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A sauts et à gambades - Page 211

  • Nicolas de Staël

    Le peintre, le sens du beau et du sublime

     

    Si malgré ce temps qui est là, je vous disais dans mon esprit, un an , deux ans, dix ans ne sont rien, qu’être artiste ce n’est pas compter, mais vivre comme l’arbre sans presser sa sève, attendre l’été, et l’été vient, mais qu’il faut avoir de la patience, de la patience...

     

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    Vue d'Agrigente

     

    Il faut beaucoup travailler, une tonne de passion et cent grammes de patience.

     

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    Méditerannée

     

    Ce que j’essaie, c’est un renouvellement continu, vraiment continu, et ce n’est pas facile. Ma peinture, je sais ce qu’elle est sous ses apparences, sa violence, ses perpétuels jeux de force, c’est une chose fragile, dans le sens du bon, du sublime.


    Le livre
    Lettres - Nicolas de Staël - Editions Ides et Calendes - 1998

  • Les Identités meurtrières - Amin Maalouf

    « Après tout, remettons les dans les bateaux »

    Mme Brunel Député UMP

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    Au large de l'île de Lampedusa


    Les soulèvements des populations de Tunisie, de Libye, l’ exode vers des lieux qui leur paraissent meilleurs interroge et fait peur à certains, entraînant des réactions outrancières et dangereuses, un livre, paru il y a plus de 10 ans, apporte non une réponse à ces phénomènes, mais permet de se forger une réflexion par delà les passions et les réactions épidermiques.

    Je, Nous, les Autres : c’est ainsi qu’Amin Maalouf nous présente le problème, à partir de sa propre expérience, lui le libanais exilé en France en 1975 au moment de la guerre du Liban.
    Il s’interroge et nous interroge sur le sentiment d’appartenance, sur ce qui nous constitue, notre histoire, nos traditions, notre religion, quelle place faisons nous à notre héritage judéo-chrétien par exemple, à la place de notre langue, à l’étiquette qui s’attache à nous, en particulier quand cette étiquette est porteuse d’opprobre : Rappelons nous le Serbe pendant la guerre en Bosnie


    Des tunisiens aident les réfugiés libyens - no... par nocommenttv

    Il fait une place particulière en raison de son histoire personnelle, au monde arabe, à la religion musulmane et aux regards que nous portons à cette religion, regard déformé par l’intégrisme.
    Les notions d’identité et d’appartenance sont largement développées sans jamais rendre le propos trop didactique, j’ai retrouvé ici le souci d’accorder de la digniter aux autres, souci qui court dans 2 livres que j’ai lu récemment : b.a Ba et Tout un homme.
    Pour Amin Maalouf le maître mot est celui de réciprocité, pour cela le regard que nous portons sur l’autre doit être empreint de tolérance, de compréhension. Réciprocité pour celui qui est accueilli, il abandonne  sa terre,  certaines coutumes et sa langue.

    « Chacun d'entre nous devrait être encouragé à assumer sa propre diversité, à concevoir son identité comme la somme de ses diverses appartenances, au lieu de la confondre avec une seule, érigée en appartenance suprême, et en instrument d'exclusion, parfois en instrument de guerre »  Ne dites on pas : Pays d’accueil ?

    Un livre simple et à la fois plein d’une grande ambition, véritable leçon d’humanisme et de civilisation il est de ceux qu’il faut faire circuler dans les lycées ET dans les partis politiques
    J’avais aimé son livre sur les croisades vues du côté arabe, ses romans, ce livre va trouver sa place dans ma bibliothèque

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    Le livre : Les Identités meurtrières - Amin Maalouf - Editions Le livre de poche

  • Une langue venue d'ailleurs - Akira Mizubayashi

    Merci à Aifelle qui a pu s'entretenir avec l'auteur et nous rapporter une photodu salon du livre

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    Tout commence avec un magnétophone

     

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    C’est un essai un peu hors norme que celui-là, écrit en français par un japonais, Akira Mizubayashi à 18 ans quand il décide d’apprendre le français. Il est un perfectionniste,  son apprentissage n’a rien à voir avec celui pratiqué ordinairement par un étudiant.
    Il écoute  les leçons de la radio, ils les écoutent, les apprend, les répète jusqu’à ce que son rythme, son accent frisent la perfection.
    Son père ne comprend pas bien cette obsession mais sacrifiant pour lui une bonne partie de son salaire, il lui offre un magnétophone qui va permettre à Akira de se glisser dans cette nouvelle langue avec passion.
    A la même période il découvre Mozart dont la musique l’accompagnera toute sa vie.



    Quand je dis que A Mizubayashi fait des progrès c’est un euphémisme, il entreprend la lecture de .....Rousseau dont l’oeuvre et la langue deviennent ses compagnons de chaque jour.
    1973 il obtient une bourse d’études pour une Université française, ce sera Montpellier, il étudie la littérature française et enrage contre ses erreurs de langage, contre sont accent imparfait et surtout il travaille.
    Une compagne, un retour au Japon et c’est à nouveau la France pour 3 années à l’ENS de la rue d’Ulm. De retour au Japon avec sa compagne française il devient enseignant à l’université.

    Cet essai très intime est assez fascinant, suivre le parcours de cet homme qui est littéralement ensorcelé, envoûté par une langue, langue qu’il appelle joliment langue paternelle en hommage à son père pour le soutien que celui-ci lui a apporté.
    C’est une dévotion qu’il porte aux auteurs, à ses maîtres.
    Il développe une réflexion passionnante sur le bilinguisme qui rappelle bien sûr les expériences d’un Nabokov ou d’un Cioran et vous serez surpris par le rôle tenu en la matière pas sa chienne qu'il soupçonne avec un brin d’humour d’être elle aussi bilingue.
    Un critique a écrit que ce livre était une déclaration d’amour à la langue française, laissez vous séduire.

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    Qu'en pense Keisha ? Découvrez absolument ce récit éblouissant, intelligent, un vrai velours... Coup de coeur...
    Le livre : Une langue venue d’ailleurs - Akira Mizubayashi - Editions Gallimard 2011

     

  • Printemps des poètes Infinis paysages du Japon

    Les "Infinis paysages" du Japon

    Même si aujourd'hui les préoccupations ne vont pas à la beauté des paysages, une façon de dire que le Japon fait partie de nos pensées

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    Je m’en suis allé
    Au rivage de Tago
    Et j’ai vu la neige
    Sur la cime du Fuji
    Toute immaculée tomber
                                 Yamabé no Akahito

     

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    Sur la haute dune
    Le cerisier de la cime
    S’est épanoui
    Ah puisse ne le voiler
    La brume de ces collines
                       Le Moyen conseiller Masafusa

     

    Les livres pour le Japon
    De cent poètes un poème - René Sieffert Sôryû Uésugi - Publications orientalistes de France
    Les Trente six vues du Mont Fuji - Hokusai - Editions du Seuil/BNF



  • b.a - ba la vie sans savoir lire - Bertrand Guillot

    Lire ? mais c'est facile  b.a ba et on continue ..........

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    Vous avez du temps de libre, vous cherchez une activité utile et intelligente ? faites comme Bertrand transformez vous en bénévole et tentez d’apprendre à lire à des adultes nommés Ibrahim, Nabil, Ladi ou Philomène. J’ai bien dit tentez  car si tous ces hommes et femmes sont certains de vouloir essayer, vous, êtes-vous capables de leur apprendre ?

    C’est la question que s'est posé Bertrand Guillot lorsque un peu par hasard on lui propose d'être bénévole dans un centre social. Il accepte et l’aventure commence. Comme vous et moi, il ne sait pas grand chose de l’enseignement de la lecture, mais bien entendu il a des souvenirs de son propre apprentissage et puis il va lire sur le sujet. Mais est-ce suffisant ?
    C’est avec une grande simplicité, beaucoup d’humilité et infiniment d’humour que Bertrand Guillot raconte son expérience. Parce que la tâche est rude et qu' il y a loin de la coupe aux lèvres. Face à des personnes qui ont derrière elles une journée de travail souvent épuisante, qui sont déjà passés par des galères successives, la bonne volonté ne suffit pas. Il faut être capable de « faire apprendre » de « faire comprendre » de perdre ses réflexes de « lettré », cela donne des scènes parfois surréalistes, parfois cocasses et souvent très émouvantes. On sent poindre par moment le découragement des deux côtés. Mais passent les saisons, les plus motivés entraînant les autres, malgré quelques abandons et les erreurs de Bertrand, en juin le groupe est toujours là.

     

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    C’est un livre tonique, humaniste, chaleureux, sur le bateau avec lui montent des hommes et des femmes qui vous n’oublierez pas car Bertrand Guillot sait les rendre présents, leur donner vie et rendre hommage à leur courage et leur ténacité. Au fil des pages vous comprendrez la différence entre analphabétisme et illettrisme, les statistiques sur le problème mais surtout vous attendrez comme lui le fameux  déclic

    Lisez ce livre il fait du bien  c'est aussi l'avis de Cathulu

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    Le livre : b.a - ba la vie sans savoir lire - Bertrand Guillot - Editions rue Fromentin

    L’auteur répond à une longue interview

  • Printemps des poètes Infinis paysage d'Irlande

    Les Infinis paysages d'Irlande

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    Que je me lève et je parte, que je parte pour Innisfree
    Que je me bâtisse là une hutte, faite d’argile et de joncs.
    J’aurai neuf rangs de haricots, j’aurai une ruche
    Et dans ma clairière je vivrai seul, devenu le bruit des abeilles.

     

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    Et là j’aurai quelque paix car goutte à goutte la paix retombre
    Des brumes du matin sur l’herbe où le grillon chante,
    Et là minuit n’est qu’une lueur et midi est un rayon rouge
    Et d’ailes de passereaux déborde le ciel du soir.

     

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    Que je me lève et je parte, car nuit et jour
    J’entends clapoter l’eau paisible contre la rive.
    Vais-je sur la grand route ou le pavé incolore,
    Je l’entends dans l’âme du coeur.

    les photos du lac d'Innisfree de jour  et de nuit
    Le livre : Quarante cinq poèmes - W.B Yeats - Traduction Yves Bonnefoy - Gallimard