aux moyens du peintre et ceux ci sont en quelque sorte exaltés.
    Nature morte, scène animalière, paysage, occupent chacun une place au sein de la composition. »

     

    Le Livre : Au jour le jour - Paul de Roux - Editions Le Temps qu’il fait
    Le Tableau : Départ de Jacob pour la Mésopotamie - Pieter Boel - Musée du Louvre

  • Les Contes de Shakespeare - Mary et Charles Lamb

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    Bon allez j’avoue tout : je n’aime pas lire du théâtre. J’aime le théâtre mais je n’aime pas lire une pièce, je peux relire un monologue de ceux qui sont inoubliables mais de là à lire une pièce en totalité …non ce n’est pas pour moi.

    Alors Shakespeare, le grand Shakespeare dont bien entendu je n’ai pas vu toutes les pièces, comment prendre connaissance de son œuvre ?

    Je vous donne un truc faites confiance à Mary et Charles Lamb. Vous me direz « mais ils écrivent pour les enfants » oui peut-être mais les lire est un réel plaisir.

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    Chaque conte reprend une pièce du dramaturge, la trame vous est raconté comme un conte pour enfant. Les personnages sont là, l’intrigue est racontée parfois avec fougue, parfois sur un ton de conspirateur. Et parfois même avec quelques dialogues du grand Will.

    Allez hop embarquez-vous, c’est parfaitement rythmé, bien ficelé et vous vous laissez porter.
    Et puis rien de mièvre chez Shakespeare donc on a évidemment droit à tout : le mensonge, l’amour fou, la vengeance, la haine, le pouvoir et l’ambition, l’honneur, la jalousie, et même un assassinat.

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    Et si vous avez déjà lu la pièce ou même si vous l’avez vu au théâtre vous trouverez dans ces contes matières à vous enthousiasmer.
    Autre avantage quand une pièce a des passages un peu trop longs, un peu trop soulignés, Mary et Charles font l’impasse et nous délivrent une histoire parfaite en quelques pages, la lecture est aisée et les personnages sont hauts en couleurs et très vivants.

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    Presque tout Shakespeare est là en vingt pièces, les plus connues bien sûr : Othello, Hamlet, Roméo et Juliette, la Tempête, la Mégère apprivoisée, le Roi Lear, Macbeth, et d’autres qui le sont moins : Timon d’Athènes, Cymbeline ou la Comédie des erreurs.

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    Publiés en 1807 ce recueil fut un triomphe, ces contes ont certainement contribué à faire de Shakespeare l’auteur adulé qu’il est, ils permettent de découvrir les grands classiques avec bonheur et délectation.

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    Charles Lamb 

    Au fait vous connaissiez déjà Charles et Mary Lamb, rappelez-vous : Charles Lamb est très apprécié par le héros des Amateurs d’épluchures de patates ou encore vous le croiserez dans le célèbre livre d’Helen Hanff  84 Charing Cross road.

    Vous voulez l’offrir à vos petits-enfants ? écoutez le podcast qui en parle et vous serez convaincu.

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    Les livres :
    Les contes de Shakespeare – Mary et Charles Lamb – Éditions les Belles Lettres
    Les contes de Shakespeare de Mary et Charles Lamb, illustrés par Joëlle Jolivet, traduction de Michelle Nikly, éditions Hélium

  • Retraduire est-ce bien indispensable ?

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    Je suis depuis toujours fan de littérature étrangère si vous tapotez sur les livres du blog vous pourrez le constater.

    Par contre j’ai eu parfois des agacements ou des découragements quant à la traduction de certains livres.
    Je ne jette pas la pierre aux traductrices et traducteurs c’est vraiment selon les auteurs une tâche hyper difficile.

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    Les spécialistes de la traduction estiment qu’un texte doit suivre l’évolution de la langue et pour ne pas vieillir trop, pour ne pas perdre en acuité demande à être retraduit une ou deux fois par …siècle.

     

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    Il y a un autre avantage aux retraductions. Savez-vous que Kafka en son temps fut vraiment malmené, traductions approximatives, erreurs importantes. Une mauvaise compréhension en résulte et dénature parfois le sens.

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    Enfin il y a parfois un avantage auquel on ne pense pas immédiatement, lors d’une première parution dans les pays totalitaires il n’est pas rare que la censure modifie à l’envi le texte, saute les passages gênants, ajoute ou supprime des phrases entières.
    La retraduction restaure un texte fidèle et non tronqué.

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    Un exemple de livre malmené par la censure

    Enfin dernière mode : retraduire pour effacer les à priori, les fautes qui aujourd’hui heurtent certains lecteurs, certains mots sont éliminés, les travers de l’auteur sont gommés, mais est-ce bien de la retraduction ou tout simplement de la manipulation de lecteurs pour non pas respecter l’éthique mais surtout pour remplir les caisses de l’éditeur.

    Si le sujet vous intéresse je vous invite à lire et/ou écouter Laure Murat qui s’est emparé avec bonheur du sujet.

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    Lisez Toutes les époques sont dégeulasses chez Verdier ou écoutez là dans le Book Club de France Culture

    Et si vous pensez que les retraductions sont rares voici une liste des dernières en date qui ont trouvé place dans ma bibliothèque :

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    Dix petits nègres d’Agatha Christie

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    Le Docteur Jivago de Boris Pasternak

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    Les Buddenbrook de Thomas Mann

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    Le Bruit et la fureur de William Faulkner

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    Et dernier en date dans ma bibliothèque : Les frères Karamazov de F Dostoïevski chez Zulma avec une magnifique traduction de Sophie Benech

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  • Aimer comme un albatros - Jean-Noël Riefel

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    Pour reprendre pied dans la lecture j’ai toujours besoin de livres particuliers, la poésie bien entendu mais parfois un livre tourné vers la nature.

    C’est le cas de celui-ci, vu son titre il pourrait honorer nature ET poésie.

     

    L’auteur vient lui-même d’essuyer un divorce et il voit dans cette observation des oiseaux une belle consolation.

    Il s’attache aux fous de Bassan et aux fulmars, mais bientôt quittant la Bretagne le voilà en bord de Loire sous la protection de Maurice Genevoix

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    L’auteur est un passionné de l’albatros et on le comprend, il a de sacrées qualités cette oiseau-là :

    Il est le plus romantique car il sait aimer tout en soignant la liberté de son partenaire, ses sentiments amoureux peuvent durer une éternité ou presque, on a vu une femelle de 74 ans de remettre en couple et donner naissance à un petit !! qui dit mieux ?

    Laissez-vous émerveiller car Jean-Noël Riefel ne se cantonne pas à un oiseau, les petits oiseaux de nos campagnes font aussi son bonheur : Mésanges et grives, sitelles, rouges-gorges qui eux aussi souhaitent attirer une partenaire outre qu’ils aiment affirmer « ici c’est à moi »

    Il nous parle de communauté d’oiseaux coopérant parfois les uns avec les autres. Prenons-en de la graine !
    Un peu idyllique peut-être comment être sûr qu’ils ne s’envoient pas parfois des noms d’oiseaux ?

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    Christophe Salin photographe ©

    Les changements du climat pèsent lourd pour leur avenir sans compter le plastique qui transforme la nourriture en danger et la rend très précaire.

    J’ai aimé ce livre qui va trouver place dans mon rayon nature, vous y trouverez des références intéressantes bien partagées entre photographes, musiciens, peintres.

    Le genre de livre que l’on déguste lentement avec bonheur.

    J’ai découvert ce livre grâce à un podcast

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    Le Livre : Aimer comme un albatros – Jean-Noël Rieffel – Éditions des Équateurs